Empire de Sokoto

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11° 04′ 14″ N 7° 34′ 50″ E / 11.070603, 7.580566

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Califat de Sokoto au XIXe siècle

L’Empire de Sokoto a été créé au XIXe siècle par Usman dan Fodio dans le nord du Nigeria. Sa capitale était la ville de Sokoto.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le 21 février 1804, l'imam musulman Peul Usman dan Fodio, menacé par Younfa, roi du Gober, s’enfuit à Goudou. Sa fuite, comparée à celle de Mahomet, accroît son prestige. Usman prêche la guerre sainte (djihad) contre les impies de toute sorte et en particulier les rois des cités Haoussas, coupables selon lui d'une non-application des principes de l'Islam. Se joignent alors à lui de nombreux Peuls mais aussi de nombreux Haoussas mécontents, faisant d'ailleurs de son armée une troupe à majorité Haoussa. Le 21 juin suivant, il remporte la victoire sur l’armée de Younfa à Tabkin Kwato. Il se proclame Commandeur des Croyants et règne sur le Gober (fin en 1817). Ses douze plus fidèles disciples reçoivent des étendards bénis avec lesquels ils partiront à la conquête des territoires voisins.

La victoire attire de nombreux aventuriers du Fouta-Toro, du Macina et du Songhaï. Avec eux, Usman s’empare de Kano qui devient sa capitale. Ce nouveau succès attire auprès de lui les musulmans du Nigeria et du Cameroun septentrionaux, ainsi que des Peuls métissés établis depuis longtemps dans la région.

À la tête d’une armée puissante, Usman annexe tous les royaumes Haoussas (Katsina, Zaria, Noupé, Kebbi, Liptako) et le nord du Cameroun de 1804 à 1808. Il désigne des émirs pour administrer les territoires conquis, le plus souvent les souverains vaincus, confirmés dans leur fonction.

Les provinces de cet Empire Peul de l’est sont chacune dirigées par un émir doté d’une grande autonomie. L’impôt (Zakat) était perçu selon la loi coranique.

En 1815, Usman transmet le titre de sultan de Sokoto à son fils Mohammed Bello. À cette époque, des troubles éclatent dans plusieurs provinces de l’empire. Les Haoussa, encouragés par les Touareg de l’Aïr et par le souverain du Kanem et du Bornou, rejettent la suzeraineté toute théocratique de Sokoto et son islam rigoriste. Mohammed Bello rétablit le calme.

En 1823 Mohammed Bello soumet Ilorin au nord du royaume d’Oyo. Le 13 avril 1827 l’explorateur britannique Hugh Clapperton meurt à Sokoto, où il était reçu par Mohammed Bello.

Mohammed Bello meurt en 1837. Son jeune frère Ousmane (Atikou) lui succède à la tête de l’empire jusqu'en 1843.

Peuls du Sokoto (1900)

En 1840, les Peuls de Sokoto sont repoussés du royaume d’Oyo par les Yoruba à la bataille d’Oshogbo. En 1841, Modibbo Adama, disciple d’Usman dan Fodio, s’installe à Yola et étend sa puissance et son domaine au sud-est de l’empire de Sokoto. Jusqu’à sa mort en 1847, il combat les tribus animistes du nord du Cameroun et son adversaire, le sultan de Mandara. Il réalise l’unité du Fombina (le sud), qui prend en son honneur le nom d’Adamaoua.

En novembre 1842, Ali, fils de Mohammed Bello, prend le pouvoir à Sokoto à la mort d’Atikou, jusqu'en 1855. Son règne est marqué par des révoltes et des attaques incessantes contre les territoires soumis par les Peuls, en particulier contre le Gober qui s'est affranchi entretemps et le dernier sultanat Haoussa indépendant de Zinder (autrement appelé Damagaram) et la région de Maradi, zone forestière peuplée de réfugiés des guerres précédentes et où des survivants de la famille régnante du Katsina s'étaient réfugiés. Les cités qui composent l’empire reprennent leur indépendance en reconnaissant d’une façon nominale l’autorité du commandeur des croyants établi à Sokoto.

En février 1903, les Britanniques occupent sans difficultés Kano, puis Sokoto en mars. La frontière séparant actuellement le Niger et le Nigeria correspond peu ou prou aux limites entre territoires alors sous suzeraineté du Sokoto au sud et territoires indépendants (Gobir, Maradi, Zinder) au nord.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Paul E. Lovejoy, Slavery, commerce and production in the Sokoto Caliphate of West Africa, Africa World Press, Trenton, NJ, 2005, 425 p. (ISBN 1-592-21254-9)
  • (en) Hussaini Usman Malami, Economic principles and practices of the Sokoto caliphate, Institute of Islamic Sciences, Sokoto, Nigeria, 1998, 145 p. (ISBN 978-34042-1-0)
  • (en) Sean Stilwell, Paradoxes of power : the Kano "mamluks" and male royal slavery in the Sokoto Caliphate, 1804-1903, Heinemann, Portsmouth (NH), 2004, 281 p. (ISBN 0-325-07040-7)

Lien externe[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Afrique Noire, Histoire et civilisation, Du XIXe siècle à nos jours, Elikia M'Bokolo-HATIER.AUF