Aratea de Leyde

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Une enluminure du manuscrit de Leyde

Le manuscrit des Aratea de Leyde (dénomination scientifique : Voss. lat. Q 79) est un codex enluminé carolingien contenant les chapitres d’astronomie des « Phénomènes » (Phainomena) d’Aratos de Soles (310–245 av. J. Chr.) consacrés aux Constellations, dans la traduction latine de Germanicus. Le manuscrit a été composé vers 825 en Lotharingie[1] (probablement à Aix-la-Chapelle ou Metz). Le commanditaire était sans doute Louis le Pieux qui a été sacré empereur le 5 octobre 816 à Reims par Etienne IV, lui-même pape depuis le 22 juin 816, le pape Léon III étant mort le 12 juin 816.

Les 35 enluminures en pleine page qui composent ce manuscrit sont d'une importance cruciale pour la compréhension des connaissances astronomiques du haut Moyen Âge. Les planches encadrées en couleur de couverture, de toute beauté, reflètent une copie très stylisée du modèle antique qui a servi de modèle. Il manque au manuscrit quatre constellations du cycle des constellations des Phénomènes. Le codex comporte 99 folios de parchemin, au format 225 × 200 mm.

Ce manuscrit devait être conservé dans le Nord de la France aux alentours de l'an mil, sans doute dans la bibliothèque de l’abbaye Saint-Bertin[2], où deux copies ont survécu. C'est en 1573 que Jacob Susius obtient le manuscrit auprès d'un peintre de Gand ; l'ouvrage passera ensuite aux mains d’Hugo Grotius, puis à Christine de Suède et Isaac Vossius. Ce dernier le légua en 1690 à la bibliothèque de l’Université de Leyde, où il est aujourd'hui enregistré sous la référence Voss. lat. Q 79.

Quelques miniatures[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Richard Mostert et Marco Mostert avancent la date précise du 18 mars 816 pour le diagramme montrant les positions des planètes (telles qu'on a pu les recalculer) sur le folio 93v du manuscrit : cf. Richard Mostert et Marco Mostert, « Using astronomy as an aid to dating manuscripts, The example of the Leiden Aratea planetarium », Quaerendo, no 20,‎ , p. 248-261. On doit tenir compte qu'en 816 l'équinoxe de printemps a eu lieu le 16 mars à 09:07 UTC et la pleine lune le 17 mars à 11:23 UTC. L'alignement exact à 180° de la Lune (au centre du signe de la Balance) et du Soleil (au centre du signe du Bélier) semble montrer qu'on a voulu représenter cet instant de la pleine Lune à près de 24 heures du moment de l'équinoxe. Le fait étonnant de ce planisphère céleste est que les planètes Mercure et Vénus sont (déjà !) en orbite autour du Soleil alors que le système de Ptolémée donne tous les astres en révolution autour de la Terre au centre du monde.
  2. ministère de l'Éducation nationale, Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques des départements: Arras. Avranches. Boulogne. 1872, Imprimerie nationale, (lire en ligne), N 188 In folio carré ou grand in-quarto sur vélin : Kalendarius per nonas idus et kalendas dispositus Tabulae astronomicae ad inveniendam epactam cum argumentis Incipit Argumentum de regularibus cycli decennovenalis. Si vis invenire unde principalitatis originem sumant : Desinit remanet unus una est epacta anno presenti Germanici Caesaris Aratea phaenoniena. Incipiunt Ab Jove principium magno deduxit Aratus Carminis at nobis genitor tu maximus auctor. Desinunt Pluribus indiciis sollers fulcire mémento. Vale fidens in Domino Christi vestitus amore. xix siècle

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ingo F. Walther, Wolfgang Norbert, Codices Illustres: The world's most famous illuminated manuscripts 400 to 1600, Cologne, Taschen, (ISBN 3-8228-5852-8)
  • Florentine Mütherich, Joachim E. Gaehde, Karolingische Buchmalerei, Munich, Prestel, (ISBN 3-7913-0395-3), p. 68–71.

Sources[modifier | modifier le code]