Columelle

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Columelle
Columella.JPG

Statue de Columelle, Plaza de las Flores, Cadix.

Naissance
avril +
Cadix +
Décès
 +
Nationalité
Activité

Lucius Iunius Moderatus Columella dit Columelle est un agronome romain du Ier siècle, né à Gadès (aujourd'hui Cadix), dans la province de Bétique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il vit sous le règne des empereurs Tibère et Claude Ier. Son oncle paternel, instruit dans les hautes sciences, était un des agriculteurs les plus habiles de la Bétique. Après quelques années passées dans l'armée, où il occupe le poste de tribun en Syrie en 35, il se consacre à l'agriculture. Après avoir observé la Cilicie et la Syrie, il devient possesseur d'une terre dans le canton d'Ardée, à trente kilomètres de Rome. Il prend le temps d'observer les différentes exploitations de la campagne romaine, notamment celle de Sénèque à Nomentum.

C'était un grand propriétaire terrien et il administrait lui-même ses biens. Pour se perfectionner, il avait voyagé dans les différents pays de l'empire romain afin d'en connaître les productions, les différentes méthodes de culture et de s'instruire de tout ce qui concerne l'économie rurale : non seulement en Espagne (sa patrie), mais aussi en Italie, en Asie et en Afrique. Il se fixa ensuite à Rome pour rédiger son œuvre.

Œuvre agronomique[modifier | modifier le code]

Le traité Res rustica en douze livres est le seul ouvrage de Columelle qui nous soit parvenu. Son thème principal est l'agriculture et l'exploitation des latifundia à l'époque romaine. Avec le De agricultura de Caton l'Ancien, dont elle est d'ailleurs inspirée, elle représente la source la plus importante d'information sur l'agriculture romaine.

Le premier livre traite de l'utilité et de l'agrément de l'économie rurale ; le second, des champs, de la manière de les ensemencer, et de la moisson ; le troisième, des vignes et des vergers ; le quatrième de la culture des vignobles ; le cinquième de la manière de diviser et de mesurer le temps ; le sixième, du gros bétail (bovins, chevaux, ânes et mulets) et de ses maladies ; le septième, du petit bétail et des chiens ; le huitième, de la basse-cour ; le neuvième, de l'apiculture ; le dixième, écrit en hexamètres, des jardins ; le onzième, des devoirs du fermier ; le douzième, d'instructions et de recettes nécessaires à ceux qui s'occupent d'économie rurale.

Dans les premières éditions, le traité De arboribus est donné comme le treizième livre de la Res rustica. Ce livre a grandement servi aux critiques pour corriger le texte du cinquième livre là où il est altéré. Columelle a été utilisé par les auteurs latins postérieurs qui ont abordé les mêmes sujets : Pline l'Ancien, Quintus Gargilius Martialis, Pelagonius, Végèce et surtout Palladius. Il était encore connu à l'époque de Cassiodore et d'Isidore de Séville. Toutefois, au cours du Moyen Âge, il tomba dans un oubli presque complet, victime de la concurrence du traité de Palladius, à la fois plus court et d'usage plus commode (il a la forme d'un calendrier agricole).

Ils ont été traduits en français :

Jugement sur son style[modifier | modifier le code]

Louis du Bois : « Quant à l'élégance de son style, c'est un mérite de plus, et il ne faut pas le dédaigner, quoiqu'il ne soit que secondaire dans les écrits sur les arts. En effet, il ne suffit pas de dire de bonnes choses, il faut les présenter avec la parure qui leur convient : un livre bien écrit, c'est-à-dire élégant, correct, précis et clair, employant toujours le mot propre, rend l'instruction plus accessible en donnant à la mémoire plus de moyens de retenir ce qui la frappe, et à l'intelligence plus de facilité pour apprécier ce qu'on lui enseigne. Au reste, à une époque où l'on parlait si bien, comment un homme supérieur n'aurait-il pas bien écrit, et comment eût-il résisté à la tentation d'écrire en vers la culture des jardins, ce sujet si poétique que Virgile regrettait de ne pas traiter, Virgile, le plus grand poète des Romains, et dont Columelle cite si fréquemment les beaux vers et les bons préceptes, appréciant ainsi le savant agronome dans le versificateur harmonieux, et sachant bien que la maxime en vers éclaire plus l'esprit et se grave mieux dans la mémoire que l'aphorisme auquel la prose sert d'introductrice. »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Les Agronomes latins : Caton, Varron, Columelle, Palladius, traduction de Charles-François Saboureux de La Bonneterie, Paris, 1844. [1] [première édition : Paris, Didot, 1771-1775]
  • L'Économie rurale, traduction de Louis Du Bois, Bibliothèque latine-française, Panckoucke, 1844-1845. [2] et [3]
  • De l'agriculture, trad., Les Belles Lettres. Livre III : 1993, XXIII-187 p. Livre IX : 2001, 94 p. Livre X (De l'horticulture) : 1969, 103 p. Livre XII (De l'intendante) : 1988, 238 p.
  • Les Arbres, trad. R. Goujard, Les Belles Lettres, 1986, 208 p.
  • De re rustica disponible sur Somni