Médicament psychotrope

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Ritalin, médicament psychotrope.

Les médicaments psychotropes sont des composés pharmacologiques ayant un effet psychotrope prescrits pour le traitement des maladies psychiatriques.

Historique[modifier | modifier le code]

Plusieurs dates différentes marquent la révolution réelle de l’utilisation de médicaments psychotropes, qu’il s’agisse du psychiatre J.F. Cade qui découvre le sel de lithium en 1949 comme traitement pour la psychose maniaco-dépressive ou d’Henri Laborit qui, en 1952, avec la découverte de la chlorpromazine, premier psychotrope nommé neuroleptique, qui révolutionne l’approche avec les patients psychotiques internés. Heinz Lehmann est le premier psychiatre à utiliser la chlorpromazine en Amérique du Nord. C'est le psychiatre suisse Roland Kuhn qui a découvert le premier antidépresseur.

À cette époque, les scientifiques ne voient en ces avancées biotechnologiques que d’incroyables possibilités pour la santé humaine. Ce n’est que vers les années 1960 et 1970 qu’apparaissent les premiers écrits faisant état d’un culte de la drogue tant par la consommation de drogues que de médicaments psychotropes, on le décrit alors comme un phénomène social d’évasion face aux activités normales quotidiennes.

Le docteur David Healy, historien de la psychiatrie, souligne que les psychotropes modernes comme le LSD et les premiers neuroleptiques ont été développés dans les mêmes laboratoires. Selon lui, il existe une première différence entre les psychotropes et les médicaments normaux, dans la mesure où l'action principale des psychotropes est de modifier la pensée, le comportement et la personnalité, que ce soit sur des personnes malades ou saine d'esprit. Il existe une deuxième différence entre les psychotropes légaux et illégaux: les premiers générant un comportement ou des pensées acceptables pour la société (comme les neuroleptiques qui bloquent le délire), les seconds étant considérés comme un facteur de désordre (LSD, cocaïne, etc.). Healy insiste sur la détermination sociale des drogues, plus que sur leur aspect "curatif", car certaines drogues légales peuvent s'avérer tout aussi toxiques que les drogues illégales (neuroleptiques, anxiolytiques...) et poser les mêmes problèmes (dépendance, syndrome de sevrage, trafic...)[1].

Selon le même auteur, on peut donc conclure que l'usage des psychotropes, et l'approbation ou la désapprobation sociale de chacun d'eux, est loin d'obéir à des considérations strictement médicales, mais dépend aussi des circonstances historiques (la cocaïne a longtemps été considérée comme un tonifiant acceptable, certaines sociétés primitives consommaient beaucoup d'hallucinogènes), sociales (comportements ou pensées jugés acceptables ou inacceptables dans la population générale, ou chez certains groupes, comme les enfants à l'école), et économiques (le marché des psychotropes légaux et illégaux se chiffrent en milliards de dollars).

Surconsommation préoccupante en France[modifier | modifier le code]

Article connexe : Psychiatrie en France.

Extraits de données sur la surconsommation de psychotropes en France[2] : il est nécessaire de disposer de plus de données permettant d'apprécier les conditions réelles de prise en charge des maladies psychiatriques.

Toutefois, des constatations incluent :

  • une surconsommation de psychotropes 3 fois plus importante qu'en Angleterre ou qu'en Allemagne ;
  • durant l'année 1997, 12 % des Français âgés de plus de 15 ans ont consommé un ou plusieurs psychotropes dont 7,9 % un anxiolytique, 4,7 % un hypnotique, 3,6 % un antidépresseur et 1,5 % un neuroleptique. Cette proportion de consommateurs de psychotropes croît avec l'âge : après 50 ans pour les femmes et après 60 ans pour les hommes, plus d'une personne sur six a consommé un ou plusieurs psychotropes ;
  • trop de Français, en particulier après 60 ans, sont traités trop longtemps par des psychotropes : 11 % des Français sont des consommateurs réguliers de psychotropes (au moins une fois par semaine et depuis au moins six mois), 29 % des femmes entre 60 et 69 ans, plus de 34 % des femmes âgées de plus de 80 ans) ;
  • une inadéquation de l'utilisation des antidépresseurs en ville dans un nombre de cas inacceptable. Plus du tiers des antidépresseurs sont prescrits en dehors des indications de l'autorisation de mise sur le marché : environ 20 % des prescriptions ne reposent sur aucun diagnostic psychiatrique étayé ;
  • des prescriptions souvent fondées sur l'existence d'une plainte monosymptomatique : par exemple la tristesse qui est assimilée à une dépression ;
  • de nombreuses prescriptions sont reconduites en l'absence de symptômes. La durée de prescription des antidépresseurs excède un an dans plus de la moitié des cas, contrairement aux recommandations en vigueur ;
  • les coprescriptions, notamment entre antidépresseurs et anxiolytiques ou entre anxiolytiques et hypnotiques sont fréquentes mais rarement justifiées au long cours.

Classification[modifier | modifier le code]

À ce jour, il y a cinq grandes familles de médicaments psychotropes[réf. nécessaire] :

On peut aussi classer les médicaments psychotropes en deux grandes familles si l'on recoupe l'ATC code N, « Système nerveux » avec la classification des psychotropes selon Delay et Deniker. On retrouve donc :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les médicaments psychiatriques démystifiés, David Healy, cinquième édition, Elsevier Masson, 2009, p.253 et suivantes.
  2. Extraits de Données sur la surconsommation de psychotropes en France

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pelissolo A. Bien se soigner avec les médicaments psy. Odile Jacob (2005).
  • Aldo Calanca, Christian Bryois, Thierry Buclin, Vade-mecum de thérapeutique psychiatrique, Genève, Médecine & hygiène.
  • Philippe Dorosz, Guide pratique des médicaments en neuro-psychiatrie, Maloine.