François Broussais

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François Broussais

alt=Description de l'image François-Joseph-Victor Broussais.jpg.
Naissance 14 décembre 1772
Saint-Malo, France
Décès 17 novembre 1838 (à 66 ans)
Vitry-sur-Seine, France
Nationalité Drapeau de la France France
Profession
Distinctions

François Joseph Victor Broussais, né à Saint-Malo le 14 décembre 1772 [1] et mort à Vitry-sur-Seine le 17 novembre 1838, est un médecin et chirurgien français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Saint-Malo il vécut son enfance à Pleurtuit où son père, lui-même officier de santé et chirurgien dans cette ville, lui enseigne les premiers rudiments de son métier. Il suit aussi l'enseignement du collège maintenant nommé d'après lui François Broussais de Dinan[2], où il est le condisciple de Chateaubriand. À dix-sept ans, il s'engage dans un régiment républicain nouvellement créé, et participe en 1792, à la lutte contre l'insurrection vendéenne. Il doit toutefois démissionner pour raisons de santé au bout de deux ans et reprend ses études de médecine à l'issue desquelles il obtient un engagement de chirurgien dans la Marine nationale.

En 1799, il s'installe à Paris où il est l'élève de Xavier Bichat et de Philippe Pinel et où il obtient son diplôme de médecin en 1803. Il rejoint l'armée de Napoléon en 1805, et en qualité de médecin des armées, il participera aux campagnes de l'Empire en Allemagne, aux Pays-Bas et en Espagne.

De retour à Paris en 1814, il est d'abord médecin ordinaire, deuxième professeur, puis médecin en chef de l'hôpital militaire du Val-de-Grâce. C'est là qu'il élabore sa théorie originale des relations entre « vie » et « stimulus » et sur l'interdépendance (ou « sympathies ») des divers organes. Ces idées rencontrent un grand succès auprès des étudiants, mais la publication, en 1816 de son ouvrage critiquant la « doctrine médicale généralement adoptée », lui attire les foudres de la Faculté. Graduellement, cependant, ses idées finissent par s'imposer.

En 1830, il est nommé professeur de pathologie à la Faculté de médecine et inspecteur du service de santé ; il devient membre de l'Académie des sciences morales et politiques, lors de son rétablissement (1832).

Vers la fin de sa carrière, il adopte les opinions de Gall et enseigne la phrénologie.

Broussais meurt le 17 novembre 1838, au faubourg de Bacchus à Vitry-sur-Seine, d'un cancer du rectum dont il avait suivi l'évolution sur lui-même avec une précision scientifique.

François-Auguste Mignet a lu, en 1840, une Notice sur Broussais à l'Académie des sciences morales et politiques.

Sa doctrine[modifier | modifier le code]

Masque mortuaire de Broussais.
Gravure de Charles Blanc parue dans L'Artiste (1838).

Broussais est à l'origine de l'identité du physiologique et du pathologique, affirmation qui sera reprise par Auguste Comte et partiellement par Claude Bernard.

Il soutient qu'en pathologie « tout est inflammation », expliquant tous les phénomènes pathologiques par l'irritation et l'inflammation des tissus, surtout ceux du tube digestif, et préconisait le traitement antiphlogistique. On l'accuse souvent d'avoir professé un système exclusif et d'avoir abusé de la saignée. La violence de l'épidémie de choléra de 1832 contribua à déconsidérer la médecine physiologique prônée par Broussais.

Sa physiologie aurait servi de base à la création des sciences sociales[3]

Divers[modifier | modifier le code]

L'hôpital de Saint-Malo porte son nom : Hôpital Broussais. L'Hôpital Broussais de Paris est nommé en son honneur.

Principe de Broussais[modifier | modifier le code]

Broussais est l'inventeur d'un principe selon lequel « Il y a identité du normal et du pathologique, aux variations quantitatives près. »

Décorations[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Histoire des phlegmasies ou inflammations chroniques, fondée sur de nouvelles observations de clinique et d'anatomie pathologique, 1808. Ouvrage dans lequel il combat le système médical de l’époque
  • Examen de la doctrine médicale généralement adoptée, 1816. Ouvrage critiquant vivement les doctrines reçues et qui opéra une révolution dans l'école.
  • Annales de la médecine physiologique, revue périodique
  • Traité de physiologie appliquée à la pathologie, 1822
  • Traité de physiologie pathologique, 1825
  • Traité sur l'irritation et sur la folie, 1828
  • Commentaires des propositions de pathologie (consignées dans l'examen des doctrines médicales), Paris, Mademoiselle Delaunay, 1829. 2 volumes In-8°
  • Deux Leçons du Pr Broussais sur le choléra-morbus, faites au Val-de-Grâce, les 18 et 19 avril 1832, suivies d'une notice hygiénique sur les moyens préservatifs de ce fléau, par M. Salgues, 1832
  • Choléra-Morbus. Leçons Professées à L'hôpital De Val-De-Grace. Bureau Du Sténographe Des Chambres, Paris, 1832.
  • Le choléra-morbus épidémique observé et traité selon la méthode physiologique; Mademoiselle Delaunay, 1832.
  • Traitement du choléra-morbus, extrait de la 1re leçon de M. le Dr Broussais sur le choléra, Imprimerie de Mellinet, 1832. ASIN: B001CF02IM
  • L'association du physique et du moral, 1834
  • Cours de phrénologie, Baillière, Paris, 1836 Texte en ligne sur Scientifica


Liens externes[modifier | modifier le code]

Biographies[modifier | modifier le code]

  • François-Joseph-Victor Broussais, de l'irritation à la folie; de Jacques Chazaud, Erès (19 mai 1992), (ISBN 2865861961 et 978-2865861965)
  • François Broussais, empereur de la médecine : Jeunesse, correspondance, vie et œuvre; de Michel Valentin, 319 pages, Association des amis du Musée du pays de Dinard (1988). ASIN: B0000EAAZN

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Son acte de baptême est consultable en ligne à cette adresse : http://www.culture.gouv.fr/LH/LH029/PG/FRDAFAN83_OL0375012v003.htm
  2. Cet établissement est devenu le Collège Roger Vercel.
  3. "Auguste Comte et le "principe de Broussais"" in Le normal et le pathologique, de Georges Canguilhem; 1966
  4. Son dossier est consultable en ligne sur la base Léonore : http://www.culture.gouv.fr/LH/LH029/PG/FRDAFAN83_OL0375012v001.htm

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