Royaume de Hongrie orientale

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Royaume de Hongrie orientale
Keleti Magyar Királyság (hu)

1526 (1538) - 1551 – 1556 - 1570

Blason
Armoiries de Jean I Szapolyai
Description de cette image, également commentée ci-après

  •          Le Royaume de Hongrie orientale vers 1550.
Informations générales
Statut Principauté de Transylvanie, agrandie du Partium et vassale de l'Empire ottoman
Capitale Buda (1526-1541)
Alba-Iulia/Gyulafehérvár (1541–1570)
Langue Latin, Hongrois, Allemand (officielles), Roumain, Ruthène, Serbe, Slovaque
Religion Catholique (d'état), Luthérienne, Calviniste et Orthodoxe (tolérées)
Histoire et événements
1538 Traité de Grosswardein (en)
1541 Occupation ottomane de Buda
1570 Traité de Spire (en)
Roi
1526-1544 Jean Ier de Hongrie
1540-1576 Jean II de Hongrie

Entités précédentes :

Entités suivantes :

« Royaume de Hongrie orientale » est une dénomination donnée par l'historiographie hongroise moderne à la Principauté de Transylvanie, agrandie pendant sa période de quasi-indépendance aux XVIeXVIIe siècle, incluant la Marmatie, l'Est de l'actuelle Hongrie et de l'actuelle Slovaquie (Partium) et contrôlée par Jean Ier puis par Jean II Szapolyai, après que l'Empire ottoman ait conquis la Hongrie centrale (voir Hongrie ottomane).

Cette dénomination de « Royaume de Hongrie orientale » s'inscrit dans une « rétroprojection nationaliste »[1] de l'histoire hongroise, selon laquelle la Principauté de Transylvanie n'aurait pas existé avant le XVIe siècle et n'aurait été créée qu'en 1570 par le Traité de Spire (en)[2]. Cette interprétation apparaît dans le contexte des controverses historiques avec la Roumanie, qui, de son côté, présente la Transylvanie comme l'une des trois principautés roumaines médiévales[3].

Le pivot de la controverse repose sur le statut des voïvodes transylvains d'avant 1570, considérés par l'historiographie nationaliste hongroise comme de simples gouverneurs, et par l'historiographie nationaliste roumaine comme des souverains à part entière ; en fait, avant comme après, la Transylvanie avant un territoire défini, une assemblée propre, des lois propres, des institutions propres, une armée propre, et ses voïvodes, en grande majorité d'origine hongroise, étaient vassaux du roi de Hongrie : c'était un état multiethnique, lié à la Hongrie et peuplé de Hongrois (Magyars et Sicules) de Roumains et d'Allemands[4].

Ainsi, dans l'historiographie hongroise moderne, la dénomination de « Royaume de Hongrie orientale » est utilisée comme un pendant symétrique de la « Hongrie royale » contrôlée par Ferdinand de Habsbourg dans l'ouest de l'ancien royaume hongrois médiéval. Cette dénomination de « Royaume de Hongrie orientale » pour la Principauté transylvaine supposerait logiquement l'adoption de la dénomination de « Royaume de Hongrie occidentale » pour la Hongrie royale, ce qui n'est pas le cas, car s'il y a un enjeu nationaliste concernant la Transylvanie, il n'y en a pas concernant la Hongrie occidentale.

Quoi qu'il en soit, le Traité de Spire (en) de 1570 ne « crée » pas la principauté transylvaine, mais érige le voïvodat de Transylvanie vassal de la Hongrie en état indépendant, sujet de droit international reconnu par les autres puissances, en échange du renoncement du prince de Transylvanie Jean Sigismond au titre de roi de Hongrie[5]. Le territoire de la Principauté de Transylvanie agrandie, a été délimité de jure par le traité de Großwardein/Nagyvárad/Oradea (en), qui la reconnaît vassale de l'Empire ottoman jusqu'à son intégration dans l'Empire des Habsbourg en 1699.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Expression de Jean Ravenstein de l’université d'Aix-Marseille
  2. Iván Boldizsár, NHQ : the new Hungarian quarterly, Vol. 22, éd. 1, Lap kiadó, Budapest, 1981, p. 64 sur NHQ;.
  3. Academia Republicii Populare Romîne Istoria Romîniei, Bucarest 1960 ; manuel scolaire de Felicia Adăscăliței et Liviu Lazăr Manual de istorie pentru clasa a 12-a - éd. Corvin, Deva 2007, ISBN 978-973-622-369-3.
  4. Béla Köpeczi (dir.), History of Transylvania, 3 vol., Boulder, East European Monographs, 2001-2002 (Abrégé français sur Histoire de la Transylvanie, Budapest, Akademiai Kiadó, 1992). À noter que dans la version anglophone de cet article de Wikipedia, seul le pont de vue de l'historiographie hongroise moderne est présenté, mais très bien sourcé : voir par exemple Robert John Weston Evans, T. V. Thomas. Crown, Church and Estates: Central European politics in the sixteenth and seventeenth centuries, Macmillan, 1991, pp. 80-81.
  5. Friedrich Emanuel von Hurter, Geschichte Kaiser Ferdinands II, vol. 1, Hurter,‎ 1850 (présentation en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]