Swing state

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Bleu foncé : États traditionnellement démocrates
Rouge foncé : États traditionnellement républicains
Bleu clair : Swing states à tendance démocrate
Rouge clair : Swing states à tendance républicaine
Violet : Swing states sans tendance spécifique
Panneaux de campagne électorale dans le quartier résidentiel de Grosse Pointe, au Michigan, pendant l'élection présidentielle de 2004, mettant en évidence les différences d'opinion entre deux voisins.

Dans le contexte de l'élection présidentielle aux États-Unis, un swing state, également appelé État-charnière, État pivot[1], est un État des États-Unis qui peut alterner, d'un scrutin à l'autre, entre les deux partis dominants et faire basculer le résultat du vote final.

C'est donc un État américain où aucun des deux partis politiques américains, le Parti démocrate et le Parti républicain, ne domine le vote populaire. Dans cet État, les candidats de chacun de ces partis ont une chance raisonnable d'arriver en tête des suffrages exprimés et donc de remporter la totalité du collège électoral de cet État. La campagne présidentielle de ces candidats a donc tendance à se concentrer sur ces quelques États, qui sont souvent la clé de la victoire à l'élection présidentielle.

Origine[modifier | modifier le code]

Ces deux cartes indiquent l'attention consacrée à chaque État par les campagnes de Bush et Kerry pendant les cinq dernières semaines de l'élection présidentielle de 2004. À gauche, chaque main représente une visite d'un candidat à la présidence ou à la vice-présidence. À droite, chaque dollar représente un million de dollars dépensé en publicité électorales à la télévision.

Lors des élections présidentielles américaines, chaque État est autorisé à choisir la méthode par laquelle il élit ses grands électeurs qu'il envoie au collège électoral chargé d'élire le président des États-Unis (le nombre de grands électeurs à élire par État est à peu près proportionnel à sa population). À l'exception du Maine et du Nebraska, les quarante-huit autres États américains ont tous ont opté pour le système dit du winner-takes-all ("le vainqueur prend tout") qui attribue l'ensemble des grands électeurs de l'État au candidat ayant reçu le plus grand nombre de suffrages. Par conséquent, un candidat n'a besoin que d'une majorité relative du vote populaire dans un État pour y remporter l'intégralité des grands électeurs. Ainsi si le candidat A obtient 55 % des voix, le candidat B 40 % et les petits candidats C et D le reste, l'ensemble des grands électeurs élus pour cet État sont des grands électeurs du parti du candidat A.

Au niveau national, le nombre total de grands électeurs obtenus est plus important que le nombre total de suffrages populaires car ce sont les grands électeurs qui élisent le président (par exemple, en 2000, le candidat démocrate battu, Al Gore avait obtenu plus de suffrages populaires que le candidat républicain George W. Bush mais moins de grands électeurs). La campagne d'un candidat tend donc à ignorer les États où il pense arriver en tête facilement dans la mesure où il remportera la totalité des grands électeurs de cet État sans y faire de campagne significative. Tout effort de campagne y est donc inutile. Une logique similaire conduit le candidat à ne pas s'investir dans un État où il est sûr de ne pas arriver en tête. La campagne électorale des candidats a donc tendance à éviter les États où un candidat est sûr d'arriver devant l'autre. Par exemple, un candidat républicain peut s'attendre à remporter facilement le Texas et plusieurs autres États du Sud comme le Mississippi ou la Caroline du Sud, qui possèdent une culture plutôt conservatrice et un historique de vote en faveur des candidats républicains. De façon similaire, il peut s'attendre à perdre l'Illinois, le Vermont, Hawaii, le Massachusetts, le New Jersey et l'État de New York, traditionnellement plus libéraux, quelle que soit sa campagne dans ces États.

Les partis n'ont pas d'intérêt à dépenser leurs ressources et leur temps de campagne dans des États qui sont sûrs de voter majoritairement pour un candidat en particulier puisque dans ces États, du fait de ce système de vote, cela ne fera pas gagner ou perdre un grand électeur de plus à aucun des deux candidats. Les partis vont donc concentrer leur campagne sur les quelques États pouvant basculer pour l'un ou l'autre des deux candidats principaux : les swing states.

Historique[modifier | modifier le code]

Dès l'élection de 1888, les États du Connecticut, de l'Indiana, du New Jersey et de New York furent les États clés pour remporter l'élection présidentielle[2]. Les swing states de l'Illinois[3] et du Texas déterminèrent le résultat de celle de 1960.

Le statut de swing state peut changer au fil du temps. En 2008, l'Illinois, le Connecticut et New York sont quasiment sûrs d'être remportés par le candidat démocrate, tandis que l'Indiana et le Texas reviendront certainement au candidat républicain. Lors de la présidentielle de 2000, le résultat de l'élection dépendit entièrement de la Floride[4] et l'Ohio eut une grande importance dans celle de 2004. En 2008, ces deux États sont toujours considérés comme des swing states.

Autres appellations[modifier | modifier le code]

En anglais, les swing states sont quelquefois aussi surnommés :

  • Battleground state (traduction française littérale, non officielle, non utilisée: « État champ de bataille ») ;
  • Purple state (traduction française littérale et officielle, utilisable moyennant fourniture des explications ci-après : État pourpre), car le pourpre est la combinaison du rouge et du bleu, couleurs symbolisant respectivement les partis républicain et démocrate.


En français, il existe de nombreux autres synonymes et périphrases, détaillés dans la page web de l'Office québécois de la langue française en référence[5], sous le titre "swing states" (à noter que les deux traductions officielles désignées en première phrase de la présente page prennent un -s à chaque mot au pluriel : États charnières, États pivots) :

« (citation, Office québécois de la langue française) Aux États-Unis, l'influence de certains États appelés swing states peut être déterminante dans l'issue d'une campagne présidentielle.

Nos voisins les désignent également sous le nom de battleground states, key states ou, plus ironiquement, purple states, des « États violets », puisqu'ils ne seraient ni bleus et démocrates (blue states), ni rouges et républicains (red states), mais un mélange des deux.

Comment traduire cette réalité : des États, très courtisés, acquis ni à l'un ni à l'autre des deux grands partis, et dont le vote, dans une lutte serrée, pourrait se révéler décisif ?

Même si des médias ont pu se contenter de reprendre l'expression américaine, beaucoup d'autres, en revanche, ont tenté de trouver un équivalent.

Si les plus fréquemment utilisés sont :

  • États clés, États indécis ou États incertains,

on en trouve d'autres, tout aussi intéressants :

  • États cruciaux, États disputés, États décisifs

ou encore :

  • États en balance, États charnières, États pivots.

Et c'est sans compter le recours à des périphrases du type :

  • ces États où va se jouer l'issue de l'élection
  • ces États dont le vote sera déterminant dans la course à la présidence
  • ces États jugés décisifs pour la présidentielle
  • ces États qui sont susceptibles de faire basculer le vote
  • etc. ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.btb.termiumplus.gc.ca/tpv2alpha/alpha-fra.html?lang=fra&i=&index=ent&__index=ent&srchtxt=swing+state&comencsrch.x=0&comencsrch.y=0&comencsrch=Lancer%7C swing state / battleground state / purple state : État-charnière (terme publié au Journal officiel de la République française par la Commission générale de terminologie et de néologie), État pivot, État pourpre (Termium, consulté le 10 avril 2015)
  2. « 1888 Overview », Harper's Weekly (consulté le 16 mars 2008)
  3. David Rosenbaum, « Daley Remembered as Last of the Big-City Bosses », The New York Times,‎ (consulté le 16 mars 2008)
  4. « How we got here: A timeline of the Florida recount », CNN,‎ (consulté le 16 mars 2008)
  5. https://www.oqlf.gouv.qc.ca/ressources/bibliotheque/dictionnaires/20100920_elections.html%7C Bibliothèque virtuelle - Les mots de la politique - Liste des mots traités : agenda caché - agenda politique - blâme (motion, vote de ~) - bleu ou rouge - cabinet fantôme - candidat-vedette - censure (motion, vote de ~) - challenger ou challengeur - chef du parti - chefferie - conseiller en image - convention - coude-à-coude - débatteur - défiance (motion, vote de ~) - dernier droit de la campagne - direction du parti - élection - élire - faire sortir le vote - faiseur d'image - investiture - lac-à-l'épaule - leadership - livrer la marchandise - membership - ministrable - mode électoral (en ~) - momentum - nez à nez - non-confiance (motion, vote de ~) - partis politiques et partisans - plate(-)forme et programme - post-mortem - premier-ministrable - rouge - spin doctor - swing states - war room. (Office québécois de la langue française, page consultée le 10 avril 2015)