Gated community

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Barrière d'accès d'une gated community en Angleterre

Gated community est un terme américain qui désigne, d'après la définition de J. Blakely, « des quartiers résidentiels dont l'accès est contrôlé, et dans lesquels l'espace public est privatisé. Leurs infrastructures de sécurité, généralement des murs ou grilles et une entrée gardée, protègent contre l'accès des non-résidents. Il peut s'agir de nouveaux quartiers ou de zones plus anciennes qui se sont clôturées, et qui sont localisés dans les zones urbaines et périurbaines, dans les zones les plus riches comme les plus pauvres ». L'accès en est permis aux résidents et à leurs invités. Le terme signifie littéralement communauté fermée par des portes.

Sommaire

Caractéristiques [modifier]

Environ 8 millions d'Américains y résidaient au milieu des années 90[1]. Phénomène immobilier initialement réservé à des retraités fortunés, ces quartiers résidentiels enclos font désormais des adeptes au sein des classes moyennes actives. On en trouve même dans les zones défavorisées des grandes métropoles des États-Unis[2].

On retrouve dans des dimensions différentes ces quartiers fermés, sécurisés, gardés par des hommes armés, dans le monde entier, en particulier dans les pays du Sud (pays ou les inegalités sociales sont les plus flagrantes): Brésil, Afrique du sud (Johannesburg), et toutes les autres villes de même type ou les bidons-villes et quartiers luxueux se font face.

Les principales logiques d'enfermement résidentiel sont la sécurisation, la recherche de l'entre-soi et le pouvoir politique de ces résidences. Certaines gated communities aux USA ont fait sécession avec leurs municipalités, en créant leur propre ville privée afin de fournir les meilleurs services publics à leurs résidents.

De tels espaces clos existent aussi en France et seraient également en développement, surtout avec la montée de l'intérêt médiatique pour le sentiment de sécurité. De tels quartiers existent ainsi à Toulouse et Cannes. Un des plus anciens est le quartier dit de la Villa Montmorency, situé dans le 16e arrondissement de Paris, près de la Porte d'Auteuil[3].

Cependant, le terme de gated communities est peu adapté à la réalité française car les déterminants communautaristes (au sens de se rassembler entre pairs) y sont moins importants que la volonté d'exclusion (éviter certaines catégories de population, bruyantes ou dangereuses) : ce type de quartier pratique une ségrégation volontaire, un retrait de la société. C'est en partie ce que leur reprochent leurs détracteurs.

Llewelyn Park, premier modèle de gated community [modifier]

Le premier exemple connu de communauté véritablement fermée aux États-Unis est celui de Llewellyn Park, dans le New Jersey, à quelques kilomètres de Manhattan ; il s’agissait à l’époque de créer une retraite d’exception. On y retrouve déjà les éléments caractéristiques des futures gated communities :

  • Un tracé des rues en courbe, qui permet de maintenir de faibles densités
  • Une mise en valeur de l’environnement naturel (le centre est construit au sein d'une forêt et au bord d'un torrent)
  • Une réglementation qui garantit stabilité et homogénéité sociale,
  • Une combinaison de sécurité et d'exclusivité.

Traductions du terme [modifier]

  • Argentine : quartiers fermés (barrios cerrados) et Country clubs[4].
  • France : communauté fermée, quartier privé.
  • Québec : communauté emmurée.

Quelques exemples français [modifier]

Bibliographie [modifier]

  • Edward J. Blakely et Mary Gail Snyder, Fortress America: Gated Communities in the United States, Washington DC, Brookings Institution Press, 1997
  • Gérald Billard, Jacques Chevalier & François Madoré, 2005, Ville fermée, ville surveillée. La sécurisation des espaces résidentiels en France et en Amérique du Nord, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2005
  • Guénola Capron, (dir.), Quand la ville se ferme. Quartiers résidentiels fermés, Paris, Bréal, 2006
  • Éric Charmes, Les gated communities : des ghettos de riches ?[7]
  • Stéphane Degoutin, Prisonniers volontaires du rêve américain, Paris, Éditions de la Villette, 2006[8]
  • Christophe Guilluy, Le séparatisme français, Vivre ensemble...sur des territoires séparés ?, L'annuel des idées, 2009
  • Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot Les Ghettos du Gotha : comment la bourgeoisie défend ses espaces, Seuil, Paris, 2007, (ISBN 9782020889209)
  • Christophe Guilluy, Fractures françaises, Bourin éditions, 2010. Hérodote a lu », Hérodote 2/2011 (n° 141), p. 183-186[9]

Filmographie [modifier]

Documentaires :

Références [modifier]

  1. Blakely E.J., Synder M.G., Fortress America: Gated communities in the United States cité dans Billard G., Chevalier J., Madoré F., Ville fermée, ville sécurisée. La sécurisation des espaces résidentiels en France et en Amérique du Nord, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2005[réf. incomplète]
  2. USA Today, Gated Communities more popular and not only for the rich
  3. Stéphane Degoutin, Petite histoire illustrée de la ville privée, Urbanisme n°337 (juillet/août 2004).
  4. http://www.lefigaro.fr/international/2010/08/15/01003-20100815ARTFIG00202-les-paradis-de-buenos-aires-ne-sont-plus-tranquilles.php Les «paradis» de Buenos Aires ne sont plus tranquilles (2010)
  5. La quête de la tranquillité dans les Allées Haussmann (2011)
  6. Ils vivent à l'écart des autres (2011)
  7. Laviedesidees.fr, mars 2011
  8. Voir la critique de cet ouvrage.
  9. Hérodote a lu, février 2011.
  10. Bunker Cities : critique TV de télérama du 24/03/2012

Voir aussi [modifier]

Liens externes [modifier]