Alghero

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Alghero
Vue de la côte de la ville, ses bastions et son embarcadère.
Vue de la côte de la ville, ses bastions et son embarcadère.
Nom sarde S'Alighéra
Administration
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Région Flag of the Italian region Sardinia.svg Sardaigne 
Province Sassari 
Code postal 07041
Code ISTAT 090003
Code cadastral A192
Préfixe tel. 079
Démographie
Gentilé algheresi
Population 40 965 hab. (31-12-2010[1])
Densité 183 hab./km2
Géographie
Coordonnées 40° 33′ 00″ N 8° 19′ 00″ E / 40.55, 8.3166740° 33′ 00″ Nord 8° 19′ 00″ Est / 40.55, 8.31667  
Altitude Min. 7 m – Max. 7 m
Superficie 22 443 ha = 224,43 km2
Divers
Saint patron San Michele Arcangelo
Fête patronale 29 septembre
Localisation

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Liens
Site web http://www.comune.alghero.ss.it/

Alghero (L'Alguer en catalan, S'Alighéra en sarde et L'Aliera en sassarese) est une ville italienne d'environ 42 000 habitants, située dans la province de Sassari en Sardaigne, sur la côte nord-occidentale.

Caractéristique linguistique[modifier | modifier le code]

Elle fait figure d'îlot linguistique : 20 % des habitants d'Alghero parlent encore un catalan ancien sardisé et quelque peu italianisé, l'alguérois. Cette langue est reconnue comme langue minoritaire, et est ainsi enseignée et utilisée dans les documents officiels de la ville ainsi que dans la signalisation toponymique du centre historique de la ville, affichée en double forme bilingue.

Toponymie[modifier | modifier le code]

L'Alguer en catalan, S'Alighéra en sarde et L'Aliera en sassarese.

Les origines du toponyme sont incertaines : il dériverait des algues (des posidonies), mais il s'agit sans doute d'une étymologie populaire, même si le même phénomène et le même radical existent pour Algajola et sa voisine L'Île-Rousse (ancienne Algilla), en Haute-Corse. D'autres revendiquent une origine arabe, de « al giaz ira », qui veut dire « péninsule ».

Histoire[modifier | modifier le code]

Le territoire d'Alghero fut tout d'abord peuplé il y a environ 6 000 ans pendant le néolithique : de nombreux monuments, dont des nécropoles dites ipogeiche à Santu Pedru et à Aghelu Ruju, et les villages nuragiques de Palmavera et Sant'Imbenia sont dus à la culture nuragique. Les Phéniciens y construisirent l'un de leurs ports les plus importants grâce aux nombreuses ressources, surtout d'eau douce.

Alghero garde peu de traces de l'époque romaine, dont le village de Santa Imbenia, le sanctuaire de la Purissima et le pont sur l'étang du Calich.

La ville subit plusieurs dominations de pays plus puissants. La vieille ville fut fondée dans la première moitié du XIe siècle par les nobles de la famille Doria, génoise. Sa position stratégique et la présence d'eau souterraine (on trouve encore des puits dans la vieille ville) attira de nombreuses convoitises. En 1283, les Pisans essayèrent d'en prendre le contrôle mais échouèrent et, en 1353, la ville fut conquise par le royaume d'Aragon, qui expulsa la population locale et y installa massivement des familles catalanophones de Barcelone. Certains soutiennent que ces Catalans étaient en majeure partie des criminels graciés sortis des prisons catalanes, et des prostituées, thèse non acceptée par les algheresi d'aujourd'hui[réf. nécessaire]. C'est à la même époque que la ville est frappée par la peste noire.

Alghero est laissée sans protection militaire pendant la seconde moitié du XIVe siècle et la crise du royaume d'Aragon, laissant la voie libre à Eleonora d'Arborea et à son mari Brancaleone Doria de conquérir la ville.

L'économie se trouve en crise en 1492 lors de l'expulsion des Juifs du territoire (il y avait une grande communauté juive) ; elle restera faible jusqu'en 1503 et l'édit papal.

L'empereur Charles Quint visite Alghero en 1541, accompagné de l'amiral Andrea Doria.

La peste frappa de nouveau en 1652 lors de l'arrivée d'un navire provenant de Catalogne ; de nombreux Algheresi tentant d'échapper à l'épidémie en fuyant la ville répandirent la maladie sur tout le territoire. L'épidémie ne s'éteindra qu'après quatre années.

En 1720, la maison de Savoie prit le contrôle, mais Alghero et sa culture catalane résistèrent aux changements imposés par les Savoyards.

La région fut bombardée pendant la Seconde Guerre mondiale et occupée par les troupes allemandes. Les Algheresi réussirent à se révolter, surtout parce que la ville elle-même ne fut pas trop endommagée par les bombes. Les habitants qui perdirent leurs maisons furent logés dans le collège des Jésuites et l'église de San Michele ; ces lieux gardent encore des traces de leur passage.

Pendant les années 1960, elle vit une période de grande croissance accompagnée d'une forte spéculation immobilière, et la construction de plusieurs hôtels le long de la côte.

Géographie[modifier | modifier le code]

Vue aérienne du cap Caccia.

Alghero est située dans le nord-ouest de l'île de Sardaigne, sur une petite péninsule. Sa côte est longue de 68 km grâce à sa géographie assez complexe, avec plusieurs petites baies et petits fleuves. Le cap Caccia, situé à 24 km de la ville, fait partie d'une zone protégée.

Elle fait partie de la « Riviera del Corallo », connue pour ses coraux rouges, très prisés.

Lieux d'intérêt[modifier | modifier le code]

Sites archéologiques[modifier | modifier le code]

Il existe de nombreux sites archéologiques extra-urbains : la nécropole d'Anghelu Ruju et celle de Santu Pedru, une villa de l'époque romaine, Santa Imbenia, le lieu dit Purissima (peut-être l'emplacement de la cité perdue de Carbia), et les complexes nuragiques de Palmavera et Santa Imbenia, ainsi que plusieurs monuments nuragiques éparpillés dans le territoire. Il y a aussi une tombe de la famille royale d'Aragon.

Fortifications[modifier | modifier le code]

Alghero est l'une des seules villes italiennes à avoir gardé environ 70 % de ses fortifications (il manque la partie qui va du Fort de la Maddalena à la Tour de l'Esperò Rejal). Récemment restaurés, les tours et le mur offrent une promenade sur la côte qui continue avec un chemin construit pendant les années 1950, et qui va de la plage de Bosa au port d'Alghero, où il rejoint la rambla. Les bastions qui défendent la vieille ville sont de l'époque catalano-aragonaise ; partant de la piazza de Sulis, ils portent tous des noms de célèbres explorateurs : Marco Polo, Pigafetta, Magellan, Maddalena... Il y a plusieurs portes et tours à partir de la piazza di Porta Terre : Torre di Porta Terra ou degli Ebrei, construite grâce aux contributions de l'importante communauté juive, Torre di San Giovanni, Torre del 'Esperó Reial ou dello Sperone, di San Giacomo ou dei cani (« des chiens », parce qu'elle servait autrefois de fourrière), della Campana, della Polveriera, di Sant'Elena, di Garibaldi ou della Maddalena, où se trouve le fort de la Maddalena, aujourd'hui en ruines. Au port se trouve une petite tour qui servait à saluer et à protéger les marins qui partaient, la tour della Madonnina (« petite Madone »), où l'on prie encore pour une bonne prise et du beau temps. Il existe plusieurs autres tours à Alghero, dont del Lazzaretto, Nuova, del Bulo, Pegna, del Porticciolo, et de Bantini Sale à Porto Ferro.

Il n'y a pas que des fortifications catalanes ; pendant la Seconde Guerre mondiale furent construits plusieurs forts et fortifications à Alghero et dans toute la Sardaigne. Beaucoup furent utilisés comme habitations temporaires ; certains le sont encore, provoquant des tensions avec les bases de l'Otan proches. Plusieurs sont encore visitables.

Palazzi[modifier | modifier le code]

Il y a de nombreux palais à Alghero, de styles les plus variés. Les ruines de la maison de Giuseppe Manno, un homme politique italien, ont été démolies il y a plusieurs années. L'ancien hôpital, longtemps abandonné, abrite aujourd'hui la faculté d'architecture de l'université de la Méditerranée.

Églises[modifier | modifier le code]

Les églises de la ville ont surtout été construites dans la période allant du XIVe au XVIIe siècles. La cathédrale, vouée à Sainte Marie, fut construite au XVIe siècle. Il existe d'autres lieux de culte catholique aux alentours, dont le sanctuaire de Notre-Dame de Valverde.

Transports[modifier | modifier le code]

Transports aériens[modifier | modifier le code]

Il existe un aéroport à 10,5 km au nord de la ville : l'aéroport d'Alghero-Fertilia (code AITA : AHO).

Administration[modifier | modifier le code]

Les maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
10 juin 2002 29 mai 2007 Marco Tedde coalition de centre droit composée de Forza Italia, Alliance nationale,
Partito del Popolo Sardo, UDC et Sardistas
 
29 mai 2007 en cours Marco Tedde Centro-Destra  
Les données manquantes sont à compléter.

Hameaux[modifier | modifier le code]

Sant'Agostino, Il Carmine, La Pivarada, Fertilia, Santa Maria La Palma, Porto Conte

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Olmedo, Putifigari, Sassari, Uri, Villanova Monteleone

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

Habitants recensés


Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

  • Nicole Yrle, Couleur Corail, éditions Cap Béar,‎ 2013, 236 p. (ISBN 9782350661223) : une grande partie du roman se déroule à Alghero.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Source de traduction[modifier | modifier le code]