Delage (entreprise)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Delage.

Delage

Description de l'image  Logo_delage.gif.
Création 1905
Disparition 1953
Fondateurs Louis Delâge
Siège social Drapeau de France Rue Cormeilles à Levallois-Perret (France)
Activité Automobile
Produits Automobile de luxe et de course
Site web www.delage.org

Delage est une marque automobile française fondée en 1905 par Louis Delâge à Levallois-Perret, rachetée par Delahaye en 1935 et disparue en 1953.

Delage était réputée pour le raffinement technique de ses voitures de luxe et pour ses résultats en compétition.

Historique[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

Delage type A.

D'abord située rue Cormeilles à Levallois-Perret, l'entreprise ne fut d'abord juste qu'une usine d'assemblage, achetant moteurs et châssis à d'autres constructeurs pour les habiller d'éléments de carrosserie. Le premier modèle est une voiturette type A de 1905 à moteur monocylindre De Dion-Bouton de 9 HP.

En 1907, le succès oblige à déménager l'usine rue Baudin toujours à Levallois-Perret pour s'agrandir (4 000 m2 d'atelier) et permet l'entrée en compétition dans la Coupe des Voiturettes de L'Auto.

En 1912, les usines déménagent à nouveau boulevard de Verdun à Courbevoie dans des locaux plus vastes. Si le moteur monocylindre a disparu, le 6 cylindres « maison » apparaît. L'année suivante, des grands modèles sont lancés. La marque commence alors à remporter des courses importantes jusqu'au début de la Première Guerre mondiale.

En 1914, avec la guerre, la production des châssis avec moteurs pour voitures de tourisme est quasiment stoppée, à l’exception de quelques fabrications pour l’armée. Alors, la nouvelle usine de Courbevoie transformée pour une utilisation militaire va tourner à plein pour soutenir l’effort de guerre en produisant obus, camionnettes et camions.

Compétition[modifier | modifier le code]

En 1907, Delage remporte le Grand Prix automobile de France à Dieppe de 500 km à 80 km/h de moyenne.

En 1911, les voitures Delage type X à boîte de vitesses à cinq rapports étudiées par l'ingénieur Michelat gagnent la Coupe de L'Auto des voitures légères à Boulogne.

En 1913, la nouvelle type Y à quatre soupapes par cylindre va remporter le Grand Prix de France au Mans, et en 1914 les 500 miles d’Indianapolis aux États-Unis avec René Thomas.

En 1914, Louis Delâge accentue son orientation sur la compétition en créant la perfectionnée type S à double arbre à cames en tête du Grand Prix de Lyon, et s'oriente vers la voiture de luxe avec des 6 cylindres d’une grande classe.

Des modèles prestigieux[modifier | modifier le code]

Après la Première Guerre mondiale, la marque Delage prospère, produisant des véhicules de tourisme et de luxe de grande qualité.

En 1918, Delage commercialise la splendide CO étudiée pendant le conflit et fabriquée pour l’armée à partir de 1916 : c’est la première voiture de tourisme avec des freins avant. Grâce à ceux-ci et à son moteur 20 HP à 6 cylindres de 4 524 cm3, Louis Delâge fait Paris-Nice en 16 heures à 67 km/h de moyenne ! Quatre autres raids suivront.

Les années 1920 sont véritablement le premier « Âge d’Or » de Delage.

Delage DI.

Les Delage les plus abordables sont la DE et la DI. Si toutes deux sont des 11 CV équipées de 4 cylindres d'environ 2 litres, la réputée DI apporte un moteur à cinq paliers et à soupapes en tête.

On tente aussi de rivaliser avec les Farman 40 CV, Gnome et Rhône 40 CV, Hispano-Suiza H6 et Renault 40 CV en sortant la GL (Grand Luxe) de 30 CV avec une certaine réussite. Le moteur de 5 954 cm3 est à un arbre à cames en tête. Puis vient une nouvelle génération de 6 cylindres avec la DM de 3 174 cm3 et la DR de 2 516 cm3, le châssis le plus vendu de l’histoire de la marque, conçu par l’ingénieur Gaultier.

En 1923, Louis Delâge qui veut revenir à la compétition à son plus haut niveau innove en construisant (ingénieur Charles Planchon) une fabuleuse 12 cylindres en V de 2 litres : la 2 LCV. Après des débuts prometteurs, l’évolution de cette voiture (ingénieur Albert Lory), va se couvrir de gloire en 1924 (Grand Prix d’Europe à Lyon) et 1925 (Grand prix de l’ACF à Montlhéry).

Parallèlement, pour renforcer sa stratégie de communication basée sur le principe « la course automobile améliore la technique et la production industrielle », il fait étudier (ingénieurs Toutée et Planchon) trois voitures de courses de côte et de records à 6 cylindres et 12 cylindres. L’une d’elles, la 12 cylindres en V DH de 10,5 litres va battre en 1924 le record du Monde de vitesse sur route et établit un nouveau record de vitesse à 230 km/h. La production des véhicules de tourisme continue avec les versions S et SS de la DI. La DM s'adjoint la DM S et la DM L, toutes deux équipées du très beau 6 cylindres de 3 litres conçu par Maurice Gaultier.

Toujours passionné de compétition, Louis Delâge poursuit son programme et grâce au travail acharné de l’ingénieur Lory et aux moyens techniques colossaux engagés par l’usine pour concevoir une 8 cylindres à moteur en ligne de 1 500 cm3. Cette 15.S.8 fiable et performante, menée par les français Louis Wagner et Robert Sénéchal, remporte dès 1926 le premier Grand Prix de Grande-Bretagne. En 1927, la 15.S.8 pilotée par Robert Benoist va remporter les quatre Grands Prix européens de l’année, condition nécessaire pour que Delage devienne « Champion du Monde des Constructeurs ».

Delage D8 S Pourtout 1933.

En 1930, Louis Delâge est toujours attiré par le luxe et la « belle voiture ». Maurice Gaultier conçoit une 8 cylindres en ligne de 4 061 cm3, la D8 qui évoluera en D8 S (Sport). C’est celle qui restera dans l’esprit de beaucoup comme LA Delage… Les plus belles carrosseries habilleront ce châssis et Delage remportera la première place dans la plupart des concours d’élégance.

Suite au contrecoup de la crise économique de 1929, les difficultés dues à la mévente s’accumulent pour les fabricants de voitures de luxe. Louis Delâge entreprend néanmoins un vaste effort de renouveau technique, aidé par un groupe de concessionnaires et de banquiers. Rien n’y fait : la situation commerciale et financière de la firme est durement ébranlée.

Au Salon de l'auto 1932, arrive la D6-11, une 11 CV avec un petit 6 cylindres de 2 101 cm3, et un an plus tard la nouvelle Delage huit cylindres : la D8-15 de 2 660 cm3. Ces deux modèles, équipés de roues avant indépendantes et d’un moteur à la technique innovante ne suffiront pas à freiner la chute des ventes. Les derniers modèles qui voient le jour à Courbevoie sont les D6-65, D8-85 et D8-105, eux aussi techniquement très intéressants (freins hydrauliques), et conçus par le brillant ingénieur Michelat. Rien n’y fera et les appuis de Louis Delâge se dérobent un à un. La mise en liquidation volontaire de l’usine de Courbevoie est décidée le 20 avril 1935.

Renaissance[modifier | modifier le code]

En 1935, Louis Delâge ne voulant pas s’avouer vaincu, avait envisagé nombre de solutions pour sauver sa société, un nom qui s’était si brillamment illustré sur les circuits, et par la réputation de qualité de ses fabrications. Celle-ci vont reprendre grâce à l’homme d’affaires Walter Watney. Ainsi vont être créées par la « Société Nouvelle des Automobiles Delage » à partir de la production Delahaye, des automobiles parmi les plus réussies de la marque, une sorte de second « Age d’or »…

Delage D6-3 litres course 1946.

Les Delage fabriquées chez Delahaye vont donner naissance au Salon 1935 à une gamme allant de la 4 cylindres DI-12 à la majestueuse D8-120 en passant par la 6 cylindres D6-70, voiture qui remportera un large succès. Toutes ces voitures, comme leurs devancières, vont porter la « touche Delage » et celles qui seront habillées par les plus grands carrossiers glaneront toutes les premières places dans les concours d’élégance. La D6-70 sera déclinée en version « course » et l’on verra à nouveau briller le nom de Delage sur les circuits avec un certain succès.

Après la Seconde Guerre mondiale, un modèle six cylindres 3 litres va être produit au sein du groupe Delage Delahaye, mais finalement le nom disparaît après le Salon 1953.

Disparition[modifier | modifier le code]

Après la faillite de 1935, l'usine Delage de Courbevoie est fermée et son matériel vendu. Une licence pour la marque Delage sera négociée avec Delahaye qui produit les modèles Delage jusqu'à leur disparition fin 1953.

En 1956, un club est créé pour perpétuer le souvenir de Louis Delâge, l'image de la marque et fournir aux propriétaires de Delage un soutien logistique. L'association « Les Amis de Delage » est toujours active. Il y a quelques années, elle a racheté les droits pour devenir propriétaire de la marque Delage.

Les châssis à partir de 1916[modifier | modifier le code]

  • CO (début 1916, 20 HP, 6 cylindres, 4 524 cm3)
  • DO (été 1920, 15 HP, 4 cylindres, 3 003 cm3)
  • GS (printemps 1921, 22 HP, 6 cylindres, 4 524 cm3)
  • DE (automne 1921, 11 HP, 4 cylindres, 2 116 cm3)
  • 2 LCV (été 1923, 12 cylindres en V de 2 litres)
  • DI (été 1923, 11 CV, 4 cylindres, 2 120 cm3)
  • DH (fin 1923, 12 cylindres en V de 10,5 litres)
  • GL (début 1924, 6 cylindres, 30 CV, 5 954 cm3)
  • DI S (printemps 1924, 11 CV, 4 cylindres, 2 120 cm3)
  • DI SS (printemps 1924, 11 CV, 4 cylindres, 2 120 cm3)
  • DM (début 1926, 17 CV, 6 cylindres, 3 180 cm3)
  • DM S (1926, 17 CV, 6 cylindres, 3 180 cm3)
  • DM L (1926, 17 CV, 6 cylindres, 3 180 cm3)
  • 15 S 8 (été 1926, 8 cylindres de 1 500 cm3)
  • DR-70 (printemps 1927, 14 CV, 6 cylindres, 2 516 cm3)
  • D8 (automne 1929, 23 CV, 8 cylindres, 4 060 cm3)
  • D8 S (automne 1929, 23 CV, 8 cylindres, 4 060 cm3)
  • D6 (été 1930, 17 CV, 6 cylindres, 3 045 cm3)
  • D6-11 (automne 1932, 11 CV, 6 cylindres de 2 litres)
  • D4 (été 1933, 8 CV, 4 cylindres, 1 480 cm3)
  • D8-15 (été 1933, 15 CV, 8 cylindres, 2 660 cm3)
  • D6-65 (automne 1934, 15 CV, 6 cylindres, 2 678 cm3)
  • D8-85 (automne 1934, 20 CV, 8 cylindres, 3 570 cm3)
  • DI-12 (automne 1935, 12 CV, 4 cylindres, 2 151 cm3)
  • D6-70 (automne 1935, 16 CV, 6 cylindres, 2 729 cm3)
  • D8-100 (printemps 1936, 25 CV, 8 cylindres, 4 302 cm3)
  • D8-120 (été 1936, 24 CV, 8 cylindres, 4 302 cm3)
  • D6-3 litres (printemps 1946, 17 CV, 6 cylindres, 2 984 cm3)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Delage. La belle voiture française, par Daniel Cabart et Claude Rouxel, éditions E.T.A.I., 2005. (ISBN 2-7268-9432-1)

Liens externes[modifier | modifier le code]