Mihai Eminescu

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Mihai Eminescu
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Mihai Eminescu

Naissance
Botoșani
Principauté de Moldavie
Décès (à 39 ans)
Bucarest
Drapeau de la Roumanie Royaume de Roumanie
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Roumain
Mouvement Romantisme
Genres
Signature de Mihai Eminescu

Mihai Eminescu (prononcé en roumain : /mi'hai emi'nesku/), de son nom d'état-civil : Mihail Eminovici (prononcé en roumain: mi'hail éminovitch), ( - ), est un poète romantique, le plus célèbre de Roumanie.

Ses poèmes les plus connus sont Luceafărul (Hypérion) - (L'étoile du Nord), Odă în metru antic (Ode en métrique ancienne), et les cinq Scrisori (Épitres). Eminescu était un membre actif de la société littéraire Junimea, et a travaillé comme éditeur au Timpul, le journal officiel du Parti conservateur.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et enfance[modifier | modifier le code]

Son père est Gheorghe Eminovici d'Ipotești, un village près de Botoșani où il se fixe et épouse Raluca Iurăscu, fille d'un stolnic.

Mihail (comme indiqué dans le registre de baptême) ou Mihai (forme moderne) est né à Botoșani, septième enfant parmi onze. Il passe ses premières années à Botoșani et à Ipotești, dans la maison de famille de ses parents. De 1858 à 1866 il va à l'école primaire de Cernăuți (capitale de la Bucovine alors autrichienne : Czernowitz en allemand). Il fréquente le Lycée Impérial et Royal de Czernowitz, et est collègue de Johann Menga. Il a comme professeur de littérature roumaine Aron Pumnul, une figure des années révolutionnaires de 1848.

La vocation d'écrivain d'Eminescu se révèle en 1866. En janvier, son professeur Aron Pumnul meurt, et les élèves du lycée de Czernowitz publient un pamphlet, Lăcrămioarele învățăceilor gimnaziaști (Les larmes des lycéens) dans lequel se trouve un poème intitulé La mormântul lui Aron Pumnul (À la sépulture d'Aron Pumnul) signé « M. Eminoviciu ». Le 25 février, son poème De-aș avea (Si j'avais) est publié à Budapest dans le magazine littéraire de Iosif Vulcan, Familia. C'est le commencement d'une série continue de poèmes publiés (avec leur traduction occasionnelle en allemand]). C'est aussi Iosif Vulcan, qui n'aime pas l'orthographe slavo-autrichienne « Eminowicz » du nom du jeune poète, qui choisit pour lui le nom de plume plus roumain de Mihai Eminescu.

En 1867, il rejoint à 17 ans la troupe de Iorgu Caragiale comme secrétaire et souffleur ; l'année suivante, il entre dans la troupe de Mihai Pascaly, qui comprend Matei Millo et Fanny Tardini-Vlădicescu. Il s'installe bientôt à Bucarest, où, fin novembre, il est nommé secrétaire et copiste pour le Théâtre national de Bucarest. Durant cette période, il continue d'écrire et de publier des poèmes. Il paie aussi son loyer en traduisant des centaines de pages d'un livre allemand d'Enric Theodor Rotscher, mais ce travail n'a jamais été terminé. Il commence aussi à cette époque son roman Geniu pustiu (Génie désert (ou inutile, ou inconsolable selon les traductions)), publié de manière posthume en 1904, sous forme inachevée.

Le , il est le cofondateur du cercle littéraire « Orient », dont les objectifs incluent la collection de documents en rapport avec l'histoire littéraire roumaine. Le 29 juin, les divers membres du groupe « Orient » sont envoyés en mission dans différentes provinces du pays. Eminescu choisit la Moldavie. Cet été-là, il revoit fortuitement son frère Iorgu, qui est officier dans l'armée, dans les jardins du Cișmigiu, mais refuse l'offre de Iorgu de reprendre contact avec sa famille, car ses parents, conformistes, refusaient encore de leur côté de comprendre sa vocation littéraire et poétique. Iorgu, toutefois, ne renonce pas à réussir sa médiation.

Il a déjà quitté la troupe de Pascaly quand il part pour Cernăuți et pour Iași. Sur les instances de Iorgu il renoue avec sa famille et son père lui promet de l'aider pour qu'il puisse poursuivre des études à Vienne. Comme toujours, il continue d'écrire et de publier de la poésie ; en particulier, à l'occasion de la mort de l'ancien souverain valaque : Barbu Démètre Știrbei, il publie un feuillet, La moartea principelui Știrbei (À la mort du prince Știrbei).

Mihai Eminescu (buste de Chișinău, Moldavie).

Junimea[modifier | modifier le code]

D' à 1872, il étudie à Vienne. Il émarge comme « auditeur extraordinaire » à la Faculté de Philosophie et de Droit. Actif dans sa vie étudiante, il se lie d'amitié avec Ioan Slavici, et vient à connaître Vienne grâce à Veronica Micle ; il devient contributeur à Convorbiri literare (Conversations littéraires), édité par Junimea (du romain june - « jeune »). Les chefs de file de cette organisation culturelle, Petre P. Carp, Vasile Pogor, Theodor Rosetti, Iacob Negruzzi et Titu Maiorescu, exerceront leur influence politique et culturelle sur Eminescu pour le restant de sa vie. Impressionné par l'un des poèmes d'Eminescu, Venere și Madonă (Vénus et Madone), Iacob Negruzzi, l'éditeur des Convorbiri literare, voyage jusqu'à Vienne pour le rencontrer. Negruzzi écrira plus tard comment il identifia immédiatement Eminescu dans la foule des jeunes gens dans un café viennois par son apparence « romantique » : de longs cheveux, le regard perdu dans ses pensées...

En 1870, Eminescu écrit trois articles sous le pseudonyme de « Varro » dans Federațiunea à Pest, avec comme sujet la situation des Roumains et des autres minorités dans l'Empire austro-hongrois. Il devient journaliste pour le journal Albina à Pest. De 1872 à 1874, il continue d'étudier à Berlin, grâce au soutien financier de Junimea.

De 1874 à 1877 il est directeur de la Bibliothèque Centrale de Iași ; professeur remplaçant, inspecteur scolaire dans les județe (départements) de Iași et Vaslui ; éditeur du journal Curierul de Iași (Le Courrier de Iași) grâce à son amitié avec Titu Maiorescu, chef de Junimea et recteur de l'Université de Iași. Il continue à publier dans Convorbiri literare. Il devient un bon ami d'Ion Creangă, qu'il convainc d'écrire et qu'il introduit dans le club littéraire Junimea.

En 1877 il part pour Bucarest, où il est d'abord éditeur jusqu'en 1883, et éditeur-en-chef du journal Timpul (Le Temps). À cette époque, il écrit Scrisorile, Luceafărul, Odă în metru antic etc. La plupart de ces œuvres éditoriales, très connues, appartiennent à cette période, alors que la Roumanie se bat aux côtés de l'Empire russe contre l'Empire Ottoman dans la guerre russo-turque de 1877-1878 et joue un jeu diplomatique qui finalement aboutira à la reconnaissance internationale de l'indépendance roumaine et à la naturalisation des juifs ashkénazes de culture yiddish, venus d'Autriche-Hongrie ou de Russie (la Roumanie comptait auparavant beaucoup moins de juifs, pour la plupart Romaniotes et roumanophones). Eminescu s'oppose à cette naturalisation[1], ainsi qu'à une autre clause du traité de Berlin de 1878, qui oblige la Roumanie à céder à la Russie la Bessarabie du sud, en échange de la Dobrogée, jusque-là province ottomane sur la Mer Noire.

En , le poète tombe sérieusement malade, et est admis à l'hôpital du Dr Suțu. En paraît son volume Poesii, avec une sélection de poèmes préfacée par Titu Maiorescu.

Mort[modifier | modifier le code]

Tombe d'Eminescu au Cimetière Bellu

Il souffre pendant ses dernières années de psychose maniaco-dépressive. En 1883, on lui diagnostique la syphilis. George Călinescu écrit dans la biographie du poète qu'il était en fait atteint de cette maladie depuis l'âge de vingt ans ; un autre diagnostic, fait à Vienne la même année, mentionne sa dépression mais pas la syphilis. En 1884, il retourne en Roumanie, et paraît en bonne santé.

Eminescu meurt à l'hôpital le . Son autopsie est bâclée, et la raison précise de sa mort n'est pas connue de façon claire. Il est enterré à Bucarest au cimetière Bellu.

Son œuvre[modifier | modifier le code]

L'historien roumain Nicolae Iorga considère Eminescu comme le parrain de la langue roumaine moderne. Il est célébré unanimement comme le plus grand et le plus représentatif poète roumain.

Le poète[modifier | modifier le code]

Ces poèmes couvrent une vaste gamme de thèmes, de la nature et de l'amour à l'histoire et au commentaire social. Ses jeunes années pleines d'insouciance furent évoquées dans des poèmes plus tardifs avec une profonde nostalgie.

Eminescu fut influencé par le travail d'Arthur Schopenhauer, et quelques-uns ont suggéré que son poème le plus connu, Luceafărul, est basé sur un travail allemand plus ancien ou sur la Katha Upanishad.

Les poèmes d'Eminescu ont été traduits dans plus de 60 langues.

Ses poèmes les plus importants[modifier | modifier le code]

  • Doina (le nom désigne un type de chanson traditionnelle roumaine),
  • Lacul (Le lac)
  • Luceafărul (Hypérion)
  • Floare albastră (Fleur bleue)
  • Dorința (Désir)
  • Sara pe deal ( Le soir sur la colline)
  • O, rămâi (Oh, reste)
  • Epigonii (Épigones)
  • Scrisori (Lettres)
  • Și dacă (Et si),
  • Odă (în metru antic) (Ode (en ancienne métrique))
  • Mai am un singur dor (J'ai encore un seul désir)
  • La Steaua (D'ici à l'étoile qui parait)
  • Peste vârfuri (La lune sur les cimes)
  • Glossa

Éditions collectées[modifier | modifier le code]

  • Poésies, traduit du roumain par Paul Miclău, Bucarest, Minerva, 1985; 1989.
  • Trente poèmes, version française par Annie Bentoiu, Vevey, Éditions de l'Aire, 1994
  • Poème posthume. Fragmentarium / Poèmes posthumes. Fragmentarium, traduit du roumain par Michel Wattremez, Bucarest, Editura Fundației Culturale Române, 1997
  • Poezii / Poésies, traduit du roumain par Paul Miclău, Bucarest, Editura Fundației Culturale Române, 1999
  • Poésies / Poezii, traduit du roumain par Miron Kiropol, Bucarest, Albatros, 2001

Le prosateur[modifier | modifier le code]

Prose[modifier | modifier le code]

  • Făt-Frumos din tei (Prince Charmant)
  • Geniu pustiu (Génie désert (ou inconsolable selon les traductions))
  • Sărmanul Dionis (Le Pauvre Dionis)
  • Cezara (prénom, féminin de César)
  • Chestiunea Evreiasca (la question juive édition Vestala Bucarest)

Éditions collectées[modifier | modifier le code]

  • Le pauvre Dionis suivi de Cezara, nouvelles traduites du roumain par Michel Wattremez, Arles, Actes Sud, « Lettres roumaines » série dirigée par Irina Mavrodin, 1993
  • Poems and Prose of Mihai Eminescu (éditeur Kurt W. Treptow, publication: Centre d'Études Roumaines de Iași, Oxford, and Portland, 2000 ISBN 973-9432-10-7), en anglais

Le génie[modifier | modifier le code]

Eminescu avait seulement vingt ans lorsque Titu Maiorescu, le critique roumain le plus écouté en 1870, le qualifia de « vrai poète », dans un essai où seule une poignée de poètes roumains de ce temps passaient le crible de la critique acerbe de Maiorescu. Dans la décennie suivante, la renommée de poète d'Eminescu continua de grandir grâce à :

  • la façon qu'il avait d'enrichir le langage littéraire de mots et de phrases originaires de toutes les régions de Roumanie, de textes anciens, et de nouveaux mots qu'il empruntait à ses lectures philosophiques
  • l'usage de métaphores, qui étaient rares dans la poésie roumaine
  • le fait qu'il fut le premier écrivain roumain à publier dans toutes les provinces roumaines et qui s'intéressait aux problèmes des Roumains de partout.

Il se définissait lui-même comme un romantique, dans un poème adressé A mes critiques (Criticilor mei), et cette désignation, sa mort et son style de vie de bohème (il ne chercha à obtenir aucun diplôme, aucune position, ne se maria pas, et ne recherchait pas la fortune), l'associèrent définitivement à la figure romantique du génie. Déjà en 1880, Eminescu possédait un groupe de fervents admirateurs. Son poème de 1883, Luceafărul, était si célèbre qu'une nouvelle revue littéraire changea son nom d'après ce titre.

Le poète national[modifier | modifier le code]

« Éternellement jeune, enveloppé dans ma cape ». Don du Ministère de la Culture et des Cultes de Roumanie à la Ville de Montréal.

Il fut bientôt proclamé « poète national » de Roumanie, non parce qu'il a écrit à l'époque d'un renouveau national, mais plutôt parce qu'il a été adopté comme symbole par les Roumains de toutes les provinces. Même aujourd'hui, il est considéré comme le poète national de Roumanie, de la République de Moldavie, et des Roumains qui vivent en Ukraine.

Une icône roumaine[modifier | modifier le code]

Eminescu est omniprésent dans la Roumanie d'aujourd'hui. Ses statues sont partout. Son visage est imprimé sur le billet de 1000 lei de 1998, et il l'est sur le billet de 500 lei de 2005 (c'est la plus haute valeur de billet pour le nouveau leu) ; de nombreuses écoles et d'institutions portent son nom. Les anniversaires de sa naissance et de sa mort sont célébrés chaque année dans de nombreuses villes roumaines, et ils ont été l'objet de célébrations nationales en 1989 (centenaire de sa mort) et 2000 (cent cinquantenaire de sa naissance), qui a été proclamée Année Eminescu en Roumanie.

La politique[modifier | modifier le code]

Malgré ses vues nationalistes conservatrices et même xénophobes, Eminescu n'a été que tardivement adopté comme porte-drapeau par la droite roumaine, de tendance démocrate-chrétienne, car il n'est jamais apparu comme chrétien : il a indistinctement utilisé des thèmes bouddhistes, chrétiens, agnostiques et athées.

Pendant la dictature du communisme stalinien, avec au gouvernement Ana Pauker, fille de rabbin, les œuvres d'Eminescu furent critiquées comme « mystiques », « bourgeoises » et surtout antisémites. Après l'éviction de Pauker pour « cosmopolitisme » (euphémisme qui désigne alors les victimes juives des purges), les communistes roumains désignèrent Eminescu comme le plus grand poète roumain. Ils « caviardèrent » son poème Împărat și proletar (Empereur et prolétaire, écrit sous l'influence des évènements de la Commune en France et qui se termine en critique à la Schopenhauer de la vie humaine), pour n'en garder que les strophes pouvant faire passer Eminescu pour un poète intéressé par la destinée des prolétaires.

Le canon[modifier | modifier le code]

Les meilleurs de ses poèmes ainsi que quelques-unes de ses nouvelles sont obligatoirement de nos jours étudiées dans chaque classe de Roumanie et de nouveaux livres sur sa vie et son œuvre sont publiés périodiquement en Roumanie, mais ses vues conservatrices sont généralement passées sous silence. De son vivant, Ion Luca Caragiale s'était gaussé de ces vues, et l'avait même pastiché au moyen d'un poème caricaturalement xénophobe.

Répudiation[modifier | modifier le code]

Quelques écrivains roumains modernes provoquèrent un scandale en proposant de « démythifier Eminescu » et de rejeter le statut quasi-« officiel » de son travail[2].

Bibliographie critique[modifier | modifier le code]

  • George Călinescu, La vie d'Eminescu. Bucarest, Univers. 1989, 439 p.
  • Marin Bucur (éditeur), Caietele Mihai Eminescu, Bucuresti, Editura Eminescu, 1972.
  • Zoe Dumitrescu-Buşulenga, Eminescu și romantismul german (« Eminescu et le romantisme allemand »), Bucarest, Maison d’édition Eminescu, 1986.
  • Sergiu Al-George, Arhaic şi universal. India în conştiința culturală românească: Brâncuşi, Eliade, Blaga, Eminescu (« Archaïque et universel. L'Inde dans la conscience culturelle roumaine: Brancusi, Eliade, Blaga, Eminescu »), Bucarest, Maison d’édition Eminescu, 1981.
  • Amita Bhose, Eminescu şi India (« Eminescu et l'Inde »), Iaşi, Maison d’édition Junimea, 1978.
  • Mircea Itu, Indianismul lui Eminescu (« L'indianisme d'Eminescu »), Braşov, Maison d’édition Orientul latin, 1995, (ISBN 973-96407-6-1).
  • Alain Guillermou, « La Genèse intérieure des poésies d'Eminescu », Paris, Maison d’édition Didier, 1963.
  • Perpessicius, Eminesciana (« Sur Eminescu »), Préface par Dumitru D. Panaitescu (éditeur), Iași, Maison d’édition Junimea, 1983.
  • Edgar Papu, Poezia lui Eminescu (« La poésie d'Eminescu »), Bucarest, Maison d’édition Minerva, 1971.
  • Dumitru Murărașu, Mihai Eminescu. Viața și Opera (« Mihai Eminescu - la vie et l'œuvre »), Bucarest, Maison d’édition Eminescu, 1983.
  • Ioana Em. Petrescu, Eminescu. Modele cosmologice și viziune poetică (« Modèles cosmologiques et vision poétique »), Bucarest, Maison d’édition Minerva, 1972.
  • Eugen Simion, Proza lui Eminescu (« La prose d'Eminescu »), Bucarest, Editura pentru literatură, 1964.
  • Ion Negoițescu, Poezia lui Eminescu (« La poésie d'Eminescu »), Iaşi, Maison d’édition Junimea, 1970.
  • Tudor Vianu, Poezia lui Eminescu (« La poésie d'Eminescu »), Bucarest, Maison d’édition Cartea Românească, 1930.
  • Constantin Noica, Introducere la miracolul eminescian (« Introduction au miracle d'Eminescu »), Bucarest, Maison d’édition Humanitas, 1992.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Son attitude est due au fait que la majorité roumaine a été, durant de longues périodes de l'histoire du pays, en position d'asservissement et de soumission économique et politique à des pouvoirs qui lui étaient étrangers (selon les territoires : Empire grec, Empire bulgare, Empire mongol, Royaume de Hongrie, Empire turc, Empire autrichien, Empire russe…). Même dans les principautés roumaines de Moldavie et de Valachie, la monarchie était élective, et le souverain (voïvode, hospodar ou domnitor selon les époques et les sources) était élu par (et souvent parmi) les boyards, puis agréé par les Ottomans, car jusqu'en 1859 les deux principautés étaient vassales et tributaires de la « Sublime Porte ». Outre le tribut à verser aux Ottomans et à leurs alliés tatars, outre la dîme versée par les églises et monastères moldaves et valaques aux monastères byzantins de l'Athos et au patriarche de Constantinople, le souverain, pour être nommé, régner et se maintenir, devait acheter l'appui des partis de boyards et des puissances voisines, hongroise, habsbourgeoise, russe et turque de sorte que, pour rembourser ses dettes, il devait affermer des offices moldaves et valaques à des financiers phanariotes, arméniens, arvanites, juifs ou levantins qui exploitaient durement les masses paysannes. Par conséquent, la majorité roumaine a longtemps été moins favorisée socialement, économiquement et culturellement que les minorités, liées aux classes dominantes des Principautés roumaines ou des Empires voisins et à leur essor économique (voir (ro) Constantin C. Giurescu & Dinu C. Giurescu, Istoria Românilor Volume II (1352-1606), Editura Ştiinţifică şi Enciclopedică, Bucureşti, 1976 ; Gilles Veinstein et Mihnea Berindei : L'Empire ottoman et les pays roumains, EHESS, Paris, 1987 ; Jean Nouzille La Moldavie, Histoire tragique d'une région européenne, Ed. Bieler, (ISBN 2-9520012-1-9) ; Joëlle Dalegre Grecs et Ottomans 1453-1923. De la chute de Constantinople à la fin de l’Empire Ottoman L’Harmattan 2002 (ISBN 2747521621)). La seule minorité encore moins favorisée que la majorité roumaine, était celle des Roms.
  2. [1].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]