Daniel Tammet

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Daniel Tammet
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Daniel Tammet à Montréal avril 2016

Naissance (37 ans)
Londres Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Activité principale
Distinctions
Membre de la Société royale des arts
Auteur

Œuvres principales

  • Je suis né un jour bleu (2007)
  • Embrasser le ciel immense (2009)
  • L'Éternité dans une heure (2013)
  • C'est une chose sérieuse que d'être parmi les hommes (2014)
  • MISHENKA (2016)

Daniel Tammet, né Daniel Paul Corney le à Barking[1], est un écrivain et hyperpolyglotte anglais atteint du syndrome d'Asperger. Le 14 mars 2004, il récita les 22 514 premières décimales de Pi en 5 heures, 9 minutes et 24 secondes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Daniel Tammet fait partie d'une fratrie de neuf enfants et vit une enfance très modeste dans le sud de l'Angleterre. Il souffre de crises d'épilepsie à l'âge de 4 ans (crises aujourd'hui définitivement guéries) qui sont sans doute à l'origine de sa synesthésie. Il est diagnostiqué autiste Asperger à l'âge de 25 ans au centre de Recherche sur l'Autisme de l'université de Cambridge par Simon Baron-Cohen[2]. Il a la particularité d'avoir à la fois développé des capacités de communication proches de la norme, ce qui différencie le syndrome d'Asperger des autres formes d'autisme, ainsi que des aptitudes singulières dans les domaines des nombres et des langues.

Les nombres vont l'aider d'abord à surmonter les épreuves qu'il rencontre à cause de sa différence – rejet des autres, incompréhension du monde qui l'entoure et des règles sociales, hypersensibilité au bruit --. Il s'exprime ainsi au sujet des nombres : « ils me calment et me rassurent. Enfant, mon esprit se promenait en paix dans ce paysage numérique où il n'y avait ni tristesse, ni douleur[3]. » Jeune garçon, il est fasciné par la magie des nombres premiers, puis à l'adolescence, il s'adonne au calcul calendaire, qui permet de trouver en un instant le jour de la semaine correspondant à n'importe quelle date de naissance.

Il développe également une passion et des facultés extraordinaires pour les langues étrangères, qu'il assimile très rapidement : il en maîtrise couramment douze : l'anglais, le néerlandais, l'allemand, l'espagnol, l'espéranto, l'estonien, le finnois, le français, le gallois, le lituanien, le roumain et l'islandais. Daniel Tammet s'invente une langue personnelle appelée Mänti [4]. Il devient professeur d'anglais à l'âge de dix-neuf ans en Lituanie, puis crée en 2002 son propre site Internet d'apprentissage des langues (français et espagnol) appelé Optimnem qui connaît un beau succès[3],[5].

Le , au Musée de l'histoire des sciences d'Oxford, il récite en 5 heures, 9 minutes et 24 secondes 22 514 décimales de Pi, apprises au cours des trois mois précédant l'événement. C'est un record européen qui le propulse sur la scène médiatique : il fait l'objet d'un documentaire qui lui est entièrement consacré : L'homme ordinateur, version française du documentaire britannique[6], dans lequel il relève un nouveau défi, linguistique cette fois : apprendre l'islandais en une semaine et répondre à une interview en direct à la TV dans cette langue. Le défi est relevé haut la main. On y voit aussi sa rencontre avec un autre autiste, Kim Peek, doté d'une mémoire eidétique. La chanteuse Kate Bush a été inspirée par cet événement et en a tiré une chanson de son album Aerial : 'Pi'[7].

Daniel Tammet, écrivain[modifier | modifier le code]

Daniel Tammet à l'université de Reykjavík en juin 2007.

En 2007, pour casser l'image d'homme-ordinateur qui lui colle à la peau depuis sa participation à ce documentaire, il écrit un livre de mémoires Je suis né un jour bleu, qui est traduit en dix-neuf langues[8]. Il insiste sur son humanité et sa sensibilité, malgré le fait qu'il soit atteint du syndrome d'Asperger et doué d'une mémoire hors du commun : « L'aventure est insolite, parfois déroutante et souvent captivante[9]. » Il y raconte des souvenirs d'enfance, des épisodes d'agoraphobie, ainsi que des tests auxquels il s'est soumis pour des chercheurs en neurosciences du monde entier[10]. Il est parfois présenté comme « la pierre de Rosette de l'autisme[11] », car il est l'un des rares individus autistes à pouvoir mettre des mots sur ce qu'il vit et à en faire la synthèse.

Ce premier livre est un succès international. L'auteur dit ne pas effectuer mentalement les calculs, mais voir les solutions lui apparaître sous forme de paysages, et associer les chiffres à des couleurs, ce qui est le propre de la synesthésie. Il résume ainsi sa philosophie : « L'important n'est pas de vivre comme les autres, mais parmi les autres ». À partir de ce jour, il voyage à travers l'Europe et les États-Unis pour la promotion de son livre et des conférences dans des universités. Cette reconnaissance le pousse à casser un peu plus les routines qu'il décrit dans Je suis né un jour bleu et à bousculer ses habitudes. Il a désormais trouvé sa véritable voie dans le travail d'écriture.

En 2009, il dédie son deuxième livre, Embrasser le Ciel Immense (Les Arènes), « à la beauté qui sommeille en chaque esprit ». S'appuyant à la fois sur ce qu'il perçoit de l'intérieur et sur les expériences scientifiques les plus récentes, il fait un état des lieux des connaissances actuelles sur le cerveau, remet en cause nombre d'idées sur le QI et l'intelligence, donne des méthodes personnelles pour apprendre plus facilement une langue étrangère ou pour mieux comprendre les mathématiques et s'interroge sur l'avenir de l'esprit humain. Surtout, il démontre qu'il est possible d'établir des passerelles entre les capacités du cerveau d'un savant-autiste et celui d'une personne ordinaire, et qu'il est réducteur de toujours les opposer. Selon certains critiques, il séduit par une intelligence qui ne se cantonne pas à l'abstraction : « Tammet a quelque chose d'un petit Prince, comme s'il voyait la Terre d'une autre planète, avec une sage distance[12]. »

La même année, il s'installe à Avignon avec son compagnon Jérôme Tabet[13], puis à Paris, où il est écrivain à plein temps[14]. Le 16 mars 2010, Daniel Tammet est invité par L'Express à poser pour une photographie réunissant les auteurs les plus lus de 2009[15].

Le 17 janvier 2013, il publie son troisième livre L'Éternité dans une heure, une initiation à la poésie des nombres[14]. À cette occasion il reçoit les éloges de J. M. Coetzee, le Prix Nobel de littérature sud-africain : « Toujours enrichissant, toujours divertissant, Daniel Tammet a beaucoup de respect pour le mystère et l'univers des nombres[16]. » Selon le quotidien Le Monde, « Il y a du Rimbaud chez Daniel Tammet[17]. »

Le 24 septembre 2014, il publie une traduction française des poèmes de l'australien Les Murray dans un recueil intitulé "C'est une chose sérieuse que d'être parmi les hommes" (Editions Iconoclaste). Daniel Tammet est l'invité de la Maison de la Poésie à Paris où il partage la scène avec Les Murray pour une conférence inédite.

Le 23 mars 2016, Daniel Tammet sort en France son premier roman, Mishenka, publié aux éditions Les Arènes[1]. Inspiré d’une histoire vraie qui a pour décor la Russie des années 1960, l'auteur nous raconte la bataille que se sont livrés les deux plus grands joueurs d'échecs du moment. Maxim Koroguine (alias Mikhaïl Botvinnik), le héros du régime, froid, logique et sûr de lui affronte le jeune prodige Mishenka (alias Mikhaïl Tal), insaisissable, impulsif et romantique. Celui-ci semble jouer pour la beauté du geste. Il "pense avec ses mains". On assiste au combat entre deux formes de pensée, deux visions de l'avenir pour l'Union Soviétique. "Mishenka est comme moi, il voit dans les échecs une forme de poésie, c'est un jeu qui aide à penser la pensée". Ce livre a reçu le soutien du Grand Maître russe Vladimir Kramnik et fait référence dans son écriture à la nouvelle du Joueur d'échecs de Stefan Zweig et au roman Le Maïtre de Go de Yasunari Kawabata.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Livres en anglais[modifier | modifier le code]

  • Born on a Blue Day (2006)
  • Embracing the Wide Sky (2009)
  • Thinking in Numbers (2012)

Articles et autres en anglais[modifier | modifier le code]

  • What It Feels Like To Be A Savant, dans Esquire, August 2005
  • Open Letter to Barack Obama, dans The Advocate, December 2008
  • Islands of Genius (2010), préface du livre de Dr Darold A. Treffert
  • Olympics: are the fastest and strongest reaching their mathematical limits?, dans The Observer, August 2012[18]
  • What I'm thinking about... Tolstoy and maths, dans The Guardian, August 2012[19]
  • The Sultan's Sudoku, dans Aeon Magazine, December 2012[20]

Livres traduits en français[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Un autiste de génie », Mise au point, Radio télévision suisse,‎ (lire en ligne [vidéo]), cf. minutage 34:25 présentant une copie de la carte d'identité
    « Il a appris l’islandais en 7 jours, parle couramment 12 langues, réussit à vous dire, en une seconde, le jour de la semaine où vous êtes né. Mais ce qui a surtout rendu Daniel Tammet célèbre, c’est sa prouesse effectuée en mars 2004 : réciter les 22’514 premières décimales du nombre Pi. Aujourd’hui, Daniel Tammet sort son premier roman. Il a accepté les caméras de Mise au Point dans ce moment très important pour lui. »
  2. Biographie du professeur Simon Baron-Cohen
  3. a et b Le Monde, 05 et 06/08/2007
  4. Le mot « Mänti » vient du mot finnois signifiant « pin » (mänty). La langue s'inspire du vocabulaire et de la grammaire des langues finno-ougriennes.
  5. Daniel Tammet, Je suis né un jour bleu
  6. (en) The Boy With The Amazing Brain
  7. L'invité classique - Radio Classique - Emission du 29/04/2016
  8. dépêche AFP du 06/02/2009
  9. Télé Z, 25/06/2007)
  10. Psychologies magazine, octobre 2007
  11. dépêche AFP du 06/02/2009)
  12. Le Figaro Littéraire, 05/03/2009)
  13. La Provence, 11/03/2009
  14. a et b Marie Quenet, « Il danse avec les nombres », Le Journal du dimanche,‎ (lire en ligne).
  15. L'Express, Les best-sellers de l'année 2009 réunis au Fouquet'sRead more at http://www.lexpress.fr/culture/livre/les-best-sellers-de-l-annee-2009-reunis-au-fouquet-s_857556.html#xLBEcSgIG9CpwOIo.99]
  16. « L'Éternité dans une heure », sur Les arènes (consulté le 24 juin 2013)
  17. Le Monde, 4 août 2007, Les chiffres comme langage
  18. « Olympics: are the fastest and strongest reaching their mathematical limits? » (consulté le 13 novembre 2012)
  19. « Olympics: What I'm thinking about ... Tolstoy and maths » (consulté le 13 novembre 2012)
  20. « The Sultan's sudoku » (consulté le 16 août 2013)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]