Abbatiale Saint-Pierre de Corbie

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L'abbatiale Saint-Pierre de Corbie ne doit pas être confondue avec l'abbaye de Corbie

Abbatiale Saint-Pierre de Corbie
Abbatiale Saint-Pierre de Corbie actuelle
Abbatiale Saint-Pierre de Corbie actuelle
Présentation
Culte Catholique romain
Type Abbatiale
Rattachement Diocèse d'Amiens
Début de la construction 1501, XVIe siècle
Fin des travaux 1775, XVIIIe siècle
Style dominant Gothique
Protection Logo monument historique Classé MH (1919) - Monument historique
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Province Picardie Picardie
Région Hauts-de-France
Département Somme
Ville Corbie
Coordonnées 49° 54′ 32″ nord, 2° 30′ 37″ est

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Abbatiale Saint-Pierre de Corbie

L'Abbatiale Saint-Pierre de Corbie est un édifice religieux catholique de style gothique, sis dans le centre ville de Corbie, dans le département français de la Somme (France)[1]. Ancienne église de l'Abbaye royale Saint-Pierre de Corbie cette abbatiale est protégée au titre des monuments historiques : classement par arrêté du [2].

Histoire du monument[modifier | modifier le code]

Construction et reconstruction[modifier | modifier le code]

Église principale de l'Abbaye royale Saint-Pierre de Corbie fondée au VIIe siècle par la reine Bathilde, l'abbatiale actuelle n'offre qu'une vision très partielle de ce qu'elle fut du temps de sa splendeur.

L'église abbatiale primitive, dédiée, en 670, aux Saints Apôtres Pierre et Paul, par Bertefride, évêque d'Amiens, fut détruite par les flammes en 1021-1022. Elle fut reconstruite une trentaine d'années plus tard. Un incendie détruisit à nouveau l'abbatiale le 1er août 1137, un autre la ravagea, une quinzaine d'années plus tard. L'édifice fut reconstruit. L'église possédait huit chapelles dont la chapelle de Soyécourt, construite par la Famille de Soyécourt pour en faire sa nécropole, en 1297[3].

Une troisième église fut édifiée au même emplacement. La reconstruction de l'abbatiale actuelle débuta en 1501 sous l'abbatiat de Pierre d'Ostrel ou "Dostrel" ou encore "Dottrel", 61e comte-abbé de Corbie. En 1507 à la mort Pierre d'Ostrel seuls le chœur et le transept et sa flèche étaient achevés.

Les travaux reprirent seulement au XVIIe siècle. On choisit de reconstruire la nef dans le style gothique flamboyant. La nef étant achevée, on célébra la messe pour la première fois dans l'église reconstruite entièrement, le 29 juin 1698[4]. La façade occidentale était surmontée de deux tours jumelles, la croisée du transept était coiffée d'une tour-lanterne de 90 mètres de haut. L'édifice dans son entier s'étendait alors sur plus de 117 mètres de long[5].

Abandon et destruction[modifier | modifier le code]

De l'église abbatiale à l'église paroissiale[modifier | modifier le code]

Le sort de l'abbatiale bascula pendant la Révolution française. La Constitution civile du clergé adoptée par l'Assemblée constituante, le 12 juillet 1790, décidait, dans son article 20, que : « les abbayes et prieurés en règle ou en commende, de l'un et de l'autre sexe, [...] sont, à compter du jour de la publication du présent décret, éteints et supprimés sans qu'il puisse jamais en être établi de semblables. » L'abbaye de Corbie, de ce fait, cessait d'exister et ses biens étaient déclarés bien national. Le même décret prévoyait dans son article 15 que : « Dans toutes les villes et bourgs qui ne comprendront pas plus de six mille âmes, il n'y aura qu'une seule paroisse ; les autres paroisses seront supprimées et réunies à l'église principale. » Corbie étant dans ce cas, toutes les paroisses de la ville furent supprimées et réunies en une seule à laquelle fut dévolue l'ancienne église abbatiale Saint-Pierre qui fut sauvée provisoirement de la destruction en devenant église paroissiale.

Abandon et vandalisme[modifier | modifier le code]

En 1793, pendant la Terreur, elle fut fermée du fait de la politique de déchristianisation. Après le Concordat de 1801, l'abbatiale continua d'être laissée à l'abandon. La chapelle de l'hôpital servit d'église paroissiale. Pendant ce temps, l'abbatiale était en but aux déprédations et aux vols de matériaux. La municipalité elle-même vendit ses matériaux : en 1804 on signala la démolition de marches, en 1810 les murs et les voûtes s'écroulèrent. On envisagea la démolition de toute l'église et la construction d'une église neuve en 1807. L'architecte corbéen Sénéchal, mandaté par la Commune proposa de ne garder que les parties basses et le chœur. Le Ministère proposa la restauration complète de l'abbatiale selon les plans de l'architecte Jean-Baptiste Rondelet, ancien élève de Soufflot. La commune refusa en raison du coût trop élevé en 1810.

On continua à vendre les matériaux. Un autre architecte, Lefebvre, proposa avec la vente de reconstituer une partie de l'église. Il fit démolir le clocher central, le transept et la toiture du chœur. Un nouvel architecte Étienne-Hippolyte Godde proposa un nouveau projet d'église neuve, que la municipalité refusa à nouveau.

Une église paroissiale amputée[modifier | modifier le code]

Enfin, en 1816, on arrêta un nouveau plan. On ferma la nef d'un mur de pierre et on démolit ce qui restait du transept et du chœur, donnant à l'abbatiale sa physionomie actuelle. De sa grandeur passée, ne subsistent aujourd'hui que ses deux tours massives s'élevant à 55 mètres, et ses voûtes de 25 mètres de hauteur. La longueur de l'édifice passa de 115 à 35 mètres.

Destruction de l'église en 1918[modifier | modifier le code]

Pendant la Première Guerre mondiale, au cours de la Bataille du Kaiser, dernière grande offensive de l'ennemi, la ville de Corbie fut victime des bombardements de l'artillerie allemande. L'abbatiale fut presque totalement détruite, seuls les murs extérieurs et les tours tenaient encore debout. En 1919, l’abbatiale était protégée au titre des monuments historiques et fut reconstruite durant l'entre-deux-guerres.

Chronologie[modifier | modifier le code]

  • Fin du XIVe siècle : Démolition de la deuxième abbatiale de style roman
  • 1501 ou 1502 : Reconstruction, en style gothique, à l'emplacement de la deuxième abbatiale, de style roman
  • 1503-1504 : Travaux contrariés par des famines
  • 1506-1685 : Travaux ralentis, délaissées en raison du désintérêt des abbés commendataires
  • 1507 : Mort de l'abbé Pierre d'Ostrel : chœur et transept nouveaux à peine achevés
  • 1523 : L'abbaye tombe sous le régime de la commende
  • 1685 : Reprise des travaux
  • 1775 : Achèvement des travaux de reconstruction
  • 1775 : Nef : 117 mètres, Voûtes : 22 ou 25 mètres, Tours-jumelles : 55 mètres, Transept : 50 mètres de large, Tour-lanterne-transept : 90 mètres
  • 1790 : L'abbatiale devient église paroissiale
  • 1793 : Fermeture de l'abbatiale
  • 1802-1816 : Onze plans de restauration successifs sont discutés
  • 1804 : Démolition de marches de pierre et de marbre, pourrissement des charpentes
  • 1807 : Évocation de sa destruction totale
  • 1810 : Écroulement de murs et de voûtes
  • 1810 : Plan Rondelet de restauration complète refusé le 12 mai par le conseil municipal car jugé trop onéreux
  • 1810 : Plan Lefevre : démolition de la tour-lanterne, du transept et du chœur
  • 1814-1817 : Interruption des travaux, projet Godde d'une église neuve refusé
  • 1816 : Plan Berciaux : fermeture de la nef à hauteur de l'ancienne croisée du transept
  • 1817 : Achèvement en novembre des travaux de réduction-rénovation du plan Berciaux
  • 1818 : Réouverture au culte le 16 février
  • 1822 : Destruction de la chapelle absidiale des Corps-Saints où étaient conservées de nombreuses reliques[6]
  • 1918 : Destruction de l'abbatiale, en grande partie, par les bombardements allemands
  • 1919 : L'abbatiale est protégée au titre des monuments historiques
  • années 1920 : restauration de l'abbatiale.

Architecture[modifier | modifier le code]

  • L'église abbatiale actuelle dont la reconstruction débuta au tout début du XVIe siècle est de style gothique. Le chœur était de style gothique flamboyant. Le siège de Corbie de 1636 endommagea gravement l'édifice dont on reprit la construction à la fin du XVIIe siècle pour la terminer au XVIIIe siècle en gardant -chose peu courante à l'époque- le style d'origine[7].
  • Les destructions de la Grande Guerre ont contraint les reconstructeurs à modifier sensiblement les ouvertures de la nef et la rose de la façade occidentale n'éclaire plus la nef[7].

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Reliques et œuvres d'art[modifier | modifier le code]

Reliques[modifier | modifier le code]

Œuvres d'art[modifier | modifier le code]

Peinture[modifier | modifier le code]

  • La Nativité sur bois (École flamande du XVIe siècle), classée M. H. 1984.
  • Sainte Colette priant pour la délivrance d'une âme du Purgatoire de Charles Crauk (1859)

Sculptures[modifier | modifier le code]

Maquette[modifier | modifier le code]

  • Une maquette de l'église abbatiale avant sa mutilation a été réalisée par le Corbéen Gérard Maré, en 1951. On peut voir, au 15/1000e, la totalité de l'édifice, tel qu'il devait être au XVIIIe siècle avec le chœur, le transept et le clocher de la croisée du transept.

Mobilier[modifier | modifier le code]

Dans l'entre-deux-guerres, l'abbatiale fut dotée d'un mobilier de style Art déco :

  • Maître-Autel
  • Stalles
  • Chaire
  • Confessionnal

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Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, l'Abbatiale Saint-Pierre de Corbie est le cœur de la Paroisse catholique Sainte-Colette-des-Trois-Vallées.

Les chants des fidèles laïcs du XXIe siècle faisant écho à ceux des moines bénédictins qui se succédèrent, à Corbie, du VIIe au XVIIIe siècle.

L'abbatiale Saint-Pierre de Corbie demeure ainsi un lieu de rassemblement, de vie, de foi, d'espérance et de charité, ouvert à toutes et à tous.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Les Monuments anciens de Corbie, Corbie, 1994, Les Amis du Vieux Corbie.

Liens internes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) « Carte géographique », sur maps.google.fr (consulté le 25 juillet 2010)
  2. Notice no PA00116125, base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. Père Louis-François Daire, Histoire civile, ecclésiastique et littéraire du doyenné de Fouilloy, repris, corrigé, annoté et publié par Alcius Ledieu, Abbeville, Lafosse, 1910, 2 vol. in 4° - réédition, Paris, Res Universis, 1993 (ISBN 2 - 87 760 -989 - 8) pp. 24-27
  4. Père Louis-François Daire, Histoire civile, ecclésiastique et littéraire du doyenné de Fouilloy, repris, corrigé, annoté et publié par Alcius Ledieu, Abbeville, Lafosse, 1910, 2 vol. in 4° - réédition, Paris, Res Universis, 1993 (ISBN 2 - 87 760 -989 - 8) p. 25
  5. (fr) « fiche descriptive de L'abbatiale Saint-Pierre de Corbie », sur cartedesressources.cndp.fr (consulté le 25 juillet 2010)
  6. Abbé Édouard Jumel, Monographie de la ville de Corbie, Amiens, Yvert et Tellier, 1904 - réédition sous le titre : Corbie, histoire et archéologie, Woignarue, La Vague verte, 2009 p. 105
  7. a et b visite guidée organisée par l'Office de tourisme de Corbie