Pygmée

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Pygmée

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Jeune homme assurant la chefferie d'un campement pygmée

Populations significatives par région
Congo 43500 (2007)[1]
République centrafricaine  ?
Autres
Ethnies liées

Peuple Bayaka : Tumandwa, Bazimba (Batwa et Bakunda), Babongo, Aka, Babenzi, Baka, Binga, Efé, Twa.

Le mot pygmée (en grec ancien πυγμαῖος / pugmaîos (« haut d'une coudée ») désigne un individu appartenant à des populations spécifiques caractérisées par leur petite taille, inférieure à 1,50 m de haut. Il ne s'agit pas de nanisme au sens commun (maladie due à la mutation d'un gène) mais d'une adaptation morphologique au milieu de la forêt équatoriale dans laquelle vivent ces populations[2].

Le terme « pygmée » englobe les différents groupes ethniques disséminés le long de l'équateur dans de nombreux États de l'Afrique actuelle, allant de la partie occidentale Cameroun[3], Gabon, Congo[4], République démocratique du Congo, jusqu'au Rwanda, au Burundi et à l'Ouganda à l'Est[5]). Ces groupes de chasseurs — cueilleurs — pêcheurs sont aujourd'hui confrontés à une précarisation croissante par l'exploitation des forêts équatoriales et leur survie se trouve menacée.

On utilise plutôt le terme Négritos pour désigner les populations de petite taille et à peau noire vivant dans le sud-est asiatique.

« Pygmée » est aussi employé comme adjectif pour définir certaines espèces animales caractérisées par leur taille réduite comme le manchot pygmée, la baleine pygmée, le ouistiti pygmée ou l'hippopotame pygmée.

On trouve aussi les adjectifs « pygmoïde » (en anthropologie), « pygmiforme » ou « pygméen »-enne (par exemple, langues pygméennes).

Les Pygmées dans l'Antiquité[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Pygmées (mythologie).

Les Grecs ont appelé Pygmées des êtres, probablement fantastiques, hauts d'environ 70 cm et vivant au sud de l'Égypte ou aux alentours de l'Inde. Pline l'Ancien, dans son Histoire naturelle, fait le récit d'une rencontre avec ces Pygmées. Aristote mentionne l'existence de tels êtres, supposés habiter dans des grottes souterraines. Pygmée était aussi une divinité que les Carthaginois représentaient à la proue de leurs navires pour effrayer leurs ennemis[6].

Les Pygmées aujourd'hui[modifier | modifier le code]

D'un point de vue anthropologique, le terme « Pygmée » désigne les populations, souvent chasseresses et vivant dans les forêts équatoriales africaines ou asiatiques, caractérisées par leur petite taille, estimée entre 1,20 m pour les plus petits et 1,50 m pour les plus grands contre 1,30 m et 1,70 m pour les autres civilisations.[réf. nécessaire] On trouve de telles populations en Afrique centrale et en Asie du Sud-Est.

Afrique[modifier | modifier le code]

Distribution des Pygmées en Afrique.


Maisons de Pygmées, en République du Congo.
Danseurs Baka.
Le petit feu traditionnel.

Les Pygmées sont des humains de petite taille. C'est une adaptation aux conditions environnementales et au climat. Le groupe le mieux suivi est celui des Mbuti de la forêt d'Ituri (en République démocratique du Congo), qui a été étudié par l'anthropologue britannique Colin Turnbull[7]. Le terme Bayaka est également utilisé pour désigner les Pygmées, terme qui se réfère au peuple plus qu'à sa taille.

  • Les Tumandwa, hommes à peau rougeâtre, aux cheveux bouclés roux.
  • Les Batwa, à la peau plus sombre et aux cheveux plus crépus.
  • Les Bakunda se mélangent aux Batwa pour former les Bazimba.
  • Les Babongo ont une peau un peu plus claire et des cheveux crépus.

Entre autres groupes, on trouve les Aka, les Babenzi, les Baka, les Binga, les Efé et les Twa. Les pygmées et les bantous auraient une origine commune ancienne de 70 000 ans selon l'étude de l'ADN mitochondrial[8] ou 60 000 ans d'après une autre étude basée sur l'ADN nucléaire[9],[10].

Les différents groupes de pygmées africains se seraient eux-mêmes différenciés voilà environ 20 000 ans, peut-être suite à la fragmentation de leur habitat forestier lors du dernier maximum glaciaire. Il a en effet asséché le climat africain et ainsi entraîné une régression des forêts pluviales[10].

Dans la grande forêt équatoriale, en Afrique centrale (République démocratique du Congo et République centrafricaine), 50 000 Pygmées conservent un mode de vie nomade à base de cueillette et de chasse comme à la fin du paléolithique ; ils ne pratiquent ni la culture ni l'élevage.

Jour et nuit, de petits feux couvent sous leurs huttes, les lobembes, qui constituent le campement temporaire pour des bivouacs provisoires, toujours près d'un ruisseau et sous des arbres atteignant 50 mètres, ou les mongulus d'occupation plus longue. Conçu pour une famille, chaque campement comprend des logis pour les ménages et d'autres destinés aux célibataires. Jeunes gens et jeunes filles vivent séparés. Œuvres des femmes, les huttes tiennent leur rigidité d'un treillis de branchettes ancré en terre et arqué de force en forme de tonnelle. Cet assemblage élastique peut supporter le poids de la femme qui pose des feuilles de marantacées comme des tuiles, agrafées par leurs pétioles incisés. Des lames d'écorce servent de matelas. La fumée stagnante préserve les hommes des insectes, les vivres et objets usuels du pourrissement.

Les Pygmées jouent de la musique avec un instrument ressemblant à un peigne à vibrations que l'on retrouve sous des noms variés, dans diverses régions d'Afrique.

Un peuple menacé[modifier | modifier le code]

Groupe de femmes pygmées au Cameroun.

Les populations pygmées d'Afrique connaissent des changements dans leur mode de vie traditionnel. De nombreuses tribus pygmées quittent aujourd'hui le milieu forestier, pour se sédentariser ou gagner les milieux citadins, et parfois chassées par l'exploitation forestière. Faute de papiers d'identité qui ne leur ont pas été délivrés à la naissance pour cause de refus d'enregistrement, ils n'ont pas la possibilité d'accéder aux soins de base. L'éducation, le travail, la justice sont également d'accès difficile ou impossibles pour les ethnies pygmées. Les pygmées sont souvent victimes du racisme.

Aucun pays africain concerné n'est signataire de la Convention numéro 169 de l'Organisation internationale du travail relative aux peuples indigènes et tribaux. Si les États intéressés venaient à ratifier ledit texte, ils s'engageraient alors à reconnaître comme autochtone le peuple pygmée.

Dans le cadre du processus de reconnaissance des droits des « Pygmées », la République du Congo a organisé du 10 au 15 avril 2007, le premier Forum International des Peuples Autochtones des forêts d'Afrique Centrale (FIPAC). Cet événement a réuni à Impfondo (département de la Likouala), délégués autochtones, représentants étatiques et institutions internationales venus de tous les pays de la sous région. Au terme des travaux, des projets de déclaration et de plan d'action ont été élaborés.

Un représentant du Fonds des Nations Unies pour la population affirmait en août 2011 qu'ils ne seraient plus que 43 500 en République démocratique du Congo, selon un recensement de 2007[1].

En 2014, dans un appel international, l'ONG Survival International dénonce le fait qu'au Cameroun, « des gardes forestiers et des soldats harcèlent, torturent et parfois même tuent des Pygmées baka, parce qu'ils chassent dans les parcs nationaux qui ont été créés sur leurs terres. Un représentant officiel du gouvernement a ouvertement admis que la torture était utilisée pour obtenir des renseignements sur le braconnage ». L'ONG demande via une campagne d'action urgente qu'il a dénommée 'Les parcs ont besoin des gens' qu'on mette fin à ces violences, faisant valoir que les parcs nationaux du Cameroun ont été créés sur les terres ancestrales des Baka sans leur consentement et où ils « sont maintenant criminalisés parce qu'ils pratiquent la chasse de subsistance, la collecte d'herbes médicinales, de plantes alimentaires ou autres produits de la forêt pour construire leurs maisons, ou même leurs lieux de culte ». Selon l'ONG exclure les indigène de la forêt est une violation de leurs droits, mais pourrait aussi être contre-productif en termes de protection de l'environnement[11].

Asie du Sud-Est[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Négritos.
Deux Andamanais en 1875.

Les diverses populations rassemblées sous le terme général de « Négritos » sont rangées dans la catégorie des Pygmées en raison de leur petite taille.

Archéologie[modifier | modifier le code]

On suppose l'existence d'une population éteinte d'Homo sapiens de petite taille dans l'est de l'île indonésienne de Florès, notamment dans la région du village de Rampasasa, non loin de la grotte de Liang Bua, suite à la découverte d'un squelette nommé Homme de Florès.

Références dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Certains break-danseurs de petite taille se font appeler pygmées lorsqu'il font beaucoup de mouvements en se tenant près du sol[réf. nécessaire].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]