Jean Ajalbert

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Portrait par Félix Vallotton

Jean Ajalbert (né en 1863 à Clichy, décédé en 1947 à Cahors[1], enterré à Bredons dans le Cantal[2]) était un écrivain, critique d'art et avocat français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean Ajalbert est né le 10 juin 1863, à Clichy-la-Garenne, au hameau de Courcelles[3]. Il a un frère jumeau, Maurice.

Élève au lycée Condorcet où il connait Rodolphe Darzens qui l'éditera. À 20 ans, il travaille à La Justice, le journal du député radical Clemenceau[4]. Ajalbert publie sous le pseudonyme d'Hugues Marcy ses premiers écrits poétiques.

Vers la fin du siècle, Ajalbert fréquentait les milieux symbolistes et décadents auxquels peuvent être rapprochés ses premiers romans. Il a écrit plusieurs volumes sur son Auvergne natale et a rassemblé les écrits d'Arsène Vermenouze publiés en 1939. Les nombreux essais d'Ajalbert portent sur des sujets aussi divers que l'architecture, la tapisserie, la piraterie, l'aviation, la vie au Laos ou en Indochine, Roland Garros ou l'Académie Goncourt (dont il fait partie de 1917 à 1947)[5]. Sa célèbre polémique contre l'École française d'Extrême-Orient est développée dans Le Matin, L'Avenir du Tonkin, La Dépêche de Toulouse, ou La Presse Coloniale. À la faveur des enquêtes qu'il a menées en Indochine, Ajalbert a constaté "qu'il n'y avait point de communication du conquérant au vaincu, de l'étranger avec l'autochtone. Si les membres de l'École Facétieuse ont installé des cours de sanscrit, de tibétain, de japonais dont ils sont réciproquement les professeurs et les élèves, ils n'ont jamais ouvert une classe de langues indigènes." Le 7 juillet 1911, Paul Pelliot, membre éminent de l'EFEO, le gifle en public lors d'un banquet au Restaurant Ledoyen, organisé par l'Association des Français d'Asie en l'honneur d'Albert Sarraut, qui vient d'être nommé gouverneur général de l'Indochine française. Son agresseur sera condamné à 5 francs d'amende et au franc symbolique à titre de dommages et intérêts.

Au cours d'un voyage en Indochine, Ajalbert a fait à Saïgon la connaissance de l'avocat Georges Garros, le père du Roland Garros, le célèbre aviateur. Il rencontre ce dernier à Rome au terme de la course aérienne Paris-Rome et se lie d'amitié avec le jeune homme, si bien qu'il parviendra à réconcilier le père et le fils en froid depuis longtemps. Devenu conservateur du château de Malmaison, il y accueillera en décembre 1914 Roland Garros et son amie Marcelle Gorge pour le dernier Noël d'homme libre de l'aviateur qui devait être capturé par les Allemands quatre mois plus tard. Dès cette époque, il écrit dans L'Humanité, créée peu avant en 1904. Sa signature côtoie celles d'Édouard Vaillant, Daniel Halévy, Jules Renard, Tristan Bernard, Bertrand de Jouvenel ou Léon Blum[6].

En 1917, son fils unique est tué, et il demande à quitter La Malmaison, où trop de choses lui rappellent son souvenir, et devient conservateur de la Manufacture nationale de tapisserie de Beauvais, où il reste en activité jusqu'en 1935, à l'âge de 72 ans. Pendant cette période, il publie plusieurs textes de propagande pour la paix (L'Heure de l'Italie, Propos de Rhénanie), des études scientifiques (Les cartons de Beauvais), des chroniques auvergnates, et Les Mystères de l'Académie Goncourt, qui fit scandale.

À partir des années 1930, Ajalbert se consacre à la rédaction de plusieurs volumes de mémoires où il revient avec nostalgie sur la "Belle Époque". Dans ces ouvrages, il montre son attachement au général Boulanger et se replonge à l'époque du symbolisme où il connut un peu de succès.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il collabore à L'Émancipation nationale de Jacques Doriot, organe du Parti populaire français (PPF). Il signe également une Protestation des intellectuels français contre les crimes anglais aux côtés de La Varende, Céline, Drieu, Brasillach, Bonnard et Hermant.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Où il vivait avec sa seconde femme, Camille Brunner
  2. "Il avait acquis, dès 1934, un petit coin de terre natales à Bredons, dans le petit cimetière de Brezons, afin d'y reposer." Cantal, hautes terres d'Auvergne, collectif, D. Brugès, Éric Iung, encyclopédies Bonneton
  3. Acte de naissance N° 355.
  4. Jean Ajalbert, in Le ministère de la victoire : livre d'hommage à Georges Clemenceau (éd. 1918-1921), [lire en ligne]
  5. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9029759p.r=ajalbert.langFR
  6. Cantal, hautes terres d'Auvergne, collectif, D. Brugès, Éric Iung, encyclopédies Bonneton

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Sur le vif. Vers impressionnistes. Lettre-préface de Robert Caze. Paris, Tresse et Stock, 1886. Seulement 307 ex. sur Vélin teinté, 7 ex. sur Hollande et 7 ex. sur Japon impérial. Tous numérotés et paraphés par l'auteur. Premier livre de Jean Ajalbert.
  • En amour, Paris, Tresse et Stock, 1890.
  • Femmes et Paysages, Paris, Tresse et Stock, 1891.
  • En Auvergne, Paris, Dentu, 1893.
  • Notes sur Berlin, Paris, Tresse & Stock, 1894.
  • Le Cœur gros, Paris, Lemerre, 1894
  • Veillées d’Auvergne, Paris, Flammarion, 1894 (éd. définitive 1926).
  • Celles qui passent, Paris, Ollendorf, 1898.
  • Les deux justices, Paris, Éd. de la Revue Blanche, 1898.
  • Sous le sabre, Paris, Éd. de la Revue Blanche, 1898.
  • La forêt noire, Librairie de la Société des Gens de Lettres, 1899.
  • Quelques dessous du procès de Rennes, Paris, Stock, 1900.
  • A fleur de peau, Paris, Stock, 1901.
  • Sao Van Di (mœurs de Laos), Fasquelle, 1905.
  • Une enquête sur les droits de l’artiste, Paris, Stock, 1905.
  • Bas de soie et pieds nus, Paris, Bibliothèque générale d’éditions, 1907.
  • La piraterie en Indochine, Paris, Fayar, 1909.
  • Le château de la Malmaison, Paris, Éd. d’Art, 1911.
  • Dans Paris la Grande Ville. Sensations de Guerre, Paris, Crès, 1916.
  • L’aviation au-dessus de tout, Paris, Crès, 1916.
  • Sao Van Di. Mœurs du Laos, Paris, Flammarion, [1923].
  • Autour des Cartons de Beauvais, Beauvais, Manufacture nationale de Beauvais, 1924.
  • La passion de Roland Garros, 2 vol., Paris, Éditions de France, 1926.
  • Les livres du Pays, Clermont-Ferrand, L’Auvergne Littéraire, 1926.
  • Les mystères de l’Académie Goncourt, Paris, Ferenzi et fils, 1929.
  • Raffin Su-Su, Paris, Gallimard, 1930.
  • Les Peintres de la Manufacture nationale de tapisseries de Beauvais Édition originale 1930
  • L’en-avant de Frédéric Mistral, Raphalès-les-Arles, Éditions du Midi, 1931.
  • Clemenceau, Paris, Gallimard, 1931.
  • L’Indochine par les Français, Paris, Gallimard, 1931.
  • Auvergne, 1932.
  • Feux et cendres d’Auvergne, Paris, La Renaissance de Livre, 1934.
  • L’Italie en silence et Rome sans amour, Paris, Albin Michel, 1935.
  • Mémoires à rebours. Briand à trente ans, Paris, Mercure de France, 1936.
  • Mémoires en vrac du temps du symbolisme, 1889-1890, Paris, Albin Michel, 1938.
  • Mémoires sur une tombe. Les amants de Royat : Général Boulanger et Mme de Bonnemains, Paris, Albin Michel, 1939.
  • Ces phénomènes artisans de l’Empire, Paris, Aubanel, 1941.

Liens externes[modifier | modifier le code]