Sonni Ali Ber

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Sonni ("le sauveur") Ali Ber (?-1492), dit "Ali Le Grand" fut probablement le plus grand héros des légendes de l'empire songhaï. Brillant stratège, il mena 32 guerres en 26 ans et les remporta toutes. Authentique génie militaire, il réforma rapidement ses forces armées, bâtit une force professionnelle divisée en cavalerie et infanterie. Une large part de la cavalerie était constituée de nobles, mais même les esclaves et les captifs y étaient acceptés. Il créa le poste de hi-koï (commandant en chef) pour la marine, qui compta plus de quatre cent bateaux menés par des équipages de pêcheurs sorkos. Ceux-ci furent la pièce maîtresse de ses succès le long du fleuve Niger, en étant capables de transporter rapidement des troupes sur des milliers de kilomètres de voies navigables.

Sa mère était originaire de la ville de Fara où le peuple observait un islam mâtiné d’animisme. Leurs chefs religieux étaient les devins et les sorciers des religions traditionnelles du Songhaï mais, étant un prince soudanais, Ali Ber se devait d’être musulman et versait son obole aux mosquées de Gao. Il débuta son règne en 1464 en défaisant les tribus dogon et peuls, rivales du Songhaï, puis dispersa pour de bon les pilleurs mossis. Le 20 janvier 1468, Ali Ber prit le contrôle de la cité de Tombouctou qui fut incendiée et fit du royaume de Gao un empire. Les Touaregs furent expulsés ou réduit en vassalité. Grâce aux Sorkos, Sonni Ali Ber fondit rapidement sur les cités de Oualata et de Djenné, qui venaient de gagner leur indépendance sur le Mali. Située à 400 km au sud-ouest de Tombouctou, Djenné fut assaillie par une armée songhaï amenée par plusieurs centaines de bateaux, mais le siège prit cependant plusieurs années. Quand Djenné fut prise, Sonni Ali Ber épousa la reine-mère de la cité et la rattacha à son empire, regroupant ainsi sous une seule autorité les trois grandes cités commerciales de l'ouest africain. Il n'hésita pas à réduire en esclavage les vaincus, même s'ils étaient musulmans.

La cohérence d’un si vaste empire ne pouvant être maintenue à la seule force des armes, Sonni Ali Ber organisa le gouvernement en une bureaucratie efficace, faisant des pays conquis des provinces dirigées par des gouverneurs et instaurant des standards. Cette organisation différait grandement des précédents empires de la région qui reposaient bien plus sur des alliances et des relations féodales que sur le haut degré de centralisation caractéristique de l'empire songhaï. Des dispositions particulières furent prises cependant pour Tombouctou et quelques autres provinces musulmanes.

L'empire parvenu à son apogée, Sonni Ali Ber décéda sur le chemin de retour d'une énième campagne victorieuse, une expédition contre les Dogons (falaise de Bandiagara) et le royaume de Gourma en novembre 1492. Son fils Sonni Baro ne règne que quelques mois, car un des lieutenants d’Ali âgé de 50 ans, Mohammed Touré, un Soninké originaire du Tekrour, se dresse contre lui. Les troupes des deux hommes se rencontrent à Ankoo, près de Gao, en avril 1492. Les rebelles de Mohamed Touré sont vainqueurs et Sonni Baro doit se réfugier à Ayorou, au sud-est du Songhaï, où il mourra sans avoir pu reconquérir son trône[1].


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) J. Desmond Clark, J. D. Fage, Roland Oliver, Richard Gray, John E. Flint, G. N. Sanderson, A. D. Roberts, Michael Crowde, The Cambridge history of Africa, Volume 3, Cambridge, Cambridge University Press,‎ 1970 (ISBN 978-0-521-20981-6, lire en ligne)