Vladimir Jirinovski

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Vladimir Jirinovski
Illustration.
Vladimir Jirinovski en 2021.
Fonctions
Président du Parti libéral-démocrate de Russie

(30 ans, 11 mois et 18 jours)
Prédécesseur Parti créé
Successeur Leonid Sloutski
Député à la Douma

(28 ans, 3 mois et 25 jours)
Élection
Réélection

7 décembre 2003
2 décembre 2007
4 décembre 2011
18 septembre 2016
17-19 septembre 2021
Circonscription Chtchiolkovski (1993-1995)
Proportionnelle nationale (1995-2022)
Biographie
Nom de naissance Vladimir Volfovitch Eidelstein
Date de naissance
Lieu de naissance Alma-Ata (RSS kazakhe, Union soviétique)
Date de décès (à 75 ans)
Lieu de décès Moscou (Russie)
Nationalité Soviétique puis russe
Parti politique LDPR
Diplômé de Université d'État de Moscou
Profession Avocat
Religion Christianisme orthodoxe

Signature de Vladimir Jirinovski

Vladimir Volfovitch Jirinovski (en russe : Влади́мир Во́льфович Жирино́вский), né Eidelstein (Эйдельште́йн) le à Alma-Ata (République socialiste soviétique kazakhe, Union soviétique), et mort le à Moscou, est un homme politique russe, président du parti d'extrême droite LDPR.

Connu pour son chauvinisme provocateur, il est décrit comme « le showman de la politique russe, mélangeant les rhétoriques populiste et nationaliste, les invectives anti-occidentales et un style impétueux et conflictuel »[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Vladimir Volfovitch Jirinovski est né le 25 avril 1946 à Alma-Ata (Almaty aujourd’hui), au Kazakhstan soviétique, dans une famille pauvre. Son père, semble-t-il, était « un juif de Pologne » déporté en Asie centrale, est renvoyé en Pologne rapidement après la naissance de l'enfant[2],[3]. Sa mère s’est peu occupée de lui. Abandonnant sa famille, son père, Wolf Eidelstein, émigra en Israël, en 1948 et y mourut en 1983. En 1964, il change son nom qui indique de manière évidente la judéité de son père pour le nom de sa mère : Jirinovski. Questionné sur ses origines, il indique : « Ma mère était russe, mon père juriste »[4].

Jirinovski suit des études linguistiques à l'Institut des langues orientales de l'université de Moscou et se spécialise dans la langue et le monde turcophones : la région où il est né et a passé sa jeunesse, le Kazakhstan, appartient au « monde turc », la langue et l'histoire du pays étant liées aux populations de langue d'origine turque.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Après avoir fini ses études (thèse de philosophie à l'université d'État de Moscou en 1988), Vladimir Jirinovski rentre au Comité de sécurité de l'État (KGB)[5], suit en parallèle des études de droit, puis se lance en politique en 1990 avec la fondation de son parti : le Parti libéral-démocrate de Russie (LDPR). Ce nom exprime très mal le corpus politique sur lequel est fondé le PLD : xénophobie (essentiellement anti-caucasienne), expansionnisme militaire, retour à un État fort, politique de répression intensive contre les délinquants ; il a par ailleurs été accusé d'homophobie et d'antisémitisme. À ce programme politique s'ajoutent des revendications territoriales comme le retour de l'Alaska et des anciennes républiques soviétiques à la Russie, ainsi que la conquête de l'Iran (Jirinovski était soutenu financièrement par son ami l'ancien président irakien Saddam Hussein). Jirinovski recommande même l'utilisation de la bombe atomique si nécessaire.[réf. nécessaire]

À l'élection présidentielle russe de 1991, il obtient 8 % des voix. En 1996 et 2000, il ne cesse de régresser pour terminer le à 2,7 %. En 2004, il renonce à se présenter face au président sortant Vladimir Poutine que les sondages annoncent déjà triomphalement réélu ; son parti présente Oleg Malychkine (en), qui obtient 2 % des voix.

Avec 11,5 % et 36 sièges aux législatives de 2003, le LDPR devient le troisième parti à la Douma, derrière le parti du président Poutine, Russie unie (37,6 %), et le Parti communiste de la fédération de Russie (12,6 %). À l'issue des élections législatives du 4 décembre 2011, le LDPR cède son rang de troisième parti du pays, en recueillant 11,7 %, à Russie juste (13,2 %).

Lors de l'élection présidentielle russe de 2008, remportée par Dmitri Medvedev, Vladimir Jirinovski arrive en troisième position avec 9,5 % des suffrages exprimés. En 2012, il finit en quatrième position avec 6,2 % des voix. Il se représente lors de l'élection présidentielle de 2018 et est l'un des huit candidats officiels. Lors de la campagne, il se fait notamment remarquer pour avoir qualifié la candidate Ksenia Sobtchak de « pute », ce à quoi elle a réagi en lui lançant un verre d'eau au visage[6]. Il termine en troisième position, avec 5,65 % des voix.

Ses multiples candidatures permettent au régime russe d'accréditer la fiction d'un pluralisme politique, et les outrances dont est coutumier Jirinovski décrédibilisent toute opposition politique en Russie. Sa radicalité fait apparaitre Vladimir Poutine comme quelqu'un de modéré et responsable, ce qui rassure les pays occidentaux.[réf. nécessaire] Pour Benoît Vitkine du Monde, Jirinovski fut un « opposant factice » de Vladimir Poutine et un « chantre de la guerre »[2] Selon Le Figaro, il toujours pris soin de ne pas s'opposer à Vladimir Poutine. Dans un communiqué qui suit l'annonce de son décès, ce dernier décrit Jirinovski comme « un orateur et polémiste éclatant » et comme un homme politique qui « défendait une position patriotique et les intérêts de la Russie »[7].

En février 2022, Vladimir Jirinovski est admis à l'hôpital clinique central (TsKB) de Moscou avec un diagnostic de Covid-19 et se trouve dans un « état très grave ». L'homme politique avait fait une déclaration en décembre 2021, selon laquelle depuis septembre 2020, il aurait été vacciné 7 fois[8].

Il meurt le à Moscou après avoir été infecté par le virus du Covid-19[2],[9]. Le président Poutine est présent à ses funérailles.[10]

Vie privée[modifier | modifier le code]

Vladimir Jirinovski entretient depuis les années 1990 une amitié avec l'homme politique d'extrême droite français Jean-Marie Le Pen, qui a été son témoin de mariage[11].

Positions politiques[modifier | modifier le code]

Vladimir Jirinovski s'illustre en lançant à intervalles réguliers des propositions toujours plus outrancières et farfelues : il promet de former une dictature lorsqu'il serait élu président et d'étendre les frontières de la Russie pour récupérer des terres jadis russes comme l'Alaska et la Finlande. Il suggère d'utiliser de grands ventilateurs pour souffler des déchets radioactifs vers les États baltes[12]. Il plaide pour réintroduire la peine de mort, limiter la natalité dans le Caucase pour lutter selon lui contre le terrorisme, légaliser la polygamie.[2]

Après que 32 personnes ont été assassinées lors des attentats terroristes à Bruxelles le 22 mars 2016, Vladimir Jirinovski a indiqué dans un talk-show que de tels attentats étaient bons pour la Russie : « C'est avantageux pour nous. Qu'ils crèvent et qu'ils meurent ». Selon lui, les pays occidentaux s'allieraient alors à Moscou et imploreraient son aide[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Profiles of Russia's 2012 presidential election candidates », BBC News,‎ (lire en ligne).
  2. a b c et d Benoît Vitkine, « En Russie, mort de Vladimir Jirinovski, opposant factice de Vladimir Poutine et chantre de la guerre », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  3. Walter Laqueur : Histoire des droites en Russie, p 245 à 279, Paris, éd. Michalon, 1996; (ISBN 978-2841860081
  4. [1], sur otvet.mail.ru
  5. (ru) « Персоналии: Владимир Жириновский », sur h.ua
  6. François de Labarre, « Ksenia Sobtchak, protégée puis rivale de Poutine », Paris Match, semaine du 8 au 14 mars 2018, pages 72-75.
  7. Vladimir Jirinovski, figure de la vie politique russe, est mort, lefigaro.fr, 6 avril 2022
  8. (it) Mass media russi: Vladimir Zhirinovskij affetto da Covid ricoverato in gravissime condizioni, rainews.it, 9 février 2022
  9. (ru) ТАСС, « Умер Владимир Жириновский », sur TASS,‎ (consulté le )
  10. (en) The Moscow Times, « Russian Elite Attends Nationalist Firebrand Zhirinovsky's Funeral », sur The Moscow Times, (consulté le )
  11. Fabrice Arfi, Karl Laske et Marine Turchi, « La Russie au secours du FN : deux millions d’euros aussi pour Jean-Marie Le Pen », sur Mediapart, (consulté le )
  12. (en) Vladimir Jirinovsky
  13. (en-US) « Brussels Attacks are Good for Russia, Says Nationalist Leader », sur newsweek.com

Liens externes[modifier | modifier le code]