Louis Liard

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Portrait de Louis Liard par André Brouillet (1907)

Louis Liard, né à Falaise (Calvados) le 22 août 1846 et mort le 21 septembre 1917 à Paris, est un philosophe et administrateur français.

Présentation[modifier | modifier le code]

Louis Liard fait ses études au collège de Falaise (Calvados), puis à Paris au lycée Charlemagne et à l’École normale. Agrégé de philosophie et docteur ès lettres, il enseigne aux lycées de Mont-de-Marsan et de Poitiers, puis à la faculté des lettres de Bordeaux, où il exerce également diverses fonctions administratives. Il est nommé recteur de l’académie de Caen en 1880, puis directeur de l’enseignement supérieur au ministère de l’Instruction publique de 1884 à 1902. Il reçoit le titre de Chevalier de la Légion d'honneur en 1882, devenant Officier de la Légion d'Honneur en 1886 avant d'être promu Grand-croix en 1909. Il est nommé vice-recteur de l’académie de Paris en 1902 et est élu membre de l’Académie des sciences morales et politiques en 1903.

Il devient le remplaçant du Ministre de l'Instruction Publique durant un an pendant la guerre de 1914, avant de reprendre pleinement ses fonctions de vice-recteur de l'académie de Paris. Il restera en poste jusqu'à sa mort, décédant dans le Palais de l'Université de Paris le vendredi 21 septembre 1917 au matin, à quelques semaines de la retraite.

Il sera inhumé au Cimetière du Montparnasse le dimanche 23 septembre 1917 selon la sobriété de la foi protestante qu'il avait désiré rejoindre.

Philosophe, puis réformateur de l'enseignement supérieur[modifier | modifier le code]

À la suite de la guerre de 1870, il acquiert la conviction que la défaite avait des causes « intellectuelles » liées au sous-développement d’une Sorbonne somnolente et sclérosée. Plusieurs de ses œuvres témoignent de cette recherche pour un renouveau de la pensée française. Il met ses idées en œuvre en acceptant le poste de directeur de l'enseignement supérieur en 1884, poste qu'il conservera pendant près de vingt ans. Son nom reste attaché à une profonde réforme de l'université française pendant cette période, la "réforme Liard".

Peinture de Louis Liard par André Rixens

La réforme de l'enseignement supérieur à la fin du XIXe siècle sera d'abord marquée par la contribution majeure de Louis Liard aux Décrets Goblet de 1885.

Essuyant l'échec du projet Léon Bourgeois en 1890 qui traduisait les principales aspirations de la "Théorie de l'Université" formulé par le haut-fonctionnaire, Louis Liard luttera contre une déception législative jusqu'à la loi du 10 juillet 1896 marquant la renaissance des universités françaises. Rendant à la France le titre d'université disparu en 1793, cette loi devait tout à l'action de Louis Liard.

Pourtant, la loi de 1896 réduisait les vues initiales du réformateur. Loin de créer de grands foyers universitaires composés de quatre facultés (sciences, lettres, médecine et droit), cette loi a cédé le pas aux intérêts particuliers des petites facultés provinciales. Louis Liard travaillera à palier les carences de la loi, devenue le symbole d'un trop-plein de concessions.

Avec l'aide de mécènes finançant de nombreux projets au sein de l'Université de Paris, le directeur de l'Enseignement supérieur cherchera à solidifier ces édifices universitaires en utilisant, de nouveau, la voie règlementaire de 1897 à 1899. Louis Liard encouragera les bourses d'études, les échanges de professeurs entre universités de différents pays et les associations étudiantes afin d'instaurer une véritable vie scientifique au sein des universités françaises.

Louis Liard sera l'un des premiers administrateurs français à susciter les libéralités privées, expérience dont il apportera le témoignage dans son oeuvre sur Les bienfaiteurs de l'Université de Paris. La Marquise Arconati Visconti deviendrait l'une de ces personnalités importantes dont le nom serait gravé en lettre d'or sur les tables en marbre rouge du vestibule de la Sorbonne, à des fins de remerciements.

Vie familiale, relations personnelles et publiques[modifier | modifier le code]

Louis Liard se marie en 1874 avec Marie-Françoise Armanda Jondé (1850-1941), également d'origine normande. Le couple aura deux enfants, André en 1876 (il meurt en 1951) et Suzanne en 1885 (elle meurt en 1975).

Louis Liard se liera d'amitié et de travail avec de grands personnages de la Troisième République. Encourageant le jeune Émile Durkheim et étant proche de Louis Pasteur, Louis Liard travaillera en étroite collaboration avec de nombreux administrateurs, savants et hauts-fonctionnaires français comme René Goblet, Ernest Lavisse, Léon Bourgeois, Raymond Poincaré ou Jules Ferry. Louis Liard sera également un personnage éminent de la franc-maçonnerie.

Hommages[modifier | modifier le code]

La salle Louis Liard au coeur de la Sorbonne

Un lycée (depuis son changement de statut d'ancien collège en 1959) et un square (inauguré en 2013 pour les 200 ans de la création dudit collège) à Falaise portent le nom du haut-fonctionnaire. L'Association des Anciens de Louis Liard, créée par Louis Liard lui-même quand il était directeur de l'Enseignement supérieur, existe toujours. Grâce à cette Amicale, de nombreuses actions en mémoire du haut-fonctionnaire ont été permises.

Un amphithéâtre Louis Liard existe au coeur de la Sorbonne. Un buste en marbre à l'effigie du falaisien existe dans le bureau adjacent à cet amphithéâtre qui est principalement dédié au soutien de thèses doctorales.

Un prix Louis Liard de l’Académie des sciences morales et politiques récompense des ouvrages philosophiques.

Une rue de Bordeaux et une rue du quatorzième arrondissement parisien portent son nom.

Principales publications[modifier | modifier le code]

  • Des définitions géométriques et des définitions empiriques, 1873 (texte en ligne)
  • Les Logiciens anglais contemporains, 1878
  • La Science positive et la Métaphysique, 1879
  • Lectures morales et littéraires, à l’usage de l’enseignement primaire élémentaire et de l’enseignement primaire supérieur, avec des notices et des notes, 1882
  • Morale et enseignement civique à l’usage des écoles primaires : cours moyen et cours supérieur, 1883 (texte en ligne)
  • Cours de philosophie : Logique, 1884 (texte en ligne)
  • L’Enseignement supérieur en France, 1789-1889, 2 volumes, 1888-94
  • Universités et facultés, Paris, Armand Colin, 1890
  • « La nouvelle réglementation des études médicales », Revue des deux mondes, 15 octobre 1895
  • « L’organisation des universités françaises », Revue Internationale de l’enseignement, 1897
  • « Les Universités françaises, historique et constitution », Statistique de l’enseignement supérieur, Paris, Imprimerie nationale, 1899
  • Pages éparses, 1902
  • « René Goblet, Ministre de l’Instruction Publique », Revue Politique et Parlementaire, Paris, 10 février 1906
  • L’Université de Paris, 2 volumes, 1909 (texte en ligne (1) (2))
  • Descartes, 1911 (texte en ligne)
  • « Quelques souvenirs », Revue politique et littéraire, 7 décembre 1912
  • « Les bienfaiteurs de l’Université de Paris », La Revue de Paris, 1er mars 1913
  • « Souvenirs de petite ville », La Revue de Paris, 15 octobre 1913

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