Dogger Bank

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

54° 43′ 29″ N 2° 46′ 07″ E / 54.7246, 2.76855 ()

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Dogger Bank (homonymie).
Localisation du Dogger Bank

Le Dogger Bank est un grand banc de sable situé dans une région peu profonde de la mer du Nord, à une centaine de kilomètre des côtes du Royaume-Uni et entre 125 et 150 km des côtes du Danemark. Il tire son nom du mot dogge qui signifie « bateau de pêche » en vieux néerlandais. Sa superficie est d'environ 17 600 km2 et ses dimensions approximatives sont de 260 km du nord au sud et de 95 km d'est en ouest. Il se situe à une profondeur entre 15 et 36 m, soit une moyenne de 20 m sous le niveau de la mer.

Géologie[modifier | modifier le code]

Du point de vue géologique, il s'agit d'une moraine formée à l'extrémité méridionale d'un glacier durant la dernière ère glaciaire.
À cette époque, le niveau marin était bien plus bas et il y avait là une terre émergée, soit insulaire soit reliée au continent. D'ailleurs des chalutiers pêchant dans cette zone ont dragué de grandes quantités de tourbes. Le banc est le vestige d'une part du « Doggerland », qui reliait la Grande-Bretagne au continent européen durant la dernière ère glaciaire.

Le contexte général du plateau continental est celui d'une large plate-forme née de la formation du rift de la mer du Nord à l'époque où se formait également plus au sud le domaine océanique dit du Golfe de Gascogne ; il y a plus de 100 millions d’années. Ce plateau a été plus ou moins abrasée par les glaciations et remodelé par des grabens et d'anciennes vallées.

Sismicité[modifier | modifier le code]

La Mer du nord continue à s'ouvrir et est donc sismiquement active[1] ; des séismes « petits à modérés » y sont « relativement fréquents (...) par comparaison avec les terres émergées adjacentes. De plus, quelques rares tremblements de terre plus importants sont documentés (avec pour les plus récents les évènements de Colchester en 1884 et du Dogger Bank en 1931) ». Les données disponibles suggèrent « que quelques tremblements de terre peuvent dans cette région être d'une ampleur suffisante pour susciter l'intérêt des ingénieurs[2]. » impliqués dans les activités offshore et portuaires. Des vibrations importantes sont perçues sur les plates-formes offshore[1] et plusieurs séismes petits ou moyens sont enregistrés chaque année en Mer du Nord ;

Des variations de pressions et de tensions sur la lithosphère sont induites par la déglaciation et le rebond induit[3]. Un tremblement de terre de 6,1 sur l'échelle de Richter a eu lieu en 1931 sur la zone du « Dogger Bank » (dit Dogger Bank earthquake). Une étude faite pour le HSE (Health and safety executive) a conclu que des séismes de magnitude 4,1 à 4,4 sur l'échelle de Richter ont une probabilité annuelle d’occurrence de 0,7 en mer du Nord [1].

De plus, la reprise accélérée d'une fonte du reste de la calotte polaire nord, combinée aux pressions exercées par la montée de la mer pourraient par le jeu de rééquilibrages eustatiques réveiler des failles depuis longtemps inactives[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Dogger Bank a été le site de nombreuses batailles navales au cours des siècles. (Pour en savoir plus se référer à la page d'homonymie)

En 1931, le plus important séisme enregistré au Royaume-Uni se produisit. Son épicentre se situait au niveau du banc de sable, et son foyer se trouvait à une profondeur de 23 km. Le tremblement de terre a été mesuré à 6,1 sur l'échelle de Richter. Il a été ressenti par tous les pays bordant la mer du Nord et a même causé des dégâts dans l'Est de l'Angleterre.

Économie[modifier | modifier le code]

Le banc est une importante zone de pêche pour le hareng et la morue. Son importance pour la pêche fait que la zone de météo marine correspondante se nomme Dogger. Les eaux étant peu profondes, de nombreuses épaves gisent au fond.

Parc éolien[modifier | modifier le code]

En janvier 2010, un consortium d'entreprises a obtenu une autorisation pour développer un parc éolien sur le Dogger Bank. Ce parc développerait près de 9 GW de puissance. La construction est prévue pour débuter au mieux en 2014.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • (fr)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c PC Marrow, Seismic monitoring of the north sea, Rapport OTH 90 323, préparé par le "Global seismology for Health and safety executive (HSE), Offshore technology, report, PDF, 59 pages, 1991, ISBN 0-11-885999-4
  2. voire page 7/59 du rapport de 1991 déjà cité : Seismic monitoring of the north sea, Rapport OTH 90 323
  3. Grollimund B. ; oback M. D. ; Arnesen L.(1998), Flexurally-induced stresses in the Northern North Sea : Preliminary comparison of observation and theory ; Congrès SPE/ISRM rock mechanics in petroleum engineering : Trondheim, 8-10 July 1998 EUROCK 98. Symposium, Trondheim, Norvège (1998-07-08) ; 23 ref. (Fiche Inist/CNRS)
  4. David Wiprut et Mark D. Zoback, Fault reactivation and fluid flow along a previously dormant normal fault in the northern North Sea ; (université Stanford), doi: 10.1130/0091-7613(2000) ; 28<595:FRAFFA> ; 2.0.CO;2 v. 28 no. 7 p. 595-598 ; Résumé