Palais national (Haïti)

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Palais national
Le palais après le tremblement de terre de janvier 2010.
Le palais après le tremblement de terre de janvier 2010.
Présentation
Période ou style néoclassique français
Architecte Georges Baussan
Géographie
Pays Drapeau d'Haïti Haïti
Département Ouest
Arrondissement Port-au-Prince
Localité Port-au-Prince
Localisation
Coordonnées 18° 32′ 35.18″ N 72° 20′ 19.89″ O / 18.5431056, -72.338858318° 32′ 35.18″ Nord 72° 20′ 19.89″ Ouest / 18.5431056, -72.3388583  

Géolocalisation sur la carte : Haïti

(Voir situation sur carte : Haïti)
Palais national

Le Palais national ou Palais présidentiel est la résidence officielle du chef de l'état haïtien située à Port-au-Prince sur la vaste place du Champ de Mars, la capitale d'Haïti.

Il a été sévèrement endommagé lors du tremblement de terre survenu en 2010 qui a provoqué l'effondrement de la couverture et du premier étage[1],[2].

Histoire et architecture[modifier | modifier le code]

Le premier Palais national, incendié par Sylvain Salnave en 1868.
Dessin de Georges H. Baussan de 1912 représentant le Palais national.

Le Palais national d'origine, bâti sur ce site, fut détruit lors d'une révolte en 1869 qui renversa le gouvernement du président Sylvain Salnave[3]. Le second Palais national a été détruit quant à lui en 1912 lors de l'explosion d'une poudrière au niveau du sous-sol. Cette explosion tua aussi le président de l'époque, Cincinnatus Leconte, un an et un jour après son investiture, ainsi que plusieurs centaines de soldats. Cependant, la famille du président Leconte a pu s'échapper indemne[4],[5],[6],[7].

Le Palais national actuel fut construit en 1918 sur les plans de Georges Baussan (1874-1958), un architecte haïtien de premier plan, fils d'un ancien sénateur, et qui avait étudié à l'école des beaux-arts de Paris[3],[8],[9]. En 1929, un visiteur décrira Baussan comme « une griffe, c'est-à-dire de couleur de peau brune, mi-chemin entre noir et mulâtre ; il était au-delà de la quarantaine, un homme large, lourd, beau, avec des moustaches délicates, cheveux frisés ; dans son visage intelligent, il avait une expression d'une tristesse voilée, qui, combinée avec sa grandeur et la légère teinte jaune dans les blancs de ses globes oculaires, me faisait penser à un tendre chien Saint-Bernard »[10].

Comme d'autres édifices publics d'Haïti, le Palais national de Baussan puise sur la tradition de l'architecture classique française et ressemble grandement aux structures érigées en France métropolitaine, ainsi que dans son Empire colonial pendant la fin du XIXe siècle, incluant l’Hôtel de Ville de Port-au-Prince, une autre création de Baussan. Avant le tremblement de terre, le bâtiment possédait trois étages et son pavillon d'entrée était constitué d'un portique avec quatre colonnes ioniques[3]. Le toit avait trois dômes et aussi un bon nombre de chien-assis. Le palais est entièrement peint en blanc[5],[3].

Dommages causés par le tremblement de terre[modifier | modifier le code]

Vue rapprochée du Palais national après le tremblement de terre de 2010.

Le 12 janvier 2010, le Palais national a été sévèrement endommagé par un violent tremblement de terre de magnitude 7 sur l'échelle de Richter dont l'épicentre se trouve à environ 25 kilomètres de Port-au-Prince[11].

Une photographie de l'agence de presse Reuters, publiée sur le Blog Lede du The New York Times le mardi 12 janvier à 23 h 59, montre que le palais est extrêmement endommagé. Le deuxième palier et l'étage de la mansarde surmontée d'un dôme se sont, tous les deux, écroulés sur le premier étage du palais, tandis que le pavillon central du bâtiment et les colonnes du portique ont complètement été détruits[12].

Vers une reconstruction ultérieure ?[modifier | modifier le code]

Le 28 janvier 2010, 16 jours après la catastrophe, le président Préval révélait à la presse que la France, par la voix de son ambassadeur à Haïti, Didier Le Bret, s'était proposée de reconstruire le palais à l'identique, sur le même site (des travaux estimés à 120 millions d'euros). L'État haïtien n'a à ce jour, pas encore donné son feu vert au démarrage des travaux[13].
Le 9 avril 2010, des bulldozers ont débuté la destruction du bâtiment de 20 000 m² (le palais de l'Élysée fait 11 179 m²), afin d'effectuer des travaux de stabilisation, d'après le chef de la garde présidentielle Bernard Elie[14].
Après avis favorable de l’Institut de sauvegarde et du patrimoine national (ISPAN), des travaux préliminaires à la reconstruction du palais consistant en la démolition des parties de l’édifice jugées irrécupérables ou dangereux ont débuté le 13 avril 2011 sous la conduite des techniciens du Centre national des équipements (CNE). Seront concernés par ces travaux : l’annexe 1 (ancien mess des officiers de l’armée haïtienne construite dans les années 70), et l’annexe 2, tous deux irrémédiablement endommagées par le séisme du 12 janvier 2010 et ne présentant aucune valeur historique ou symbolique. Le CNE procédera également au cours de cette phase à la démolition des dômes latéraux du Palais également irrécupérables[15].
Le 6 septembre 2012, les travaux de démolition des ruines restantes du palais a débuté, mais le coût de cette opération comme celle d'un reconstruction à l'identique du bâtiment, n'a pas été annoncé[16].
Le 10 janvier 2014, le porte-parole de la présidence, Lucien Jura, annonçait finalement que la reconstruction du Palais national ne constituait pas une priorité pour l'État haïtien, considérant que le coût estimé pour ces travaux, évalué à 100 millions de dollars US, pouvait être utilisé pour d'autres projets[17].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Hundreds feared dead in Haiti earthquake », Sydney Morning Herald,‎ 2010-01-13 (lire en ligne)
  2. [1]
  3. a, b, c et d (en) Crain Edward (trad. de l'allemand), Historic architecture in the Caribbean Islands, Gainesville, University Press of Florida,‎ 1994 (ISBN 978-0-8130-1293-3, LCCN 94003870, lire en ligne), p. 174
  4. (en) Brenda Gayle Plummer, « Race, Nationality, and Trade in the Caribbean: The Syrians in Haiti, 1903-1934 », The International History Review, vol. 3, no 4,‎ 1981-10
  5. a et b Mark Danner, « To Haiti, With Love and Squalor », The New York Times,‎ 1991-08-11 (lire en ligne)
  6. "Explosion Kills Haitian President", The New York Times, 9 August 1912
  7. "Leconte in Haiti's Capital", The New York Times, 8 August 1911
  8. (en) B. Seabrook, The Magic Island, New York, New York, Harcourt, Brace,‎ 1929 (lire en ligne), p. 134
  9. Haïti, 1919-1920: Livre bleu d'Haïti (Compagnie biographique, 1920), pages 80-81
  10. Seabrook and King, The Magic Island (Harcourt, Brace, 1929), page 134
  11. (en) Données de l'United States Geological Survey
  12. (en) Article sur Yahoo News
  13. Dépêche AFP du 28/01/2010
  14. Article de cyberpresse.ca
  15. « Le palais national en voie de restauration » sur haitian-truth.org
  16. La démolition du Palais national est imminente - Le Nouvelliste du 5 septembre 2012
  17. Haïti-Séisme/4 ans : La reconstruction du palais national n’est pas une priorité, selon la présidence - AlterPresse du 10 janvier 2014

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]