Sérendipité

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La sérendipité est « l'art de prêter attention à ce qui surprend et d'en imaginer une interprétation pertinente »[1]. Le terme a été inventé par Horace Walpole en 1754, inspiré par le conte oriental Voyages et aventures des trois princes de Serendip de Louis de Mailly. En France, le concept de sérendipité adopté dans les années 1980[2], prend parfois un sens très large de « rôle du hasard dans les découvertes[3] ».

Deux domaines lui ont accordé une place particulière : la littérature, avec la naissance du roman policier au 19e siècle, et la recherche scientifique où elle fait l'objet d'une discussion sur la démarche du chercheur[1]. Mais elle trouve aussi son application dans des champs très divers[4].

Histoire du mot et définitions[modifier | modifier le code]

En français, « sérendipité » est un néologisme créé par calque de l'anglais « serendipity », donc un anglicisme. Selon Sylvie Catellin, il est attesté pour la première fois en 1953 dans l'article « La découverte scientifique » de Charles G. Darwin (en), traduit de l'anglais par Bernard Kwal[5] puis en 1968 dans le Vocabulaire de la psychologie d'Henri Piéron[6],[1]. Il ne deviendra vraiment d'un usage courant qu'à partir de 2009 à la suite d'un livre de Pek van Andel (en)et Danièle Bourcier[7] et d'un colloque[4]. Il sera même consacré « mot de l'année » par la revue Sciences humaines[8].

Le terme « serendipity » est inventé par Horace Walpole dans une lettre du à son ami Horace Mann, diplomate du roi George II à Florence. Il fait référence à une énigme qu'il venait de résoudre sur des armoiries vénitiennes en feuilletant un vieux livre sur les armoiries. Il y avait un emblème des Médicis inséré dans le blason de la famille vénitienne des Capello, indice de la reconnaissance d’une alliance entre les deux familles[9]. Dans sa lettre, il remercie son ami de l'avoir aidé accidentellement en lui ayant fait cadeau d'un portrait de Bianca Cappello qui avait épousé François Ier de Médicis[10]. Walpole désigne ainsi des « découvertes inattendues, faites par accident et sagacité » ou par « sagacité accidentelle » :

« Cette découverte est presque de l'espèce que j'appelle serendipity, un mot très expressif que je vais m'efforcer, faute d'avoir mieux à vous narrer, de vous expliquer : vous le comprendrez mieux par l'origine que par la définition. J'ai lu autrefois un conte de fées saugrenu, intitulé Les Trois Princes de Serendip : tandis que leurs altesses voyageaient, elles faisaient toute sorte de découvertes, par accident et sagacité, de choses qu'elles ne cherchaient pas du tout : par exemple, l'un des princes découvre qu'un chameau borgne de l'œil droit vient de parcourir cette route, parce que l'herbe n'a été broutée que sur le côté gauche, où elle est moins belle qu'à droite — maintenant saisissez-vous le sens de serendipity ? L'un des exemples les plus remarquables de cette sagacité accidentelle[11]. »

Le conte de Serendip ou Voyages et aventures des trois princes de Serendip[12] (le Sri Lanka d'alors) a connu dès sa publication un succès considérable dans toute l'Europe. Sa trame, issue d'un motif populaire oriental très ancien, est notamment reprise à la même époque par Voltaire dans Zadig[1].

Le mot forgé par Walpole sommeille, lui, pendant un siècle[13]. Puis, la définition évolue au cours d'échanges érudits dans les journaux anglais. Celle de Edward Solly (en), ancien chimiste et bibliophile[14] fut retenue par l'Oxford English Dictionary : « The inquirer was at fault, and it was not till some weeks later, when by the aid of Serendipity, as Horace Walpole called it—that is, looking for one thing and finding another—that the explanation was accidentally found » (« Le chercheur était fautif, et ce n'est que quelques semaines plus tard, quand par sérendipité, comme disait Horace Walpole - c'est-à-dire en cherchant une chose et en trouvant une autre - que l'explication fut fortuitement trouvée »).

Au cours des années 1940, le mot est repris à l'université Harvard, glissant de la sphère littéraire à celle des scientifiques. Walter Bradford Cannon, physiologiste, intitule en 1945 un chapitre de son livre The Way of an Investigator « Gains from Serendipity » et donne de la sérendipité la définition suivante : « La faculté ou la chance de trouver la preuve de ses idées de manière inattendue, ou bien de découvrir avec surprise de nouveaux objets ou relations sans les avoir cherchés[15] ».

Le sociologue américain Robert King Merton a découvert le mot dans le dictionnaire dans les années 30 et tentera toute sa vie de raffiner le concept en l'intégrant à son analyse des méthodes de raisonnement[16]. Pour lui, la sérendipité est l'observation d'un fait surprenant suivie d'une induction correcte. Elle « se rapporte au fait assez courant d'observer une donnée inattendue, aberrante et capitale (strategic) qui donne l'occasion de développer une nouvelle théorie ou d'étendre une théorie existante ». Une découverte inattendue et aberrante éveille la curiosité d'un chercheur et le conduit à un raccourci imprévu qui mène à une nouvelle hypothèse[17],[18]. Il repérera qu'entre 1958 et 2001, le terme apparaît dans le titre de 57 ouvrages, qu'il est utilisé 13.000 fois dans les journaux dans les années 1990 et qu'en 2001 on le trouve dans 636.000 documents internet[19],[20].

En 1957, c'est un publicitaire, Alex Osborn qui récupère le mot dans le chapitre consacré à la chance « The element of luck in creative quests » de son livre Applied Imagination[21]. La sérendipité est pour lui un facteur fortuit, un stimulus accidentel qui déclenche l'inspiration créative.

Le psychanalyste W. N. Evans donne en 1963 une interprétation de la sérendipité à contre-courant de ceux qui y voient un signe d'ouverture d'esprit et un moteur de découverte. À partir de son expérience thérapeutique, il voit dans le processus mental qui provoque des découvertes heureuses et inattendues un symptôme névrotique. Le patient découvre l'inattendu pour ne pas découvrir ce qu'il recherche vraiment, mais que son inconscient censure[22]. Inversement le français Didier Houzel.considère en 1987 que, pour que le processus psychanalytique s’enclenche, il faut se laisser saisir par l'inattendu pour aider le patient à reconstituer l'objet perdu. « C'est dans la dynamique du transfert que notre sérendipité est mise à l'épreuve, c'est là que l'inattendu nous attend et nous surprend. »[23]

L'Office québécois de la langue française définit la sérendipité comme la « faculté de discerner l'intérêt, la portée d'une découverte inattendue lors d'une recherche »[24].

Serendipity 3, le salon de thé, New York.

Dans le langage courant américain serendipity désigne une rencontre ou une découverte heureuse imprévue, ou bien le lieu où l'on fait de telles rencontres ou de telles découvertes ou de telles trouvailles. Exemples : les Serendipity shops ; Hammacher Schlemmer (en), le temple newyorkais de la sérendipité, Serendipity 3 (en), le célèbre salon de thé de New York[25], le film Serendipity (Un amour à New York), etc.

Comme le fait remarquer Arnaud Saint-Martin[16] :

« Le mot s’est accroché à diverses choses, et surtout parfois à n’importe quoi. La diffusion en est diffuse, le succès certain. Selon les usages, le mot est converti en marque ou en tag, il signifie par lui-même une sorte de philosophie de la vie, de l’ouverture au monde, un « esprit d’aventure » ; c’est le mantra des entrepreneurs de la « nouvelle économie de la connaissance », du numérique et du big data, de l’« inventologie » clés en main. »

Traductions et termes alternatifs[modifier | modifier le code]

L'Office québécois de la langue française conseille, depuis 1973, le mot « fortuité » comme alternative privilégiée[24]. Le Répertoire d’autorité matière encyclopédique et alphabétique unifié propose le même terme comme synonyme[26].

L'historien de l'architecture André Corboz a proposé en 1985 une traduction du terme par « cinghalisme » faisant ainsi le lien avec l'ancien nom du Sri Lanka, Serendip en anglais[27]. En 2000, Alan G. Robinson et Sam Stern proposent l'expression « heureuse coïncidence »[28]. Jean-Louis Swiners a suggéré en 2008 « zadigacité » (ainsi que l’adjectif « zadigace »), mot-valise faisant référence au conte de Voltaire intitulé Zadig, et désignant conjointement la sagacité, la perspicacité et l'efficacité. Il définit son néologisme ainsi : « capacité à reconnaître intuitivement et immédiatement — et à exploiter rapidement et créativement — les conséquences potentielles heureuses et les opportunités offertes d'un concours malheureux de circonstances (erreur, incompétence, maladresse, négligence, etc.) ». Le consultant Henri Kaufman a proposé en 2011 la « fortuitude[29] ».

Antonyme : la zemblanité[modifier | modifier le code]

La zemblanité est un terme inventé par William Boyd, dans le roman Armadillo (1999)[30], pour désigner le contraire de la sérendipité. Comme la sérendipité tire son nom de l'île de Serendip, c'est-à-dire le Sri Lanka, la zemblanité tire son nom de la Nouvelle-Zemble, une île comme Serendip mais son exact opposé à de nombreux points de vue :

« Pensez à un autre monde, loin au nord, stérile, pris dans les glaces, un monde de silex et de pierre. Appelez-le Zembla. Ergo : zemblanité, le contraire de sérendipité, le don de faire à dessein des découvertes malheureuses, malchanceuses. Sérendipité et zemblanité : les deux pôles de l'axe autour duquel nous tournons[31]. »

William Safire note que des explosifs non-nucléaires étaient testés sur l'île de la Nouvelle Zemble, ajoutant que la zemblanité est la « découverte inexorable de ce que nous ne voulons pas savoir »[32].

Olivier Le Deuff oppose, dans sa thèse en sciences de l'information, la sérendipité, qu'il assimile à l'attention pour trouver un document, à la zemblanité, qu'il considère comme une mauvaise intention[33]. Eva Sandri illustre cette idée avec l'exemple de l'utilisation de moteurs de recherches, en considérant la sérendipité comme une « démarche logique mais paradoxale », qu'elle oppose à la zemblanité de « la navigation aléatoire [qui] s’apparente davantage à l’égarement, à la subversion et au bricolage »[34].

Explication de la notion[modifier | modifier le code]

Danièle Bourcier et Pek van Andel qui ont popularisé la notion en France indiquent[35] :

« La sérendipité ne commence pas par une savante hypothèse ou avec un plan déterminé. Elle n'est pas due seulement à un accident ou un hasard. Mais les milliers de grandes ou petites innovations qui ont jalonné l'histoire de l'humanité ont un élément commun : elles n'ont pu se transmettre que parce qu'un observateur, un expérimentateur, un artiste, un chercheur, à un certain moment, ont su tirer profit de circonstances imprévues. »

La sérendipité combine donc le hasard et la sagacité. Elle s'appuie sur un mode de raisonnement mis en avant par Charles S. Peirce : l'abduction, c'est-à-dire la capacité à émettre une hypothèse à partir d'un fait nouveau. Mais cette capacité nécessite un « éclair intuitif », un Eureka qui se trouvera dans le contexte empirique dans lequel le fait se déroule. Le raisonnement abductif est comparable à celui du diagnostic médical, il se retrouve dans l'investigation policière[1].

Marie-Anne Paveau parle « d'abduction sagace »[36] et cite Edgar Morin[37] :

« Le développement de l'intelligence générale [...] doit faire appel à l'ars cogitandi, lequel inclut le bon usage de la logique, de la déduction, de l'induction - l'art de l'argumentation et de la discussion. Il comporte aussi cette intelligence que les Grecs nommaient métis, ensemble d'attitudes mentales... qui combinent le flair, la sagacité, la prévision, la souplesse d'esprit, la débrouillardise, l'attention vigilante, le sens de l'opportunité. Enfin, il faudrait partir de Voltaire et de Conan Doyle, et plus tard examiner l'art du paléontologue ou du préhistorien pour initier à la sérendipité, art de transformer des détails apparemment insignifiants en indices permettant de reconstituer toute une histoire. »

La sérendipité est à la frontière des arts et des sciences. « Faire découvrir la sérendipité, c'est faire comprendre que lorsque la science découvre, elle est un art. »[1].

Les grandes catégories de sérendipité[modifier | modifier le code]

Pek van Andel a trouvé quarante types de sérendipité différents tout en indiquant que la liste est incomplète[35]. D'autres auteurs ont tenté de repérer et classer des types de sérendipité selon des critères plus restrictifs.

Pseudo- et vraie sérendipité[modifier | modifier le code]

Archimède prenant son bain. Pseudo-sérendipité.
1941. Les crochets de bardane qui ont conduit Mestral à inventer le Velcro. Vraie sérendipité.

Pour Royston Roberts, professeur de chimie organique à l'Université du Texas qui a analysé plus d'une centaine de découvertes faites par accident (notamment la structure de l'ADN, l'aspirine, le principe d'Archimède, le chlorure de vinyle, les édulcorants intenses, le nylon, la pénicilline, le LSD, le polyéthylène, le post-it, les rayons X, le téflon, le velcro, la vulcanisationetc.), il y a deux sortes de sérendipité : la pseudo-sérendipité et la vraie sérendipité[38].

La pseudo-sérendipité est la découverte accidentelle d'une façon de réaliser une fin que l'on cherchait. Un bon exemple en est la découverte après cinq années d'effort et par maladresse du procédé de la vulcanisation par Charles Goodyear[39]. Il cherchait à ôter au caoutchouc l'élasticité qui le rend impropre à de nombreux usages. Un beau jour, il fait tomber accidentellement un morceau de latex enduit de soufre sur un poêle, jette dans un premier temps le magma obtenu et se ravise après avoir réalisé qu'il a trouvé ce qu'il cherchait et fait breveter le procédé. Autre exemple emblématique, Archimède dans son bain cherche à comprendre comment flottent les navires. La baignoire est pleine à ras bord. Quand il entre dedans, elle déborde. Le volume d'eau déplacé est égal à celui de la partie de son corps immergé, mais les poids des deux volumes diffèrent. La solution lui apparaît[40].

La vraie sérendipité est la découverte accidentelle de quelque chose que l'on ne cherchait pas particulièrement, sinon pas du tout. Ainsi les crochets de bardane qui, en s'accrochant malencontreusement aux poils du chien de Georges de Mestral lors de ses promenades, l'ont conduit à inventer le velcro. En regardant les fruits au microscope, il a l'idée d'une fermeture textile en nylon. Cette découverte accidentelle a déclenché un long processus d'invention et d'innovation (l'idée est de 1941, le brevet de 1955). Deux autres bons exemples sont celui du téflon et celui du post-it.

Chance et intentionnalité[modifier | modifier le code]

Pour le psychologue américain Dean Keith Simonton (en), il y a cinq sortes de sérendipité[41] dépendant du degré de chance et du degré d'intentionnalité selon que le chercheur ou l'explorateur cherchait ou ne cherchait pas quelque chose de spécial[41].

Il les illustre par les exemples de Gutenberg, Goodyear, James Clerk Maxwell, Christophe Colomb et Galilée.

  1. Gutenberg cherchait depuis au moins 1448 à résoudre un problème et n'en trouvait pas la solution. Comment imprimer sur du vélin ou du papier les caractères mobiles qu'il avait inventés par ailleurs ? Un jour, vers 1450, durant les vendanges, la vue d'un pressoir à vin lui donne l'idée de la presse à imprimer. Il a trouvé ce qu'il cherchait lorsque les circonstances l'ont placé au bon endroit au bon moment. L'invention de l'imprimerie à caractères mobiles était inévitable. S'il ne l'avait pas réalisée, un autre s'y serait attelé.
  2. Charles Goodyear recherchait la vulcanisation depuis longtemps.
  3. Christophe Colomb cherchait un chemin vers la Chine et le Japon plus court que celui de Marco Polo. En se trompant de 10 000 km, il a découvert par hasard l'île de San Salvador, antichambre des Caraïbes, elles-mêmes antichambre du continent américain.
  4. James Clerk Maxwell, mathématicien et physicien, cherchait à résoudre un problème. Mais durant son processus de recherche, il a fait une découverte inattendue. L'intention de Maxwell, en développant sa théorie électromagnétique, n'était pas d'expliquer la lumière. Mais, alors qu'il avançait, il fut surpris de constater que la vitesse des ondes électromagnétiques était la même que celle de la lumière.
  5. Galilée avait perfectionné la longue-vue terrestre des Hollandais jusqu'à en faire une lunette astronomique pour observer les étoiles connues. Quand, en 1610, il l'a braquée vers le ciel, il a fait une suite ininterrompue de découvertes imprévues de corps inconnus jusqu'alors : la Voie lactée, les satellites de Jupiteretc.

Ces cinq cas illustrent cinq types différents de sérendipité. Les deux premiers — quand un chercheur résout un problème qu'il avait l'intention de résoudre — relèvent d'une pseudo-sérendipité, quelle que soit la quantité de chance participant au résultat. Dans les trois cas suivants, les chercheurs font des découvertes inattendues. Il s'agit alors d'une vraie sérendipité.

Le philosophe et psychologue cognitiviste canadien Paul Thagard, poursuivant la réflexion de Charles S. Peirce sur le raisonnement scientifique croise l'intentionnalité et l'inattendu en regroupant les types de sérendipité en trois catégories selon que l'on trouve quelque chose que l'on ne cherchait pas, que l'on cherchait mais par un moyen imprévu, ou qui sert à tout autre chose que ce à quoi on pensait au départ[42].

Les consultants Jean-louis Swiners et Jean-Michel Briet repèrent pour les entreprises quatre types de sérendipité[43] :

  • trouver (découvrir, inventer) par hasard, par chance ou par accident, autre chose et, parfois tout autre chose, et même, parfois, le contraire de ce que l'on cherchait (et de trouver en l'état) ; et de se rendre compte de son intérêt et de son importance. Ceci se produit souvent à la suite d'une erreur, ou d'une maladresse ou d'un dysfonctionnement.
  • trouver (découvrir, inventer) quelque chose que l'on cherchait (objet, solution, etc.) mais, à la suite d'un accident plus ou moins malheureux ou d'une erreur, par un moyen imprévu ; et de s'en rendre compte. C'est pour Roberts de la pseudo-sérendipité.
  • découvrir par hasard, par accident, par chance ou par malchance, une application imprévue à quelque chose, une autre application que celle à laquelle on pensait ; et de s'en rendre compte.
  • trouver par accident, hasard ou chance l'idée d'une innovation. C'est, pour Roberts, de la vraie sérendipité. Ceci se produit à la suite d'une transposition. La sérendipité n'est pas livrée en l'état mais nécessite une opération cognitive : sagacité, imagination, etc.

Sérendipité structurelle et associative dans la recherche d'informations[modifier | modifier le code]

Les chercheurs en sciences de l'information, Olivier Ertzscheid et Gabriel Gallezot, ont appliqué la notion de sérendipité à la recherche d'informations. Ils y distinguent la sérendipité structurelle qui repose sur une classification préalable des documents de la sérendipité associative dans le cas d'une recherche sur un moteur de recherche, par exemple[44].

Applications[modifier | modifier le code]

Danièle Bourcier et Peck van Andel ont illustré des applications de la sérendipité en réunissant des auteurs sur les thèmes des contes, des aventures, des voyages, de la création artistique, des processus de décision, des découvertes scientifiques, de l'émergence des phénomènes ou encore des innovations socio-techniques[35]. Sylvie Catellin dans son exploration de l'histoire du mot retrouve ces mêmes champs auxquels elle ajoute la cybernétique puis le web[1].

Les partisans du concept de sérendipité le mettent à l'origine d'un nombre considérable de découvertes scientifiques et d'inventions techniques.

Une fois les vertus de la démarche repérées, il est possible de mettre en condition les acteurs concernés, artistes, scientifiques, médecins, innovateurs pour faciliter sa réussite. « On ne peut pas planifier la sérendipité, mais on peut en revanche la stimuler, créer les conditions d'exercice de la recherche qui la favorisent »[1]. Les livres illustrant ou suggérant l'application de la sérendipité dans les domaines les plus divers sont très nombreux. On en trouvera quelques exemples significatifs ci-dessous.

Fictions et arts[modifier | modifier le code]

Contes[modifier | modifier le code]

Comme l'indique le sous-titre de son livre : Du conte au concept[1], Sylvie Catellin souligne que le terme même de sérendipité est tiré d'un conte[12], lui-même issu d'une longue tradition de conteurs qui ne s'arrête pas à ce dernier. François Flahault fait, lui aussi remarquer qu'il existe un corpus de contes utilisant la sérendipité comme trame de leur histoire. Il cite aussi bien les contes d'Andersen ou de Grimm que des contes traditionnels de la culture chinoise[35].

Poésie[modifier | modifier le code]

Dans La Peau de l'ombre, Joël Gayraud[45] consacre un chapitre au mot serendipity, envisagé du point de vue du poète et du philologue :

« Quelle n'a pas été [..] ma surprise de découvrir qu'il n'existe pas de terme français correspondant à serendipity et qu'il convient de le rendre selon le contexte par au moins deux périphrases : « découverte heureuse ou inattendue » ; « don de faire des trouvailles ». Ce mot désigne donc aussi bien l'objet trouvé si cher aux surréalistes, que la faculté, par eux développée au plus haut point, de découvrir ces objets. Et la révélation de cette double signification sonna en moi comme une trouvaille qui en redoubla le charme phonétique et, déjouant mes craintes, échoua à l'effacer. »

Littérature[modifier | modifier le code]

A la suite du Conte de Serendip et de Zadig, la littérature s'est emparée de la notion en utilisant notamment les indices et le suspens dans la construction des récits, jusqu'à, à la suite d'Edgar Poe puis de Conan Doyle, définir un genre littéraire nouveau : le roman policier, repris par le cinéma et les séries télévisées policières[1].

Sciences[modifier | modifier le code]

La sociologie des sciences s'est intéressée à la sérendipité pour en discuter les mécanismes dans les processus de découvertes et interroger leur reproductibilité[46]. Des sociologues qui ont étudié la découverte des supraconducteurs en 1987 ont repéré trois ingrédients qui, élargissant la sérendipité, ont permis l'émergence d'une découverte de cette importance et qui peuvent être appliqué à d'autres situations de recherche[47] :

« le premier est l'existence d'une niche institutionnelle (institutional niche), petite mais habitable ; le second élément est la mobilité (au double sens du « nomadisme académique » et de la mobilité des idées) ; le troisième élément est la combinaison d'un savoir public, partagé et du savoir particulier d'un individu grâce à la perspicacité, à l'expérience et aux compétences (insights, experience, and skills) de cet individu. »

Innovation et décision[modifier | modifier le code]

Entreprise[modifier | modifier le code]

La sérendipité est un ingrédient essentiel des processus d'innovation dans le sens où les innovations viennent souvent des rencontres imprévues entre différents acteurs.

Les consultants d'entreprise Alan Robinson et Sam Stern ont effectué une enquête[48] « Comment les innovations surgissent vraiment dans les entreprises ? »

Le quatrième clé : la sagacité dans les heureuses coïncidences (Serendipity). Ils analysent en particulier le processus de la découverte du Téflon par Roy Plunkett, celle de son application par Bob Gore (Gore & Associates), le nylon, Nutrasweet, Canon et la technologie du Bubble-Jet.

Pour eux, comme pour Walter Cannon, la sérendipité se produit lorsque des accidents favorables arrivent à des individus perspicaces. C'est la conjonction d'un évènement imprévu et de la sagacité de l'observateur qui fait la découverte par sérendipité. Il y a trois façons pour une entreprise de la promouvoir :

  1. accroître la fréquence des coïncidences qui pourraient s'avérer fécondes en encourageant un penchant pour l'action, le bricolage, le travail de recherche empirique ;
  2. améliorer la prise de conscience des accidents qui se produisent ;
  3. étendre le champ de sagacité de l'entreprise pour provoquer un plus grand nombre de coïncidences heureuses.
Faire la liste de tout le personnel avec, en regard de chaque nom, ce que chacun sait des opérations de l'entreprise et que personne d'autre ne sait.

On peut valoriser la sérendipité en entreprise de plusieurs façons[49],[50] : créer les conditions de la sérendipité, par exemple en mettant en place des lieux de rencontre entre acteurs qui ne se côtoient généralement pas dans le quotidien, peut être un facilitateur d'innovation[51].

Créativité[modifier | modifier le code]

En 1959, Alex Osborn, l'inventeur du brainstorming, lui consacre un chapitre entier dans son livre Applied Imagination. « The element of luck in creative quest » p. 329-341. Mais le mot (p. 294 de l'édition française) passa inaperçu[52].

Développement personnel[modifier | modifier le code]

En développement personnel, pour désigner « un état d'éveil ou de vigilance qui permet de voir et de remarquer en passant ce dont on a besoin et qu'on ne cherchait pas à ce moment-là, ni à cet endroit-là ». Anne Ancelin Schutzenberger

Information[modifier | modifier le code]

Intelligence économique[modifier | modifier le code]

D'après Yves-Michel Marti et Bruno Martinet (ca. 1995) in[53], la sérendipité est « l'art de trouver la bonne information par hasard ». Elle permet d'identifier les points aveugles (blind spots) d'une stratégie, définis par Michael Porter comme les croyances non fondées mais communément acceptées, qui peuvent aider un concurrent ou un nouvel entrant à créer la rupture sur un marché.

L'auteur israélien Benjamin Gilad démontre que l'identification des points aveugles est une activité fondamentale de la stratégie d'entreprise et de l'intelligence économique[54].

Le terme est souvent utilisé dans le domaine de l'information où il désigne la capacité à utiliser des informations trouvées par hasard ou par erreur et de les utiliser pour d'autres usages que l'objet pour lequel ces recherches ont été initialement engagées.

Web 2.0[modifier | modifier le code]

Trouver par hasard sur Internet une information que l'on ne cherchait pas[55].

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bibliographie sur la sérendipité.

Ouvrages en français[modifier | modifier le code]

  • Anne Ancelin Schützenberger, Le Plaisir de vivre, Paris, éditions Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot », 2009 (OCLC 470907596)
  • Danièle Bourcier et Pek Van Andel, De la sérendipité dans la science, la technique, l'art et le droit : leçons de l'inattendu. L'Act Mem, Chambéry, 2009. (OCLC 470723571)
  • Danièle Bourcier et Pek Van Andel (dir.), La Sérendipité : le hasard heureux. Actes du colloque de Cerisy-la-salle, éditions Hermann, 2011[56]. (OCLC 762764892)
  • Danièle Bourcier et Pek Van Andel, De la sérendipité dans la science, la technique, l'art et le droit : Leçons de l'inattendu, Éditions Hermann, Paris, 2013[57]. (OCLC 843182614)
  • Sylvie Catellin, Sérendipité. Du conte au concept., Éditions du Seuil, 2014. (OCLC 869917838)
  • Marie-Noëlle Charles, Ces petits hasards qui bouleversent la science, Papillon Rouge Éditeur, 2012. (OCLC 795471642)
  • Mickaël Gallais, La sérendipité : présentation, typologie, applications et rôle en sciences de l'information et en documentation (Dossier documentaire de DUT, Institut Universitaire de Technologie), Bordeaux, Université Michel de Montaigne Bordeaux 3, , 149 p. (lire en ligne [PDF]) (5,6 Mo).
  • Richard Gaughan (trad. de l'anglais par Xavier Guesnu), Génies par hasard [« Accidental genius »], Dunod, , 256 p. (ISBN 9782100573059)
  • Jean Jacques, L'Imprévu ou la science des objets trouvés, Odile Jacob, 1990. (OCLC 465098707)
  • Henri Kaufman, Tout savoir sur… la sérendipité. Le nouveau style de vie sur Internet… et ailleurs , Kawa, 2012. (OCLC 836086436)
  • Louis de Mailly, Les Aventures des trois princes de Serendip, suivi de « Voyage en sérendipité » par Dominique Goy-Blanquet, Marie-Anne Paveau et Aude Volpilhac, éditions Thierry Marchaisse, 2011.
  • Tufan Orel, « Le principe de « serendipity » ou l’imaginaire appliqué dans la conduite expérimentale », Les Cahiers de l'Imaginaire, no 4, 1989.
  • Alan Robinson & Sam Stern, « Quand l'encre explose » et « Les heureuses coïncidences » dans : L'entreprise créative. Comment les innovations surgissent vraiment, Éditions d'Organisation, Paris, 2000, p. 200-208 et 220-223. Traduit de (en) Corporate Creativity. How Innovation and Improvement Actually Happen, Berrett-Koehler, San Francisco, 1997 (?)
  • Anthony Storr, The Dynamics of Creation, Secker & Warburg, London, 1972, Trad. fr. Les Ressorts de la création, Laffont, Paris, 1974.
  • René Taton, Causalités et accidents de la découverte scientifique, Masson, Paris, 1955. (en), Reason and Chance in Scientifìc Discovery, Science Editions, New York, 1962.
  • Ranganath Nayak & John Ketteringham, 12 idées de génie auxquelles personne ne croyait, First, 1987. Traduit de (en) Breakthroughs!, Rawson Associates, 1986.

Ouvrages en anglais[modifier | modifier le code]

  • (en) Matt Kingdon, The Science of Serendipity: How to Unlock the Promise of Innovation, Wiley, 2013.
  • (en) Birgit Krols, Accidental Inventions: The Chance Discoveries That Changed Our Lives, Insight Editions, 2012
  • (en) Walter Cannon, The Way of Investigator, Norton, New York, 1945
  • (en) Morton Meyers, Happy Accidents: Serendipity in Major Medical Breakthroughts in the Twentieth Century, Arcade Publishing, 2011
  • (en) Thor Muller & Lane Becker, Get Lucky: How to Put Planned Serendipity to Work for You and Your Business, Jossey-Bass, 2012.
  • (en) Theodore Remer, Serendipity and the Three Princes, University of Oklahoma Press, 1965
  • (en) Royston Roberts, Serendipity: Accidental Discoveries in Science, John Wiley & Sons, New York, 1989
  • (en) Madhukar Shukla, The Creative Muse: Stories of Creativity & Innovation, XLRI & Geocities, 2004.
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Articles[modifier | modifier le code]

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  • (en) Frédéric Darbellay et al., Interdisciplinary Research Boosted by Serendipity], Creativity Research Journal, Volume 26, Issue 1, 2014. DOI:10.1080/10400419.2014.873653
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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  54. (en) Gilad, Ben (1998). Business Blindspots. UK: Infonortics. (First edition, Il: Irwin-Probus, 1994).
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