Ayuba Suleiman Diallo

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Diallo.
Portrait d'Ayuba portant un habit traditionnel africain (William Hoare of Bath)

Ayuba Suleiman Diallo (1701–1773), également connu sous le nom de Job ben Solomon, est un esclave musulman de l'ethnie des Haal-Pulaar qui fut victime de la traite atlantique. Né au Boundou, dans l'est du Sénégal, les mémoires d'Ayuba furent un des premiers témoignages autobiographiques du commerce des esclaves parus dans le livre de Thomas Bluett Some Memories of the Life of Job, the Son of the Solomon Hight Priest of Boonda in Africa; Who was a Slave about two Years in Maryland; and afterwards being brought to England, was set free, and sent to his native Land in the Year 1734.

Il est issu d'une famille aisée, mais à 29 ans, il fut capturé alors qu'il effectuait des transactions pour le compte de son père. Il fut incapable de se défendre du groupe de Mandingues qui le capturèrent. Une fois captif, Ayuba fut amené 500 kilomètres plus loin, sur la côte. Ayuba fut victime du commerce d'esclave, florissant dans la région de Sénégambie. Avant d'être embarqué à bord du vaisseau pour le Nouveau Monde, Ayuba tenta en vain de corrompre le capitaine afin qu'il lui rende sa liberté. Il put néanmoins vraisemblablement tenter de prévenir son père qui apprit trop tard dans quel situation se trouvait son fils. Ayuba fut donc amené à Annapolis dans l'État du Maryland et mis au travail. Inapte à accomplir de telles tâches physiques, il prit la fuite. Cependant, il fut repris et emprisonné dans la prison de Kent County dans le Maryland. C'est là qu'il fut remarqué par un homme de loi, Thomas Bluett, alors en voyage pour affaires.

Thomas Bluett fut impressionné par l'aptitude d'Ayuba à écrire en arabe. Quand un autre africain, capable de parler une langue d'une region voisine de celle d'Ayuba, à savoir le wolof, put traduire ses paroles, il devint clair qu'il n'était pas un esclave comme les autres. Bluett lui rendit sa liberté, et en 1733, tous deux se rendirent en Angleterre. Ayuba apprit à parler anglais, et lors de son séjour en Angleterre, il rencontra d'éminentes personnes, parmi lesquelles la famille royale. En juillet 1734, Ayuba prit la route du retour pour la Gambie, et revint ensuite dans sa patrie. Bien que cette dernière fut alors plongée dans la guerre, Ayuba retrouva son ancien mode de vie qui comprend en particulier la possession d'esclaves domestiques, grâce à sa richesse. Ses mémoires furent publiés par Bluett en anglais et en français. Ayuba fut une rare exception dans le commerce des esclaves. Grâce à son intelligence et à sa richesse, il fut capable de s'échapper en toute légalité de l'esclavage et de retourner en Afrique.

Iconographie[modifier | modifier le code]

L'estampe reproduite ici fut réalisée d'après un tableau de William Hoare of Bath, peint en 1733, vendu le 8 décembre 2009 chez Christie's à Londres, n° 20 du catalogue. Ayuba porte sur lui un exemplaire du Coran.

Notes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]