Paul d'Albert de Luynes

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Paul d'Albert de Luynes
Image illustrative de l’article Paul d'Albert de Luynes
Biographie
Naissance
à Versailles (France)
Décès (à 85 ans)
à Paris
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
par le
pape Benoît XIV
Titre cardinalice Cardinal-prêtre
de « S. Tommaso in Parione. »
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale par
Mgr Louis de La Vergne-Montenard de Tressan (archevêque de Rouen)
Fonctions épiscopales Évêque de Bayeux
Archevêque de Sens
Primat des Gaules[1],[2] et de Germanie[3]

Signature de Paul d'Albert de Luynes
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Paul d'Albert de Luynes (connu sous le nom de cardinal de Luynes), né à Versailles le et mort à Paris le , est un prélat et homme de cour du royaume de France du XVIIIe siècle.

Il est d'abord militaire (colonel à 16 ans[4]), puis évêque de Bayeux à 26 ans. En 1753, il est nommé archevêque de Sens, Primat des Gaules[5],[6] et de Germanie[7], puis cardinal en 1756, commandeur de l'ordre du Saint-Esprit, membre de l'Académie française, etc.
Passionné de sciences, il a laissé des travaux intéressants et a favorisé et protégé l'Académie dont il deviendra membre honoraire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Il est le 2e fils de Honoré-Charles d'Albert de Luynes, duc de Montfort (1669-1704) (qui, bien qu'aîné, ne devint pas duc de Luynes étant mort avant son père) et de Marie Anne Jeanne de Courcillon († 1718).

Il est le petit-fils de Charles-Honoré d'Albert de Luynes (1646-1712), 3e duc de Luynes, et l'arrière-arrière-petit-fils du 1er duc de Luynes, favori de Louis XIII.

Débuts[modifier | modifier le code]

Initialement connu sous les titres de comte de Monfort (son père étant connu sous le titre de duc de Montfort) et de comte d'Albert[8], il se destinait au métier des armes. Il devint ainsi colonel d'un régiment d'infanterie à son nom le 6 mars 1719[9] (à l'âge de 16 ans) mais, gravement insulté par un officier, il refusa de se battre en duel et eut la révélation de sa vocation.

Il quitta alors l'armée en 1721[10] à l'âge de 18 ans. Six ans plus tard, il fut nommé abbé commendataire de l'abbaye bénédictine de Cerisy[11]Cerisy-la-Forêt, près de Saint-Lô dans la Manche).

L'homme d'Église[modifier | modifier le code]

A l'âge de 26 ans, il devint évêque de Bayeux (1729-1753), puis à 50 ans archevêque de Sens (1753-1788). A l'âge de 53 ans, lors du consistoire du , il fut créé cardinal, sur présentation du roi Jacques II d'Angleterre[12].

Il s'occupa activement de son archidiocèse, multipliant les visites paroissiales, comme en 1761 où il effectue une visite générale au cours de laquelle il nommera l'abbé Blaise Bégon à la cure de Quarré-les-Tombes. Il fut abbé commendataire de l'abbaye de Corbie au diocèse d'Amiens de 1755 à 1788.

Constatant les progrès de l'irréligion, il cherche à les combattre déplorant l'abandon du jeûne dans son mandement du carême 1779 et composant une Instruction pastorale contre la doctrine des incrédules et portant condamnation du Système de la Nature du baron d'Holbach (1770). Il protège le parti des Feuillants, anti-jansénistes modérés.

L'homme de cour[modifier | modifier le code]

Faisant partie, avec son frère, Charles Philippe d'Albert de Luynes, 4e duc de Luynes, du cercle de la reine Marie Leszczynska, il est élu membre de l'Académie française en 1743 alors qu'il n'était encore qu'évêque de Bayeux. Il y remplaça le cardinal Fleury, et c'est grâce à l'intervention royale qu'il fut préféré à Voltaire[13].

Il est ensuite nommé premier aumônier de la dauphine Marie-Josèphe (mère de Louis XVI, Louis XVIII et Charles X), et devient ami du dauphin Louis (père du futur Louis XVI) qu'il assiste dans ses derniers moments en 1765.

Il est nommé commandeur de l'ordre du Saint-Esprit le 1er janvier 1759.

L'homme de Science[modifier | modifier le code]

Pendant son épiscopat à Bayeux, il protège l'académie des sciences, arts et belles-lettres de Caen ; de 1731 à 1753, sa résidence caennaise abrite les séances de l'académie.

Grand amateur d'astronomie et de physique, il deviendra membre honoraire de l'Académie des sciences en 1755. Il réalise plusieurs observations astronomiques importantes, à Bayeux avec Outhier son secrétaire qui fait le « Voyage au Nord » avec Pierre Louis Moreau de Maupertuis, à Sens, Fontainebleau et dans son hôtel de Versailles. Elles sont transcrites dans les recueils de l’Académie des sciences entre 1743 et 1777.

Il publie également un mémoire sur les propriétés du mercure dans les baromètres (1768), mémoire qui n'est pas sans rappeler les plans d'expériences utilisés de nos jours.

Armoiries du cardinal de Luynes

Armoiries[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Antoine-Nicolas de Caritat, marquis de Condorcet, Oeuvres de Condorcet, Firmin Didot frères, 1847, volume 3, page 306
  2. Société de l'histoire de France, Annuaire-bulletin, Société de l'histoire de France, 1863, page 138
  3. Jean-Antoine-Nicolas de Caritat, marquis de Condorcet, Oeuvres de Condorcet, Firmin Didot frères, 1847, volume 3, page 306
  4. Jean-Antoine-Nicolas de Caritat, marquis de Condorcet, Oeuvres de Condorcet, Firmin Didot frères, 1847, volume 3, page 306
  5. Jean-Antoine-Nicolas de Caritat, marquis de Condorcet, Oeuvres de Condorcet, Firmin Didot frères, 1847, volume 3, page 306
  6. Société de l'histoire de France, Annuaire-bulletin, Société de l'histoire de France, 1863, page 138
  7. Jean-Antoine-Nicolas de Caritat, marquis de Condorcet, Oeuvres de Condorcet, Firmin Didot frères, 1847, volume 3, page 306
  8. Jean-Charles Poncelin de La Roche-Tilhac, Etat des cours de l'Europe et des provinces de France pour l'année 1785, Lamy, 1785, page 21
  9. Jean-Charles Poncelin de La Roche-Tilhac, Etat des cours de l'Europe et des provinces de France pour l'année 1785, Lamy, 1785, page 21
  10. Jean-Charles Poncelin de La Roche-Tilhac, Etat des cours de l'Europe et des provinces de France pour l'année 1785, Lamy, 1785, page 21
  11. Jean-Charles Poncelin de La Roche-Tilhac, Etat des cours de l'Europe et des provinces de France pour l'année 1785, Lamy, 1785, page 21
  12. Jean-Charles Poncelin de La Roche-Tilhac, Etat des cours de l'Europe et des provinces de France pour l'année 1785, Lamy, 1785, page 21
  13. Site de l'Academie francaise
  14. armes sur portrait de l'époque

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Nicolas de Condorcet, Éloge de M. le cardinal de Luynes, dans Éloges des académiciens de l'Académie royale des sciences, morts depuis l'an 1783, chez Frédéric Vieweg, Brunswick et Paris, 1799, p. 328-336 (lire en ligne)
  • Jean de Viguerie, Histoire et dictionnaire du temps des Lumières, Robert Laffont, collection « Bouquins », Paris, 1995. (ISBN 2221048105)
  • Maurice Vallery-Radot, Un administrateur ecclésiastique à la fin de l'Ancien Régime. Le Cardinal de Luynes, archevêque de Sens. 1703-1788, thèse de Droit Histoire du Droit, Paris, mai 1944.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]