Jean Drapeau

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Jean Drapeau
Fonctions
37e maire de Montréal
(3 ans)
Prédécesseur Camilien Houde
Successeur Sarto Fournier
37e maire de Montréal
(26 ans)
Prédécesseur Sarto Fournier
Successeur Jean Doré
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Montréal (Québec, Canada)
Date de décès (à 83 ans)
Lieu de décès Montréal (Québec, Canada)
Nationalité canadien (Drapeau du Canada Canada)
Parti politique Ligue d'action civique, Parti civique
Père Joseph-Napoléon Drapeau
Mère Alberta (Berthe) Martineau
Profession avocat

Jean Drapeau

Jean Drapeau ( - ) était un avocat et homme politique canadien. Il fut maire de Montréal de 1954 à 1957 et de 1960 à 1986.

Fils de Joseph-Napoléon Drapeau et d'Alberta (Berthe) Martineau, Jean Drapeau est né à Montréal en 1916. Son père fut notamment courtier d'assurances, conseiller municipal et travailleur d'élections pour l'Union nationale et l'initia à la politique. Jean Drapeau fit des études en sciences sociales puis des études de droit à l'université de Montréal. Il est un ancien membre de l'Ordre de Jacques-Cartier.

Début de carrière[modifier | modifier le code]

En 1942, alors que commençait la polémique de la conscription, l'étudiant en droit Jean Drapeau se présenta comme candidat indépendant lors d'une élection fédérale partielle dans la circonscription électorale d'Outremont, contre le candidat et ministre du gouvernement King, le major-général L.R. Laflèche. Drapeau perdit, par un score toutefois honorable de 7765 voix contre 12323 à son adversaire. Il participa au mouvement d'opposition à la conscription de la Ligue pour la défense du Canada et au Bloc populaire canadien de Maxime Raymond et d'André Laurendeau. Devenu avocat, Drapeau fut candidat du Bloc populaire à l'élection générale québécoise de 1944 dans la circonscription électorale de Jeanne-Mance, où il fut défait.

Drapeau pratiqua ensuite pendant quelques années comme avocat criminaliste à Montréal. En 1945, il épousa Marie-Claire Boucher. Ils auront trois fils. Lors de la grève d'Asbestos en 1949, il agit comme avocat défenseur de grévistes.

Jean Drapeau et Pacifique Plante en 1954

En 1950, il agit comme adjoint de Pacifique (Pax) Plante pour mener une enquête sur la corruption et la moralité à Montréal, ce qui lui donna une visibilité publique. En 1953, il est avocat de la commission d'enquête présidée par le juge François Caron. Le rapport Caron, qui fut rendu public quelques semaines avant l'élection municipale de 1954 à Montréal, créait un climat favorable à un changement de l'administration municipale.

Lors de l'élection municipale de 1954, Drapeau fut élu maire de Montréal, sous la bannière de la Ligue d'action civique, qui faisait campagne sur la base d'une épuration de l'administration municipale. Cette période vit sa collaboration avec Pierre Desmarais (en), qui devint président du comité exécutif de Montréal. Ce premier mandat à la mairie fut source de difficultés pour Drapeau, dont la popularité s'éroda. Il se heurta à de nombreuses oppositions, dont celle des dirigeants syndicaux ainsi que celle du gouvernement Maurice Duplessis. Lors de l'élection municipale de 1957, Drapeau fut défait par Sarto Fournier. Drapeau entreprit alors de donner des conférences. Des ligues d'action civique se fondèrent à différents endroits au Québec. En 1959, Jean Drapeau publie ses idées dans Jean Drapeau vous parle. En 1960, il y eut crise puis scission dans la Ligue d'action civique. Jean Drapeau fonda alors le Parti civique, auquel la Ligue d'action civique fit la lutte[1]. Drapeau et son Parti civique furent massivement élus lors de l'élection municipale de Montréal de 1960. Drapeau fut réélu continuellement par la suite et demeura maire de Montréal pendant les 26 années suivantes, jusqu'à sa retraite de la vie politique en 1986.

Un règne de 29 ans[modifier | modifier le code]

Au cours de son administration, le milieu des années 1960 vit la réalisation à Montréal de grands chantiers tels le métro, la Place des Arts, l'exposition universelle de 1967 et la formation du club de baseball les Expos en 1969. Pour aider au financement de la ville, il mit sur pied en 1968 la première loterie publique au Canada, qu'il nomma simplement la « taxe volontaire », un mode de financement qui sera repris et amplement développé par la suite par le gouvernement provincial. Il sera appuyé pendant une quinzaine d'années (1954-1972) dans ses grands dossiers, par Lucien Saulnier qui sera son président du Comité exécutif à la Ville de Montréal.

Lors des élections municipales d'octobre 1970, Drapeau utilisa habilement la situation de la crise d'octobre pour discréditer et neutraliser l'opposition municipale (parti FRAP), dont certains candidats furent même, en vertu de la Loi des mesures de guerre, emprisonnés sans accusation pour n'être relâchés qu'une fois l'élection terminée.

Le milieu des années 1970 fut marqué par la préparation et la tenue des Jeux olympiques d'été de 1976 à Montréal. Toutefois, sa gestion du projet olympique entraîna d'importants dépassements de coûts ainsi qu'une dette énorme, la construction du stade olympique de Montréal ayant coûté un milliard de dollars. Cette dette ne sera remboursée que fin 2006, 30 ans plus tard.

La fin des années 1970 et le début des années 1980 virent une augmentation des critiques à l'endroit de son administration municipale et la création, en 1974, d'un nouveau parti municipal d'opposition, le Rassemblement des citoyens de Montréal (RCM). Le candidat du RCM à la mairie, Jacques Couture, fit bonne figure lors de l'élection municipale de 1974, gagnée néanmoins par Drapeau. La popularité du RCM s'accrut graduellement au cours de la décennie suivante. Drapeau fut critiqué notamment pour son style autoritaire, sa propension pour les projets coûteux et son peu d'intérêt pour l'environnement quand il était un maire. Drapeau ne se représenta pas lors de l'élection de 1986, qui fut remportée par le RCM, dirigé par Jean Doré, qui lui succéda au poste de maire.

Après sa retraite de la politique active, le premier ministre du Canada, Brian Mulroney le nomme ambassadeur du Canada au siège de l'Unesco à Paris, poste qu'il occupera de 1987 à 1991[2].

Jean Drapeau est décédé en 1999. Il est enterré au cimetière Notre-Dame-des-Neiges à Montréal. Un parc situé sur les îles Sainte-Hélène et Notre-Dame, sites de l'exposition de 1967, ainsi que la station du métro de Montréal qui s'y trouve, portent aujourd'hui son nom.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Citations célèbres[modifier | modifier le code]

Hommage à Jean Drapeau.

« Il est aussi impossible pour les Jeux olympiques de Montréal de produire un déficit que pour un homme de devenir enceint[e][3]. »

— Jean Drapeau, après que la ville de Montréal eut été choisie pour accueillir les Jeux olympiques de 1976.

« Laissons Toronto devenir Milan, Montréal restera toujours Rome[4]. »

Bibliographie et liens externes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. J.-Z.-Léon Patenaude rassembla les critiques de cette période envers Drapeau dans un ouvrage intitulé Le vrai visage de Jean Drapeau, publié aux Éditions du Jour en 1962.
  2. Radio-Canada. La population rend hommage à Jean Drapeau. le 14 août 1999. Page consultée le 31 juillet 2007.
  3. Montréal à l'heure de l'olympisme, archives de Radio-Canada.
  4. Gabriel Béland, « Jean Drapeau : l'héritage incertain », La Presse,‎ 25 octobre 2010, A2 (lire en ligne).