Melchior de Polignac

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Melchior de Polignac
Image illustrative de l'article Melchior de Polignac
Portrait par Rosalba Carriera (v. 1732).
Biographie
Naissance 11 octobre 1661
Lavoûte-Sur-Loire (France)
Décès 20 novembre 1741 (à 80 ans)
Paris
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
18 mai 1712 in pectore
30 janvier 1713 par le pape Clément XI
Titre cardinalice Cardinal-diacre de S. Maria in Portico
Cardinal-prêtre de S. Maria in Via
Cardinal-prêtre de S. Maria degli Angeli
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale 19 mars 1726 par le
pape Benoît XIII
Fonctions épiscopales Archevêque d'Auch

Ornements extérieurs Cardinaux.svg
Blason famille Polignac.svg
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Melchior de Polignac, né à Lavoûte-sur-Loire, près du Puy-en-Velay, le 11 octobre 1661 et mort à Paris le 20 novembre 1741, est un prélat, diplomate et poète français néolatin.

Repères biographiques[modifier | modifier le code]

Il est le fils du vicomte Louis-Armand III de Polignac, Gouverneur du Puy, et de sa deuxième femme, Jacqueline Grimoard de Beauvoir du Roure.

Ambassadeur en Pologne en 1693, où il était chargé de faire élire le prince de Conti roi de Pologne, négociateur des Traités d'Utrecht (1713).

À la suite du décès de Charles-Maurice Le Tellier, il est grand-maître de la Chapelle royale, à savoir son responsable, vers la fin du règne de Louis XIV de 1710 à 1716[1].

Il est créé cardinal avec le titre de cardinal-prêtre de S. Maria in Via la même année, ordonné prêtre en 1722, archevêque d'Auch en 1726, ambassadeur à Rome de 1724 à 1732, séjour pendant lequel il fait effectuer des fouilles archéologiques.

Il a été impliqué dans la Conspiration de Cellamare fin 1718[2]. Il avait été exilé dans son abbaye d'Anchin, ne pouvant être arrêté, puisque cardinal[2]. Son frère, de peu d'esprit, avait épousé la fille de la cousine germaine de Madame de Maintenon et avait de grands besoins d'argent. Ce frère avait déjà écrit un mémoire en faveur des princes légitimés.

L'homme de lettres[modifier | modifier le code]

Il est élu en 1704 membre de l'Académie française au siège de Bossuet. Il y devient l'un des principaux acteurs de l'exclusion de l'abbé de Saint-Pierre. Il est également élu membre de l'Académie des sciences en 1711 et de l'Académie royale des inscriptions et belles-lettres en 1717.

Il fréquenta les salons littéraires et les fêtes des Grandes Nuits de Sceaux de la duchesse du Maine, dans le cercle des chevaliers de l'Ordre de la Mouche à Miel, au Château de Sceaux.

Il est notamment l'auteur d'un poème latin de plus de dix mille vers, Anti-Lucretius (1745), traduit en français en 1749 par Jean-Pierre de Bougainville, secrétaire perpétuel de l'Académie royale des inscriptions et belles-lettres, puis traduit en vers français en 1786 par François-Joseph Bérardier de Bataut. C'est une critique des idées religieuses de Pierre Bayle et de ses disciples, qui joua un certain rôle dans la lutte philosophique. Polignac a rédigé ce texte dans les années 1694, après son retour de Pologne, ce qui lui valut une période d'exil dans son abbaye normande de Bonport.

Voltaire a dit de lui dans son Siècle de Louis XIV qu'il était « aussi bon poète latin qu’on peut l’être dans une langue morte ; très éloquent dans la sienne ; l’un de ceux qui ont prouvé qu’il est plus aisé de faire des vers latins que des vers français. Malheureusement pour lui, en combattant Lucrèce, il combat Newton. » (Catalogue de la plupart des écrivains français qui ont paru dans le Siècle de Louis XIV, pour servir à l’histoire littéraire de ce temps, 1751).

Ses collections[modifier | modifier le code]

  • De son vivant, en 1738, un inventaire de ses biens fut dressé, parmi ses tableaux on relève une suite des huit Arts libéraux de Nicolas Fouché.
  • Frédéric II de Prusse achète à sa mort ses collections d'objets d'art et de médailles.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Catherine Massip, Michel-Richard Delalande ou Le Lully latin, p. 35, Éditions Papillon, Drize en Suisse 2005.
  2. a et b Correspondance de Madame, duchesse d'Orléans.