Yvonne Pagniez

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Yvonne Pagniez, née le 10 août 1896 et décédée le 18 avril 1981, est une écrivain, journaliste et résistante française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle naît à Cauroir, petite ville du nord de la France, proche de Cambrai. Après des études de philosophie, elle est infirmière pendant la Première Guerre mondiale. le Département du Nord étant occupé par l'armée allemande, elle est préparée en 1918 à la mission d'agent de renseignement en terrain ennemi mais l'armistice du 11 novembre annule sa mission. Dans l'Entre-Deux-Guerres, elle commence à écrire avec Ouessant en 1935, puis Pêcheurs de goémon en 1939, romans qui se déroulent dans le Finistère où elle séjourne régulièrement.

La Seconde Guerre mondiale va marquer un tournant dans sa vie. Entrée en résistance, elle fait partie dès 1940 du réseau Organisation civile et militaire (OCM). Arrêtée le 4 juin 1944, après presque quatre années d'activité, elle est déportée au camp de concentration de Ravensbrück, puis de Torgau. Elle s'évade et erre à pied dans l'Allemagne nazie en plein hiver. Elle parvient à se cacher dans Berlin en ruine pendant plus d'un mois, puis tente de quitter l'Allemagne. Elle est reprise in extremis sur le lac de Constance où elle est internée dans la prison de cette ville. Transférée à la prison de Schwäbisch Gmünd, elle est libérée quelque temps avant l'entrée des troupes américaines, le 20 avril 1945. À la fin de la guerre, elle reçoit le grade de sous-lieutenant et de hautes distinctions (chevalier de la Légion d’honneur, Croix de guerre et médaille de la Résistance, chef du Réseau Kléber[réf. souhaitée], médaille de la Déportation…). Le Général de Gaulle lui a rendu hommage en « une résistante de la première heure qui a organisé, de sa propre initiative, un réseau de renseignements ».Elle a écrit sur cette période dans trois livres successifs: Scènes de la vie du bagne, Évasion 44 et Ils ressusciteront d'entre les morts. Évasion 44, son ouvrage le plus connu qui est paru en 1949, a notamment reçu le Grand prix du roman de l'Académie française.

Elle servira comme correspondante de guerre en Indochine, puis en Algérie. Ses séjours à travers toute l'Indochine française en 1951 et 1952, sont rendus possible grâce à l'appui direct du général Jean de Lattre de Tassigny, haut-commissaire en Indochine à cette époque. À l'issue de ces reportages à travers le Vietnam, le Laos et le Cambodge, paraît Français d'Indochine (1953) où elle dépeint les opérations militaires et une société coloniale qui vit son crépuscule. Elle va écrire d'autres ouvrages sur cette guerre lointaine et oubliée dans lesquels elle traite aussi bien des évènements liés à ce conflit, que des pays et des habitants de la péninsule indochinoise. Dans Naissance d'une nation : choses vues au Vietnam (1954), elle appelle à un Vietnam souverain allié à la France et débarrassé du communisme. Mais la défaite de Dien Bien Phu en mai 1954, sonnera le glas de la présence française en Indochine et en Asie du Sud-Est.

Elle se retire ensuite en Bretagne, à proximité de l’île d’Ouessant, pour, dit-elle « goûter la solitude et la vérité de la mer ». Elle reviendra à Cauroir, sa ville natale, le 17 septembre 1978 pour inaugurer une rue qui porte son nom.

Son roman Pêcheur de goémon fut adapté pour un spectacle Son et Lumière en Bretagne par Goulc'han Kervella.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages écrits sur l'Algérie
  • Françaises du désert, 1952
  • Oasis sahariennes, 1952
  • Ailes françaises au combat, 1957
Ouvrages écrits sur l'Indochine
  • Français d'Indochine, 1953
  • Naissance d'une nation : choses vues au Vietnam, 1954
  • La guerra de Indochina y el Vietnam rojo (en espagnol), 1954
  • Aspects et conséquences de la guerre en Indochine, 1954
  • Le Viet Minh et la guerre psychologique, 1955

Liens externes[modifier | modifier le code]