Manifeste du Parti communiste

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Manifeste du Parti communiste, ou Manifeste communiste
Image illustrative de l'article Manifeste du Parti communiste
Fac similé de la couverture de l'édition originale

Auteur Karl Marx (et Friedrich Engels)
Genre Essai politique
Version originale
Titre original Manifest der Kommunistischen Partei
Langue originale Allemand
Lieu de parution original Londres (Royaume-Uni)
Date de parution originale 21 février 1848
Version française

Le Manifeste du Parti communiste (en allemand : Manifest der Kommunistischen Partei) est un essai politico-philosophique commandé par la Ligue des communistes (ancienne Ligue des justes), et rédigé par le philosophe allemand Karl Marx.

Écrit fin 1847 et début 1848 avec la participation de son ami Friedrich Engels et publié en février 1848, il a été diffusé à l'origine sous le titre Manifeste du Parti communiste, et il a ensuite été republié sous le titre Manifeste communiste.

Contexte et portée[modifier | modifier le code]

Une commande[modifier | modifier le code]

Ce texte n'est pas l'œuvre d'une personne isolée mais une commande de la Ligue des communistes. Karl Marx a rédigé le texte final sur la base de textes et discussions préparatoires au sein de la Ligue des communistes, et notamment sur la base d'une contribution de son ami Friedrich Engels. Le slogan final — « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous » — avait été adopté par la Ligue des communistes plusieurs mois auparavant.

Il est d'abord paru anonymement, puis a été réédité plus tard avec mention de Karl Marx et Friedrich Engels comme auteurs, sous le titre Manifeste communiste.

Un plagiat ?[modifier | modifier le code]

Warlaam Tcherkesoff[1] (en:Varlam Cherkezishvili) puis Georges Sorel[2] ont estimé que des passages entiers du Manifeste du Parti Communiste n'étaient qu'un plagiat du Manifeste de la démocratie au XIXe siècle (alias Principes du Socialisme), publié en 1843, par le français Victor Considerant.

Devenir de l'œuvre[modifier | modifier le code]

Bien que considérant plusieurs aspects du texte dépassés, notamment du fait des leçons à tirer de la Commune, Marx et Engels écrivaient en 1872 : « le Manifeste est un document historique que nous ne nous attribuons plus le droit de modifier » (préface du Manifeste communiste, 1872).

En juin 2013, le manuscrit du Manifeste du Parti communiste a été registré en Mémoire du monde de l'UNESCO[3]

Analyse[modifier | modifier le code]

Le Manifeste du Parti Communiste peut être vu comme un résumé, sous commande, de la pensée « marxiste »[N 1] qui en se qualifiant de communiste cherche à se différencier du socialisme de l'époque. Par cette œuvre, la Ligue des communistes veut montrer que le « socialisme » devient trop respectable, trop proche du mutualisme. La Ligue veut un renouveau, plus contestataire mais qui ne soit pas utopique. Son principe est de rendre manifeste au monde ce qu’est le projet communiste qui, comme le souligne le texte, est combattu par la classe dirigeante dans toute l'Europe[4]. En effet, le Manifeste communiste n'est pas l'œuvre annonciatrice du communisme, mais l'affirmation d'un mouvement déjà existant.

Le texte commence par exprimer l'importance de la lutte des classes, qui oppose « oppresseurs et opprimés ». Selon Marx, « La société bourgeoise moderne, élevée sur les ruines de la société féodale, n'a pas aboli les antagonismes de classes. Elle n'a fait que substituer de nouvelles classes, de nouvelles conditions d'oppression, de nouvelles formes de lutte à celles d'autrefois ». Mais la lutte des classes moderne est spécifique en ce sens qu’elle se résume à un antagonisme simplifié : bourgeois contre prolétaires.

Le texte constate ensuite la formation d’un marché mondial : « Poussée par le besoin de débouchés toujours nouveaux, la bourgeoisie envahit le globe entier. Il lui faut s'implanter partout, exploiter partout, établir partout des relations. Par l'exploitation du marché mondial, la bourgeoisie donne un caractère cosmopolite à la production et à la consommation de tous les pays. Au grand désespoir des réactionnaires, elle a enlevé à l'industrie sa base nationale. » L'existence du capitalisme est un progrès par rapport à la période précédente, mais elle doit s'achever lorsque le prolétariat mettra fin au règne de la bourgeoisie. « Tous les mouvements historiques ont été, jusqu'ici, accomplis par des minorités ou au profit des minorités. Le mouvement prolétarien est le mouvement spontané de l'immense majorité au profit de l'immense majorité ».

Marx écrit que « L'existence et la domination de la classe bourgeoise ont pour condition essentielle l'accumulation de la richesse aux mains des particuliers, la formation et l'accroissement du Capital ; la condition d'existence du capital, c'est le salariat. » Estimant que « Les travailleurs n'ont pas de patrie », il s'agit de mettre fin au règne du capital partout dans le monde.

Le texte énonce que « Les communistes ne forment pas un parti distinct opposé aux autres partis ouvriers. » Cela s'explique de la façon suivante : « Les conceptions théoriques des communistes ne reposent nullement sur des idées, des principes inventés ou découverts par tel ou tel réformateur du monde. Elles ne sont que l'expression générale des conditions réelles d'une lutte de classes existante, d'un mouvement historique qui s'opère sous nos yeux. »

Dans le texte, Marx s’adresse directement aux bourgeois en réfutant chacune de leurs objections possibles contre le communisme : sur la propriété, sur la liberté, sur la famille, etc. Le changement de régime passe par la rupture avec l'idéologie bourgeoise, et par l'union internationale des prolétaires.

La société communiste est caractérisée comme suit : « À la place de l'ancienne société bourgeoise, avec ses classes et ses antagonismes de classes, surgit une association où le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous ».

Le troisième chapitre examine et critique les divers courants « socialistes » de l'époque. Marx s'emploie a les ridiculiser en accumulant les sarcasmes à leur égard. Il qualifie par exemple Proudhon de « socialiste bourgeois » qui « n'atteint son expression adéquate que lorsqu'il devient une simple figure de rhétorique : Le libre-échange, dans l'intérêt de la classe ouvrière ! Des droits protecteurs, dans l'intérêt de la classe ouvrière ! Des prisons cellulaires, dans l'intérêt de la classe ouvrière ! ».

Enfin, le dernier chapitre s'attache à dégager des perspectives immédiates pour les communistes, dans l'Europe d'avant les révolutions de 1848. Les communistes « combattent pour les intérêts et les buts immédiats de la classe ouvrière ; mais dans le mouvement présent, ils défendent et représentent en même temps l'avenir du mouvement. », et « travaillent à l'union et à l'entente des partis démocratiques de tous les pays ». Le texte s'achève par le célèbre slogan : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! ».

Adaptation[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le mot « marxisme » est largement postérieur à la rédaction de l'ouvrage, et Marx ne s'est jamais déclaré marxiste.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Journal des économistes, Société d'économie politique de Paris et Société de statistique de Paris, Guillaumin et C. Libraires, 1905, p.212
  2. L'imaginaire radical: les mondes possibles et l'esprit utopique selon Charles Fourier, Patrick Tacussel, Presses du réel, 2007, p.227
  3. Schriften von Karl Marx: "Das Manifest der Kommmunistischen Partei" (1948) und "Das Kapital", ernster Band (1867)
  4. « Un spectre hante l’Europe : le spectre du communisme. » - Incipit du livre

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]