Kinyarwanda
| Kinyarwanda Kinyarwanda |
|
| Parlée au | Rwanda, République démocratique du Congo, sud de l'Ouganda, Tanzanie |
|---|---|
| Région | Afrique centrale |
| Nombre de locuteurs | 8,5 à 9 millions[1] |
| Typologie | SVO |
| Classification par famille | |
|
|
| Statut officiel | |
| Langue officielle de | Rwanda |
| Codes de langue | |
| ISO 639-1 | rw |
| ISO 639-2 | kin |
| ISO 639-3 | (en) kin |
| IETF | rw |
| Échantillon | |
| Article premier de la Déclaration universelle des droits de l'homme (version française)
Article 1. |
|
| modifier |
|
Le kinyarwanda (ou anciennement kinyarouanda) est une langue bantoue et la langue nationale du Rwanda. Il y est parlé par la quasi totalité de la population (plus de 8 millions) à quelques petites différences d'accents propres à certaines régions. Cette langue est aussi parlée au sud de l’Ouganda et à l'Est de la République démocratique du Congo par les Banyamulenge. Le kirundi, qui est très proche du kinyarwanda, est parlé au Burundi par 6 millions de personnes. Les locuteurs du kinyarwanda sont appelés rwandophones. Ils seraient environ 9 millions d'après l'Unicef[2].
Sommaire |
Classification [modifier]
Le kinyarwanda appartient à la famille des langues rwanda-urundi du groupe des langues bantoues.
- Classification de Guthrie : D.61, groupe D.60
- Classification du SIL : J.60
- Classification Bastin/Coupé/Mann : J.61
Répartition géographique [modifier]
Les rwandophones sont bien acceptés dans les pays limitrophes, Ouganda, Burundi, Tanzanie, Kenyaet en République démocratique du Congo. les Banyamulenge rwandophones de l'est de la République démocratique du congo ont été acceptés dans cette région après la première vague du génocide rwandais dans les années 50 , Bon nombre des rwandophones se sont refugiés et installés au Zaire actuellement république démocratique du congo, la plus part avait intégré presque toutes les provinces de la république et au congo - zaire ils étaient considerés comme la population venant du kivu , ils ont intégré presque toute les couches de la société . Il eut un problème d'espace vitale, les rwandophones vivant au congo était envié par les autres rwandophones , lors du génocide de 1994 les extremistes rwandophones minoritaires qui avaient des armes venant de l'ouganda ont montés leur frère contre ceux qui les ont accueillis (ils ont fait du génocide 1994 leur fonds de commerce) en fin de compte pour s'installer dans les zones riches et convoités au regard de cela ils se sont fait objet d'un ostracisme grandissant. Bien que ne se reconnaissant plus comme rwandais, ils sont accusés d'être des pions du gouvernement du Rwanda qui selon plusieurs rapports de l'ONU a soutenu et crée des rébelions pour justifier leur présence sur le sol congolais , se réfugiant en masse actuellement au Burundi, au Rwanda et en Ouganda. La plupart des réfugiés rwandais de 1994 sont rentrés au Rwanda. Des éléments des forces génocidaires issus de la débâcle du génocide au Rwanda et donc rwandophones, environ 15 000 des anciennes FAR et milices interahamwe, se sont imposées dans la région. En août 2004 dans un camp de réfugiés à Gatumba au Burundi, environ 160 Banyamulenge ont fait l'objet d'un massacre par une coalition mal identifiée qui, selon l'ONU, était composée de rebelles hutu burundais et rwandais ainsi que de Congolais. Les rescapés du massacre ont eu beaucoup de mal à rentrer au Congo à cause de refus collectifs dans différentes villes du Kivu à l'est du Congo, malgré la protection de la MONUC.
Statut officiel [modifier]
L'article 5 de la Constitution rwandaise précise : « La langue nationale est le kinyarwanda. Les langues officielles sont le kinyarwanda, le français et l’anglais. »
Écriture [modifier]
Contrairement à d'autres langues tonales transcrites en alphabet latin, comme le vietnamien par exemple, il n'existe pas de système de diacritiques standardisé ou officiel pour transcrire les tons ou la longueur des voyelles. Par écrit, le sens des mots se déduit à partir du contexte.
Bien que parfois écrits de la même façon, les mots peuvent être différents selon la prononciation.
Exemples:
- umusambi /u.mu.sâː.mbi/ (a modulé aigu-grave) = grue couronnée, umusambi /u.mu.saː.mbi/ (a grave long) = natte ;
- nagiye /na.ɡi.je/ (a grave) = je suis parti ; nagiye /ná.ɡi.je/ (a aigu) = alors que j'étais parti.
Prononciation [modifier]
Des lois phonétiques imposent des variations à certaines consonnes et voyelles conjointes dans le contexte d'adjacence (affixation par exemple) :
- n devient m devant b, p, f et v;
- nh devient mp, nr devient nd;
- deux voyelles identiques → le son s'allonge;
- un contact entre deux voyelles différentes peut aboutir :
- à la disparition de la première voyelle et à l'allongement de la seconde
- la première voyelle peut se transformer en semi-voyelle (w ou y).
Les deux premières syllabes d'un mot sont généralement de sonorités différentes : une syllabe sonore suivie par une syllabe sourde ou inversément. Certains préfixes (voir ci-dessous) subissent donc une flexion selon le radical auquel ils sont apondus.
Voyelles [modifier]
| Antérieur | Postérieur | |
|---|---|---|
| Fermé | i | u |
| Mi-fermé | e | o |
| Ouvert | a |
Le kinyarwanda possède 5 voyelles : /i/, /e/, /u/, /o/ et /a/. Il n’y a pas habituellement de nasalisation des voyelles.
La quantité de la voyelle peut changer le sens du mot. La voyelle brève équivaut à un more, la longue équivaut à deux mores. Par exemple :
- gusiba prononcé [gu.si.ba] « effacer »
- gusiba prononcé [gu.siː.ba] « s’absenter »
Grammaire [modifier]
Classes nominales [modifier]
Les noms ne sont pas rangés par genre, mais par classe sémantique. On dénombre huit préfixes de classes, répartis en deux groupes (préfixes fondamentaux et préfixes qualifiants). La fonction de ces préfixes peut être comparable à celle des articles en français. C'est le préfixe qui porte exclusivement la marque du pluriel. De nombreux éléments (adjectifs, pronoms, quantifieurs, etc.) s'accordent en classe avec le nom auquel ils se rapportent.
| Classe | Singulier | Pluriel | Fonction | Exemple | |
|---|---|---|---|---|---|
| Préfixes individuels | Classe 1 | umu | aba | désigne l'homme en tant qu'individu, ainsi que ses dérivés (métiers, qualités, défauts) | umuntu (pl. abantu) : un homme, un humain |
| Classe 2 | umu | imi | plantes, animaux, objets, etc., en tant qu'unités | umusozi (pl. imisozi) : la colline | |
| Préfixes collectifs | Classe 3 | in | in | individus (humains, animaux, objets) en tant que membres d'un groupe | intare (pl. intare) : un lion |
| Classe 4 | i | ama | parties d'un organisme végétal ou animal, matériaux en nombre indéterminé | inkuru (pl. amakuru) : les nouvelles | |
| Classe 4 | uku | ama | certaines parties du corps humain | ukuboko (pl. amaboko) : bras |
| Classe | Singulier | Pluriel | Fonction | Exemple |
|---|---|---|---|---|
| Classe 5 | aka / aga | utu | petit | akazu : la petite maison |
| Classe 6 | iki / igi | ibi | grand | igicumuro : une grande faute |
| Classe 7 | uru | in | gros, puissant, en grand nombre | urumuri : la lumière |
| Classe 8 | ubu | noms abstraits, toujours singuliers | ubuntu : l'humanité |
Exemples de traduction [modifier]
| Mot | Traduction | Prononciation standard |
|---|---|---|
| terre | isi | issi |
| ciel | ijuru | ijourou |
| eau | amazi | |
| feu | umuliro | oumouriro |
| homme | umugabo | |
| femme | umugore | |
| manger | kurya | |
| boire | kunywa | |
| grand | -re | |
| petit | -to | |
| nuit | ijoro | |
| jour | umunsi |
- Yego = Oui.
- Oya = Non.
- Ndabizi = Je sais.
- Simbizi = Je ne sais pas.
- Ndashaka amazi = Je voudrais de l'eau.
- Umutima = Cœur
Source : Francis Jouannet, Le Kinyarwanda, langue bantu du Rwanda, 1983, éditions Société d'études linguistiques et anthropologiques de France (SELAF)