Muhammadu Buhari

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Muhammadu Buhari
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Fonctions
Président du Conseil militaire suprême de la
République fédérale du Nigeria
31 décembre 198327 août 1985
Prédécesseur Shehu Shagari
Successeur Ibrahim Babangida
Biographie
Date de naissance 17 décembre 1942 (72 ans)
Lieu de naissance Katsina
Nationalité nigériane
Parti politique All Nigeria Peoples Party
Religion Islam
Chefs d'État du Nigéria

Muhammadu Buhari (né le 17 décembre 1942) est un homme politique nigérian, ancien Major Général de l'armée nationale. Après un coup d'État en décembre 1983, il est à la tête du Nigeria du 31 décembre 1983 au 27 août 1985[1]. Il donne notamment son nom à l'expression anglaise "Buharism" qui se réfère aux principes économiques et politiques de son règne au Nigeria et partage des traits communs avec le fascisme[2]. Il est également candidat malheureux aux élections présidentielles du 19 avril 2003[3], du 21 avril 2007[4] et du 16 avril 2011[5]. En décembre 2014, il se présente comme candidat du Congrès Progressiste (APC) pour les élections présidentielles de février 2015[6]. Originaire de Daura, dans l'état de Katsina, Muhammadu Buhari est musulman sunnite.

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

Muhammadu Buhari est né le 17 Décembre 1942, à Daura, dans l'État de Katsina. Dernier né d'une famille de 23 enfants, il est élevé par sa mère, son père étant mort alors qu'il avait entre 3 et 4 ans[7].

En 1971, il se marie pour la première fois à Safinatu Yusuf[8]. Ils ont 5 enfants ensemble, 4 filles et 1 garçon, et divorcent en 1988. En décembre 1989, Buhari se remarie avec Aisha Halilu[9], avec qui il aura de nouveau 5 enfants, 4 filles et 1 garçon.

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Muhammadu Buhari rejoint l'armée nigériane en 1961 après avoir étudié à l'école militaire de Kaduna. De 1962 à 1963, il suit une formation d'élève-officier en Angleterre avant d'être nommé en janvier 1963 sous-lieutenant puis commandant de peloton du deuxième bataillon d'infanterie à Abeokuta, au Nigeria. De novembre 1963 à janvier 1964, il suit une nouvelle formation militaire au Royaume-Uni. Il sert finalement dans différents corps d'armée[10][11] :

  • Commandant du deuxième bataillon d'infanterie (1965-1967)
  • Major de brigade, deuxième secteur, 1ère division d'infanterie (avril 1967 - juillet 1967)
  • Major de brigade, 3ème division d'infanterie (juillet 1967 - octobre 1968)
  • Commandant, 31ème brigade d'infanterie (1970 - 1971)
  • Adjudant général adjoint, 1ère division d'infanterie (1971 - 1972)
  • Directeur par intérim des transports et de l'approvisionnement de l'armée nigériane (1974 - 1975)
  • Secrétaire militaire, QG de l'armée, et membre du conseil

militaire suprême (1978 - 1979)

  • Colonel (1979 - 1980)
  • Officier général commandant, 4ème division d'infanterie

(août 1980 - janvier 1981)

  • Officier général commandant de la 2ème division

d'infanterie mécanisée (janvier 1981 - octobre 1981)

  • Officier général commandant de la 3ème division armée

(octobre 1981 - décembre 1983)

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Coup d'état de juillet 1966[modifier | modifier le code]

En juillet 1966, Muhammadu Buhari participe à un coup d'État dirigé par le Lieutenant Colonel Murtala Muhammed qui renversera et assassinera le dirigeant du pays, Aguiyi Ironsi[12]. Le coup d'état est considéré comme sanglant, ayant mené à la mort de la plupart des officiers Igbo[13].

Gouverneur de l'État du Nord-Est[modifier | modifier le code]

En août 1975, alors que le général Murtala Mohammed vient de prendre le pouvoir, il nomme Buhari Gouverneur de l'État du Nord-Est, afin qu'il supervise les améliorations sociales, économiques et politiques de la zone[14].

Ministre du Pétrole et des Ressources naturelles[modifier | modifier le code]

En mars 1976, le nouveau dirigeant du Nigeria, le Général Olusegun Obasanjo, nomme Muhammadu Buhari ministre du Pétrole et des Ressources naturelles. La même année, est créée la Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC) que Buhari dirige également jusqu'en 1978[15]. Durant son mandat de ministre, 2,8 milliards de dollars auraient disparu des comptes de la NNPC. Alors que l'ancien président, Ibrahim Babangida, accuse Buhari d'être responsable de cette fraude, l'administration Shagari inaugure un tribunal spécialisé dans les ventes de pétrole brut[16]. Celui-ci enquête sur ce détournement de fonds et précise ne pas pouvoir confirmer ces accusations, bien qu'il ait remarqué quelques défaillances dans les comptes de la NNPC[17].

Coup d'État de décembre 1983[modifier | modifier le code]

En décembre 1983, Muhammadu Buhari, alors qu'il est officier général commandant (OGC) de la 3ème division Blindée de Jos, dirige un coup d'État dont le but est de renverser le président démocratiquement élu, Shehu Shagari[18]. Ce coup d'État met fin à la Seconde République du Nigeria, mise en place peu de temps avant, en 1979. Muhammadu Buhari, qui prendra le pouvoir dans le pays à l'issu de ce putsch, justifie ce coup d'État en fustigeant le gouvernement civil "corrompu". Sa première mesure sera de suspendre la Constitution de 1979.

Président du Conseil militaire suprême de la République fédérale du Nigeria[modifier | modifier le code]

Politique économique[modifier | modifier le code]

Désireux de réformer l'économie, Buhari décide de reconstruire les systèmes socio-politiques et économiques du Nigeria et de lutter contre l'austérité. Pour cela, il encourage l'industrialisation par substitution aux importations[19] basée en grande partie sur l'utilisation de matériaux locaux et le resserrement du développement national.

Il centrera également sa politique économique sur le rééquilibrage des finances publiques, mais la limitation des importations aura finalement pour conséquence de nombreuses pertes d'emplois et la fermeture d'entreprises[20].

Buhari met rapidement un terme aux relations du pays avec le Fonds Monétaire International (FMI) qui lui demande de dévaluer le naira de 60 %, ce qu'il refuse[21]. Malgré cela, les réformes engagées par Buhari restent tout autant, voire plus rigoureuses que celles demandées par le FMI[22].

Le 7 mai 1984, Buhari présente son budget national, accompagné d'une série de mesures complémentaires :

  • Interdiction temporaire de recruter des travailleurs dans le secteur public
  • Relèvement des taux d'intérêts
  • Arrêt des projets immobiliers
  • Interdiction d'emprunt pour les Gouvernements d'État
  • Réduction de 15 % du budget par rapport à 1983
  • Réalignements des droits d'importation
  • Réduction du déficit de la balance de paiement en réduisant les importations
  • Priorité à l'importation de matières premières et de matériel utile pour l'agriculture et l'industrie

Buhari est également connu pour sa gestion de la crise alimentaire de 1984-1985, où, pour des raisons populistes, il expulse le million de Nigériens vivant alors au Nigeria, alors que les ressources alimentaires au Niger étaient encore plus rares qu'au Nigeria. La grande famine est ainsi appelée au Niger Haoussa et Kanouri (est du pays) "El-Buhari"[23].

Politique extérieure[modifier | modifier le code]

Le gouvernement militaire de Buhari est peu ou prou resté sur la même ligne politique que Shehu Shagari concernant les relations internationales. En janvier 1984, dans son discours annuel radiodiffusé, Buhari déclare en effet qu'il maintiendra, voire renforcera, les relations diplomatiques avec des organisations telles que l'OUA, l'ONU, l'OPEP ou encore la CEDEAO. Il indique également qu'il honorera les obligations conventionnelles contractées par les gouvernements précédents.

En 1985, alors que la criminalité augmente et que l'économie du pays est en berne, le gouvernement de Buhari ouvre ses frontières avec le Bénin, le Niger, le Tchad et le Cameroun (fermées depuis avril 1984) afin d'accélérer l'expulsion de 700 000 étrangers et travailleurs migrants[24].

Le scandale des 53 valises[modifier | modifier le code]

Alors qu'il est chef de l'État, Buhari est impliqué dans un scandale concernant le sort de 53 valises, contenant prétendument 700 millions de dollars et détenues par l'émir du Gwandu, qui ont été dédouanées sans inspection sur le vol de l'émir en provenance d'Arabie Saoudite[25].

Droits de l'Homme[modifier | modifier le code]

En 20 mois à la tête du Nigéria, Muhammadu Buhari a adopté nombre de décrets, dont certains constituent une atteinte aux Droits de l'Homme. Son régime est la cible de nombreuses critiques dans le monde, à l'image de la pièce de théâtre écrite par le premier lauréat nigérian du Prix Nobel, Wole Syinka, intitulée "Les crimes de Buhari"[26] qui décrit un grand nombre de violations menées sous son régime militaire.

Début 1984, par le biais du Décret n°2 et pour des raisons de sécurité d'État, le chef de cabinet de Buhari peut infliger jusqu'à 3 mois de détention, sans procès ni charges, à n'importe quel individu considéré comme un risque pour la sécurité du pays[27]. Le Décret interdit de plus les manifestations populaires et donne des pouvoirs sans précédent aux services secrets nigérians. Ces derniers jouent un grand rôle dans la répression de la dissidence publique en intimidant, harcelant et emprisonnant chaque personne qui brise l'interdiction de manifester ou de faire la grève. En octobre 1984, plus de 200 000 fonctionnaires sont ainsi licenciés[28]. De nombreux opposants politiques sont également enfermés en prison. Parmi eux, un des artistes les plus populaires du Nigéria, ancien candidat à la présidentielle : Fela Kuti[29]. Il est arrêté pour exportation illégale de devises le 4 septembre 1984 à l'aéroport alors qu'il s'apprêtait à partir pour une tournée aux États-Unis. Amnesty Internationale décrit les accusations portées contre lui comme "intempestive". Bénéficiant d'un pouvoir largement étendu par le Décret n°2, le Gouvernement condamne Fela Kuti à 10 ans de prison. Il sera finalement libéré en 1985 après 18 mois d'enfermement[29], lorsque le Gouvernement de Buhari est renversé.

Toujours en 1984, il adopte le Décret n°4 pour la protection contre les fausses accusations[30], considéré par les spécialistes comme la loi sur la presse la plus répressive jamais adoptée au Nigéria[31]. L'article 1 de la loi établit que "toute personne qui publie, qu'importe la forme, un message, une rumeur, un rapport ou une déclaration [...] non véridique sur un point important ou qui pourrait ridiculiser ou discréditer l'État, se rend coupable d'une infraction en vertu du présent décret"[32]. La loi déclare en outre que les journalistes et éditeurs incriminés seront jugés par un tribunal militaire, dont le jugement est définitif et sans appel. Les coupables sont admissibles à une amende d'un minimum de 10 000 nairas et une peine d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à deux ans[31].

Le Décret n°20 sur le soutage illégal des navires et le trafic de drogues constitue un autre exemple de la lutte sévère de Buhari contre la criminalité[33]. L'article 3 (2) (K) établit que "toute personne qui, sans autorisation, vends, fume ou inhale une drogue comme la cocaïne ou toute autre drogue similaire, est coupable en vertu de l'article 6 (3) (K) d'infraction et encourt, sur déclaration de culpabilité, la peine de mort par peloton d'exécution". Dans le cas de Bernard Ogedengebe, le décret a été appliqué rétroactivement[34] et l'homme a été exécuté, même si au moment de son arrestation, il avait été jugé et condamné à 6 mois d'emprisonnement[34]. En avril 1985, 6 autres Nigérians sont condamnés à mort en vertu du même décret : Sidikatu Tairi, Sola Oguntayo, Oladele Omosebi, Lasunkanmi Awolola, Jimi Adebayo et Gladys Iyamah[8].

Le 20 mars 1984, Muhammadu Buhari déclenche une guerre contre l'indiscipline, connue aujourd'hui sous l'acronyme WAI afin de lutter contre le manque de moralité publique et de responsabilité civique de la société nigériane. Les Nigérians considérés comme indisciplinés doivent former des files d'attente devant des soldats équipés de fouets. Les fonctionnaires arrivant en retard au travail sont humiliés et forcés à faire des sauts de grenouille[20]. Toujours en vertu de la lutte contre l'indiscipline, tout étudiant âgé de plus de 17 ans surpris en train de tricher à un examen peut être condamné à 21 ans de prison. La contrefaçon et les incendies criminels sont quant à eux passibles de la peine de mort[35].

L'affaire Umaru Dikko constitue un autre épisode déterminant de la présidence de Buhari. Umaru Dikko, ancien ministre des Transports sous la présidence de Shagari, fuit le pays après le coup d'État de 1983 et est accusé d'avoir détourné 1 milliard de dollars de profits pétroliers. Avec l'aide du Mossad, les services secrets nigérians le retrouvent à Londres où des agents du Nigeria et d'Israël le droguent et l'enlèvent. Ils l'enferme dans un sac plastique, caché à l'intérieur d'une caisse étiquetée comme étant une "valise diplomatique" afin de le ramener au Nigeria dans un Boeing 707 nigérian vide. Le complot est finalement déjoué par des officiers de l'aéroport britannique[36].

En 20 mois de présidence, environ 500 hommes politiques, fonctionnaires et hommes d'affaires ont été emprisonnés et accusés de corruption[37].

Coup d'État de 1985[modifier | modifier le code]

En août 1985, Muhammadu Buhari est renversé par un coup d'État dirigé par le général Ibrahim Babangida et d'autres membres du Conseil militaire suprême[38]. Parmi les alliés de Babangida figure le frère de Fela Kuti, Olukoye Ransome-Kuti, un médecin qui avait mené une grève contre Buhari quelques mois plus tôt pour protester contre la baisse des services de soins de santé. Après le coup d'État, Buhari est enfermé dans une prison à Bénin City jusqu'en 1988[39].

Les partisans de Buhari déclarent qu'il a été renversé par des personnes corrompues de son Gouvernement qui avaient peur d'être traduites en justice alors que sa politique commençait à montrer des résultats en termes de discipline publique, de lutte contre la corruption, de réduction de l'inflation et de productivité. Ibrahim Babangida justifie de son côté son coup d'État en évoquant l'échec de Buhari dans la résolution des problèmes économiques du pays et promet de "revitaliser l'économie ravagée par des décennies de mauvaise gestion du Gouvernement et de corruption"[40].

Président du Petroleum Trust Fund[modifier | modifier le code]

Muhammadu Buhari a été président du Petroleum Trust Fund (PTF), un organisme créé par le Gouvernement du général Sani Abacha et financé par les recettes du marché pétrolier. Un rapport de 1998 du New African salue la transparence de la PTF sous la présidence de Buhari, mais note également que certains critiquent la répartition des ressources de la PTF dont 20 % vont à l'armée[41].

Retour en politique[modifier | modifier le code]

Le 19 avril 2003, Muhammadu Buhari, après s'être présenté aux élections présidentielles nigérianes comme candidat du All Nigeria People's Party (ANPP), perd ces dernières face au candidat du People's Democratic Party, Olusegun Obasanjo, avec plus de 11 millions de voix d'écart. Buhari contestera les résultats[3].

Le 18 décembre 2006, il est de nouveau désigné comme candidat de l'ANPP pour les prochaines élections présidentielles. Son principal concurrent selon les sondages est le candidat PDP, Umaru Yar'Adua, également originaire de Katsina. Lors de l'élection, 18 % des voix sont pour Buhari contre 70 % pour Yar'Adua, mais Buhari conteste ces résultats[4]. Après le prise de fonction de Yar'Adua, l'ANPP rejoint son gouvernement. Un accord que Buhari dénonce.

En mars 2010, Muhammadu Buhari quitte l'ANPP pour le Congrès progressiste (APC), un parti qu'il a contribué à fonder. Il déclare soutenir l'APC, qui est selon lui "une solution aux conflits débilitants, éthiques et idéologiques de (son) ancien parti, l'ANPP"[42].

Le 16 avril 2011, Muhammadu Buhari est candidat APC à la présidentielle du Nigeria face à 20 autres candidats, parmi lesquels le candidat sortant Goodluck Jonathan du PDP, Mallam Nuhu Ribadu d'Action Congress of Nigeria (ACN) et Ibrahim Shekarau de l'ANPP[5]. Il axe sa campagne sur la lutte contre la corruption et s'engage contre l'immunité qui protège les représentants du gouvernement. Il se positionne également en faveur de l'application de la Sharia dans les États du nord du Nigeria. Une position qui lui cause des difficultés politiques parmi les électeurs chrétiens du sud du pays[5].

Des partisans de Buhari attaquent des colonies chrétiennes dans le centre du pays et ces élections sont entachées par la violence sectaire généralisée, qui coûte la vie à 800 personnes à travers le pays[43]. Muhammadu Buhari perd ces élections et affirme que le scrutin est truqué. Alors que Human Rights Watch les classe "parmi les plus belles de l'histoire du Nigeria"[43], Buhari déclare que "si ce qui est arrivé en 2011 se produit à nouveau en 2015, par la grâce de Dieu, le chien et le babouin seront tous trempés de sang"[43].

Il reste cependant populaire grâce à son opposition marquée à la corruption, mais ne remporte qu'un total d'environ 12 millions de votes à l'élection présidentielle, terminant deuxième derrière Goodluck Jonathan du PDP et ses 22 millions de votes[44].

Pour les élections présidentielles se tenant en 2015, l'équipe de campagne du président sortant, Goodluck Jonathan, demande la disqualification de Muhammadu Buhari, affirmant qu'il est en violation avec la constitution[45]. Selon le document, pour se présenter à une élection présidentielle, le futur candidat doit au minimum avoir obtenu son certificat d'études secondaires ou un équivalent et Buhari n'a pas donné de preuve de l'obtention de ce diplôme, affirmant avoir perdu les originaux dans le pillage de sa maison lors du renversement du pouvoir en 1985[46]. Il se présente finalement à l'élection présidentielle, toujours comme candidat de l'APC et axe une nouvelle fois sa campagne sur la lutte contre la corruption, se construisant une image d'homme honnête. Il a cependant déclaré dans une interview vouloir, s'il était élu, donner l'amnistie aux fonctionnaires emprisonnés pour vol s'ils se repentent[47]. En janvier 2015, le groupe d'insurgés MEND (Mouvement pour l'émancipation du delta du Niger) se positionne en faveur de la candidature de Buhari dans la course présidentielle[48].

Sécurité[modifier | modifier le code]

En 2012, le nom de Buhari est ajouté sur une liste constituée par l'organisation terroriste Boko Haram et énumérant les personnes de confiance avec qui il est possible de négocier[49]. Un an plus tard, Muhammadu Buhari est l'auteur d'une série de déclaration litigieuses concernant Boko Haram. Il demande notamment au gouvernement fédéral d'arrêter le massacre des membres de l'organisation terroriste[50] et critique la prévalence de militants chrétiens dans le sud du pays. Il déclare que la "responsable des problèmes de sécurité dans le pays"[51] est "l'activité militante du Delta du Niger"[50]. Il remet également en cause le traitement spécial accordé à ces militants par le gouvernement fédéral et déplore le fait que les membres de Boko Haram soient tués. Des déclarations qui suscitent de nombreuses réactions, notamment celle du président de l'Association chrétienne du Nigeria, le pasteur Ayo Oritsejafor, qui demande son arrestation[50].

En mai 2014, après l'enlèvement des lycéennes de Chibok, Buhari dénonce toutefois les actions de Boko Haram et demande aux nigérians de "mettre de côté la religion, la politique et toutes autres division afin d'écraser l'insurrection, attisée par des fanatiques insensées déguisés en musulmans"[52]. Quelques mois plus tard, il échappe à un attentat à la bombe revendiqué par Boko Haram à Kaduna qui fait 82 morts[53].

Religion[modifier | modifier le code]

En 2001, Muhammadu Buhari donne son soutien à la mise en application totale de la Sharia dans le pays[54], déclarant : "je continuerais à montrer mon engagement total à la Sharia qui déferle sur tout le Nigeria (...) si Dieu le veut, nous n'arrêterons pas l'agitation pour la mise en oeuvre totale de la Sharia dans le pays"[55].

Le 4 janvier 2015, il se déclare cependant en faveur de la liberté de religion, déclarant que "la religion ne doit jamais être utilisée comme une excuse pour diviser, opprimer les autres ou obtenir des avantages injustes", ajoutant que tout sa vie, il a "exprimé la conviction que tous les Nigérians doivent adorer Dieu selon leur souhait"[56].

Le 6 janvier 2015, il rappelle de plus n'avoir jamais imposé la Sharia lorsqu'il était à la tête du pays.

Prix[modifier | modifier le code]

Muhammadu Buhari a reçu au cours de sa vie plusieurs prix et médailles :

  • Congo Medal (CM)
  • Defense Service Medal (DSM)
  • Forces Service Star (FSS)
  • General Commander of the Federal Republic of Nigeria (GCFR)
  • Loyal Service and Good Conduct Medal (LSGCM)
  • National Service Medal (NSM)

Voi aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

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  5. a, b et c AFP, « Nigeria: Les autorités tentent de rétablir l'ordre après les violences », sur http://www.20minutes.fr,‎ 21 avril 2011
  6. AFP, « Nigeria: l'ex-dictateur Buhari candidat de l'opposition à la présidentielle de 2015 », sur romandie.com,‎ 11 décembre 2014
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