Yvonne Pagniez

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Yvonne Pagniez
Gedenktafel Yvonne Pagniez.JPG
Plaque à Schwäbisch Gmünd (Allemagne).
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 84 ans)
Paris 14e
Nom de naissance
Yvonne Marie Louise Augusta PagniezVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
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Conflit
Lieu de détention
Distinctions
signature d'Yvonne Pagniez
Signature

Yvonne Pagniez, née le à Cauroir et morte le à Paris 14e, est une écrivaine, journaliste et résistante française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle naît en 1896 à Cauroir[1], petite ville du Nord, proche de Cambrai.

Elle est reçue au baccalauréat et se prépare à étudier la philosophie quand éclate la Première Guerre mondiale. Evacuée en Savoie avec sa mère et ses sœurs, elle devient infirmière pour assister les blessés du front évacués vers l'intérieur. En 1918, le Renseignement militaire la remarque pour sa maîtrise de l'allemand et être originaire du Nord, ce Département qui est alors occupé par l'armée allemande. Elle accepte d'intégrer l’école des missions spéciales au château d’Hermonville (Marne) dans le but de servir d'agent de renseignement en zone occupée (réf. Rocha-Deroche, 14-18 l'aviation des missions spéciales, éd. rocha Damien, mai 2014 - Jacques Mortagne, Missions spéciales - La guerre des ailes, éd. Baudinière Paris 1929). Cette formation secrète de plusieurs mois est cogérée par le 2e bureau de l'État-major des Armées (assimiler les techniques du sabotage, savoir collecter, rédiger, dissimuler et transmettre les renseignements et apprendre à vivre en autonomie dans la clandestinité) et par le service aéronautique des Ve et VIe armée avec l'appui de l'escadrille MS 12 (se familiariser au vol de nuit en altitude, se repérer en vol, assister le pilote au sol et se préparer au saut en parachute[2] ou à la dépose). Cependant, sa mission est annulée au dernier moment par l’armistice du 11 novembre 1918. Cette formation lui sera bénéfique vingt ans plus tard dans la Résistance.

En 1925, elle se marie avec Philippe Pagniez (parent éloigné), médecin et chercheur des Hôpitaux de Paris, qui sera élu membre de l'Académie des sciences pour la section de médecine le [3].

Dans l'entre-deux-guerres, elle séjourne régulièrement sur la côte bretonne à Plougonvelin et elle commence à écrire, avec Ouessant en 1935, puis Pêcheurs de goémon en 1939, romans qui se déroulent dans le Finistère.

Elle est membre de l'Union féminine civique et sociale.

La Seconde Guerre mondiale va marquer un tournant dans sa vie. En juin 1940, elle reste à Paris et fait connaître sa disponibilité aux officiers du renseignement militaire qui s'apprêtent à évacuer la capitale. Elle entre en résistance avec son mari Philippe dès cette année-là. Elle crée un réseau entre le Nord, Paris et le Finistère, qui sera rattaché à l'Organisation civile et militaire (OCM-Centurie)[4] et au SR-Kleber[5]. Arrêtée le , après presque quatre années d'activité (citée dans Georges-J. Ballyot, Un flic dans la tourmente : souvenirs 1937-1944, éd. Presses bretonnes, 1992), elle est déportée dans le même wagon de Suzanne Leclézio et d'Yvonne Ziegler au camp de concentration de Ravensbrück, puis de Torgau. Elle s'évade et erre à pied dans l'Allemagne nazie en plein hiver et sous les bombardements alliés. Elle parvient à se cacher dans Berlin en ruine pendant plus d'un mois, puis tente de quitter l'Allemagne. Elle est reprise in extremis sur le lac de Constance où elle est internée dans la prison de cette ville. Transférée à la prison de Schwäbisch Gmünd, elle est libérée quelque temps avant l'entrée des troupes américaines, le . À la fin de la guerre, elle reçoit le grade de sous-lieutenant et de hautes distinctions (chevalier de la Légion d’honneur, Croix de guerre et médaille de la Résistance, médaille de la Déportation…). Le général de Gaulle lui a rendu hommage en « une résistante de la première heure qui a organisé, de sa propre initiative, un réseau de renseignements ». Elle a écrit sur cette période dans trois livres successifs : Scènes de la vie du bagne, Évasion 44 et Ils ressusciteront d'entre les morts. Évasion 44, son ouvrage le plus connu qui est paru en 1949, a notamment reçu le Grand prix du roman de l'Académie française.

Après le décès de son mari en 1947, elle part comme correspondante de guerre en Indochine, puis en Algérie. Ses articles sont publiés dans Le Journal de Genève, la Revue des Deux Mondes et Les Études. Ses deux séjours à travers toute l'Indochine française en 1951 et 1952, sont rendus possible grâce à l'appui direct du général Jean de Lattre de Tassigny, haut-commissaire en Indochine à cette époque. À l'issue de ces reportages à travers le Viêt Nam, le Laos et le Cambodge, paraît Français d'Indochine (1953) où elle dépeint les opérations militaires et une société coloniale qui vit son crépuscule. Elle va écrire d'autres ouvrages sur cette guerre lointaine et oubliée dans lesquels elle traite aussi bien des évènements liés à ce conflit, que des pays et des habitants de la péninsule indochinoise. Dans Naissance d'une nation : choses vues au Vietnam (1954), elle appelle à un Viêt Nam souverain allié à la France et débarrassé du communisme. Mais la défaite de Ðiện Biên Phủ en , annonce la fin de la présence française en Indochine et en Asie du Sud-Est. Elle connaît cette défaite de près au cours de son troisième séjour en indochine entre mars et mai 1954 ; l'Armée de l'air l'autorise exceptionnellement à embarquer à bord d'un bombardier en mission sur Dien Bien Phu et à bord des DC3 Dakota en missions sur le Laos[6],[7].

Elle accomplira dans cette même décennie, une série de reportages dans le Sahara en suivant la même ligne éditoriale.

Elle se retire ensuite à Plougonvelin en Bretagne, à proximité de l’île d’Ouessant, pour, dit-elle « goûter la solitude et la vérité de la mer ». Elle reviendra à Cauroir, sa ville natale, le pour inaugurer une rue qui porte son nom.

Yvonne Pagniez meurt le dans le 14e arrondissement de Paris[1]. Elle est inhumée à Cambrai, dans le cimetière de la Porte de Paris[8].

En 2005, son roman Pêcheur de goémon est adapté en Bretagne par Goulc'han Kervella sous le nom Gwerz ar vezhinerien pour un spectacle son et lumière joué par la troupe de théâtre Ar Vro Bagan.

En 2017, l'école de Cauroir est rebaptisée du nom d'Yvonne Pagniez en présence de sa famille.

Décorations[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages écrits sur l'Algérie
  • Françaises du désert, 1952
  • Oasis sahariennes, 1952
Ouvrages écrits sur l'Indochine
  • Français d'Indochine, 1953
  • Naissance d'une nation : choses vues au Vietnam, 1954
  • La guerra de Indochina y el Vietnam rojo (en espagnol), 1954
  • Aspects et conséquences de la guerre en Indochine, 1954
  • Le Viet Minh et la guerre psychologique, 1955
Ouvrages écrits sur l'aviation
  • Aventures en plein ciel. Du planeur à l'avion-fusée, Hannah Reitsch, préface d'Yvonne Pagniez, 1952
  • Ailes françaises en Indochine (I), Revue des Deux Mondes, déc. 1954, 413-430 p.
  • Ailes françaises en Indochine (II), Revue des Deux Mondes, déc. 1954, 685-701 p.
  • Ailes françaises au combat. Témoignages vécus, 1957
  • L'Afrique à l'ombre des ailes, Revue des Deux Mondes, mars 1959, 97-116 p.

Yvonne Pagniez : 1896 - 1981 ; 1945: vom Gefängnis zur Freiheit ; Schriftstellerin, Widerstandskämpferin, Europäerin. Schwäbisch Gmünd 2013 (ISBN 978-3-936373-97-4)

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

[1]