Germaine Dieterlen

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Germaine Dieterlen est une ethnologue française, née le à Paris (17e), ville où elle est morte le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Ancienne élève de Marcel Mauss, elle a travaillé au sein des ethnies Dogon et Bambara avec, entre autres, Marcel Griaule, Jean Rouch, Solange de Ganay et Denise Paulme.

Elle débuta ses recherches au Mali en 1937 où elle poursuivit les travaux entamés par le repérage de la mission Dakar-Djibouti (voir Dakar et Djibouti) de Griaule et consorts.

Elle a été directeur d’études à l'École pratique des hautes études EPHE (Sorbonne) avec depuis 1956, charge de l'enseignement Religions de l'Afrique Noire. C'est Michel Cartry qui reprendra ultérieurement cette chaire.

De 1956 à 1975 elle succède à Marcel Griaule comme secrétaire générale de la Société des africanistes.

En 1962 elle fait partie de l'équipe du CNRS RCP no 11 Objet et méthodes d'une ethnosociologie comparée de l'Afrique noire.

Fin 1968, la RCP 11 évolue, sous la direction de Germaine Dieterlen, pour devenir le Groupe de Recherche 11, sous le nom de Étude des phénomènes religieux en Afrique occidentale et équatoriale.

En octobre 1971 elle préside le colloque La notion de personne en Afrique noire dont les actes du même nom paraîtront en 1973.

En 1974 le GR 11 du CNRS devint le LA221 Système de Pensée en Afrique Noire aux activités duquel Germaine Dieterlen participait activement.

En 1978 paraît un ouvrage collectif d'hommage qui lui est dédié Systèmes de signes avec des contributions de Claude Lévi-Strauss et Meyer Fortes.

Elle fut présidente du Comité du film ethnographique[1], qui siège au Musée de l'Homme, de 1966 jusqu'à sa mort.

Elle est une référence majeure, comme Marcel Griaule et Jean Rouch, sur le terrain de l'anthropologie visuelle.

À la demande de Jean Rouch, des funérailles Dogon ont été célébrées pour elle au Mali dans la falaise de Bandiagara (voir Bandiagara), en 2004.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Publications (sélection)[modifier | modifier le code]

  • Renard Pâle. Ethnologie des Dogon. Institut Français d'Ethnologie. Marcel Griaule (posthume) et Germaine Dieterlen. 1965 531 pp.
  • Essai sur la religion bambara. Ed. de l'Université de Bruxelles, 264 p. 1996 (2° ed)
  • Les Dogon : Notion de personne et mythe de la création. L'Harmattan 115 pp
  • Textes sacrés d'Afrique noire. Germaine Dieterlen, Collectif, et Amadou Hampâté Bâ. 306 pp.
  • Le Titre d'honneur des Arou (Dogon, Mali). Paris 1982, 215 p.

Films[modifier | modifier le code]

Films sur les rituels des Dogons au Mali (Cérémonies du Sigui) (coréalisation avec Jean Rouch)
  • 1967 : L'Enclume du Yougo (38 min). Début des fêtes du Sigui. Les hommes rasés et vêtus du costume rituel du Sigui entrent sur la place publique en dansant la danse du serpent. Ils honorent les terrasses des grands morts des 60 dernières années.
  • 1968 : Les Danseurs de Tyogou (27 min). Deuxième année du Sigui. Les hommes préparent les parures du Sigui avant de partir en procession vers les sites des anciens villages et revenir danser sur la place publique. Le lendemain la caverne des masques est préparée pour recevoir le grand masque à la fin des cérémonies.
  • 1969 : La Caverne de Bongo (40 min). Troisième année du Sigui. Les dignitaires achèvent leur retraite dans la caverne du Bongo. Autour du vieil Anaï qui voit son troisième Sigui (il a donc plus de 120 ans) les hommes se préparent avant d'aller faire le tour du champ de lignage et boire la bière communielle.
  • 1970 : Les Clameurs d'Amani (35 min). Quatrième année du Sigui. Interrogé par le chef de Bongo, le « renard pâle » donne la route du Sigui d'Amani. Précédé par les anciens, les hommes du Sigui commencent un itinéraire sinueux avant d'entrer sur la place rituelle.
  • 1974 : L'Auvent de la circoncision (18 min). Septième et dernière année des cérémonies soixantenaires du Sigui. Les trois dignitaires de Yamé sont partis à Songo visiter, dans les falaises, les auvents des cavernes dont les parois sont couvertes de peintures consacrées au Sigui.
Autres

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Edmond Bernus, « Germaine Dieterlen et les bijoux touaregs », in Journal des africanistes, 2001, vol. 71, no 1, p. 63-68
  • Pierre Bonte et Michel Izard (dir.), « Germaine Dieterlen », in Dictionnaire de l'ethnologie et de l'anthropologie, PUF, Paris, 2008 (1re éd. 1991), p. 200-201 (ISBN 978-2-13-055999-3)
  • Luc de Heusch, « Ma dette de reconnaissance envers Germaine Dieterlen », in Journal des africanistes, 2001, vol. 71, no 1, p. 69-75
  • Philippe Lourdou, « Germaine Dieterlen ou la nécessité du regard », in Journal des africanistes, 2001, vol. 71, no 1, p. 77-81
  • Shinzo Sakai, « Madame Germaine Dieterlen, messagère d'une culture africaine pour l'autre bout du monde », in Journal des africanistes, 2001, vol. 71, no 1, p. 191-194
  • Nadine Wanono, « Sanga, 45 51 36 08 », in Journal des Africanistes, 2000, vol. 70, no 1-2, p. 345-349 [1]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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