De Dion-Bouton

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De Dion-Bouton

Description de l'image  De Dion Buton Namensschild.JPG.
Création 1883
Disparition 1968
Fondateurs Jules-Albert de Dion
Siège social Drapeau de France Puteaux (France)
Activité Automobile

De Dion-Bouton est un constructeur français d'automobiles de qualité, d'autorails et de moteurs de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle fondé en 1883 par Jules-Albert de Dion.

Histoire[modifier | modifier le code]

La société, fondée en 1883 par le comte (puis marquis) nantais Jules-Albert de Dion, le fabricant de jouets scientifiques Georges Bouton et son beau-frère Charles-Armand Trépardoux, est à l'origine de l'essor de l'automobile. L'entreprise s'implanta rapidement à Puteaux au quai National, renommé plus récemment quai De Dion-Bouton.

Georges Bouton meurt en 1938 ; Albert de Dion en 1946.

Véhicules routiers[modifier | modifier le code]

Les premiers véhicules De Dion-Bouton sont à vapeur, le tricycle de 1883 est suivi un an plus tard par le premier tracteur routier pour semi-remorque[1]. En 1894, le comte de Dion fera sensation en s'installant à l'arrière d'une calèche tirée par l'un de ses tracteurs entre Paris et Rouen. Les quadricycles, chariots, tracteurs et omnibus à vapeur seront fabriqués jusqu'en 1904[2].

Vis-à-vis De Dion-Bouton type G.

En 1895, l'entreprise s'intéressa aux moteurs à essence, avec l'installation d'un monocylindre à grande vitesse de rotation (grâce au distributeur de Carli et Basset) équipé de l'un des premiers allumages électriques sur un tricycle et en 1899, sur le vis-à-vis appelé la petite voiture. Celle-ci avait une suspension innovante à pont De Dion inventée par la firme en 1893[3]. Ensuite, ce système célèbre sera utilisé par de nombreux constructeurs. Le Vis-à-vis est la première automobile fabriquée en grand nombre avec 2 970 exemplaires sortis jusqu'en 1902.

Premier constructeur à fabriquer entièrement ses voitures, De Dion-Bouton est aussi un fournisseur de moteurs pour plus de cinquante marques dont Delage, Latil, Peugeot et Renault.

En 1900, De Dion-Bouton est le plus grand fabricant d'automobiles du monde. La société produit quatre-cents voitures et trois mille deux-cents moteurs cette année-là. Ces chiffres de production seront dépassés avant la Première Guerre mondiale par ceux de Panhard & Levassor après Renault, Peugeot, Darracq et Berliet[4].

Comme Michelin à qui elle vend le brevet du fameux Guide au début du vingtième siècle, De Dion-Bouton publie des cartes routières, activité qui débute en 1900 et qui sera cédée à l'imprimeur Vermot en 1908[5].

De Dion-Bouton type K1 de 1902.

En 1902, la marque lance la Populaire - type K1 ou K2[6] - à moteur avant en deux places 6 HP ou quatre places 8 HP. Un bloc à bicylindres apparaît en 1903 suivi un an plus tard par un quatre cylindres.

Vedette du cortège de la Mi-Carême au Carnaval de Paris 1903 pour la rive droite : la Reine des Reines défile montée sur « Le Triomphe[7] », un char automobile électrique De Dion Bouton. Des automobiles de prestige, décorées, participent avec lui à l'événement[8].

En 1903, un modèle De Dion-Bouton avec banquette, appartenant à l'homme d'affaires Ucal-Henri Dandurand, fut le premier véhicule à moteur immatriculé au Québec sous le numéro Q1 peint sur l'arrière par son propriétaire.

En 1905, des modèles 8 HP et 9 HP sont lancés tandis que le châssis tubulaire est abandonné[6]. À partir de cette année-là, De Dion-Bouton s'oriente peu à peu vers les voitures luxueuses avec les lancements de limousines de 12 à 35 HP.

Moteur à essence, 1908.

En 1908, la marque construit trois traîneaux à moteur pour l'expédition en Antarctique de Jean-Baptiste Charcot.

Au Salon de Turin 1910, le type CJ de 6,1 litres est la première automobile vendue avec un moteur V8[2]. L'année 1913 marque la fin du monocylindre[6].

Pendant la Première Guerre mondiale, De Dion-Bouton produit pour l'armée française des obus, des véhicules et des moteurs d'avion en V, Farman étant client dès 1911.

La paix revenue, la marque reprend la fabrication de limousines incluant un modèle à moteur V8 remplacé par un huit cylindres en ligne à la fin des années 1920.

Ainsi, De Dion-Bouton ne saura pas élargir sa clientèle et se replie sur la vente d'utilitaires.

Durement touchée par les conséquences de la crise de 1929, elle abandonne la production d'automobiles de tourisme en 1932. Elle poursuivra cependant celle d'autobus et de balayeuses-arroseuses jusqu'en 1953 ainsi que de bicyclettes pendant encore une dizaine d'années avant d'être acquise par une petite entreprise berrichonne. Rachetée par l'importateur de Rover, elle construit un camion de pompier De Dion-Bouton en 1968.

Galerie[modifier | modifier le code]

L'autocanon[modifier | modifier le code]

Autocanon De Dion-Bouton en position de tir.

En 1910, il y eut un véhicule qui avait reçu un Canon de 75 Modèle 1897 pour une plus grande mobilité, il y eut une version 1913 pour tirer contre les aéronefs, ballons captifs à l'époque. Ses caractéristiques :

  • 5,6 tonnes,
  • 15 km/h sur route,
  • tir de 0 à 70° en hauteur avec un frein modifié,
  • rotation entre 0 et 240°,
  • un tir toutes les quatre secondes,
  • mise en place en deux minutes (terrain favorable),
  • douze servants.

Les premiers exemplaires furent affectés à la défense du G.Q.G.

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Autorails[modifier | modifier le code]

De Dion-Bouton est le premier constructeur automobile à s'imposer dans le secteur ferroviaire avec les Autorails De Dion-Bouton.

Entre 1900 et la Première Guerre mondiale, des moteurs à vapeur pour des autorails sont construits pour des entreprises étrangères, comme la hongroise Ganz, ainsi que des moteurs à essence pour les automotrices pétroléo-électriques des Chemins de fer unis d'Arad à Csanad (ACsEV) en Hongrie[9].

Après la guerre de 1914-1918, l'entreprise devint un constructeur ferroviaire à part entière puisque de 1923 à 1948 De Dion-Bouton fut le principal constructeur français d'autorails à voie métrique avec deux-cent cinquante véhicules pour les réseaux secondaires essentiellement français.

Ces autorails étaient destinés à permettre l'évolution de ces réseaux dont les trains à vapeur étaient trop lents et trop coûteux, et à faire face à la concurrence de l'automobile alors en plein développement.

Aujourd'hui, certains autorails De Dion-Bouton sont préservés par des chemins de fer touristiques.

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Liste des autorails préservés[modifier | modifier le code]

Liste non exhaustive.

Voie métrique :

  • JM-4 (1932) CdN n°11 - AMTUIR - restauré - présenté au MTVS
  • OC1 (1937) CdN, RB n°15 - CFBS - en attente de restauration
  • OC1 (1937) CdN, RB n°16 - ACFCdN - en attente de restauration
  • OC2 (1946) RB n°X202 - ACFCdN - en attente de restauration
  • OC2 (1946) RB n°X205 - SABA - restauré
  • OC2 (1946) RB n°X206 - SABA - en attente de restauration
  • ND n°201 - VFV - en cours de restauration par un privé
  • ND n°202 - MTVS - en cours de restauration
  • ND n°204 - VFV - en attente de restauration
  • ND n°206 - VFV - épave
  • ND n°207 - Chemin de fer du Vivarais - en attente de restauration
Autorail M-102 et remorque R-51 à voie normale des Chemins de fer de l'Hérault entre 1966 et 1968.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Peter J.Davies, L'encyclopédie mondiale des camions, éditions Manise.
  2. a et b G.N. Georgano, Les voitures françaises de 1886 à 1930, éditions Gründ.
  3. L'Automobile Magazine n°454, avril 1984.
  4. Daniel Cabart et Claude Rouxel, Delage. La belle voiture française, éditions E.T.A.I.
  5. (fr) Carte routières anciennes de De Dion-Bouton
  6. a, b et c Patrick Lesueur, Toutes les voitures françaises de A à Z, éditions E.P.A.
  7. a et b Collection Jules Beau - Photographie sportive, volume 20, année 1903, Bibliothèque nationale de France. Le nom du char automobile électrique de la Reine des Reines de Paris 1903 pour la rive droite est indiqué dans La Mi-Carême, article paru dans le journal L'Aurore du 16 mars 1903, page 2, 2e colonne. Voir l'article reproduit sur la base Commons. Ce char n'est pas le seul char automobile qui défile en 1903. Le 31 mai de la même année on voit un char automobile qui défile à Roubaix.
  8. G. Etchépérestou La Reine des Reines en automobile, Le Journal amusant, 28 février 1903, page 14, 3e colonne. Voir l'article reproduit sur la base Commons.
  9. Georges Mathieu, Le matériel moteur de la SNCF, Éditions La Vie du Rail.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Fondin, Hauts-de-Seine berceau de l'automobile, éditions E.T.A.I./Colline de l'Automobile, 1992 (ISBN 2-7268-8116-5)
  • René Ville, De Dion-Bouton en confirmations, Édité par l'Amicale De Dion-Bouton, 2003.
  • René Ville, De Dion-Bouton, en témoignages et confidences, Édité par l'Amicale De Dion-Bouton.
  • Jean-Claude Riffaud, « les automotrices Tartary et De Dion-Bouton », article publié dans la revue Magazine des tramways à vapeur et des secondaires, n° 21 de 1982 (ISSN 0150-116X)
  • Jacques Chapuis, « les autorails De Dion-Bouton », article publié dans la revue Chemins de fer régionaux et urbains, n° 199 de 1987, publiée par la FACS.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]