Bieuzy

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d’aide sur l’homonymie Bieuzy-les-Eaux redirige ici.

Bieuzy
Bieuzy
Façade de la chapelle Saint-Gildas.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Morbihan
Arrondissement Pontivy
Canton Pontivy
Intercommunalité Centre Morbihan Communauté
Maire
Mandat
Alain L'Aigle
2017-2020
Code postal 56310
Code commune 56016
Démographie
Gentilé Bieuzyate
Population
municipale
769 hab. (2015 en augmentation de 1,85 % par rapport à 2010)
Densité 41 hab./km2
Population
aire urbaine
13 500 hab.
Géographie
Coordonnées 47° 59′ 00″ nord, 3° 03′ 46″ ouest
Altitude 90 m
Min. 37 m
Max. 176 m
Superficie 18,98 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Morbihan

Voir sur la carte administrative du Morbihan
City locator 14.svg
Bieuzy

Géolocalisation sur la carte : Morbihan

Voir sur la carte topographique du Morbihan
City locator 14.svg
Bieuzy

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Bieuzy

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Bieuzy
Liens
Site web bieuzy.fr

Bieuzy [bjøzi] (aussi appelée Bieuzy-les-Eaux pour la distinguer de Bieuzy-Lanvaux ancienne trève de Pluvigner) est une commune du département du Morbihan, dans la région Bretagne, en France.

Géographie[modifier | modifier le code]

Vue depuis le belvédère de Castennec.

Commune avec un riche passé historique, Bieuzy nous offre une vue panoramique au belvédère de Castennec, ancien camp romain où passe la voie romaine de Vannes à Carhaix.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Municipalités limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Guern Malguenac Le Sourn Rose des vents
Melrand N Plumeliau
O    Bieuzy    E
S
Quistinic Saint-Barthélemy Guenin

Toponymie[modifier | modifier le code]

Attestée sous les formes Sanctus Bilci en 1125 puis Beuzi en 1288 [1].

Le nom breton de la commune est Bizhui. Il vient de saint Bieuzy (saint fêté le 24 novembre et dont le nom vient probablement du vieux breton biu, bihui[2], « vivant »[3]).

Histoire[modifier | modifier le code]

Statue de Bieuzy avec ses attributs, l'évangile, la palme du martyre et le crâne fendu par un coutelas.

Étymologie et origines[modifier | modifier le code]

Bieuzy (saint fêté le 24 novembre et dont le nom vient probablement du vieux breton biu, bihui[2], « vivant »[3]), disciple de saint Gildas, les deux missionnaires gallois et écossais séjournant selon la légende en 538 dans une grotte située sur les bords du Blavet. Cet ermitage implanté pour christianiser le peuple breton est devenu au XVe siècle la chapelle Saint-Gildas. Saint Bieuzy se charge plus particulièrement de l'instruction des habitants du pays et donna naissance à un centre paroissial. Le recteur Bieuzy laisse plus tard le nom au village. Selon l'hagiographe Guy Autret de Missirien, saint Bieuzy est l'auteur d'un curieux miracle. Vers 570, un valet lui demande d'interrompre sa messe pour aller guérir la meute des chiens de son seigneur atteinte de rage mais Bieuzy refuse. Le seigneur breton furieux vient lui fendre le crâne avec un glaive (une hache, couteau ou coutelas selon les versions de la légende), le coup étant si violent que l’outil y reste planté. Bieuzy aurait trouvé la force de parcourir à pied 80 kilomètres pour se rendre à l’abbaye de Rhuys où il meurt sous la bénédiction de son maître saint Gildas. La légende raconte aussi que le seigneur de retour chez lui trouve tous ses animaux (chevaux, animaux de ferme) enragés et que les chiens mordent à mort le tyran et ses serviteurs[4].

La Vénus de Quinipily[modifier | modifier le code]

« Une statue d'origine orientale dominait une boucle du Blavet à Bieuzy-les-Eaux. Pour les contemporains, c'était une Vénus et son culte impliquait peut-être de s'accoupler auprès d'elle pour guérir une stérilité. En 1661, l'évêque de Vannes la fit jeter dans la rivière. Trois ans plus tard elle est remise en place. En 1670, l'évêque envoie des ouvriers la détruire. Craintivement superstitieux, ils se contentent de la jeter à nouveau dans le Blavet après avoir entaillé un bras et un sein. Vers 1696, un seigneur de Baud la fait retailler et installe dans le parc de son château cette Vénus de Quinipily qu'on y voit encore aujourd'hui »[5].

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

En 1877, les deux-tiers des enfants quittent l'école en sachant à peine lire[6].

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

La Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le monument aux morts de Bieuzy porte les noms de 68 soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale : parmi eux; 4 sont morts sur le front belge dont 3 (Joseph Lavenant, Jean Le Clainche, Joseph Le Goff) dès 1914 et 1 (Joseph Le Clainche) en 1917 ; 4 (André Jésus, Jean Le Gallic, Joseph Porrot, Joseph Quilléré) sont morts alors qu'ils étaient prisonniers en Allemagne ; les autres sont décédés sur le sol français (parmi eux Joseph Le Guéhennec et Joseph Le Tohic ont été décorés de la Croix de guerre)[7].

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le mémorial de Bieuzy commémorant les fusillés de Rimaison

Le monument aux morts de Bieuzy porte les noms de 3 personnes (J. M. Guéganic, J. M. Le Hir, Joseph Le Strat[8]) mortes pour la France pendant la Deuxième Guerre mondiale[7].

Cinq parachutistes des Forces françaises libres furent fusillés par les Allemands dans le bois de Rimaison le  : Alain Calloc'h de Kerillis[9], André Cauvin[10], Louis Claustre, Jean Pessis, Jean Fleuriot) ainsi que neuf résistants dont Robert Jourdren, Émile Le Berre, François Le Pavec, Pierre Mourisset, Maurice Penhard, Robert Rouillé, Claude Sendral et deux inconnus[11].

L'abbé Emmanuel Rallier, recteur de Bieuzy, fut assassiné le par des résistants FTP de la région de Baud, alors que bien qu'ayant montré des sympathies vichystes, il n'avait jamais collaboré[12].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1987 mars 2001 Roland Le Merlus Apparenté PCF  
mars 2001 novembre 2017 Léon Quilleré    
novembre 2017 en cours Alain L'Aigle[13]   Exploitant agricole
Les données manquantes sont à compléter.

Jumelages[modifier | modifier le code]

Drapeau de la France Meyrals (France).

France location map-Regions and departements-2016.svg
La commune de Meyrals en Dordogne

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[14]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[15].

En 2015, la commune comptait 769 habitants[Note 1], en augmentation de 1,85 % par rapport à 2010 (Morbihan : +3,21 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 3961 3781 4231 4311 5341 4991 5871 5621 605
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 4551 4901 6561 3251 2901 2781 3361 2811 331
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 3231 3941 3781 2661 3871 4951 3461 1871 122
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
1 029923886842812708735739756
2015 - - - - - - - -
769--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[16] puis Insee à partir de 2006[17].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Les landes du Crano[18] à 2 km au nord-est de Bieuzy ont une superficie d'un seul tenant qui a permis la conservation de plusieurs espèces d'intérêt patrimonial, ce qui en fait le plus important site classé en ZNIEFF (zone naturelle d’intérêt écologique faunistique et floristique) de toute la vallée du Blavet : la lande-fourré à Ajonc d'Europe prédomine, la faune présente des particularités notables, avec une forte représentation des passereaux caractéristiques des landes (fauvette pitchou, grisette des jardins, bruant jaune, gobemouche gris…) et des reptiles (lézards vert et des murailles, couleuvres à collier, vipères péliade). Le chevreuil et le sanglier fréquentent également le site[19]. Les landes reposent sur un massif granitique classé sous le nom de « granite du Crano », à texture grenue et relativement leucocrate, daté à 300 Ma. Ce type de granite forme plusieurs petits pointements d’extension pluri-hectométrique à kilométrique mais aussi des massifs d’extension plus conséquente dans la région. Sa matrice feldspathique emballe de nombreux îlots plurimillimétriques de quartz, de nombreuses paillettes purimillimétriques de micas, biotite et muscovite, et parfois des porphyroblastes sub-automorphes de feldspaths, centimétriques et localement pluricentimétriques (granite à « dents de cheval »)[20].

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Vestiges préhistoriques et antiques[modifier | modifier le code]

  • Dolmen de Kermabon
  • La maison de Rohan tire son nom du breton Roch'an (« petit rocher »), nom du lieu sur le site de Castel-Noec (Castennec[21]) en Bieuzy, où le Blavet creuse difficilement son lit dans les micaschistes à biotites (roches issues d'un thermométamorphisme[22] développé par le massif granitique de Pontivy), formant un méandre profond entre des rives escarpées. Les cycles d'érosion successifs ont isolé un pédoncule de méandre fluvial en un éperon escarpé de 900 m de long, dont la partie médiane, très étroite (dénivelé de 45 m, largeur inférieure à 10 m), sépare l'entrée de l'éperon (Castennec), au nord, de la boucle du Blavet, au sud (la Couarde)[23]. Sur cet éperon est édifié entre 1120 et 1128, le château du même nom par Alain de Porhoët. Alain, vicomte de CastelNoec, prend dès lors le nom de Rohan et devient Alain Ier de Rohan[24].

À l'origine sur cet éperon vingt kilomètres en aval de ce qui deviendra Pontivy, existait une forteresse protohistorique puis le camp romain de Sulim (le nom Sulim sur la carte de Peutinger est une forme dérivée de Sulis, apparenté au nom gaulois du soleil), forteresse frontière importante sur la voie romaine d'Angers à Brest. À l'est, sur la rive gauche (au niveau du village de Saint-Nicolas-des-Eaux), un gué protohistorique fut remplacé par un pont qui est resté, jusqu'au haut Moyen Âge, le principal point de franchissement du fleuve. L'abandon de Castennec dans les années 1120 et l'importance politique des Rohan se traduisent deux siècles plus tard par le déclin du réseau routier gallo-romain, et l'essor de Pontivy comme nouveau nœud routier[25].

Église et chapelles[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Église Notre-Dame de Bieuzy.

Fontaines[modifier | modifier le code]

Moulins[modifier | modifier le code]

  • Moulin à farine de Rimaison.

Curiosités[modifier | modifier le code]

Gravure publiée en 1812 par Armand Maudet de Penhouet, présentant les bornes milliaires de Castennec, disparues depuis, et les ruines de la chapelle du prieuré de la Couarde.
  • Ruines du château de Rimaison XVIe siècle.
  • Château de Kerven (les ruines étaient encore visibles en 1845).
  • La stèle gauloise de Castennec.
  • Pierre tombale médiévale XIIIe siècle, découverte en 1971.

Mémorial[modifier | modifier le code]

  • Ce mémorial, situé près du golf de Rimaison, rend hommage aux 14 maquisards et parachutistes français qui furent fusillés à l'endroit du mémorial, le 18 juillet 1944.

Langue bretonne[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Saint Bieuzy (du breton buhezeg, plein de vie) ou Bihy ou Bihuy ou Bihuit (VIe siècle), disciple de saint Gildas de Rhuys, ermite puis curé à Bieuzy, où il aurait été tué d'un coup d'épée lui fendant le crâne par un seigneur breton dont il refusa de soigner les chiens afin de pouvoir célébrer sa messe[26]. On l'invoque contre la rage et de nombreuses fontaines portent son nom. Il est fêté le 24 novembre.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Monuments historiques, bâtiments et objets artistiques

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, page 1049
  2. a et b Buhezec en breton moderne.
  3. a et b Alain Stéphan, Tous les prénoms bretons, Éditions Jean-paul Gisserot, (lire en ligne), p. 24
  4. Alain Dag'Naud, Lieux insolites et secrets de toutes les Bretagne, Éditions Jean-paul Gisserot, (lire en ligne), p. 24
  5. Jean Rohou, "Catholiques et Bretons toujours ? (essai sur l'histoire du christianisme en Bretagne)", éditions Dialogues, Brest, 2012, [ (ISBN 978-2-918135-37-1)]
  6. Jean Rohou, "Fils de ploucs", tome 2, 2007, éditions Ouest-France, [ (ISBN 978-27373-3908-0)]
  7. a et b http://www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/resultcommune.php?idsource=64229
  8. Joseph Le Strat, quartier-maître canonnier, mort de maladie le à Saïgon (Viet-Nam).
  9. Alain Calloc'h de Kerillis, né le à Épernay (Marne, sous-lieutenant au 2e régiment de chasseurs parachutistes, membre du 4e SAS.
  10. André Cauvin, né le à Paris, sergent au 2e régiment de chasseurs parachutistes, membre du 4e SAS.
  11. http://www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/resultcommune.php?idsource=37384 et http://maitron-fusilles-40-44.univ-paris1.fr/spip.php?article189485
  12. http://bretagne-39-45.forums-actifs.com/t1811-affaire-rallier-juillet-1944-bieuzy-lanvaux
  13. « Alain L’Aigle est le nouveau maire de Bieuzy », sur Actu.fr, (consulté le 30 novembre 2017)
  14. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  15. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  16. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  17. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  18. Toponyme issu de krann, désignant originellement un endroit où il reste des racines, puis adopté comme nom de famille. cf. Francis Gourvil, Noms de famille bretons d'origine toponymique, Société archéologique du Finistère, , p. 52.
  19. « Landes du Crano », sur mnhn.fr, .
  20. Sa paragénèse comprend du quartz (36-38 % en petites et moyennes plages regroupées en îlots holoquartzeux), du feldspath potassique (30-32 % d'orthose en petites et moyennes plages xénomorphes et en fréquentes moyennes et grandes plages subautomorphes assez fréquemment maclées), du feldspath plagioclase (25-27 % d'albite-oligoclase en petites et moyennes plages et plus rarement en grandes, souvent sub-automorphes et plus ou moins damouritisées), de la biotite (3-4 % en moyennes et grandes paillettes, parfois maclées sagénite et éventuellement plus ou moins chloritisées), de la muscovite (2-3 % en moyennes et grandes paillettes associées à celles de biotite, ou en petites paillettes aciculaires disposées en gerbe), exceptionnellement de la sillimanite et accessoirement de l’apatite (gros granules, parfois sub-automorphes) et du zircon (en petits grains, souvent associés aux paillettes de biotite). cf. BÉCHENNEC F., THIÉBLEMONT D., avec la collaboration de Cocherie A., Mougin B., Notice explicative, Carte géol. France (1/50 000), feuille Bubry (349), éditions du BRGM, 2011, p. 26-27
  21. Le site porte le nom de Castellum Noïec ou Castrum Noici, Châteaunoix, Château-Nu, Castel-Noez ou Castel-Noec, devenu plus tard Castennec.
  22. Au contact du granite, le schiste a été modifié et présente un faciès plus noirâtre, gaufré et tacheté.
  23. Carte archéologique de la Gaule. Le Morbihan, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, , p. 80.
  24. Charles Floquet, Châteaux et manoirs bretons des Rohan, Y. Salmon, , p. 71.
  25. Jean-Yves Le Moing, Noms de lieux de Bretagne, Bonneton, , p. 25.
  26. Albert Le Grand, Les Vies des Saints de Bretagne Armorique, 1636, tiré de l'édition dite des "trois chanoines" (Quimper, 1901)