Usman dan Fodio

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Shaihu Usman dan Fodio, (Shehu Usman dan Fodio, Shaikh Usman Ibn Fodio ou Ousmane dan Fodio), (1754 - 1817) est un écrivain et homme d'État peul. Il est proche de l'école sunna. Il écrivit beaucoup d'ouvrages de la sunna et éclairant la communauté musulmane du danger de l'innovation.

Biographie[modifier | modifier le code]

Usman dan Fodio, dit Torodo, est né le 15 décembre 1754 à Maratta près de Galmi, au Niger. Son père Mohammed est un Toucouleur originaire du Fouta-Toro, établit avec d’autres au Gober, à l’ouest du lac Tchad au XVIIIe siècle. Il est considéré comme un savant et un saint homme, d’où le nom d’Usman dan Fodio (le fils du savant). Il appartient à l'élite urbaine des Peuls[1], vivant dans les cités Haoussas.

Usman étudie les sciences religieuses. Son maître, Jibril ibn'Umar, enseignait que la religion non seulement pouvait, mais également devait, établir une société idéale, libre de l'oppression et de la perversion. Usman dan Fodio tente d'appliquer ces préceptes dans la ville de Degel. Il critique les musulmans du Gober à qui il reproche de ne pas observer strictement les règles du Coran, et mène pendant plusieurs années une vie de prédicateur ambulant au Gober et dans les États haoussa voisins (Zamfara, Katsena, Kebbi), à partir de 1774. Rentré à Degel, son influence devient grande. Après 1795, la communauté de ses partisans à Degel envisage la guerre sainte contre les infidèles, c'est-à-dire les souverains du Gober. Usman leur demande de s'armer et de prier pour que le Soudan soit régit par la loi islamique. Nafata, sarkin (roi) du Gober, inquiet des préparatifs militaires, essaie de gêner son action[2].

Lorsque Yunfa, un ancien élève de Dan Folio selon la tradition, succède à son père Nafata après sa mort en 1802, ses relations avec les partisans d’Usman s’enveniment. Yunfa annule l’autonomie de Degel et tente d'assassiner dan Fodio. Les musulmans sont persécutés. Dan Fodio et ses partisans fuient à la frontière nord-ouest du Gober (Hijira) afin de se rallier les nomades peuls  ; ils s’installent à Gudu le 21 février 1804. Après une ultime tentative de conciliation, Yunfa déclare la guerre à la communauté[2]. Il s’allie les dirigeants des autres cités haoussa pour se prémunir d’un djihad.

En effet dan Fodio est proclamé Sarkin Musulmi, c’est-à-dire commandeur des croyants. Il obtient ainsi un pouvoir à la fois politique et religieux. Il peut en appeler au djihad, rassembler une armée et la commander. Il envahit le pays haoussa, notamment grâce à la supériorité de la cavalerie peule. Dan Fodio est par ailleurs soutenu par la paysannerie Haoussa qui souffrait des taxes des cités. le 21 juin 1804 Usman dan Fodio remporte une victoire sur l’armée de Yunfa à Tabkin Kwato[3] mais il est vaincu à Tsuntua en décembre suivant. La défaite est toutefois sans lendemain et en 1808 Usman dan Fodio gagne la bataille décisive d'Alkalawa lors de laquelle Yunfa est tué.

Sokoto caliphate.png

Après les quelques années de la guerre peule, dan Fodio se retrouve à la tête de l'empire peul de Sokoto. Dan Fodio le pourvoit d'un gouvernement efficace, fondé sur des principes coraniques.

Déjà âgé au début de la guerre, dan Fodio transmet en 1815 le titre de sultan de Sokoto à son fils Mohammed Bello.

Usman dan Fodio est enterré à Sokoto. Il y a un débat sur le caractère mystique (soufi) de son œuvre. Ces livres notamment ihya us sunna wa ikhmadul bid'a font la critique de certaine pratique mystique auxquelles il s'oppose.

Œuvres et postérité de Ousmane dan Fodio[modifier | modifier le code]

Chef politique charismatique de son vivant, il inspire de nombreuses djihad en Afrique occidentale : celles de Sékou Amadou, fondateur de l'empire Massina, de El Hadj Oumar Tall (marié à une des petite-fille de dan Fodio) fondateur de l'empire toucouleur, Samory Touré fondateur de l'empire Wassoulou, et Modibbo Adama fondateurs de l'empire Adamawa.

Quelques citations[modifier | modifier le code]

« Un gouvernement doit être fondé sur cinq choses :

– le pouvoir ne doit pas être donné à celui qui le cherche ;
– la nécessité de la consultation ;
– l'abstention de la violence ;
– la justice ;
– la bienfaisance[4]. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. En anglais : Fulanis; en peul : Fulɓe
  2. a et b Djibo Hamani, L'Adar précolonial (République du Niger): Contribution à l'étude de l'histoire des états Hausa, Éditions L'Harmattan,‎ 2006 (ISBN 9782296143173, présentation en ligne)
  3. Jean Jolly, Histoire du continent africain : de la préhistoire à 1600, vol. 1, Éditions L'Harmattan,‎ 1996 (ISBN 9782738446886, présentation en ligne)
  4. cité par Josef Ki-Zerbo le 19 mars 2004 dans une conférence à l'ENS intitulé Réflexion sur les rapports historiques de l'Afrique et du monde arabe

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]