Romain Goupil

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Romain Goupil

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Romain Goupil en 2010.

Naissance 25 août 1951 (63 ans)
Paris, Drapeau de la France France
Nationalité Drapeau de la France française
Profession Réalisateur
Films notables Mourir à trente ans
Maman
Paris est à nous
Une pure coïncidence

Romain Goupil, né le 25 août 1951 à Paris, est un acteur, réalisateur et scénariste français, dirigeant trotskyste et ancien leader lycéen en mai 1968 devenu néo-conservateur.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière[modifier | modifier le code]

Romain Goupil (Romain Pierre Charpentier) s'est intéressé très tôt au cinéma, son père Pierre Goupil étant chef opérateur et sa grand-mère Lita Recio une comédienne, particulièrement célèbre dans le monde du doublage. Ses deux premiers courts-métrages sont ainsi réalisés à l'âge de seize ans : L'exclu et Ibizarre, d'abord programmés sur l'ORTF, puis censurés. Scolarisé au lycée Condorcet, il en est exclu à cause d'une grève dont il a été un des initiateurs et de son activité politique : il crée les Comités d'action lycéens, qui seront à la pointe de la révolte étudiante de Mai 68. En janvier 1968, la mobilisation étudiante aboutit à sa réintégration dans le lycée Voltaire[1]. En 1970, il devient stagiaire puis assistant opérateur pour Robert Ménégoz, puis assistant réalisateur pour Chantal Akerman, Roman Polanski et Jean-Luc Godard.

Il réalise deux nouveaux courts-métrages, Le père Goupil, puis Coluche Président avant d'obtenir le prix de la Caméra d'or au Festival de Cannes, le César de la meilleure première œuvre et une nomination aux Oscars pour son premier long-métrage, Mourir à trente ans, consacré à son copain Michel Recanati et réalisé à partir des épreuves de tournage tournés par Romain Goupil avant et après Mai 68 en vue de la réalisation d'un film militant qui devait s'appeler De la révolte à la Révolution. Son activité oscillera ensuite entre longs-métrages, courts-métrages et documentaires. Il a également écrit plusieurs ouvrages.

En 2012, il a présidé le jury du Festival de Chartres, un festival de courts-métrages réalisés de l'école à l'université, au côté de Matila Malliarakis notamment.

Engagements[modifier | modifier le code]

Militant trotskiste membre de la Ligue communiste, Romain Goupil était responsable du service d'ordre. Il s'est peu à peu détaché de la LC/LCR surtout après le 21 juin 1973 et l'autocritique qui fut faite dans cette organisation sur cette soirée d'affrontements contre la police qui protégeait une réunion publique du mouvement d'Ordre nouveau. La direction du service d'ordre de la LC — appelé CTS ou « commission très spéciale » — avait l'habitude des actions de commandos ultra-violentes mais ce soir-là toutes les limites ont été dépassées, les combats laissent 76 policiers blessés[2] parmi les forces de l'ordre. Si la LC n'était pas la seule organisation dont les militants s'affrontèrent à la police, elle fut la seule à être dissoute (avec Ordre nouveau), même si elle se reconstitue rapidement en canalisant l'élan de solidarité (même le PCF avec Jacques Duclos se sentit obligé de participer à un meeting de protestation au Cirque d'hiver) qui se manifesta suite à cette dissolution. Le suicide de Michel Recanati, dit « Ludo », responsable de la CT, mis en accusation après le 21 juin, lassé certainement aussi d'un activisme forcené, enfin prié de s'éloigner de la direction de la LC puis disparu et dont on n'identifiera le cadavre (il s'était jeté sous un train le 23 mars 1978) que quelque temps après son passage à l'acte, a profondément marqué Goupil.

En 1995 lors du débat des enfoirés, il se positionne contre Les Restos du Cœur qui « donne un alibi et une bonne conscience » alors que, dit-il, « les gens qui n'ont pas à manger c'est un vrai problème politique »[3].

Il figure aux élections européennes de 1994 sur la liste L'Europe commence à Sarajevo.

Il est signataire de l'appel de soutien à l'Initiative de Genève[4], plan de paix alternatif prévoyant la création d'un État palestinien aux côtés d'Israël.

En 2010, il se mobilise pour la cause des travailleurs étrangers en situation irrégulière en grève aux côtés de nombreux cinéastes et artistes[5].

Soutien à la politique américaine en Irak[modifier | modifier le code]

En 2002 et 2003 il s'exprime en faveur de la guerre contre l'Irak. Le 4 mars 2003, peu avant le déclenchement de la guerre, il publie une tribune dans Le Monde pour approuver l'administration Bush: « Saddam doit partir, de gré ou de force ! »[6]

« Saddam Hussein n'est sans doute pas le seul dictateur, mais lui, au moins, nous avons la possibilité de le mettre hors d'état de nuire en soutenant la pression des forces anglo-américaines aux frontières de l'Irak.
D'atermoiements en tergiversations, plus on attend, plus il en coûte aux populations irakiennes, plus l'ONU se déconsidère.
Comment ne pas garder en mémoire le génocide des Tutsis au Rwanda (1994), faite au nom du Coltan ou de la Casserite,matière première utilisée pour le semi-conducteur, et donc de tous les appareils électronique, dont les téléphones portables. Ils ont été accompli au vu et au su d'une communauté internationale passive. Comment ne pas penser aujourd'hui au martyre du peuple tchétchène alors que l'alliance « morale » franco-allemande érige la Russie en chantre de la paix !
Saddam Hussein n'est sans doute pas le seul dictateur, mais lui, au moins, nous avons la possibilité de le mettre hors d'état de nuire en soutenant la pression des forces anglo-américaines aux frontières de l'Irak.
Il serait dommageable de réduire la crise actuelle à un affrontement franco-américain, alors que les points de vue des deux pays auraient pu être complémentaires.
Il serait calamiteux que Paris, par gloriole et entêtement, aille au veto, au risque de casser la solidarité occidentale et d'ébranler un peu plus l'Europe (laquelle, rappelons-le, ne se réduit pas au seul axe Paris-Berlin).
Que Saddam parte, de gré ou de force ! Les Irakiens, Kurdes, chiites mais aussi bien sunnites respireront plus librement et les peuples de la région en seront soulagés.
Après Milosevic, les Balkans ne sont pas le paradis, mais il y règne davantage de paix et moins de dictature. L'après-Saddam ne sera pas rose, mais moins noir que trente années de tyrannie, d'exécutions sommaires et de guerre. »

Cette tribune est cosignée par Pascal Bruckner et André Glucksmann. Son soutien à l'offensive américaine contre l'Irak ne fut pas remis en cause après le constat de l'absence d'armes de destruction massives en Irak.

Il fut membre du Cercle de l'Oratoire qui a donné naissance à la revue d'orientation néo-conservatrice Le Meilleur des Mondes. Dans un autre livre toujours co-rédigé avec Pascal Bruckner et d'autres personnes influentes dans les milieux néo-conservateurs, il exprime son soutien en faveur d'une intervention militaire contre l'Iran.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Comme réalisateur[modifier | modifier le code]

Comme assistant réalisateur[modifier | modifier le code]

Comme acteur[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Philippe Artières, Michelle Zancarini-Fournel, Soixante-huit, une histoire collective, La Découverte,‎ 2008, p. 358
  2. Slate.fr 26/02/2014
  3. https://www.youtube.com/watch?v=FDFbH3WVbWA
  4. Il faut soutenir le Pacte de Genève, Marianne, 1er décembre 2003.
  5. Article dans lHumanité
  6. « Saddam doit partir, de gré ou de force ! », Le Monde, 4 mars 2003.