Cross Road Blues

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Cross Road.

Cross Road Blues

Chanson par Robert Johnson
Face B Ramblin' On My Mind
Sortie 1937
Enregistré 27 novembre 1936, San Antonio, Texas
Genre Blues
Format 78 tours
Auteur Robert Johnson
Label Vocalion Records

Cross Road Blues est une des chansons les plus connues du chanteur de Delta blues, Robert Johnson, et est sortie en 1937. Elle a notamment été reprise par le groupe Cream en 1969. En raison de son importance historique Cross Road Blues fut inscrite au Grammy Hall of Fame Award en 1998[1].

Version originale[modifier | modifier le code]

Écrite et interprétée par Robert Johnson, elle est sortie en 78 tours en 1937 chez Vocalion Records, catalogue 3519. La version originale n'a pas été rééditée avant la sortie de The Complete Recordings en 1990. En 1961, le producteur Frank Driggs avait substitué la prise alternative inédite dans la première réédition du travail de Johnson King of the Delta Blues Singers[2].

Légende et interprétation[modifier | modifier le code]

Les paroles décrivent le narrateur en train de faire de l'auto-stop à un carrefour alors que la nuit tombe. Mais en les associant à la légende de la courte vie et de la mort de Robert Johnson, elles deviennent une description de la métaphore de la croisée des chemins où l'homme attend le diable pour lui vendre son âme en échange du succès en tant que chanteur de Blues. Un autre Delta bluesman, Tommy Johnson, sans lien de parenté avec Robert, prétendait l'avoir fait. Cette légende est également cohérente avec les croyances religieuses africaines à propos de Papa Legba.

Bien que l'idée d'un Robert Johnson vendant son âme au diable soit fascinante, la chanson décrit concrètement la réalité vécue par les Afro-Américains du Sud profond au début du XXe siècle. L'historien Leon Litwack suggère que la chanson raconte la peur ressentie par les Noirs à l'idée de se faire surprendre seuls dehors après la tombée de la nuit. Jusqu'aux années 1960 dans certaines régions du Sud, l'expression familière « nigger, don't let the sun go down on you here »[trad 1] était, d'après Litwack, « understood and vigorously enforced »[trad 2]. À une époque où les lynchages étaient monnaie courante, Johnson était sûrement en train de chanter le désespoir de ne pas trouver rapidement sa route dans un endroit peu familier (« the sun goin' down, boy/ dark gon' catch me here. »). Cette interprétation est également cohérente avec le couplet de fin « You can run/ tell my friend-boy Willie Brown/ that I'm standing at the crossroads » où Johnson appelle à l'aide un ami musicien réel[3].

Le lieu le plus cité pour cette légende serait Rosedale au Mississippi, à l'intersection de la Highway 8 et de la Highway 1 (33° 50′ 44″ N 91° 01′ 39″ O / 33.84556, -91.0275). Un autre, moins commun, serait à l'intersection de la Highway 49 et de la Highway 61 à Clarksdale.

Une version romancée de cette légende est à la base du film Crossroads (1986). Elle est également à la base d'un épisode de la série télévisée Supernatural introduisant le Crossroads Demon qui apparaît ensuite dans d'autres épisodes. Dans le film O'Brother (2000), la légende est évoquée lorsque Everett, Pete et Delmar prennent en stop un guitariste nommé Tommy Johnson à un carrefour du Mississippi ; quand il lui est demandé ce qu'il fait à un carrefour au milieu de nulle part, Tommy répond qu'il vient de vendre son âme au Diable en échange de la capacité à jouer de la guitare.

Reprises[modifier | modifier le code]

Cream[modifier | modifier le code]

Crossroads

Single par Cream
extrait de l'album Wheels of Fire
Face B Passing the Time
Sortie juillet 1968
Enregistré 10 mars 1968 au Winterland Ballroom, San Francisco (première représentation)
Durée 4:14
Genre Blues-rock, Hard rock
Format 45 tours
Auteur Robert Johnson
Producteur Felix Pappalardi
Label Atco 6646 ; Polydor n'a pas sorti le single au Royaume-uni

Singles par Cream

Durant le printemps 1968, Cream fait une tournée aux États-Unis. Après leur premier concert à Santa Monica, ils jouent quelques dates au Winterland Ballroom à San Francisco (29 février, 1er, 2, 8, 9 et 10 mars (deux représentations à chaque date)), et deux dates au Fillmore West à San Francisco les 3 et 7 mars (deux représentations à chaque fois également). C'est pendant le premier set du 10 mars que Cream enregistre Crossroads. Arrangée par le guitariste Eric Clapton, la version de Cream a un tempo plus rapide que l'originale et inclut deux lignes empruntées à Traveling Riverside Blues une autre chanson de Johnson.

Contrairement aux habitudes de Cream, selon lesquelles c'est Jack Bruce qui chante, Eric Clapton assure le chant de cette chanson comme précisé à la fin de la chanson, Jack Bruce disant « Eric Clapton, for vocal »[trad 3]. Le solo de Clapton assoie sa réputation de guitar hero et est considéré par le site digitaldreamdoor.com comme le meilleur solo de guitare rock live de tous les temps[4]. Le jeu de guitare basse de Bruce est quant à lui, d'après le même site, la deuxième meilleure performance live de tous les temps[5].

La chanson est classée 409e en 2004 sur la 500 Greatest Songs of All Time établie par le magazine Rolling Stone, et 3e en 2008 sur la liste des Greatest Guitar Songs of All Time. Elle est également 10e des 100 meilleurs solos de guitare de Guitar World[6].

Une reprise de cette version est disponible dans le jeu Guitar Hero.

Le centre de désintoxication créé par Clapton à Antigua est appelé Crossroads[7].

Eric Clapton a enregistré une version de cette chanson dès 1966 avec son groupe Eric Clapton's Powerhouse, mais un solo d'harmonica de Paul Jones y remplace le solo de guitare.

Autres reprises[modifier | modifier le code]

D'autres artistes ont enregistré leur propre version de cette chanson :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Grammy Hall of Fame
  2. Sony Music Soundtrack for A Century: Folk, Gospel & Blues. Legacy Records J2K 65804, 1999. Liner notes, p. 35
  3. (en) Leon F Litwack, Trouble in Mind: Black Southerners in the Age of Jim Crow, New York: Vintage Books,‎ 1998, p. 410–411
  4. (en) « 100 Greatest Rock Guitar Solos » sur le site digitaldreamdoor.com
  5. (en) « The 10 Greatest Live Rock Bass Performances sur le site digitaldreamdoor.com
  6. (en) « 100 Greatest Guitar Solos », sur le site guitarworld.com
  7. (en) « Crossroads », Songfacts.com (consulté le 19 mars 2009)
  8. (en) « The Hamsters - Hamster Jam », Bluesrockers website,‎ 11 juin 2002 (consulté le 16 mars 2009)
  9. (en) Patrick Burbridge, « Music Review - The Hamsters », BBC (consulté le 16 mars 2009)

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Nègre, ne laisse pas le coucher de soleil te surprendre ici »
  2. « comprise et vigoureusement appliquée »
  3. « Eric Clapton au chant »

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]