Casa Rosada

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Casa Rosada
Statue de Manuel Belgrano et façade principale depuis la place de Mai.
Statue de Manuel Belgrano et façade principale depuis la place de Mai.
Présentation
Période ou style Éclectisme
Type Palais
Architecte Francisco Tamburini (dernier en date)
Date de construction Première construction en 1594
Propriétaire État argentin
Destination actuelle Siège du pouvoir exécutif argentin
Site web www.casarosada.gov.ar/la-casa-rosada/palacio
Géographie
Pays Drapeau de l’Argentine Argentine
Ville Buenos Aires
Localisation
Coordonnées 34° 36′ 29″ S 58° 22′ 13″ O / -34.608056, -58.37027834° 36′ 29″ Sud 58° 22′ 13″ Ouest / -34.608056, -58.370278  

Géolocalisation sur la carte : Buenos Aires

(Voir situation sur carte : Buenos Aires)
Casa Rosada

Géolocalisation sur la carte : Argentine

(Voir situation sur carte : Argentine)
Casa Rosada

La Casa Rosada (en français : la Maison Rose) est le siège du pouvoir exécutif argentin. Elle est située au centre de la ville de Buenos Aires, dans le quartier Monserrat, face à la place de Mai et sa couleur est approximativement rose. Elle héberge en plus un musée, le Museo de la Casa de Gobierno (Musée du palais du Gouvernement), contenant des pièces en relation avec les différents présidents du pays.

Le président Arturo Umberto Illia, victime d'un coup d'État militaire en 1966, déclarait avoir été renversé par « las 20 manzanas que rodean la Casa Rosada » (en français « les 20 pâtés de maison qui entourent la Casa Rosada »), allusion au pouvoir économique du district financier ou Microcentro qui s'étend autour de la place de Mai.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'édifice est situé sur la place de mai ce qui fut la Forteresse royale Don Juan Baltasar d'Autriche, construite par le gouverneur Fernando Ortiz de Zárate en 1594, au sommet des berges du Río de la Plata. La forteresse fut refaite en 1713, remplacée par une sobre construction d'environ un hectare, entourée d'un large fossé, avec quatre tours rectangulaires et munie — en direction de l'actuelle place de Mai — d'un pont-levis. Ce fort reçut le nom de Castillo de San Miguel en 1720. Il servit de siège aux gouverneurs, puis aux vice-rois de la vice-royauté du Río de la Plata, et ultérieurement aux gouverneurs indépendants d'après 1810, date de la révolution. Dans la décennie 1820, le président Rivadavia ordonna des modifications qui supprimèrent le pont-levis pour lui substituer un portique de style néoclassique.

Le fort fut démoli partiellement durant la décennie 1850 afin de construire à sa place l'édifice de la nouvelle douane, projet de l'architecte anglais Edward Taylor. De l'ancien édifice restèrent un arc et une des constructions datant de la vice-royauté à l'intérieur de l'enceinte démolie. Celle-ci fut refaite pour être utilisée comme palais du gouvernement.

Sous la présidence de Domingo Faustino Sarmiento, l'édifice fut peint en rose, couleur qu'il a gardé jusqu'à aujourd'hui avec quelques variations au fil du temps, depuis le rose pâle jusqu'à une coloration proche de l'orangé. En 1873, toujours sous la présidence de Sarmiento, on commença la construction du palais des Postes, œuvre de l'architecte suédois Carlos Kihlberg, dans l'espace sud du terrain qui était restée libre lors de la démolition du fort.

Le palais des Postes fut terminé en 1878. Le tout nouvel édifice faisait moralement de l'ombre au siège du gouvernement qui ne payait plus trop de mine, ce pourquoi le président Julio Argentino Roca sollicita un projet d'agrandissement et de réparation de sa demeure. C'est l'architecte suédois Enrique Aberg (auteur d'autres travaux notables à Buenos Aires) qui fut choisi. Ce projet impliquait la destruction de tout ce qui restait de l'ancien fort et la construction d'un édifice semblable à celui des postes, avec l'ajout d'un balcon-galerie au premier étage, ornement dont était dépourvu le bâtiment des postes.

En 1894, le manque d'espace disponible dans le nouvel édifice était déjà évident, et l'on projeta d'unifier les deux bâtiments construits l'un par Aberg et l'autre par Kihlberg, afin de destiner le nouvel ensemble exclusivement à la fonction de gouvernement. C'est le président Luis Sáenz Peña qui fit commande de ce travail à l'architecte italien Francisco Tamburini. Celui-ci proposa l'union des deux édifices au moyen d'un grand arc, qui constitue aujourd'hui l'accès sur la rue Balcarce.

Le nouvel ensemble fut inauguré officiellement durant la seconde présidence de Roca, en 1898.

Caractéristiques architecturales[modifier | modifier le code]

L'œuvre de Tamburini a créé un ensemble éclectique, qui combine des éléments de diverses origines, comme les mansardes, les loggias et les fenêtres des projets des deux architectes suédois, avec l'expression classique typique de Tamburini. L'esplanade d'accès sur la rue Rivadavia conduit au Salón de los Bustos (salon des Bustes), où se trouvent les effigies sculptées des présidents argentins. Après ce salon, deux grands escaliers d'honneur (dénommés Italia et España) mènent au premier étage de l'aile nord, où se trouvent le Salón Blanco (salon Blanc) qui sert de siège aux grandes réceptions officielles, et les dépendances présidentielles. Cette aile nord est structurée autour du Patio de las Palmeras (cour des Palmiers). L'aile sud, ancien palais des Postes, fut partiellement démolie et reconstruite pendant la décennie 1930, suite à la rectification du tracé de la rue Hipólito Yrigoyen, exigée par la construction du Palacio de Hacienda (palais du Patrimoine).

L'ensemble s'étend sur trois niveaux du côté ouest (rue Balcarce) et quatre niveaux plus le sous-sol du côté est (Plaza Colón). Dans ce sous-sol et les galeries adjacentes se trouve le Museo de la Casa de Gobierno (Musée du palais du gouvernement). Tous les locaux originels extérieurs ont un éclairage direct, tandis que pour les locaux intérieurs, l'éclairage et la ventilation sont donnés grâce à des galeries organisées autour de patios. La structure d'origine est faite de murs de maçonnerie de diverses épaisseurs, avec des dalles simplement soutenues par des petites voûtes de brique avec renforcement de fer et de bois.

Panorama de la façade de l'édifice faisant face à la place de Mai

La couleur rose[modifier | modifier le code]

Selon la tradition, la couleur rose est due au désir de Sarmiento de représenter symboliquement la fusion des partis qui se livrèrent à des guerres civiles cruelles durant la première moitié du XIXe siècle, en mélangeant la couleur blanche représentative des unitaires et le rouge des fédéralistes. La légende, cependant, paraît improbable : les unitaires s'identifiaient généralement par la couleur bleue.

En fait la couleur rose était très utilisée en Argentine au cours du XIXe siècle. Elle se fabriquait par une combinaison de peinture à la chaux avec du sang de bœuf. Ce dernier était apprécié pour ses propriétés hydrofuges et fixatrices.

Musée de la Casa Rosada[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]