Hygin-Auguste Cavé

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Edmond Cavé par Ingres

Hygin-Auguste Cavé, né à Doudeville (Seine-Maritime) le 8 octobre 1796, mort à Paris le 30 mars 1852 est un écrivain et administrateur français souvent appelé par son second prénom, Edmond Cavé.

Biographie[modifier | modifier le code]

Selon son acte de naissance, Ygin-Auguste était fils de Thomas-Romain Cavé, marchand-négociant et de Françoise-Louise Derotté Guilbert. Les témoins sont Ygen Guilbert, cultivateur, 22 ans, et Françoise Cavé, femme Bichot, marchand cafetier à Doudeville[1].

Hygen-Auguste Cavé pour les actes administratifs, il est généralement appelé par son second prénom, Edmond[2].

Il fut d'abord avocat à Rouen ; puis il s'installa à Paris où il devint journaliste au Globe où il fit la connaissance d'Adolphe Dittmer. Il fut membre de la société « Aide-toi, le ciel t’aidera », société d'opposition à la monarchie absolue de la Restauration fondée au mois d'août 1827. Dans cette veine politique, il fut auteur dramatique[3] et publia en 1827, en collaboration avec Adolphe Dittmer (1795-1846) sous le pseudonyme de Fongeray un recueil de théâtre sous le titre de Soirées de Neuilly « dont la tendance politique et les allusions firent tout le succès »[4]. Cet ouvrage, composé de quatre petites pièces, connut trois éditions, la seconde, ajoutant une pièce, en 1828[5], et Anatole France s'en souvenait encore dans son Histoire comique (1902)[6]. En 1830, « de Fongeray » publia dans la Revue de Paris la pièce de théâtre satirique et politique Le coup d'État[7]. Cavé fut aussi l'auteur d'un vaudeville intitulé Vive la joie et les pommes de terre[8].

La révolution de 1830 orienta sa carrière vers l'administration. Il entra au Ministère de l'Intérieur le 18 octobre 1832, comme secrétaire général ; nommé directeur de la Division des Beaux-Arts en 1833 en remplacement de Sosthène de La Rochefoucauld, c'est à ce poste, qu'il occupa jusqu'en 1848, qu'il doit sa petite notoriété, en raison du pouvoir qu'il y exerçait sur les commandes de l'État aux artistes, et, par là, sur les carrières de ceux-ci, tout en dirigeant la censure théâtrale, qu'il avait combattue sous le régime précédent[9].

En relation, par son poste au ministère, avec Eugène Delacroix, à qui il signa la lettre de commande pour les plafonds de la bibliothèque de la Chambre des Députés, il se maria le 4 novembre 1843 avec une amie de ce dernier, Marie-Élisabeth Blavot, veuve du peintre Clément Boulanger (1805-1842), dont elle avait eu un fils, Albert Boulanger-Cavé[10]. Son épouse, dont il eut une fille, le mit en relation avec Jean-Auguste-Dominique Ingres, à qui il commanda un portrait pour faire dyptique avec celui de celle-ci peint vers 1830.

Il fut nommé maître des requête au Conseil d'État le 12 octobre 1839, en service extraordinaire du comité de l’Intérieur et du commerce jusqu’à la suppression du service extraordinaire le 18 avril 1848.

Il fut commissaire royal par intérim de la Comédie-Française du 28 janvier 1837 au 17 octobre 1838.

En janvier 1852, il fut nommé directeur des palais et manufactures.

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • Chevalier de la Légion d’honneur, le 1er mai 1831
  • Officier de la Légion d’honneur, le 12 décembre 1844[11].

Portraits[modifier | modifier le code]

  • Hygin-Edmond-Ludovic Cavé, par Jean-Auguste-Dominique Ingres, 40.6 x 32,7 cm, signé « Ingres à Madame Cavé 1844 », Metropolitan Museum of Art de New York, inv. 43.85.2
  • Jean-Auguste-Dominique Ingres. Portrait d’Edmond Cavé. Mine de plomb sur papier. 1844. Haut. 36,2 cm ; Larg. 22,8 cm. Inscription en haut à gauche : M. Cavé ing. Montauban, musée Ingres, inv. MI.867.209 – F° 2F19SV.
  • Marie-Elisabeth Blavot (née en 1809/1810-morte en 1882), Madame Clément Boulanger, puis madame Cavé, par Jean-Auguste-Dominique Ingres, 40.6 x 32,7 cm, signé « Ingres à Madame Cavé », c. 1830[12], Metropolitan Museum of Art de New York, inv. 43.85.1.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Les Soirées de Neuilly, esquisses dramatiques et historiques, publiées par M. de Fongeray [A. Dittmer et A. Cavé] – Paris, Moutardier, 1827. In-8° (24 cm), 362 p.

Sources[modifier | modifier le code]

  • « Cavé (N.) », dans Duckett (dir.), Dictionnaire de la conversation et de la lecture, t. 4, Paris,‎ 1853-1860 (lire en ligne), p. 671
  • Noémi-Noire Oursel, Nouvelle biographie normande, Picard, Paris, 1886.
  • Dictionnaire biographique des membres du Conseil d'État, Fayard, Paris, 2004. p. 180.
  • On consultera les éditions récentes des Correspondances de Delacroix, Théophile Gautier, Prosper Mérimée et George Sand.
  • Pierre Angrand, Marie-Élizabeth Cavé : disciple de Delacroix, Paris, Lausanne, Bibliothèque des arts,‎ 1966. 18 cm, 170 p. Note-- Cet auteur écrit François Cavé; ce prénom correspond à une autre personne.
  • (en) Gary Tinterow, Portraits by Ingres, Images of an Epoch, New York, The Metropolitan Museum of Art,‎ 1999, p. 398-401

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Copie de son acte de naissance dans le dossier de la Légion d'honneur, Archives Nationales, Base Leonore - Dossier LH/455/24
  2. Notice d'autorité personne, Bibliothèque nationale de France
  3. Crédité du livret du ballet La Tentation.
  4. Grand Dictionnaire Universel du XIXe siècle de Pierre Larousse, t. 3, p. 645.
  5. Les soirées de Neuilly était orné d'un « portrait de l'auteur » par Henri Monnier caricaturant Stendhal, voir Eugène Asse, Les petits romantiques, Paris, Henri Leclerc,‎ 1900 (lire en ligne), p. 271-272 et Champfleury, Henry Monnier, sa vie, son oeuvre, Paris, Dentu,‎ 1879 (lire en ligne), p. 66-67,370, qui conteste l'identification de la figure à Stendhal.
    Étienne Arago, « Dittmer », dans Duckett (dir.), Dictionnaire de la conversation et de la lecture, t. 7, Paris,‎ 1853-1860 (lire en ligne), p. 671 attribue l'écriture au seul Dittmer. Pour cet auteur « le pédantisme rengorgé, la vanité ignorante dominaient » dans Cavé, dont la conversation « ne roulait que mots rocailleux, que phrases vaseuses, que raisonnements fort peu limpides ».
  6. Anatole France, Histoires comiques, Paris, C.-Levy,‎ 1903 (1re éd. 1902) (lire en ligne), p. 141
  7. de Fongeray, « Le Coup d'État », La Revue de Paris, vol. 10,‎ 1830 (lire en ligne).
  8. Dictionnaire de la conversation et de la lecture, tome 4, p. 734
  9. Angrand 1966, p. 51
  10. Né à Rome en 1830, il fut surveillant du théâtre au Ministère de l'Intérieur sous le Second Empire.
  11. Archives Nationales, supra.
  12. Cette date ne correspond pas à la souscription, sans doute postérieure ; elle se remaria à Cavé en 1844.