Collégiale Saint-Frambourg de Senlis

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Collégiale Saint-Frambourg de Senlis
Image illustrative de l’article Collégiale Saint-Frambourg de Senlis
Présentation
Nom local Chapelle royale Saint-Frambourg - Fondation Cziffra
Culte Catholique romain (désaffectée)
Type Collégiale
Début de la construction 1169
Fin des travaux c.1230
Autres campagnes de travaux 1974-1977 (restauration et transformation en auditorium)
Style dominant Gothique
Protection Logo monument historique Classé MH (1862)[1]
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Oise
Ville Senlis
Coordonnées 49° 12′ 21″ nord, 2° 35′ 11″ est

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Collégiale Saint-Frambourg de Senlis

La collégiale Saint-Frambourg de Senlis est une ancienne église consacrée à saint Fraimbault (également appelé Frambourg), située à Senlis dans le département de l'Oise. C'est actuellement une salle de concert consacrée à la musique classique, propriété de la Fondation Cziffra. Elle fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1862[1].

La fondation de la chapelle royale[modifier | modifier le code]

Cette chapelle royale est fondée tout à la fin du Xe siècle par Adélaïde d'Aquitaine reine de France et épouse d'Hugues Capet, après l'acclamation de celui-ci dans la ville en 987 par les Grands du royaume. Cette chapelle est dans le même temps une collégiale puisque 12 chanoines y sont affectés. Ceux-ci sont nommés directement par le roi et ne dépendent d'aucune autorité ecclésiastique sinon du Saint-Siège. Ils sont chargés de prier pour le roi et seule la famille royale peut assister aux offices. Faisant l'objet de soins particuliers de la part du roi, la collégiale est dotée d'un grand nombre de reliques.

Elle accueille alors les dépouilles de Fraimbault de Lassay, déplacées de Lassay-les-Châteaux dans le comté du Maine jusque dans la chapelle. On ne sait pas précisément quand le transfert eut lieu, ce saint n'ayant eu aucun contact avec la ville de Senlis au cours de sa vie. On parle de religieux fuyant les Normands et trouvant refuge dans la ville avec les reliques, de seigneur de Senlis ayant combattu avec un comte du Maine, le transfert ayant alors lieu à la fin du IXe siècle. On dit aussi que la reine elle-même fit opérer ce transfert de relique, à la fin du Xe siècle parce que le saint était réputé contribuer à la prospérité de la famille royale et à la tranquillité du royaume. Le corps du saint fut déposé dans une chasse d'argent, hormis le chef demeuré à Lassay.

Des traces de bâtiments antérieurs au Xe siècle ont été retrouvés au cours des fouilles archéologiques sur le site[2]. Le bâtiment le plus ancien retrouvé est un bâtiment rectangulaire de petite taille, situé à l'intérieur de l'ancien rempart gallo-romain de la ville.

La collégiale gothique[modifier | modifier le code]

L'église actuelle est construite à partir de 1169 : sont construits jusque vers 1200 le chœur et les deux premières travées de la nef. En 1177, une grande cérémonie d'exposition des reliques est organisée par les chanoines, en présence du roi Louis VII de France, afin d'encourager les donations en faveur de la construction de l'édifice. Cette nef est achevée, ainsi que la base du clocher au cours d'une seconde campagne de construction de 1205 à 1230. Le clocher est achevé à la fin du XIIIe siècle, ainsi que des chapelles latérales.

Elle est fermée en 1790, transformée en Temple de la raison puis vendue comme bien national en 1798. Le portail est alors mutilé et le clocher en partie démoli. Le bâtiment sert tour à tour de manège par l'Armée prussienne en 1815, de magasin et d'entrepôt.

Restaurations et usages actuels[modifier | modifier le code]

Le pianiste d'origine hongroise Georges Cziffra rachète les bâtiments en 1973 pour accueillir sa fondation créée en 1974 et entame la restauration intérieure. À cette occasion, des fouilles archéologiques sont réalisées et mettent au jour les restes de la chapelle royale du Xe siècle. Des constructions parasites au sud de la nef et au chevet sont démolies. De nouveaux vitraux sont installés en 1977, dont huit sont décorés par l'artiste catalan Joan Miró, ami de Cziffra, en collaboration avec le maître-verrier Charles Marq.

Inaugurée le , l'église sert désormais d'auditorium, baptisé Franz Liszt, pour des concerts de musique de chambre tout au long de l'année. Manque encore la reconstruction du toit. En effet, depuis le début du XIXe siècle, le pignon ouest ainsi que la plupart de la charpente (sauf sur le chœur) font défaut ; l'église est simplement couverte par des plaques de zinc disposées horizontalement. En février 1990, une tempête en arrache une partie, remplacées provisoirement par des bâches ; situation qui perdure au moment du décès de Georges Cziffra en 1994. Sa veuve prend ensuite en main la reconstruction totale de la toiture et du pignon, travaux qui s'achèvent le 4 septembre 2002[3], redonnant enfin son aspect d'origine à l'église (exception faite du clocher, à jamais perdu). En 2015, la fondation Cziffra lance un appel à la générosité pour acquérir cette bâtisse. Elle n'en a jusqu'alors que l'usage à titre gratuit, depuis quarante ans, grâce à la famille Cziffra. En 2016, Henry Hermand facilité l'acquisition de la Collégiale par cette fondation Georges Cziffra, en lui faisant un don d'un million d'euros[4].

Le prix Cziffra est remis chaque année à des lauréats, âgés de 15 à 25 ans, au cours d'auditions qui se déroulent dans la collégiale. Des expositions d'œuvres d'arts contemporaines sont organisées ponctuellement.

Galerie de photos[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Maryse Bideault et Claudine Lautier, Île-de-France Gothique 1 : Les églises de la vallée de l'Oise et du Beauvaisis, Paris, A. Picard, , 412 p. (ISBN 2-7084-0352-4), p. 368-372
  • Nicole Bianchina, « Saint-Frambourg de Senlis. Étude historique et archéologique », Revue archéologique de l'Oise, vol. 20, no 20,‎ , p. 5-16 (lire en ligne)
  • Nicole Bianchina, « Saint-Frambourg de Senlis. IIe partie: l'édifice gothique », Revue archéologique de l'Oise, vol. 22, no 22,‎ , p. 13-31 (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Notice no PA00114888, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. La Chapelle Royale Saint-Frambourg https://archive.org/details/LaChapelleRoyaleSaint-frambourg
  3. Cf. le bulletin municipal Senlis en bref, n° 169, novembre 2002, 8 p. ; p. 7 ; Lire en ligne sur le site de la bibliothèque municipale.
  4. « Senlis : avec un don exceptionnel, Henry Hermand sauve la chapelle Saint-Frambourg », Le Parisien,‎ (lire en ligne)