Gagaouzes

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne le peuple gagaouze. Pour la langue gagaouze, voir Gagaouze.
Gagaouzes
Description de l'image Gagauz-children.jpg.
Populations significatives par région
Drapeau de la Gagaouzie Gagaouzie 85 000[1]
Reste de la Drapeau de la Moldavie Moldavie 5 000[1]
Drapeau de l'Ukraine Ukraine 30 000[1]
Drapeau de la Bulgarie Bulgarie 10 000[1]
Population totale 130 000[1]
Autres
Langues Gagaouze et russe[2]
Religions Christianisme orthodoxe

Les Gagaouzes (en gagaouze Gagauzlar), sont des peuples turcs, ayant immigré en Moldavie au début du XIXe siècle. Turcophones mais chrétiens, ils sont l'équivalent danubien des Ouroums d'Azov et de Géorgie, des Karamanlides d'Anatolie ou des Tchouvaches de la Volga.


Dénominations[modifier | modifier le code]

Les dénominations traditionnelles, Gökoğuzlar en turc et Гаговцы / Gagovtsy en russe, jugées l'une obsolète, l'autre péjorative, ont été remplacées depuis 1991 par l'ethnonyme revendiqué par les Gagaouzes eux-mêmes, par la voix de leur premier président Stepan Topal, à savoir Gagauzlar en turc et Гагау́зы / Gagaouzy en russe, provenant de la forme roumaine Găgăuzi [3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Les Gagaouzes apparaissent dans l'histoire sous le nom de Gök-Oğuz au cours du XIIIe siècle dans la région de Varna, en Bulgarie. Ce sont des descendants d'Oğuzes turcophones, mercenaires de l'empire byzantin, qui n'ont pas été islamisés, mais sont passés du chamanisme au christianisme. Les Oğuzlar, en turc « taureaux » étaient à l'origine répartis en neuf clans, les Tokuz Oğuz (« Neuf Oghouzes »), divisés en 24 tribus issues des six fils d'Oğuz Khân. Chacun des six fils : Kün (« Soleil »), Ay (« Lune »), Yildiz (« Étoile »), Kök ou Gök (« Ciel »), Dağ (« Montagne ») et Dengiz (« Mer »), dirigeait un groupe de quatre clans qui se référaient chacun à un totem clanique (rapace, animal sacré, nourriture particulière ou signe sacré). Les Gagaouzes se référaient au ciel d'où leur nom originel de Gök Oğuz (Oghouzes bleus ou célestes). Au cours des siècles, les autres tribus oghouzes passent de leur chamanisme ancestral au manichéisme, au nestorianisme, au bouddhisme et enfin, pour la plupart, à l'islam.

Au XIXe siècle, en 1828 le tsar russe, Alexandre Ier et le sultan ottoman, Mahmoud II font un échange de populations de part et d'autre des bouches du Danube : des Bulgares et la plupart des Gagaouzes quittent la Bulgarie encore ottomane pour venir s'installer en Bessarabie, annexée en 1812 par l'Empire russe, à la place des Turcs et surtout des Tatars Nogays musulmans, qui y vivaient auparavant, et qui s'installent en Dobrogée (en turc « Dobruc-ili », en bulgare « Dobroudja », en roumain « Dobrogea »), dans l'actuelle Roumanie et autour de Varna dans l'actuelle Bulgarie.

Situation actuelle[modifier | modifier le code]

Drapeau non officiel des Gagaouzes de tous pays

Aujourd'hui, les Gagaouzes sont surtout présents en Ukraine, et surtout en Moldavie qui regroupe 87 % d'entre eux et où ils bénéficient d'un territoire autonome, et d'une représentation permanente au parlement. Ils sont aussi présents, en nombre réduit, en Bulgarie, à l'ouest de la chaîne des Balkans, dans les pays de l'ex-URSS (où ils ont été dispersés par le marché du travail) et en Turquie (émigration économique).

Le gouvernement turc, afin d'étoffer à Istanbul son « Patriarcat turc orthodoxe » qui n'a qu'une cinquantaine de fidèles, a proposé aux Gagaouzes de s'y rattacher en 1991, dans l'idée de renforcer cette Église orthodoxe non-canonique, mais turcophone, qui se veut rivale du Patriarche œcuménique grec de Constantinople (environ 3 500 000 fidèles, dont 3500 en Turquie). Mais Stepan Topal ayant des engagements envers la Russie et les Gagaouzes de Bulgarie craignant d'être accusés de panturquisme, le clergé Gagaouze resta fidèle aux patriarcats orthodoxes Russe et Bulgare[4].

Les Oğuz musulmans, ou Turcomans, sont à présent connus sous le nom de Turkmènes ; d'autres, mêlés à des Tatars, se sont fondus dans le peuple Azéri, mais la plupart ont été assimilés par les Turcs de Turquie. Les Turkmènes gardent encore des traces de chamanisme dans leurs pratiques religieuses.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Estimation de Minority report group
  2. Au recensement moldave de 2004 (Recensământul populației 2004), 40.485 gagaouzes de Moldavie, soit un sur deux, ont déclaré avoir le russe comme langue usuelle.
  3. Jean-Baptiste Naudet: URSS, le rêve turc des Gagaouzes, Le Monde, 28 mars 1991.
  4. Jean-Baptiste Naudet : URSS, le rêve turc des Gagaouzes, Le Monde, 28 mars 1991.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sylvie Gangloff, « L’émancipation politique des Gagaouzes, turcophones chrétiens de Moldavie », in Cahiers d'études sur la Méditerranée orientale et le monde turco-iranien, no 23, 1997, mis en ligne le 2 mars 2005, consulté le 4 mai 2015
  • (tr) Harun Güngör et Mustafa Argunşah, Gagauz Türkleri: tarih, dil, folklor ve halk edebiyatı, Kültür Bakanlığı, Ankara, 2002, 377 p. (ISBN 975-17-3001-5)
  • (en) James Alexander Kapaló, Text, context and performance : Gagauz folk religion in discourse and practice, Brill, Leiden, Boston, 2011, 352 p. (ISBN 978-90-04-19799-2)
  • Marianne Paul-Boncour et Patrick Sinety, Voyage au pays des Gagaouzes, éditions Cartouche, Paris, 2007, 143 p. (ISBN 978-2-9158-4218-0)

Liens externes[modifier | modifier le code]