Wala (Carolingien)

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Wala
Biographie
Naissance vers 772
Inconnu
Décès
Abbaye de Bobbio (Italie)
Abbé de l'Église catholique
Abbé de Corbie (826) puis de Bobbio (836)
Autres fonctions
Fonction laïque
comte palatin de Saxe, régent du royaume d'Italie

Wala (ou Walacho[1]), né vers 772 et mort à l'abbaye de Bobbio le , est un ecclésiastique, membre de la famille des Carolingiens, cousin de Charlemagne. Il est fils du comte Bernard (lui-même fils de Charles Martel) et de sa deuxième épouse, une Saxonne dont l'histoire n'a pas retenu le nom (peut-être Gundelindis d'Autun)[2] ; il a pour demi-frère Adalard de Corbie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il semble avoir fait partie de la révolte de Pépin le Bossu en 791, est exilé, mais rentre en grâce peu après. Son rôle devient considérable après le sacre impérial (800) : comme général, il vainc à plusieurs reprises les Saxons et défait une flotte musulmane en 812 ; comme administrateur, il est nommé comte palatin de Saxe, puis en Italie en 812, auprès de son demi-frère Adalard, régent du royaume au nom de Pépin d'Italie[3].

Vers 814/815, après la mort de Charlemagne, il se fait moine, à moins qu’il n'y ait été obligé. Le nouvel empereur, Louis le Pieux, l'exile avec son frère Adalard au monastère fondé par saint Philibert à Noirmoutier. Revenu en grâce auprès de l'empereur en 821, il devient alors conseiller du coempereur Lothaire et se positionne comme chef de l'opposition[3],[4]. En 822, avec son frère Adalard, il fonde le monastère de Corvey[5], [6] (Corbeia nova : nouvelle Corbie) non loin de Höxter sur la Weser.

En mai ou juin 824, il est à Rome où il aide le pape Eugène II à être élu. Au début de l'an 826, à 61 ans, à la mort de son frère, il le remplace comme abbé de Corbie. Chef de l'opposition à l'empereur Louis, il participe aux luttes politiques qui aboutissent à la déposition de l'empereur (830). Celui-ci est rapidement rétabli et Wala doit à nouveau s'exiler. En 836, il suit Lothaire en Italie et il se voit confier le monastère de Bobbio, où il meurt peu après son arrivée, le 31 août[3],[7]. Paschase Radbert évoqua avec sympathie la vie de Wala dans son Epitaphium Arsenii, curieux écrit tenant à la fois de l'éloge funèbre, de la biographie, de l'hagiographie et du pamphlet (contre Judith et Bernard de Septimanie)[8].

Mariage et enfants[modifier | modifier le code]

Il épouse sa cousine Chrotlinde (Rodlinde, Rolande), fille de Guillaume de Gellone, comte de Toulouse et petit-fils par sa mère de Charles Martel. Ce n'est pas clairement indiqué par les sources contemporaines, mais Paschase Radbert, le biographe et confident de Wala, affirme que « Wala épousa la sœur d'un tyran en fonction en Espagne, fils d'un duc de la plus haute noblesse, plus jeune de lui d'une génération et ayant un frère aveuglé ». Les historiens s'accordent à voir en ce tyran le duc Bernard de Septimanie, frère d'Héribert (aveuglé en 834) et fils de Guillaume de Gellone. Ce Bernard a trois sœurs connues : Helmburgis, morte jeune avant 804 ; Gerberge, exécutée à Chalon en 834 ; et Chrotlinde[9],[10].

De ce mariage est probablement née Bertrude, signalée (« Bertrut, fille du comte Wallo ») dans le nécrologe de Saint-Germain-des-Prés aux côtés de Chrotlinde[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Foundation for Medieval Genealogy : « Wala ».
  2. Settipani 1993, p. 355, note 1120.
  3. a b et c Settipani 1993, p. 356.
  4. Riché 1983, p. 150.
  5. Georges Bordonove, Charlemagne, empereur et roi, Pygmalion, , p. 307
  6. Charles George Herbermann, The Catholic encyclopedia: an international work of reference on the constitution, doctrine, discipline, and history of the Catholic church, The Catholic Encyclopedia Inc., 1913, volume 1, p. 126
  7. Riché 1983, p. 155 et 276.
  8. Édition : PL 120, col. 1559-1650, ou mieux Ernst Dümmler, « Radbert's Epitaphium Arsenii », dans Preussische Akademie der Wissenschaften Berlin. Abhandlungen der historisch-philologischen Klasse, 1900, p. 18-98.
  9. Riché 1983, p. 143.
  10. Settipani 1993, p. 357.
  11. Settipani 1993, p. 358.

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Rodenberg Carl, Die "Vita Walae" als historische Quelle. Inaugural-Dissertation... Göttingen, Druck von Dieterich, 1877 (102 p.).

Peltier Henri, « Wala, disciple d'Adalhard », in Corbie, abbaye royale. Volume du XIIIe centenaire. Lille, 1963, p. 95-104.

Weinrich Lorenz, Wala. Graf, Mönch und Rebell. Die Biographie eines Karolingers. Lübeck & Hamburg, Matthiesen Verlag (= Historische Studien, Heft 386), 1963 (107 p.).

Ganz David, « The Epitaphium Arsenii and opposition to Louis the Pious », in Peter Godman & Roger Collins (éd.), Charlemagne's heir. New perspectives on the reign of Louis the Pious (814-840). Oxford, Clarendon Press, 1990, p. 537-550.

Verri Chiara, « Il libro primo dell’Epitaphium Arsenii di Pascasio Radberto », in Bullettino dell'Istituto storico italiano per il Medio Evo, 103 (2001), p. 33-131.

de Jong Mayke, « Becoming Jeremiah : Radbert on Wala, himself and others », in Richard Corradini & alii (éd.), Ego trouble : authors and their identities in the early Middle Ages. Wien, Verlag der Österreichischen Akademie der Wissenschaften, 2010 (= Forschungen zur Geschichte des Mittelalters, Band 15), p. 185-196.