Surveillance de voisinage

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Signalisation "Neighborhood watch" près de Picayune (MS)
Sous la limitation de vitesse, un panneau "neighborhood watch" à Durham, Caroline du Nord

La surveillance de voisinage (en anglais Neighborhood watch) désigne l'action d'un ensemble de personnes d'un quartier, d'une rue, qui s'associent dans le but de prévenir la délinquance et les cambriolages. Cette surveillance est surtout active dans les pays anglo-saxons.

Il s'agit d'être attentif à des faits inhabituels. Lorsqu'ils ont connaissance d'un fait, les membres de l'organisation de surveillance peuvent alerter le maire ou les services de police ou de gendarmerie. Ce dispositif est en vigueur aux États-Unis, Royaume-Uni, Allemagne, Australie et dans quelques villes françaises.

En France : le « dispositif de participation citoyenne »[modifier | modifier le code]

Le , une circulaire a été émise par le Ministère de l'Intérieur, portant sur un « dispositif de participation citoyenne », lequel « s'inspire du concept de neighbourhood watch ». Dans celle-ci, Claude Guéant déclare notamment :

« J'entends développer encore les actions partenariales susceptibles d'amplifier l'efficacité de la prévention de la délinquance. Aussi ai-je décidé d'étendre la mise en œuvre du dispositif de participation citoyenne. Fondé sur la solidarité, le concept vise à développer un comportement de nature à mettre en échec la délinquance...
La majorité des retours d'expérience met en évidence une baisse significative de la délinquance d'appropriation dans les secteurs où le dispositif a été mis en œuvre. Certaines communes ont enregistré une baisse de 20 % à 40 % des cambriolages constatés...
Les voisins vigilants ne sauraient en aucun cas se prévaloir de prérogatives administratives ou judiciaires...
Parce qu'il renforce le contact et les échanges, ce concept participe autant de la sécurité que du lien social...
Cette démarche s'inscrit dans la large gamme d'outils de prévention de la délinquance déjà existants... »
.

La circulaire a été critiquée par la juriste Geneviève Kouby qui compare ce dispositif à la délation, et qui écrit :

« La circulaire du 22 juin 2011 commande le développement des « actions partenariales » dans le but de faire entrer la « population » dans les mécanismes des politiques de sécurité — et sans doute ainsi pallier aux[1] dysfonctionnements d’un service public atteint par la réduction des effectifs. En matière de sécurité et de lutte contre la délinquance, la participation sollicitée revêt un caractère spécifique qui confine à l’appel à la délation, à la culture de la dénonciation — plutôt qu’à celle du témoignage…
(...)
De fait, cette circulaire signe l’échec des politiques de sécurité menées depuis quelques années ; elle est un des indices des revers de la « guerre » engagée contre les délinquants par les pouvoirs publics . En quelque sorte, après en avoir appelé à une implication plus intensive de la part des collectivités territoriales, le ministre de l’intérieur se trouve ici contraint de se référer à la population…
(...)

Ces personnes volontaires seront les « citoyens vigilants » qui, en voisins, joueront les rôle de gardiens d’immeuble, de veilleur, d’agent de sécurité, etc. Mais aussi, elles seront amenées à signaler les comportements « suspects », les faits « anomaux[1] », les hiatus dans l’ordinaire qui assure de la norme[2] !! »

Dénominations[modifier | modifier le code]

Il existe plusieurs dénominations pour ce type de dispositif. Par exemple : Voisins Vigilants[3],[4],[5] (France), Surveillance mutuelle des habitations[6] (Canton de Vaud, Suisse).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens et références externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]