Vieux Royaume

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Évolution des frontières de la Roumanie depuis 1881 - le Vieux Royaume est en violet
Les armes de la famille royale roumaine de 1881 à 1921, période correspondant au Vieux Royaume

Le Vieux Royaume[1],[2] (en roumain : Vechiul Regat) désigne le territoire du Royaume de Roumanie dans l'étendue qui fut la sienne de 1878 à 1913 ; en fait l'union des principautés de Valachie et Moldavie sous les auspices du traité de Paris (1856) avait d'abord constitué une principauté encore vassale de l'Empire ottoman (1859-1878) puis indépendante (1878) avant d'être érigée en royaume (1881).

Ce territoire de 120 732 km2 est modifié une première fois en 1913 où à l'issue de la Deuxième Guerre balkanique où il augmente des 7 412 km2 de la Dobroudja du Sud prise à la Bulgarie. Il est modifié une deuxième fois début 1918 par le traité de Bucarest qui oblige le Royaume à céder 10 683 km2 à ses vainqueurs, l'Autriche-Hongrie et la Bulgarie. Simultanément l'union du Royaume avec la République démocratique moldave le 27 mars 1918 augmente le Royaume de 44 422 km2. Ainsi en avril 1918, le Royaume compte 161 883 km2 (cas rare d'un pays vaincu qui sort néanmoins agrandi de sa défaite... à la suite de l'effondrement de son allié l'Empire russe)[3]. Fin 1918, avec la défaite des Empires centraux, le Royaume atteint 295 049 km2: il est alors appelé « Grande Roumanie ». C'est au sein de cet état agrandi que le territoire d'avant 1913 commence à être désigné comme Vechiul Regat par opposition aux nouveaux territoires, tandis que ses habitants, citoyens roumains quarante ans avant les autres, sont les Regatseni : « ceux de l'ancien royaume »[4].

Bien qu'obsolète aujourd'hui, ce terme est encore en usage de nos jours en Transylvanie pour désigner les habitants de la Moldavie et de la Valachie[5].

Depuis 1948, la République de Roumanie compte 237 499 km2, soit presque le double du Vieux Royaume qui y est presque intégralement englobé, à part 387 km2 occupés par l'URSS de 1940 à 1948 et appartenant aujourd'hui à l'Ukraine (arrondissement de Hertsa au nord du pays, cinq îles du bras de Chilia aux bouches du Danube et île des Serpents en Mer Noire).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Antoine Roger, Les Fondements du nationalisme roumain (-) (monographie), Genève et Paris, Droz [ouvrage publié avec le soutien de l'Institut d'études politiques de Bordeaux], coll. « Travaux de sciences sociales » (no 199),‎ [1re éd.], 286 p., 15,2 x 22,2 cm (ISBN 2-600-00845-4, 978-2-600-00845-7, 978-2-600-10845-4 et 978-2-600-20845-1, OCLC 417273633, notice BnF no FRBNF39071940, présentation en ligne), p. 14 [lire en ligne (page consultée le 31 mars 2016)].
  2. Violette Rey et Thérèse Saint-Julien (dir.), Territoires d'Europe : la différence en partage (monographie, ouvrage issu d'un séminaire intitulé Territoires européens : diversité, différenciation et intégration qui s'est tenu régulièrement entre et ), Lyon, ENS, coll. « Sociétés, espaces, temps »,‎ [1re éd.], 334 p., 15 x 23 cm (ISBN 2-84788-073-9 et 978-2-84788-073-1, OCLC 261201957, notice BnF no FRBNF40043217, présentation en ligne), p. 196 [lire en ligne (page consultée le 31 mars 2016)].
  3. Pierre Renouvin, La Crise Européenne et la Première Guerre Mondiale, p.532.
  4. Dictionnaire explicatif de la langue roumaine (DEX) sur DEX 1998 et DEX 1998.
  5. Par exemple, une recherche sur google montre que ce terme est utilisé dans des discussions sur l'actualité dans les forums roumains.

Voir aussi[modifier | modifier le code]