Aber-Wrac'h

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48° 35′ 49″ N 4° 33′ 44″ O / 48.59694, -4.56222

l'Aber-Wrac'h
Image illustrative de l'article Aber-Wrac'h
Caractéristiques
Longueur 33,6 km
Bassin l'Aber-Vrac'h km2
Bassin collecteur l'Aber-Vrac'h
Débit moyen 2,22 m3/s
Régime pluvial océanique
Cours
Source Lestréonec en Ploudaniel
Embouchure entre Lannilis, Landéda et Plouguerneau
Se jette dans la Mer Celtique
Géographie
Pays traversés Drapeau de la France France

L’Aber-Wrac'h (prononcé « Abèr Vrak », en breton Aber Ac'h[1]) est un fleuve côtier, puis dans sa partie aval une ria du pays de Léon dans le Nord-ouest du Finistère, en Bretagne. L'Aber-Wrac'h est le plus long aber et le plus septentrional de la Côte des Abers. C'est également le nom du hameau de Landéda abritant le port du même nom.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le Pont du Diable

Les formes anciennes attestées sont : portu qui Achim (XIe siècle), abergroach (1521), Abrah (1543), Abrah (1548), Obenrac (1585), Obeurac (1608), Breurac (1625), Obrurac (1629-1631), Abrirac (1635), Rivière de Wrakh (1636), Abrirac (1660), Aberache (1706), LAberache (1720), Abergrach (1721-1745), Obreverac (1763), Baie d'Obreverac (1763), Havre de l'Abbrevrak (1764), Havre de l'Abbre Vrak (1773), Abreverac (XVII-XVIII), Abervrach (1832), l'Aber-vrac'h (1842), Le Vrac'h Rivière (1842), l'Abervrac'h (1843), L'Aberwrac'h (1889)[1].

Si la première partie fait simplement référence au mot français d’origine bretonne Aber, l'origine du mot Wrac’h est sujette à discussion. En breton Aber Ac'h, désignerait l'aber du Pays d'Ac'h (en breton Bro Ac'h, ancien nom du Bas-Léon, partie occidentale du Pays de Léon). Ce dernier terme vient du latin Pagus Achmensis, et serait une altération de Pagus Osismiensis, du nom de la tribu celte des Osismes[2],[1].

En breton, gwrac'h signifie « vieille » (dans les sens de vieille femme, d'où aussi fée ou sorcière) et désigne aussi le poisson du même nom. De façon plus rare, il signifie aussi : « amas, monceau, tas (de pierres) », le mot pourrait alors référer à la très vieille chaussée en pierre au fond de l'estuaire, ou encore aux roches de son chenal, le "gw" ayant muté par lénition en "w" après aber, pour donner aber-wrac'h (le mot étant féminin la mutation est également effectuée après l'article). L'évolution du toponyme se serait poursuivie par la suite en breton, le "w" de "gwrac'h" n'est d'ailleurs pas toujours prononcé.

D'autres hypothèses, plus ou moins plausibles, ont également été avancées. Le mot pourrait ainsi être reliés à des mots d'origine anglo-scandinave : Warec/Werec en normand, puis Varech (goémon, épave) en français, Vagrek en vieux-norrois, puis Wreck (épave) en anglais. Ou bien l’Estuaire de la Fée aurait un rapport avec le prétendu pont gallo-romain situé en amont de l'aber (ruines encore visibles aujourd'hui) nommé Pont du Diable.[réf. nécessaire]

Géographie[modifier | modifier le code]

L'Aber[modifier | modifier le code]

Les sources de l'Aber-Wrac'h se trouvent entre Trémaouézan et Saint-Thonan et en grande partie à Ploudaniel dans le quartier de Lestréonec où l'on dénombre pas moins de quatre sources ; la longueur du cours d'eau est de 33,6 km[3]. La plus grande partie de l'Aber-Wrac'h est une ria ou aber qui se jette dans la Mer Celtique[3].

L'Aber-Wrac'h arrose Ploudaniel, Le Folgoët, Lannilis et Plouguerneau et se termine en un long estuaire, une ria ou aber, entre la presqu'île Sainte Marguerite (Landéda) et le phare de l'Île Vierge de 82,5 m de hauteur, où l'on trouve quelques îles.

L'Aber-Wrac'h cesse d'être navigable au niveau du hameau de Paluden, à 4 km environ à l'intérieur des terres. Par le passé, les bateaux desservant Plouguerneau et Lannilis déchargeaient leurs cargaisons à cet endroit où une cale fut aménagée. Cette cale est toujours utilisée pour le débarquement de cargaisons de bois d'Europe du Nord. Le pont suspendu de Paluden permet de rejoindre les deux rives et est désormais doublé par un pont récent situé plus en amont.

Les Îles de l'Aber Wrac'h[modifier | modifier le code]

Les îles

Elles sont aussi appelées archipel des îles de Lilia (Lilia : nom d'un bourg de Plouguerneau).

L'histoire et le patrimoine de ces îles peuvent être consultés sur le site de Patrimoine des Abers.

Histoire[modifier | modifier le code]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Le manoir de Kerouartz en Lannilis, est situé sur les rives de l'Aber-Wrac'h. Ce fut le fief de la famille de Kerouartz.

Article détaillé : Famille de Kerouartz.

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

Le projet d'usine marémotrice[modifier | modifier le code]

En 1921, un projet d'usine marémotrice a failli aboutir, décrit ainsi par le journal Ouest-Éclair, sous le titre "La houille bleue dans l'Ouest":

« Il consiste en l'établissement de deux barrages, l'un à Beg an Toul à 500 mètres en amont du pont de Paluden. Le barrage comprendra un pertuis de 9,50 mètres de large pour laisser passer les bateaux. Si le Conseil général du Finistère donne la subvention nécessaire, ce passage pourra permettre l'établissement d'une voie ferrée. Le deuxième barrage projeté est entre le Diouris et le Pont Créach, face au village de Kerandraon. Il doit régulariser l'action de la marée et permettre [à l'autre barrage] de fonctionner lorsque la mer sera étale. Ce barrage, destiné à recevoir l'eau douce, aura 30 mètres de hauteur et formera un réservoir de 7 kilomètres de long qui dépassera le pont de Loc-Brévalaire et ira jusqu'au moulin de Guiziou (ce pont devra être surélevé). Un passage est prévu à hauteur du moulin actuel de Carman, pour joindre les communes de Kernilis et de Plouvien. (...)[4]. »

Le ramassage du goémon[modifier | modifier le code]

En 1939, Yvonne Pagniez, dans un roman, Pêcheur de goémon, a décrit la vie des goémoniers de Plouguerneau, l'Aber-Wrac'h et Kerlouan coupant le tali, « ce goémon particulièrement riche en iode, dont le thalle brun et lisse, froid au toucher comme une eau de batracien, peut atteindre plusieurs mètres de longueur », à l'aide d'une faucille emmanchée d'un long bâton, le retour des barques, les charrettes attendant sur la plage pour emporter la cargaison d'algues, les chevaux entrant dans l'eau jusqu'au poitrail, la récolte du goémon d'épave après les tempêtes qu'il est interdit de ramasser avant que « les phares n'aient éteint leurs feux », l'opération qui consiste à brûler, sur des foyers de fortune, le goémon, pour en recueillir les cendres dont les usines se chargeront d'extraire l'iode[5].

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le , l’Aber-Wrac'h est bombardé[6].

Récréation[modifier | modifier le code]

La ville est un endroit et une base populaires pour naviguer, pratiquer le windsurfing et le kitesurfing.

Marina de L'Aber-Wrac'h...
...avec passerelle d'embarquement à marée basse...
...et à marée haute
Cats devant la marina

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Résultats concernant « Aber Wrac'h » », sur la base KerOfis, Office public de la langue bretonne (consulté le 14 mars 2013).
  2. Les noms de lieu de la France : leur origine, leur signification, Auguste Longnon
  3. a et b SANDRE, « Fiche fleuve l'aber-vrac'h (J320400A) » (consulté le 4 octobre 2008)
  4. Journal Ouest-Éclair no 7496 du 13 septembre 1921, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6466661.r=plouvien.langFR
  5. Journal des débats politiques et littéraires n° 111 du 10 mai 1939, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k509420d/f4.image.r=Kerlouan.langFR
  6. Éric Rondel, La Bretagne bombardée, 1940-1944, éditions Ouest et Cie, 2011, [ISBN 9-782364-28007-6]