Imamat du Fouta-Djalon

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Imamat du Fouta-Djalon

17251896

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Les États des jihad Fulani vers 1830.

Informations générales
Statut Théocratie
Capitale Timbo
Langue Peul
Religion Sunnisme
Fuseau horaire UTC +0
Histoire et événements
1725 Fondation
1896 Dissolution
Almamy
17251777 Alfa Ibrahim
18941896 Boubacar III

Entités suivantes :

L'Imamat du Fouta-Djalon était un État théocratique d'Afrique de l'Ouest, situé dans les hauts plateaux du Fouta-Djalon de l'actuelle Guinée. Fondé en 1725 par un jihad Fulani, l'imamat devient une partie de l'Afrique-Occidentale française en 1896.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Le Fouta-Djalon est colonisé par les semi-nomades peuls au fil des générations, qui se succèdent entre le XIIIe et XVIe siècles. Au début, ils sont un peuple traditionaliste appelé Pular, nom à partir de laquelle la langue tient son nom. Au XVIe siècle, un afflux de musulmans de l'Empire peul du Macina change le tissu de la société.

Comme dans l'imamat de Fouta-Toro, le musulman et le traditionaliste vivent côte-à-côte. Puis, selon les récits traditionnels, une guerre sainte éclate au XVIIe siècle. En 1725, les musulmans prennent le total contrôle du Fouta-Djalon après la bataille de Talansan, puis mettent en place le premier des nombreux États théocratiques peuls à venir. Alfa Ibrahim est nommé commandant des croyants et le premier Almamy de l'Imamat du Fouta-Djalon. Il meurt en 1751 et est remplacé par Ibrahim Sori, qui consolide le pouvoir de l'État islamique. Le modèle théocratique du Fouta-Djalon inspire plus tard l'État peul du Fouta-Toro[1].

Organisation[modifier | modifier le code]

Le nouvel Imamat du Fouta-Djalon est régi par la stricte loi islamique avec une autorité centrale dans la ville de Timbo. L'Imamat contient neuf provinces appelées diwe, qui ont tous un certain degré d'autonomie : Timbo, Timbi, Labè, Koin, Kolladhè, Fugumba, Kèbaly, Fodé Hadji et Murya, Massi. La réunion des chefs de ces diwe à Timbi décide de présenter Alpha Ibrahima de Timbo au titre de premier Almamy du Fouta-Djalon avec comme résidence la ville de Timbo. Cette dernière devient alors la capitale de Fouta-Djalon jusqu'à l'arrivée des colonialistes français. L'objectif de la constitution de cet imamat était de convaincre les communautés locales de se convertir à l'islam. L'immat devient une puissance régionale par la guerre et la négociation, maniant l'influence et la création de richesse. En tant qu'État souverain, il traite avec la France monarchiste puis impérialiste, et d'autres puissances européennes avec diplomatie, tout en défendant la réalisation artistique et littéraire dans l'enseignement islamique.

Après qu'Ibrahim Sori soit mort en 1784, ses fils et ceux d'Alfa Ibrahim s'engagent dans une lutte pour la succession[2]. Le fils d'Ibrahim Sori, Sadu, est assassiné vers 1797 par les partisans du fils d'Alfa Ibrahim, Abdoulaye Badema[1]. Les musulmans du Fouta-Djalon se divisent en factions. La faction cléricale prend le nom de l'Alfaya par respect pour l'héritage d'Alfa Ibrahim, tandis que la faction laïque s'appelle le Soriya en mémoire d'Ibrahim Sori[3].

Les deux factions concluent un accord sur l'alternation du pouvoir entre les dirigeants des deux factions[3]. Les dirigeants des deux villes, Timbo et Fugumba, ont la même ascendance. Ensuite, le titre d'Almamy est toujours disputé entre ces deux villes[4].

Dominance[modifier | modifier le code]

L'Imamat du Fouta-Djalon devient une société multiethnique et multilingue, gouvernée par le musulman Fulɓe et soutenue par de puissantes armées d'esclaves libres. Le Fulɓe du Fouta-Djalon et du Fouta-Toro peuvent profiter de la croissance du commerce des esclaves[5] avec les Européens sur la côte, en particulier avec les Français et les Portugais. Fouta-Djalon et Fouta-Toro fournissent également des céréales, du bétail et les autres biens de leurs voisins européens. Par la suite, l'Almamy exige des cadeaux en échange de droits commerciaux, et pourrait imposer sa volonté avec une armée bien équipée. En 1865, Fouta-Djalon soutient l'invasion du Kaabu, entraînant sa disparition à la bataille de Kansala en 1867. Il conquiert les restes du royaume du Djolof en 1875.

Déclin[modifier | modifier le code]

Les Français ne sont pas satisfaits de la simple domination de la côte et le commerce est de plus en plus à sens unique avec l'Imamat du Fouta-Djalon. Ils commencent à faire des incursions dans la région en capitalisant sur ​​ses luttes internes. Enfin, en 1896 ils battent le dernier Almamy du Fouta-Djalon, Boubacar Biro Barry, à la bataille de Pore-Daka.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Barry 1997, p. 98.
  2. Derman et Derman 1973, p. 16.
  3. a et b Sanneh 1997, p. 73.
  4. Gray 1975, p. 208.
  5. Barry 1997, p. 100.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]