Kaloyan

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Sépulture de Kaloian à Veliko Tarnovo
Sépulture de Calojean à Veliko Tarnovo

Jean Kaloian (en bulgare Иван Калоян, en français ancien Joanisse Calojean de l'aroumain Ionițã Caloian[1], né en 1170, assassiné le 8 octobre 1207) a été, entre 1197 et 1207, le tsar du Regnum Bulgarorum et Valachorum (selon les chroniques de l'époque) soit « royaume des Bulgares et des Valaques »[2], aujourd'hui appelé « Second empire bulgare »[3] ou encore « Royaume Bulgaro-Valaque »[4].

Son nom vient du grec Kaloioannis (beau Jean) et son prénom de baptême est devenu son nom avec cette épithète[5].

Vie et règne[modifier | modifier le code]

Frère d'Ioan Asen I et de Pierre Asen, fondateurs de la dynastie des Asénides, il est envoyé comme otage à Constantinople, d'où il s'échappe et rentre en Bulgarie vers 1189. Après l'assassinat d'Ioan Asen I, il rejoint son frère Pierre comme co-tsar du pays, et après la mort de Pierre en 1197, il reste le seul souverain.

Il a suivi une politique hostile à l'Empire byzantin en faisant flèche de tout bois : ainsi, il obtînt l'allégeance d'Ivanko, assassin d'Ioan Asen, qui avait été récompensé par les Byzantins par le poste de thémarque de Philippopolis (Plovdiv).

En 1199, le pape Innocent III l'invite à unir l'Église bulgare et valaque (métropole de Tǎrnovo) à l'Église catholique. Calojean répond à cette demande en 1202, en échange du titre de tsar (césar, empereur) pour lui et de la nomination du patriarche de Tǎrnovo comme archevêque-primat de l'Église bulgaro-valaque. Le pape, qui ne voulait pas faire telle concession, a envoyé un cardinal, qui a simplement reconnu à Calojean le titre de rex Bulgarorum et Blachorum, tandis que le basileus byzantin Alexis III Ange le reconnaît comme tsar et lui promet de reconnaître au métropolite de Tǎrnovo le titre de patriarche de l'Église bulgare et valaque.

En 1204, la Quatrième croisade aboutit à la prise de Constantinople par les croisés et à la fondation de l'Empire latin d'Orient. Baudouin VI de Hainaut en devient l'empereur, et décide de conquérir les anciennes terres de l'Empire byzantin, y compris le Regnum Bulgarorum et Valachorum. Le conflit qui s'annonçait était attendu par l'aristocratie grecque en Thrace, mécontente des croisés, qui offrit sa soumission à Calojean. Le 14 avril 1205, l'armée de celui-ci surprend la cavalerie latine dans le nord d'Andrinople/Edirne et vainc l'armée de la Quatrième croisade. L'empereur Baudouin est capturé[6], le comte Louis de Blois est tué, et le Doge de Venise Enrico Dandolo, qui survit à la bataille, ramène précipitamment les restes de l'armée à Constantinople, mais meurt d'épuisement durant cette retraite. Dans la même campagne, Calojean conquiert Serres et Philippopolis, et aussi une grande partie des territoires latins en Thrace et Macédoine.

Mort[modifier | modifier le code]

Calojean est assassiné le 8 octobre 1207 pendant le siège de Thessalonique, par le chef de ses mercenaires Coumans, Manastar. Les Grecs ne manquent pas d'attribuer sa mort soudaine à un miracle réalisé par saint Démétrios le patron de la ville.

Famille[modifier | modifier le code]

Il a deux enfants :

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon Anne Comnène, Georges Cédrène, Nicétas Choniatès et Jean Skylitzès, Ιωαννίτση Καλοιωάννης était comme ses ancêtres Asénides un valaque, et les sources latines mentionnent Calojean comme roi des (omnium) Bulgarorum atque Blachorum soit « (tous) les Bulgares et Valaques » ou encore comme Blachorum domino soit « seigneur des Valaques ». L'historiographie bulgare moderne considère ces affirmations comme de la pure fiction, bien qu'elles aient été acceptées et reprises par Calojean. En raison des controverses nationalistes modernes entre la Bulgarie, qui a slavisé tous les noms à consonance valaque dans les sources anciennes (Ivan Asen pour Ioan Asen), et la Roumanie qui souligne au contraire leur origine aroumaine, l'historiographie internationale actuelle néglige, relativise ou occulte cet aspect. En fait, leur généalogie révèle qu'ils avaient des origines multiples, les boyards et joupans bulgares et valaques se mélangeant pour former une aristocratie transnationale, comme le souligne le pape Innocent III qui qualifie Calojean de « descendant à la fois des tsars du premier empire bulgare et de la noblesse de Rome » : Florin Constantiniu, Une histoire sincère du peuple roumain, ed. Enciclopedică, Bucarest 1997 et Grigorie P. Jitaru, Contribuții la istoricul blazonului Basarabilor, p. 29, în: « Anuarul Muzeului național de Istorie a Moldovei », tomes I, pp. 27-36 (1992), et II (1995), pp. 19-40
  2. Geoffroi de Villehardouin le nomme « Joanisse, le roi de Blaquie et de Bougrie » dans ses Historiens et Chroniqueurs du Moyen Âge Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard Paris 1952 : La Conquête de Constantinople, Chapitre LXXVIII, tandis que le pape Innocent III le qualifie de rex Bulgarorum et Blachorum
  3. Втора българска държава dans l'ensemble de l'historiographie bulgare et, par traduction, internationale : Hristo Hristov, History of Bulgaria, éd. Dimităr Markovski, Sofia 1985
  4. Adolf Armbruster, La romanité des Roumains : histoire d'une idée, (ISBN 9734500589 et 9789734500581), éd. Encyclopedică, Bucarest 1993 ; Arnold Toynbee, Nevil Forbes, et al., The Balkans: A History of Bulgaria, Serbia, Greece, Rumania, Turkey. Republished from the 1916 revised edition.
  5. Hristo Hristov, History of Bulgaria déjà cité
  6. Baudouin, qui est emprisonné dans la capitale bulgare de Veliko Tarnovo, est mort ou est exécuté vers 1205, la rançon n'ayant pas été versée. L'historien byzantin Georges Acropolite prétendra que son crâne fut transformé en coupe à boire par Calojean.

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