Les Misérables

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Les Misérables
Image illustrative de l’article Les Misérables
Cosette chez les Thénardier
(illustration d'Émile Bayard, 1886).

Auteur Victor Hugo
Pays Drapeau de la France France
Genre Roman
Éditeur Albert Lacroix et Cie
Date de parution 1862
Illustrateur Émile Bayard
Nombre de pages 2 598 (éd. Testard, 1890)
Chronologie
Exemplaire original du tome I publié en 1862 par Lacroix, Verboeckhoven et Cie
Maison natale de Victor Hugo à Besançon.

Les Misérables est un roman de Victor Hugo publié en 1862, qui a donné lieu à de nombreuses adaptations, au cinéma et sur de nombreux autres supports.

Dans ce roman, l’un des plus vastes[1] et des plus notables de la littérature française du XIXe siècle[2], qui décrit la vie de pauvres gens dans Paris et la France provinciale du premier tiers du XIXe siècle, l’auteur s'attache plus particulièrement au destin du bagnard Jean Valjean. C'est un roman historique, social et philosophique dans lequel on retrouve les idéaux du romantisme et ceux de Victor Hugo concernant la nature humaine. La préface résume clairement les intentions de l'auteur : « Tant que les trois problèmes du siècle, la dégradation de l’homme par le prolétariat, la déchéance de la femme par la faim, l’atrophie de l'enfant par la nuit, ne seront pas résolus ; en d’autres termes, et à un point de vue plus étendu encore, tant qu’il y aura sur la terre ignorance et misère, des livres de la nature de celui-ci pourront ne pas être inutiles ».

Le roman dans ses grandes lignes[modifier | modifier le code]

L'action se déroule en France au cours du premier tiers du XIXe siècle, entre la bataille de Waterloo (1815) et les émeutes de juin 1832. On y suit, sur cinq tomes[3], la vie de Jean Valjean, de sa sortie du bagne jusqu'à sa mort. Autour de lui gravitent les personnages, dont certains vont donner leur nom aux différentes parties du roman, témoins de la misère de ce siècle, misérables eux-mêmes ou proches de la misère : Fantine, Cosette, Marius, mais aussi les Thénardier (dont Éponine, Azelma et Gavroche) ainsi que le représentant de la loi, Javert. Outre le récit souvent dramatique des péripéties des vies de ces personnages, Victor Hugo interrompt régulièrement l'action pour de vastes digressions (telle la longue description de la bataille de Waterloo ouvrant la deuxième partie), prétextes à exposer ses idées sur l'Histoire, la société ou la religion.

La première partie (Fantine) décrit la « rédemption » de Jean Valjean sous l'influence de l’évêque de Digne, monseigneur Myriel ; il devient M. Madeleine, bienfaiteur de la ville de Montreuil-sur-Mer. En parallèle, on suit la déchéance de Fantine, fille-mère obligée de confier son enfant, Cosette, aux malfaisants Thénardier ; cette partie s'achève sur une série de coups de théâtre, Jean Valjean reprenant sa véritable identité et se livrant à la justice pour sauver un innocent ; il a cependant eu le temps de jurer à Fantine mourante qu'il s'occupera de Cosette.

Dans la deuxième partie (Cosette), on voit Jean Valjean s'évader, arracher Cosette aux Thénardier, et tenter de s'installer à Paris pour y mener une vie tranquille, mais il a attiré l'attention du policier Javert, qui ne cessera plus de le traquer ; cette partie se conclut sur le sauvetage miraculeux de Jean Valjean, trouvant refuge dans le couvent du Petit-Picpus.

Les évènements de la troisième partie (Marius) se déroulent dix ans plus tard. Le roman se concentre d'abord sur le conflit entre Marius et son grand-père, le grand bourgeois Gillenormand, qui aboutit à leur rupture et à l'entrée de Marius dans un groupe révolutionnaire, les Amis de l'A B C. Pendant ce temps, Jean Valjean et Cosette ont quitté le couvent ; Marius les rencontre par hasard, et tombe amoureux de cette fille dont il a le plus grand mal à découvrir l'identité. Le dernier livre (Le mauvais pauvre) noue tous les fils de l'intrigue : Thénardier (sous le pseudonyme de Jondrette) tend un piège à Jean Valjean ; Marius, témoin de ce guet-apens et se préparant à en avertir Javert, découvre que l'homme qui veut assassiner le père de sa bien-aimée n'est autre que celui qui a sauvé son propre père à Waterloo. Finalement, Jean Valjean s'échappe une fois de plus, et Marius perd la trace de Cosette.

La quatrième partie (L'idylle rue Plumet et l'épopée rue Saint-Denis) montre les retrouvailles de Marius et Cosette, grâce à l'intervention d'Éponine. Leur idylle se développe rue Plumet, jusqu'au départ précipité de Jean Valjean ; tous les protagonistes de l'histoire, ou presque, convergent alors vers la barricade (fictive) de la rue de la Chanvrerie : les Amis de l'A B C par conviction révolutionnaire, Marius par désespoir d'avoir perdu Cosette, Éponine par amour, Gavroche par curiosité, Javert pour espionner et Jean Valjean pour sauver Marius.

Résumé détaillé[modifier | modifier le code]

Première partie : Fantine[modifier | modifier le code]

Livre 1 : Un juste[modifier | modifier le code]

Le premier livre s'ouvre sur le long portrait de monseigneur Myriel, évêque de Digne, où, malgré son rang, il vit très modestement en compagnie de sa sœur, Baptistine, et d'une servante, Mme Magloire. Ce religieux est un juste qui se contente du strict nécessaire pour distribuer le reste de ses économies aux pauvres. Pénétré de charité chrétienne, il laisse sa porte grande ouverte et fraternise avec ceux que la société rejette, tel le conventionnel G., « coupable » d'avoir voté la mort du roi.

Livre 2 : La chute[modifier | modifier le code]

Jean Valjean et Mgr Myriel.
Illustration de Frédéric Lix, vers 1879-1880.

En 1815, Jean Valjean est libéré du bagne de Toulon après y avoir purgé une peine de dix-neuf ans : victime d'un destin tragique, initialement condamné à cinq ans de bagne pour avoir volé un pain afin de nourrir sa famille, il voit sa peine prolongée à la suite de plusieurs tentatives d'évasion. En liberté, son passé de forçat l'accable : ainsi, dans chaque ville qu'il traverse, contraint à faire connaître de la mairie son statut d'ancien bagnard qu'un passeport jaune matérialise, il est universellement rejeté et seul monseigneur Myriel l'accueille pour le gîte et le couvert. Jean Valjean, épris de haine, frappé d'injustice, et peu conscient de ses actes, vole l'argenterie de l'évêque et s'enfuit par la fenêtre. Lorsqu'il est arrêté et ramené par les gendarmes chez l'évêque, celui-ci lui pardonne et déclare lui avoir offert son argenterie, le sauvant ainsi de la condamnation pour récidive. Il engage Valjean à accepter deux chandeliers supplémentaires contre la vertu et l'intégrité de sa conduite future.

Perdu dans ses pensées, Valjean vole, sans en avoir vraiment l'intention, une pièce de 40 sous à un ramoneur savoyard d'une dizaine d'années nommé Petit-Gervais. Le jeune Savoyard fait tomber la pièce qui finit sous le pied de Valjean, celui-ci ne s'en aperçoit pas et chasse l'enfant qui lui demande plusieurs fois de la lui rendre. Lorsque Valjean voit la pièce, il essaie, mais en vain, de retrouver l'enfant pour lui restituer son argent.

Le vol est rapporté aux autorités, Valjean est désormais récidiviste, recherché par la police, encourant la prison à vie. Il doit donc cacher son identité. Ce sera sa dernière faiblesse, car il passe définitivement du côté du bien.

Livre 3 : En l'année 1817[modifier | modifier le code]

Ce livre commence par une description de la vie parisienne en 1817 avec ses mondanités, ses célébrités éphémères, ses hésitations politiques (disparition de l'ancien régime napoléonien et mise en place du nouveau régime monarchiste). C'est également l'occasion de présenter Fantine et ses amours de grisette, de même que ses trois amies ainsi que leurs amants. Le livre s'achève cependant par un coup de théâtre : les quatre jeunes gens mettent brutalement fin à leurs relations et abandonnent les jeunes filles sans prévenir pour rentrer dans leurs familles prendre un métier et se marier. Or, Fantine avait eu un enfant de son amant Tholomyès.

Livre 4 : Confier, c'est quelquefois livrer[modifier | modifier le code]

Dix mois après avoir été abandonnée, Fantine est contrainte de quitter Paris et de retourner dans sa ville natale, Montreuil-sur-Mer. Elle passe par Montfermeil, où elle tombe par hasard sur les Thénardier, qui tiennent une gargote, et leur confie spontanément sa fille, la jeune Cosette, contre une petite pension. Malheureusement, les Thénardier sont des gens avides et sans scrupules, qui comprennent rapidement l'intérêt financier que représente la fillette. Sitôt l'enfant chez eux, ils montrent leur véritable nature. Malgré son jeune âge, Cosette est maltraitée par toute la famille et rapidement contrainte aux travaux ménagers. Parallèlement, les Thénardier vendent le trousseau de la petite fille et l'habillent de haillons tout en réclamant régulièrement des augmentations du tarif de la pension à Fantine. Celle-ci, d'abord ponctuellement payée, commence à faire l'objet d'irrégularités, à mesure que Fantine s'enfonce dans la misère.

Livre 5 : La descente[modifier | modifier le code]

Javert arrête Fantine.
Illustration de Pierre Georges Jeanniot (1890).
Jean Valjean ferme les yeux de Fantine.
Illustration d'Émile Bayard (1862).

Jean Valjean reparaît à l'autre bout de la France, sous le nom de M. Madeleine et opère sa complète rédemption : enrichi honnêtement en améliorant la fabrication dans l’industrie des verroteries noires, il devient le bienfaiteur de la ville de Montreuil-sur-Mer, dont il sera nommé maire ; tous l’apprécient, à l’exception du policier Javert, qui pense l’avoir reconnu (il a sauvé un nommé Fauchelevent en soulevant sur son dos la charrette qui l'écrasait, tour de force qui, selon Javert, n'aurait été possible qu'au bagnard Jean Valjean) et qui n’aura désormais pour seul but que de le renvoyer au bagne, le poursuivant tout au long du roman.

En regard de l'ascension de Jean Valjean, son rachat pourrait-on dire (« je vous achète votre âme » lui avait dit l'évêque), on assiste à la chute de Fantine, fille-mère qui, pour nourrir Cosette, ira de déchéance en déchéance, jusqu'à la prostitution et la mort. Fantine habite à Montreuil-sur-Mer, et travaille à la fabrique de M. Madeleine, mais celui-ci ignore tout de son calvaire, jusqu'à une altercation à la suite de laquelle elle est menacée d'emprisonnement par Javert ; l’apprenant, et au grand mécontentement de celui-ci, il la fait libérer et semble devoir la tirer de sa déchéance.

Livre 6 : Javert[modifier | modifier le code]

On fait davantage connaissance dans ce livre avec ce policier incarnant la justice implacable et rigide, qui a mis toute son énergie au service de la loi, et qui, ayant été détrompé par les autorités à qui il avait dénoncé le maire comme étant Jean Valjean, demande à M. Madeleine de le destituer.

Livre 7 : L’affaire Champmathieu[modifier | modifier le code]

Au terme d'une longue nuit d'hésitation (décrite dans le célèbre chapitre intitulé Une tempête sous un crâne), M. Madeleine va se dénoncer pour éviter à un pauvre diable, un simple d'esprit nommé Champmathieu, reconnu à tort comme étant Jean Valjean, d'être condamné à sa place.

Livre 8 : Contre-coup[modifier | modifier le code]

L’ordre reprend ses droits et Javert triomphe ; tous les bienfaits qu'aurait pu apporter M. Madeleine ne pourraient compenser la seule injustice faite à Champmathieu. Jean Valjean échappe cependant quelques jours à la justice et prépare son passage à la clandestinité pour respecter une dernière promesse faite à Fantine qu'il a assistée à l'heure de sa mort : sauver Cosette, pensionnaire asservie et malheureuse des Thénardier.

Deuxième partie : Cosette[modifier | modifier le code]

Les Thénardier dans leur auberge de Montfermeil.
Illustration de Gustave Brion, 1863.
Jean Valjean soustrait Cosette à Thénardier.
Illustration d'Émile Bayard (vers 1879-1882).

Livre 1 : Waterloo[modifier | modifier le code]

Victor Hugo aborde la seconde partie des Misérables par la bataille de Waterloo qui s'est déroulée sept ans plus tôt. Victor Hugo place là une réflexion qui lui tient à cœur sur ce moment de la chute d'un personnage qu'il admire, Napoléon Ier. Depuis longtemps, Victor Hugo est hanté par cette bataille. Celle-ci lui inspirera le poème « L'Expiation » du livre V des Châtiments. Il a refusé à plusieurs reprises de se rendre sur les lieux et c'est seulement en 1861 qu'il visite le champ de bataille et c'est là qu'il termine ce récit épique. La bataille de Waterloo est le lien dramatique qui relie Thénardier et Marius : Thénardier aurait « sauvé » le colonel Pontmercy, père de Marius, à l'issue de cette bataille. Il s'agit en fait d'un malentendu qui se prolongera durant tout le roman: Thénardier détroussait les cadavres, mais le père de Marius n'était que grièvement blessé ; il s'attribuera la gloire de son sauvetage, et ira jusqu'à nommer son auberge Au sergent de Waterloo.

Livre 2 : Le vaisseau L'Orion[modifier | modifier le code]

Jean Valjean, renvoyé au bagne de Toulon, profite d'un accident pour sauver un marin de la noyade et s'évader au passage.

Livre 3 : Accomplissement de la promesse faite à la morte[modifier | modifier le code]

Après avoir récupéré une forte somme d'argent (acquise légalement en tant que M. Madeleine), Jean Valjean rachète Cosette à Thénardier ; celui-ci le regrette amèrement et essaiera désormais tout au long du roman de reprendre ce qu'il estime être son dû.

Livre 4 : La masure Gorbeau[modifier | modifier le code]

Jean Valjean et Cosette s'installent à Paris dans un logement misérable, et y vivent quelques mois une vie simple et heureuse, mais où la générosité de Jean Valjean le fait remarquer ; repéré par Javert, il n'a que le temps de prendre la fuite.

Livre 5 : À chasse noire meute muette[modifier | modifier le code]

La traque de Jean Valjean par Javert et ses subordonnés, occasion pour Victor Hugo de détailler le plan du Paris de l'époque, semble devoir se terminer rapidement, mais sa disparition incompréhensible relève d'une incroyable coïncidence : M. Madeleine retrouve derrière les murs du couvent du Petit-Picpus le charretier Fauchelevent dont il a sauvé la vie, et qu'il a fait placer là en tant que jardinier.

Livre 6 : Le Petit-Picpus[modifier | modifier le code]

Ce livre est consacré en entier à la description de la vie religieuse du Petit-Picpus, couvent soumis à la règle de l'Adoration perpétuelle, et disparu vers 1840.

Livre 7 : Parenthèse[modifier | modifier le code]

Élargissant encore son analyse, Victor Hugo consacre cette parenthèse au rôle général du couvent, de la prière et de la foi. Réquisitoire violent contre l'Église carcan, c'est aussi une apologie de la méditation et de la foi véritable. « Nous sommes pour la religion contre les religions. », précise Victor Hugo.

Livre 8 : Les cimetières prennent ce qu'on leur donne[modifier | modifier le code]

Reprenant enfin le fil du récit, ce livre expose comment Jean Valjean devient Ultime Fauchelevent, censé être le frère du jardinier venu l'aider dans ses tâches. Cependant, il lui faut ressortir du couvent pour pouvoir se présenter à la grande porte ; cela donne lieu à un épisode dramatique de fausse inhumation dans le cimetière de Saint-Sulpice à Vaugirard, qui manque de se terminer fort mal. Finalement, il est accepté, ainsi que Cosette, qui reçoit une éducation religieuse stricte.

Troisième partie : Marius[modifier | modifier le code]

Jean Valjean, Cosette et Marius Pontmercy au jardin du Luxembourg.
Illustration de Pierre Georges Jeanniot, 1891.

Livre 1 : Paris étudié dans son atome[modifier | modifier le code]

Après des réflexions générales sur l'enfance, et sur les gamins de Paris, ce livre fait une première présentation de Gavroche, le fils d'un dénommé Jondrette qui habite la masure Gorbeau ; y loge également Marius, dont les livres suivants vont expliquer l'histoire, et la présence en ce lieu.

Livre 2 : Le grand bourgeois[modifier | modifier le code]

Ce livre présente le grand-père de Marius, M. Gillenormand, vieux royaliste plein de préjugés, et n'ayant jamais pardonné à son fils, le colonel Pontmercy, ses faits d'armes au service de Napoléon.

Livre 3 : Le grand-père et le petit-fils[modifier | modifier le code]

On apprend plus précisément dans ce livre que M. Gillenormand a chassé son fils et a obtenu la garde de Marius, qu'il a élevé dans l'ignorance quasi-complète de l'existence de son père. Marius, d'abord honteux de ce paria, et arrivé trop tard sur son lit de mort, découvre presque par hasard la dévotion que ce père avait pour lui et les sacrifices qu'il a fait ; il se met à étudier l'Histoire, à réviser ses jugements sur la République et l'Empire, et il décide de retrouver Thénardier (dont il croira jusqu'au bout qu'il est ce « sergent de Waterloo » qui aurait sauvé le colonel Pontmercy). Une nouvelle coïncidence amène M. Gillenormand à découvrir le changement complet d'attitude de Marius, et révolté, il le chasse de sa maison comme il en avait chassé son père.

Livre 4 : Les Amis de l'A B C[modifier | modifier le code]

La description de cette société (fictive) de républicains idéalistes et révolutionnaires, et de ses principaux membres, dont son chef Enjolras, occupe tout ce livre ; Marius, qui s'est lié d'amitié avec certains d'entre eux, se met à fréquenter le groupe, tout en n'osant pas aller aussi loin qu'eux dans leurs opinions. Il doit cependant les quitter, faute d'argent et refusant celui que son grand-père tente de lui faire parvenir.

Livre 5 : Excellence du malheur[modifier | modifier le code]

Trois ans se sont écoulés (cette partie du roman se déroule entre 1830 et 1832). Plongé au début dans une misère noire, Marius est cependant parvenu à devenir avocat ; il habite la masure Gorbeau et y vivote à présent du peu que lui rapporte son travail de traducteur, tandis que son grand-père, qui continue à fulminer contre lui en toute occasion, est secrètement horriblement malheureux de leur rupture.

Livre 6 : La conjonction de deux étoiles[modifier | modifier le code]

Depuis plus d'un an, Marius croise dans le jardin du Luxembourg un vieillard et une toute jeune fille (qu'il appelle, faute de mieux, M. Leblanc et Mlle Lanoire) ; le lecteur a évidemment deviné qu'il s'agit de Jean Valjean et Cosette, sortis désormais du couvent et habitant Paris, mais leur histoire ne sera racontée que dans la quatrième partie (Livre 3 : La maison de la rue Plumet). Cosette est métamorphosée et Marius en tombe éperdument amoureux. Prenant par erreur le mouchoir de Jean Valjean (marqué aux initiales d'Ultime Fauchelevent), il en déduit qu'elle doit certainement se prénommer Ursule, et ne l'appellera plus qu'ainsi. Tentant d'en savoir plus long, et la suivant jusqu'à leur domicile, il ne réussit qu'à les en faire déménager au plus vite.

Livre 7 : Patron-Minette[modifier | modifier le code]

Ce livre est une nouvelle longue digression sur les bas-fonds de la société, commençant par des généralités et concluant sur la bande de Patron-Minette, que Victor Hugo introduit ainsi : « Un quatuor de bandits, Claquesous, Gueulemer, Babet et Montparnasse, gouvernait de 1830 à 1835 le troisième dessous de Paris ».

Livre 8 : Le mauvais pauvre[modifier | modifier le code]

Ce livre, le plus long du roman, noue de manière dramatique tous les fils de l'intrigue jusqu'ici dispersés ; Jondrette (le « mauvais pauvre ») s'y montre d'abord pratiquant diverses formes d'escroquerie, mais révèle sa vraie nature en attirant dans un guet-apens le riche M. Leblanc ; Éponine, tombée amoureuse de Marius, lui révèle les plans de son père (en particulier le fait que Jondrette a demandé à Patron-Minette de lui fournir des renforts), et Marius avertit Javert de se tenir prêt à arrêter la bande. M. Leblanc fait face à ces sept hommes, et alors que Marius va donner le signal, Jondrette se révèle comme ce Thénardier que Marius a tant cherché, et indique qu'il a reconnu Jean Valjean. Pris dans un dilemme, Marius hésite à intervenir, ce qui donne l'occasion à Hugo de montrer une nouvelle fois la force et le courage de Jean Valjean (admiratif, Claquesous, l'un des chefs de Patron-Minette, s'écrit : « C'est un vieux rude ») ; quand Javert procède enfin à l'arrestation de la bande, il ne peut que constater la disparition de la « victime », et s'exclamer : « Diable ! ce devait être le meilleur ! ».

Quatrième partie : L'idylle rue Plumet et l'épopée rue Saint-Denis[modifier | modifier le code]

Livre 1 : Quelques pages d'histoire[modifier | modifier le code]

Toute l'action de la quatrième partie est sous-tendue par l'émeute de juin 1832 ; Victor Hugo estime même que c'est en quelque sorte là le cœur du roman[4]. Le premier livre est une longue digression sur les causes et les conséquences de la Restauration, ainsi que sur la personnalité de Louis-Philippe, préparant l'analyse des évènements conduisant à l'émeute.

Livre 2 : Éponine[modifier | modifier le code]

Apparition au père Mabeuf.
Éponine arrose le jardin de Mabeuf pour qu'il l'aide à retrouver Marius
Illustration de Pierre Georges Jeanniot (1890).

Après l'arrestation des Thénardier, Marius a disparu ; Éponine réussit à le retrouver grâce au père Mabeuf (libraire ruiné rencontré précédemment, alors qu'il fournissait les Amis de l'A B C, et qui traverse toute cette partie en ne comprenant rien à ce qui se passe). Elle révèle à Marius la nouvelle adresse de Cosette dans l'espoir de lui rendre le sourire, mais celui-ci, ivre de bonheur, ne se rend même pas compte des sentiments qu'elle a pour lui.

Livre 3 : La maison de la rue Plumet[modifier | modifier le code]

Dans ce livre, Victor Hugo revient sur l'histoire de Jean Valjean et de Cosette, de leur sortie du couvent et de leur installation dans divers domiciles à Paris, dont la maison de la rue Plumet, maison à secrets qui devrait leur permettre de n'attirer l'attention de personne ; Jean Valjean réussit même à devenir garde national. Pendant ce temps, Cosette passe de la petite fille dont la prieure du couvent avait dit « Elle sera laide » à une beauté adolescente prenant conscience de son charme, et tombant amoureuse de Marius, ce qui va conduire à un éloignement insensible entre Jean Valjean et elle.

Livre 4 : Secours d'en bas peut être secours d'en haut[modifier | modifier le code]

Ce livre montre la rencontre fortuite de Montparnasse (le seul chef de Patron-Minette à n'avoir pas participé au guet-apens) et de Jean Valjean, sous les yeux de Gavroche, prétexte pour Hugo (par la bouche de Jean Valjean), pour exalter les vertus du travail honnête et montrer l'abîme qui s'ouvre devant le criminel. Finalement, Gavroche dérobe la bourse que Jean Valjean a donné à Montparnasse (qui allait la lui voler), et l'offre au père Mabeuf.

Livre 5 : Dont la fin ne ressemble pas au commencement[modifier | modifier le code]

Grâce aux indications d'Éponine, et profitant d'une brève absence de Jean Valjean, Marius parvient à rejoindre Cosette dans le jardin de la maison de la rue Plumet, où ils s'avouent leur amour.

Livre 6 : Le petit Gavroche[modifier | modifier le code]

Gavroche.
Illustration d'Émile Bayard.

Revenant sur l'histoire de la famille Thénardier, on découvre dans ce livre l'existence des deux petits frères de Gavroche, et comment les trois enfants jetés à la rue se sont débrouillés ; Gavroche (sans savoir qu'ils sont ses frères) les loge dans l'éléphant de la Bastille. On apprend également dans ce livre comment, après leur arrestation, les Thénardier et la bande de Patron-Minette se sont évadés.

Livre 7 : L’argot[modifier | modifier le code]

Dans une nouvelle longue digression, Victor Hugo dresse une histoire de l'argot et donne de nombreux détails sur son utilisation, avant de montrer comment cette langue reflète la souffrance de la pègre.

Éponine défie son père et la bande Patron-Minette.
Illustration de Pierre Georges Jeanniot (1890).

Livre 8 : Les enchantements et les désolations[modifier | modifier le code]

Après le mois de mai 1832, un mois d'idylle et de tendres confidences entre Marius et Cosette, Éponine les découvre et empêche son père et Patron-Minette d'attaquer la maison. Cependant, Jean Valjean projette de partir en Angleterre ; désespéré, Marius reprend contact avec son grand-père pour pouvoir l'épouser, mais cette rencontre tourne au drame après une série de malentendus.

Livre 9 : Où vont-ils ?[modifier | modifier le code]

Poussés par des motifs de hasard, Marius (désespéré et apprenant ce que font les Amis de l'A B C) et M. Mabeuf (ruiné, n'ayant su profiter d'aucune des occasions de secours qui se présentait, pas même de la bourse de Gavroche, et ayant perdu jusqu'à son dernier livre) rejoignent la barricade (fictive)[5] de la rue de la Chanvrerie, tandis que Jean Valjean, inquiet d’une inscription sur son mur, quitte la maison de la rue Plumet.

La Liberté guidant le peuple de Delacroix (1830).
Tableau ayant probablement inspiré Victor Hugo.

Livre 10 : Le 5 juin 1832[modifier | modifier le code]

Après une analyse générale des émeutes et des insurrections, ce livre décrit les causes des évènements de juin 1832 et détaille le début des combats dans le faubourg Saint-Antoine.

Livre 11 : L'atome fraternise avec l'ouragan[modifier | modifier le code]

Gavroche et Mabeuf en tête des insurgés.
Illustration de Pierre Georges Jeanniot (1890).

Gavroche, errant dans Paris au début de l'émeute, finit par se joindre à la troupe des Amis de l'A B C, que le père Mabeuf a décidé de suivre.

Livre 12 : Corinthe[modifier | modifier le code]

Après une description de la rue de la Chanvrerie (disparue lors de l'ouverture de la rue Rambuteau) où va s'installer la barricade, la présentation du cabaret Corinthe (qui en fait le coin), de ses propriétaires et surtout de son occupation par les Amis de l'A B C sert de prétexte à des discours révolutionnaires, prélude à la construction de la barricade. Gavroche signale à Enjolras la présence de Javert, qui est ligoté ; ce livre préliminaire aux combats se conclut par l'exécution sommaire (par Enjolras) d'un mouchard dont on découvre qu'il s'agissait de Claquesous, l'un des chefs de la bande de Patron-Minette.

Livre 13 : Marius entre dans l'ombre[modifier | modifier le code]

Livre 14 : Les grandeurs du désespoir[modifier | modifier le code]

Livre 15 : La rue de l’Homme-Armé[modifier | modifier le code]

Cinquième partie : Jean Valjean[modifier | modifier le code]

Jean Valjean et Cosette après le mariage de celle-ci avec Marius (à l'arrière-plan).
Illustration d'Émile Bayard.

La cinquième partie est celle de la mort et de l'effacement. Mort des insurgés sur la barricade qui a commencé à la fin du tome précédent par celle d'Éponine et de M. Mabeuf et qui se poursuit par celle de Gavroche puis par l'anéantissement de la barricade. Jean Valjean se situe comme un ange protecteur : ses coups de feu ne tuent personne, il se propose pour exécuter Javert, mais lui permet de s'enfuir et sauve Marius au dernier instant de la barricade.

Le sauvetage épique s'effectue par les égouts de Paris (l'intestin de Léviathan) que Victor Hugo décrit avec abondance. Échappant aux poursuites et à l'enlisement, Jean Valjean sort des égouts grâce à Thénardier, mais pour tomber dans les filets de Javert. Marius, sauvé, est reconduit chez son grand-père.

On assiste ensuite au suicide de Javert et à l'effacement de Jean Valjean. Javert en effet relâche Jean Valjean alors qu'il le raccompagnait, en reconnaissance du fait que Jean Valjean l'avait sauvé lors de l'attaque de la barricade, mais ce faisant Javert ne supporte pas d'avoir manqué à son devoir de policier scrupuleux, devoir qui lui impose de ne pas relâcher un suspect pour raison personnelle, ce qu'il a néanmoins fait. Ne pouvant supporter ce grave manquement à son devoir, et d'avoir remis en cause le principe supérieur qu'est pour lui l'obéissance à la hiérarchie, ni non plus le faire arrêter par des collègues, pour ensuite "se laver les mains comme Ponce-Pilate", il décide de mettre fin à ses jours en se jetant dans la Seine (chapitre Javert déraillé — titre d'avant-garde pour l'époque).

L'idylle entre Marius et Cosette se concrétise par un mariage. Jean Valjean s'efface peu à peu de la vie du couple, encouragé par Marius qui voit en lui un malfaiteur et un assassin. Marius n'est détrompé par Thénardier que dans les dernières lignes du roman et, confus et reconnaissant, assiste avec Cosette aux derniers instants de Jean Valjean.

Livre 1 : La guerre entre quatre murs[modifier | modifier le code]

Livre 2 : L'intestin de Léviathan[modifier | modifier le code]

Livre 3 : La boue, mais l'âme[modifier | modifier le code]

Livre 4 : Javert déraillé[modifier | modifier le code]

Livre 5 : Le petit-fils et le grand-père[modifier | modifier le code]

Livre 6 : La nuit blanche[modifier | modifier le code]

Livre 7 : La dernière gorgée du calice[modifier | modifier le code]

Livre 8 : La décroissance crépusculaire[modifier | modifier le code]

Livre 9 : Suprème ombre, suprème aurore[modifier | modifier le code]

Le roman[modifier | modifier le code]

Genèse[modifier | modifier le code]

Victor Hugo photographié par Gilbert Louis Radoux le .

Préoccupé par l'adéquation entre la justice sociale et la dignité humaine, Victor Hugo a écrit en 1829 Le Dernier Jour d'un condamné, long monologue et réquisitoire contre la peine de mort. Il poursuit en 1834 avec Claude Gueux. En 1845, alors qu'il vient d'être fait pair de France par le roi Louis-Philippe Ier, le peintre François-Auguste-Biard fait constater le flagrant délit d’adultère de sa femme Léonie avec le poète. Léonie est emprisonnée pendant deux mois dans la prison Saint-Lazare puis envoyée au couvent des Augustines. C'est cet événement qui, selon Sainte-Beuve, conduit Victor Hugo à se retirer chez lui[6] et à entreprendre une grande fresque épique qu'il intitule d'abord Les Misères, (ou Livre des Misères)[7] dans laquelle le personnage principal se nomme initialement « Jean Tréjean »[8]. De cette même année 1845, daterait également l'unique trace écrite conservée de ce qui peut ressembler à l'architecture synthétique d'un projet :

  • Histoire d'un saint
  • Histoire d'un homme
  • Histoire d'une femme
  • Histoire d'une poupée[9].

Il interrompt sa tâche en , mais écrit à la même époque son Discours sur la misère (1849).

Durant son exil, après la rédaction des Contemplations (1856) et de La Légende des siècles (1859), il se remet à l'écriture des Misérables, à Guernesey en 1860. Sur son manuscrit, il écrit : « . Ici, le pair de France s'est interrompu, et le proscrit a continué : . Guernesey [10]. » L'ouvrage est terminé et publié à partir de fin par l'éditeur Albert Lacroix, qui dispose d'un colossal budget de fabrication et de lancement, et qui fonde tous ses espoirs sur cet ouvrage[11].

Inspiration[modifier | modifier le code]

Les Misérables est à la fois un roman d'inspiration réaliste, épique et romantique, un hymne à l'amour et un roman politique et social.

Roman réaliste[12], Les Misérables décrit tout un univers de gens humbles. C'est une peinture très précise de la vie dans la France et le Paris pauvre au début du XIXe siècle. Son succès populaire tient au trait parfois chargé avec lequel sont peints les personnages du roman.

Roman épique, Les Misérables dépeint au moins trois grandes fresques : la bataille de Waterloo (qui représente pour l'auteur, la fin de l'épopée napoléonienne, et le début de l'ère bourgeoise ; il s'aperçoit alors qu'il est républicain), l'émeute de Paris en juin 1832, la traversée des égouts de Paris par Jean Valjean. Mais le roman est aussi épique par la description des combats de l'âme : les combats de Jean Valjean entre le bien et le mal, son rachat jusqu'à son abnégation, le combat de Javert entre respect de la loi sociale et respect de la loi morale.

Les Misérables est aussi un hymne à l'amour : amour chrétien sans concession de Mgr Myriel qui, au début du roman, demande sa bénédiction au conventionnel G. (peut-être inspiré par l'abbé Grégoire[13]) ; amours déçues de Fantine et Éponine ; amour paternel de Jean Valjean pour Cosette ; amour partagé de Marius et Cosette ; Victor Hugo axe d'ailleurs toute la troisième partie sur la personne de Marius en qui il se reconnaît jeune. Il avouera même avoir écrit avec Marius ses quasi-mémoires[14]. Mais c'est aussi une page de la littérature française dédiée à la patrie. Au moment où il écrit ce livre, Victor Hugo est en exil. Aidé depuis la France par des amis qu'il charge de vérifier si tel coin de rue existe, il retranscrit dans ce roman la vision des lieux qu'il a aimés et dont il garde la nostalgie[15].

Mais la motivation principale de Victor Hugo est le plaidoyer social. « Il y a un point où les infâmes et les infortunés se mêlent et se confondent dans un seul mot, mot fatal, les misérables ; de qui est-ce la faute ? » Selon Victor Hugo, c'est la faute de la misère, de l'indifférence et d'un système répressif sans pitié. Idéaliste, Victor Hugo est convaincu que l'instruction, l'accompagnement et le respect de l'individu sont les seules armes de la société qui peuvent empêcher l'infortuné de devenir infâme. Le roman engage une réflexion sur le problème du mal… Il se trouve que toute sa vie Hugo a été confronté à la peine de mort. Enfant, il a vu des corps pendus exhibés aux passants, plus tard, il a vu des exécutions à la guillotine. Un des thèmes du roman est donc « le crime de la loi ». Si l'œuvre montre comment les coercitions sociales et morales peuvent entraîner les hommes à leur déchéance si aucune solution de réédification n'est trouvée, c'est surtout un immense espoir en la générosité humaine dont Jean Valjean est l'archétype. Presque tous les autres personnages incarnent l'exploitation de l'homme par l'homme. L'exergue de Hugo est un appel à l'humanité pour qu'elle ne cesse d'œuvrer à des temps meilleurs :

« Tant qu’il existera, par le fait des lois et des mœurs, une damnation sociale créant artificiellement, en pleine civilisation, des enfers, et compliquant d’une fatalité humaine la destinée qui est divine ; tant que les trois problèmes du siècle, la dégradation de l’homme par le prolétariat, la déchéance de la femme par la faim, l’atrophie de l'enfant par la nuit, ne seront pas résolus ; tant que, dans de certaines régions, l’asphyxie sociale sera possible ; en d’autres termes, et à un point de vue plus étendu encore, tant qu’il y aura sur la terre ignorance et misère, des livres de la nature de celui-ci pourront ne pas être inutiles. »

— Victor Hugo, Hauteville-House, 1862.

Le choix du village de Montfermeil comme lieu de rencontre entre Cosette et Jean Valjean dans le roman remonte à 1845. Cette année là, pris en flagrant délit d'adultère, jeune pair de France, Victor Hugo est prié de s'éloigner quelque temps de Paris. Avec Juliette Drouet, il monte dans une diligence à Pantin qui prend la direction de Chelles, commune limitrophe de Montfermeil où il séjourne, dans l'auberge de l'ancienne abbaye. Son poème sur le moulin de Chelles, écrit lors de ce passage, se réfère au moulin de Montfermeil. En 1862, la publication du roman popularise la commune où situe l'auberge des Thénardier (Au Sergent de Waterloo)[16].

Influences[modifier | modifier le code]

Les Mystères de Paris, roman d'Eugène Sue
(affiche publicitaire de Jules Chéret, 1885).

Robert Laffont et Valentino Bompiani signalent, dans Le Nouveau Dictionnaire des œuvres de tous les temps, la présence dans Les Misérables de l'influence de Balzac (La Comédie humaine), d'Eugène Sue (Les Mystères de Paris) et des romans-feuilletons[17].

L'intertextualité de l'œuvre de Balzac dans celle de Victor Hugo est en effet signalée par de nombreux analystes[18],[19]. Victor Hugo fait explicitement allusion, à plusieurs reprises[20] dans son roman, à l'univers de Balzac, qui fut un contemporain avec lequel les échanges furent nombreux[21]. On y reconnaît ainsi notamment celle du Curé de village avec lequel monseigneur Myriel présente des points communs[22]. De même que la parenté entre Vautrin et Jean Valjean (le second étant l'envers positif de l'autre) est assez évidente, le monde et les coutumes des bagnards étant décrits dans Splendeurs et misères des courtisanes[23], l'étude intertextuelle des Misérables révèle que le forçat se nourrit également d'un autre personnage balzacien, Farrabesche[22].

Selon Évelyne Pieiller[24], Les Mystères de Paris, roman-feuilleton à succès paru en 1842-1843, avec ses descriptions des bas-fonds parisiens, ouvre la voie à l'œuvre de Victor Hugo. Victor Hugo lui rend d'ailleurs hommage dans son roman[25] et poursuit sur la même route, s'attaquant à l'injustice sociale[24].

Victor Hugo s’est inspiré également de tout ce qu'il voyait et entendait autour de lui et qu’il notait dans ses carnets. Ainsi, le , il raconte avoir vu un malheureux emmené par deux gendarmes après avoir été accusé du vol d’un pain. « Cet homme, dit-il, n’était plus pour moi un homme, c’était le spectre de la misère. » Il s'agit probablement de l'inspiration du futur Jean Valjean[26]. En décembre de la même année, il assiste à une altercation entre une vieille femme et un gamin qui peut faire penser à Gavroche[27]. Quant à Fantine, elle pourrait lui avoir été inspiré par une « fille », comme l’on disait à l’époque, dont il prit la défense un soir de – au risque d’entacher sa réputation – alors qu’elle avait été injustement accusée et traînée au poste de police avec la menace de passer six mois en prison[10],[28]. Il s’informa également beaucoup en visitant la Conciergerie à Paris en 1846 et Waterloo. Le , il écrit à son fils François-Victor : « Je suis ici près de Waterloo. Je n’aurai qu’un mot à en dire dans mon livre, mais je veux que ce mot soit juste. Je suis donc venu étudier cette aventure sur le terrain, et confronter la légende avec la réalité. Ce que je dirai sera vrai. Ce ne sera sans doute que mon vrai à moi. Mais chacun ne peut donner que la réalité qu’il a [29]. » Il recueille des informations sur certaines industries, sur les salaires et le coût de la vie dans les classes populaires. Il demande à ses maîtresses Léonie d’Aunet et Juliette Drouet de le renseigner sur la vie des couvents [30].

Les relations entre Victor Hugo et l'univers du roman-feuilleton sont plus conflictuelles. Il ne veut pas que Les Misérables soit édité en roman-feuilleton, comme cela était l'usage pour de nombreux romans populaires, car il est alors en conflit avec le pouvoir en place et condamne la censure de la presse par le pouvoir. Il exige cependant que son œuvre soit publiée dans un format bon marché pour rester accessible. D'autre part, il trouve le style des romans-feuilletons souvent peu travaillé[31].

Les Misérables parait toutefois en feuilleton dans Le Rappel en 1888[32].

Enfin, homme de son temps, écrivant une histoire contemporaine, Victor Hugo s'inspire des figures de son époque pour camper ses personnages. Les Mémoires de Vidocq, parues en 1828, qui inspirèrent à Balzac le personnage de Vautrin, semblent se retrouver en partie dans les deux personnages antagonistes que sont Jean Valjean et Javert. Le premier correspondrait à Vidocq l'ancien forçat et le second à Vidocq, chef de sûreté de la préfecture de Police ; c'est, du moins, une observation faite par de nombreuses études[33],[34],[35]. Cependant, Victor Hugo ne reconnaîtra jamais l'influence de Vidocq sur la création de ces personnages[36].

Il s’amuse également à glisser des allusions toutes personnelles. Ainsi, en est-il pour ses maîtresses : Juliette Drouet inspire le nom de la « mère des Anges (Mlle Drouet), qui avait été au couvent des Filles-Dieu » (Deuxième partie, livre VI, chapitre VII) ; la clairière Blaru (Cinquième partie, livre V, chapitre IV) rappelle le pseudonyme Thérèse de Blaru dont Léonie d’Aunet signait ses livres. Plus intime encore, la date du , nuit de noces de Cosette et Marius (Cinquième partie, livre VI, chapitre I), fut aussi celle où Juliette se donna à Victor pour la première fois.

Réception[modifier | modifier le code]

« L'île de Guernesey n'ayant rien à envier à l'île de Rhodes ; elle aussi a son colosse. »
Victor Hugo juché sur les volumes des Misérables et des Travailleurs de la mer, illustration de Cham, Le Charivari, .

Les deux premiers tomes des Misérables sont publiés en 1862 : la première partie est publiée le à Bruxelles par les Éditions Albert Lacroix, Verboeckhoven et Cie, et le de la même année à Paris[37], à grand renfort de publicité, extraits de morceaux choisis dans les journaux et critiques élogieuses[38]. Les parties deux et trois paraissent le , les parties quatre et cinq sortent le . À cette époque, Victor Hugo est considéré comme un des premiers hommes de lettres français de son siècle et le public se précipite pour lire son nouveau roman.

Les réactions sont diverses. Certains le jugent immoral, d'autres trop sentimental, d'autres encore trop complaisant avec les révolutionnaires[39]. Sainte-Beuve se lamente : « Le goût du public est décidément bien malade. Le succès des Misérables a sévi et continue de sévir au-delà de tout ce qu’on pouvait craindre. » Toutefois, il concède que « son roman […] est tout ce qu’on voudra, en bien , en mal, en absurdités ; mais Hugo, absent et exilé depuis 11 ans, a fait acte de présence, de force et de jeunesse. Ce seul fait est un grand succès. » Il reconnaît enfin à Hugo cette qualité suprême : « Ce qu’il invente de faux et même d’absurde, il le fait être et paraître à tous les yeux [40]. » Les frères Goncourt expriment leur profonde déception, jugeant le roman très artificiel et très décevant[41],[42]. Flaubert n'y trouve « ni vérité ni grandeur[43] ». Baudelaire fait publier une critique très élogieuse[44] de la première partie dans un journal (louant tout particulièrement le chapitre « Tempête sous un crâne »), mais dans une lettre à sa mère, il qualifiera Les Misérables de « livre immonde et inepte »[45]. Lamartine en condamne les impuretés de langue, le cynisme de la démagogie : « Les Misérables sont un sublime talent, une honnête intention et un livre très dangereux de deux manières : non seulement parce qu'il fait trop craindre aux heureux, mais parce qu'il fait trop espérer aux malheureux »[46]. Cette crainte est partagée par Barbey d'Aurevilly qui stigmatise le « livre le plus dangereux de son temps »[47]. Dans une lettre à son fils de , Dumas père regrette que ce livre soit « tout à la fois une œuvre ennuyeuse, mal rêvée dans son plan, mal venue dans son résultat », ajoutant : « Chaque volume commence par une montagne et finit par une souris [48]. » L’évêque Louis-Gaston de Ségur rédige une critique sur Victor Hugo et « son infâme livre des misérables [qui] lui a rapporté d’un coup cinq cent mille francs. » En l’auteur ne manquera pas de lui adresser une réponse au vitriol [49]. Les Goncourt notent que le livre a été « une grande déception. » Ils expliquent : « Titre injustifié : point la misère, pas d’hôpital, prostituée effleurée. Rien de vivant : les personnages sont en bronze, en albâtre, en tout, sauf en chair et en os. Le manque d’observation éclate et blesse partout. » Et puis, ajoutent-ils, il est « assez amusant de gagner deux cent mille francs […] à s’apitoyer sur les misères du peuple ! » [50]

Le livre connaît cependant un grand succès populaire. Traduit dès l'année de sa parution, grâce aux efforts d'Albert Lacroix qui ouvre des filiales en Europe, en plusieurs langues (italien, grec, portugais), il reçoit dans chaque pays où il est publié, de la part des lecteurs, un accueil triomphal[51],[52]. Impatient de connaître la première réaction des lecteurs anglais à la sortie du livre, Victor Hugo envoya à ses éditeurs Hurst & Blackett un télégramme dont le contenu se réduisait à « ? ». La réponse de ses correspondants fut non moins laconique : « ! » [53],[54].

L'auteur lui-même accorde une grande importance à ce roman. En , il informe son fils François-Victor qu'il a terminé l'ouvrage et affirme : « Je peux mourir. » [55] Il écrit en , à son éditeur Lacroix : « Ma conviction est que ce livre sera un des principaux sommets, sinon le principal, de mon œuvre »[56].

Utilisation du langage populaire[modifier | modifier le code]

D'après Pascal Melka (« Victor Hugo, un combat pour les opprimés. Étude de son évolution politique »[57]), dans Les Misérables, Victor Hugo a fait revenir le langage populaire dans la littérature. Il emploie l'argot et va jusqu'à consacrer un chapitre à philosopher sur le mot de Cambronne, « le plus beau mot peut-être qu’un Français ait jamais dit ». Tout ceci faisait naturellement scandale dans l'opinion classique. Voici comment Victor Hugo se justifie :

« Lorsqu’il s'agit de sonder une plaie, un gouffre ou une société, depuis quand est-ce un tort de descendre trop avant, d’aller au fond ? Nous avions toujours pensé que c’était quelquefois un acte de courage, et tout au moins une action simple et utile, digne de l’attention sympathique que mérite le devoir accepté et accompli. Ne pas tout explorer, ne pas tout étudier, s’arrêter en chemin, pourquoi ? »

Personnages[modifier | modifier le code]

Le forçat et la prostituée : Jean Valjean et Fantine.
Illustration de Frédéric Lix, 1879, Paris, maison de Victor Hugo.
Gavroche ramassant des balles pour la barricade.
Toile d'Adolphe Léon Willette, vers 1903, Paris, maison de Victor Hugo.

Le roman fourmille de personnages. Nombre d'entre eux font une courte apparition et retournent dans l'oubli. C'est une volonté délibérée de Victor Hugo : il cherche à démontrer que la misère est anonyme[58]. Cet oubli est particulièrement prégnant dans le cas de la sœur de Jean Valjean et ses sept enfants :

« C’est toujours la même histoire. Ces pauvres êtres vivants, ces créatures de Dieu, sans appui désormais, sans guide, sans asile, s’en allèrent au hasard, qui sait même ? chacun de leur côté peut-être, et s’enfoncèrent peu à peu dans cette froide brume où s’engloutissent les destinées solitaires, mornes ténèbres où disparaissent successivement tant de têtes infortunées dans la sombre marche du genre humain. Ils quittèrent le pays. Le clocher de ce qui avait été leur village les oublia ; la borne de ce qui avait été leur champ les oublia ; après quelques années de séjour au bagne, Jean Valjean lui-même les oublia. »

— Victor Hugo, Les Misérables, tome I, livre 2, chapitre 6

Parmi les nombreux personnages que l'on voit apparaître et disparaître, on peut encore citer le Petit-Gervais, Azelma, les frères de Gavroche, Mme Magloire, Mlle Baptistine. Il reste cependant un nombre restreint de personnages dont les destins se croisent et qui font partie du cœur de l'action :

En périphérie, Victor Hugo s'attache à certaines autres figures jusqu'à leur consacrer un livre ou plusieurs chapitres. Ces personnages lui servent d'argumentaires pour son plaidoyer ou d'articulation pour son roman.

  • Monseigneur Myriel : Victor Hugo commence[59] et termine[60] le roman sur l'évocation de monseigneur Myriel. Il lui consacre tout le premier livre (« Un juste »). Pour Hugo, il incarne la charité chrétienne et c'est lui le déclencheur de la conversion de Jean Valjean (épisode des deux chandeliers). Évêque de Digne, nommé, respectueusement et amicalement à la fois, par ses paroissiens monseigneur Bienvenu (c'est-à-dire réunissant son titre et son troisième prénom), il est attentif au bien être des plus misérables et échange même son évêché contre l'hôpital qu'il juge trop petit. Mais Mgr Myriel ne serait pas complet sans sa rencontre avec le conventionnel G[61]. Pour Victor Hugo, la sainteté de l'homme de Dieu a besoin de l'éclairage de la révolution pour que sa charité devienne œuvre sociale.
  • Père Fauchelevent : paysan aisé, il est petit à petit ruiné et devient charretier. Il voue une haine jalouse envers M. Madeleine jusqu'au jour où celui-ci le sauve de l'écrasement par sa charrette. Resté handicapé à la suite de son accident, il trouve grâce à M. Madeleine un emploi de jardinier au couvent du Petit-Picpus à Paris. Reconnaissant, il offre plus tard un abri et un nom d'emprunt à Jean Valjean et Cosette.
  • M. Luc Esprit Gillenormand : seul grand bourgeois du roman dont la personnalité et la vie sont aussi détaillées. Victor Hugo lui consacre tout un livre, c'est pour lui l'occasion de décrire la Restauration et les Ultras. Le grand-père de Marius, aimant tendrement son petit-fils, mais royaliste acharné, se comporte de manière abominable envers son gendre bonapartiste en le privant de son fils. Homme d'esprit et homme du monde, il conserve une certaine élégance.
  • M. Mabeuf, marguillier : c'est lui qui révèle à Marius quel homme était son père. Passionné de livres et pépiniériste amateur, il est l'auteur d'une flore. Homme doux, ruiné par la faillite de son notaire, il sombre petit à petit dans la misère. Réduit à vendre le dernier exemplaire de son traité sur la flore, il suit les insurgés, dans un état second, et devient le premier martyr de la barricade.
  • Montparnasse : jeune malfrat de 19 ans, au coup de couteau facile, il est l'un des devenirs possibles des gamins comme Gavroche. Jean Valjean essaiera en vain par un sermon de lui faire réintégrer le droit chemin.
  • Tholomyès : riche et « antique étudiant vieux » du Quartier latin, noceur et insouciant. Il a une relation amoureuse avec Fantine, mais l'abandonne, alors qu'elle est enceinte de Cosette, à la suite d’un pari stupide fait avec ses comparses.

Éditions[modifier | modifier le code]

Édition Émile Testard et Cie
Paris, 1890
Illustration de Jules Cheret pour une édition populaire (vers 1896-1900)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Centenaire des Misérables, 1862-1962. Hommage à Victor Hugo : actes du colloque organisé du 10 au par le Centre de philologie et de littératures romanes de la Faculté des lettres de Strasbourg, Strasbourg, Presses universitaires de Strasbourg, , 223 p.
  • Pierre Abraham (dir.), Victor Hugo. Les Misérables : numéro spécial de la revue Europe (no 394-395), .
  • Anne Ubersfeld (dir.) et Guy Rosa (dir.), Lire Les Misérables, Paris, José Corti, , 272 p. (ISBN 2-7143-0086-3, présentation en ligne, lire en ligne).
  • Pierre Brunel (dir.), Hugo, Les Misérables : actes de la journée d'étude organisée par l'École doctorale de Paris-Sorbonne, , Mont-de-Marsan, Éditions interuniversitaires, , 236 p. (ISBN 2-87817-074-1).
    Réédition : Pierre Brunel (dir.), Hugo, Les Misérables, Cazaubon, Eurédit, , 236 p. (ISBN 2-84830-044-2).
  • Gabrielle Chamarat (dir.), Les Misérables : nommer l'innommable, Orléans, Paradigme, , 167 p. (ISBN 2-86878-131-4).
  • José-Luis Diaz (dir.), Victor Hugo, Les Misérables : « la preuve par les abîmes » : actes du colloque d'agrégation du , Paris, SEDES, coll. « Romantisme. Colloques », , 138 p. (ISBN 2-7181-1605-6).
  • Hubert de Phalèse, Dictionnaire des Misérables : dictionnaire encyclopédique du roman de Victor Hugo réalisé à l'aide des nouvelles technologies, Paris, Nizet, coll. « Cap'agrég » (no 6), , 158 p. (ISBN 978-2-7078-1185-1).

Articles, communications[modifier | modifier le code]

Adaptations et suite littéraire[modifier | modifier le code]

Adaptations[modifier | modifier le code]

Marie-Hélène Sabard (Classiques abrégés) a écrit un résumé des Misérables[Quand ?].

Le roman est adapté en bande dessinée par deux fois :

une première fois sous le titre Le Mystère des chandeliers par Giovan Battista Carpi, parue en France en 1991. Les personnages du roman y sont incarnés par les personnages traditionnels de la famille Duck: on retrouve ainsi Picsou renommé Picaljean et Donald Pontmercy représentant Marius. Thénardier est représenté par Pat Hibulaire, Cosette est d'abord Zaza (jeune) puis Daisy (dix ans après), et Gavroche et ses frères apparaissent sous les traits de Riri, Fifi et Loulou.

une seconde fois sous le titre original. Parue en 2006 aux éditions Glénat, les dessins sont de Bernard Capo, le scénario de Daniel Bardet et les couleurs d'Arnaud Boutle.

Suite et controverse[modifier | modifier le code]

François Cérésa a donné en 2001 une suite controversée aux Misérables, avec deux livres intitulés Cosette ou le temps des illusions et Marius ou le fugitif. Des descendants de Victor Hugo ont attaqué l'auteur en la justice, mais ont finalement été déboutés[62].

Adaptations (autres)[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Affiche de l'adaptation cinématographique réalisée par Albert Capellani (1912).

Télévision[modifier | modifier le code]

Dessins animés[modifier | modifier le code]

Comédie musicale[modifier | modifier le code]

La comédie musicale adapté du livre, ici jouée à Romorantin-Lanthenay en 2015[64].

Discographie[modifier | modifier le code]

Son et lumière[modifier | modifier le code]

  • 1996 : Les Misérables à Montreuil-sur-Mer, un spectacle imaginé et mis en scène par Dominique Martens sur une musique originale de Dominic Laprise avec des chorégraphies et danses originales de Brigitte Bouyer. Dans la ville même où se déroule la première partie du roman, le spectacle fête sa 20e édition en 2015[65].

Théâtre[modifier | modifier le code]

Parodies[modifier | modifier le code]

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

  • 2008 : Arm Joe
  • 2013 : Les Misérables : Le destin de Cosette[71]

Mangas[modifier | modifier le code]

  • 2013 : Les Misérables, manga de Takahiro Arai aux éditions Kurokawa (8 tomes).
  • 2014 : Les Misérables, une adaptation en manga (en langue anglaise) par les éditions Udon et dans la collection Manga Classics (une collection adaptant les classiques de la littérature en manga).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Versions gratuites de l’œuvre[modifier | modifier le code]

Liens utiles[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Avec ses 513 000 mots, il arrive en quatrième ou cinquième position de la liste des plus longs romans français.
  2. Les Misérables, fiche sur universalis.fr.
  3. Appelés parfois parties suivant les éditeurs.
  4. « Ce tableau d'histoire agrandit l'horizon et fait partie essentielle du drame ; il est comme le cœur du sujet » — Lettre du V Hugo le 8 mai 1862 à son éditeur Lacroix voir groupugo.div.jussieu.fr
  5. Thomas Bouchet, « La barricade des Misérables », dans Alain Corbin et Jean-Marie Mayeur (dir.), La barricade : actes du colloque organisé les 17, 18 et 19 mai 1995 par le Centre de recherches en histoire du XIXe siècle et la Société d'histoire de la révolution de 1848 et des révolutions du XIXe siècle, Paris, Publications de la Sorbonne, coll. « Histoire de la France aux XIXe et XXe siècles », , 522 p. (ISBN 2-85944-318-5, lire en ligne), p. 125-135.
  6. Jean-Marc Hovasse, « 1862 : Les Misérables » émission La Marche de l'histoire sur France Inter, 15 février 2012
  7. Victor Hugo poésie 3 - l'Intégrale/Seuil
  8. Notice de l'édition critique, génétique, informatisée et interrogeable des Misérables de Victor Hugo sur le site du Groupe Hugo
  9. Victor Hugo, Les Misérables, Paris, Robert Laffont, , 1270 p. (ISBN 978-2-221-04689-0), p. 1161
  10. a et b Victor Hugo, Les Misérables, Paris, Gallimard, Notices et notes de G. et A. Rosa, , 1270 p. (ISBN 2-221-04689-7), pp. IV, 1212
  11. Il aurait un budget de 240 000 francs-or, somme considérable à cette époque, d'après Jean-Yves Mollier, dans Dictionnaire encyclopédique du livre, Paris, Cercle de la librairie, 2005, tome II, p. 675.
  12. Les Misérables : histoire sociale et roman de la misère — Guy Rosa — Groupe Hugo
  13. On cite, comme modèle pour ce personnage, l'abbé Grégoire (Maurice Ezran, L'Abbé Grégoire, défenseur des Juifs et des Noirs: révolution et tolérance p. 64) ou Sergent-Marceau (Les Misérables - Fantine p. 61 note 21 ou bien Yves Gohin, Les Misérables, p. 580), arguant du fait que, dans un premier temps, Victor Hugo parlait du conventionnel S.
  14. Présentation d'Annette Rosa du roman Les Misérables, Œuvres complètes/Victor Hugo. II
  15. Les Misérables, tome II, livre 5, chap. I.
  16. Site leparisien.fr, article "Sur les traces de Victor Hugo à Chelles et à Montfermeil", consulté le 7 février 2020
  17. « Il est certain que Hugo a subi, au début de son roman, l'influence de Balzac : la description du personnage et des habitudes de monseigneur Myriel, celle de monsieur Gillenormand, à quelques outrances près, par sa précision, son souci de n'omettre aucun détail vivant, pourrait presque prendre place dans La Comédie humaine. Non moins grande est l'influence exercée sur Hugo par les romans-feuilletons qui venaient de faire connaître à leurs auteurs une popularité sans précédent : Les Mémoires du diable de Frédéric Soulié, parus en 1841, et Les Mystères de Paris d'Eugène Sue parus en 1842 » — Analyse des Misérables dans Laffont-Bompiani, Dictionnaire des œuvres, Paris, 1990, t. IV, p. 581 (ISBN 2221501187).
  18. Pierre Laforgue, Hugo lecteur de Balzac, site du groupe Hugo.
  19. Nicolas Banasevic, « Les Échos balzaciens dans Les Misérables, centenaire des Misérables, 1862-1962 », Hommage à Victor Hugo, colloque de Strasbourg organisé par le Centre de philologie et de littératures romanes.
  20. « Paris étudié dans son atome », livre I, tome III ; « L'argot », livre VII, tome IV
  21. Cultures France, Hugo-Balzac, in Victor Hugo et ses contemporains.
  22. a et b Nathalie Limat-Letellier, Marie Miguet-Ollagnier L'intertextualité, Presses univ. Franche-Comté, 1998, page 198 (ISBN 2251606378).
  23. Laffont-Bompiani, « Les Misérables » in Dictionnaire des œuvres.[source insuffisante]
  24. a et b Évelyne Pieiller, « Les Misérables, Les Trois Mousquetaires, Cyrano de Bergerac, Pérennité du roman populaire », Le Monde diplomatique, juin 2002.
  25. « L'argot », livre VII, tome IV
  26. Victor Hugo, Choses vues 1830-1846, Paris, Gallimard, , 508 p. (ISBN 2-07-036011-3), p. 333, 334
  27. Cela est confirmé, précise Hubert Juin, par une note de Hugo en regard du texte des carnets intimes : « Jean Tréjean », qui est le titre qu’il envisageait de donner aux Misérables.
  28. Victor Hugo, Choses vues 1830-1846, Paris, Gallimard, , 508 p. (ISBN 2-07-036011-3), pp. 204-208
  29. « Correspondance de Victor Hugo », sur Wikisource (consulté le )
  30. Victor Hugo, Les Misérables, Paris, Robert Laffont, , 1270 p. (ISBN 2-221-04689-7), Présentation de Annette Rosa, p.III-IV
  31. Les mystères de Paris et les premiers romans-feuilletons sur Terres d'écrivains.
  32. Le Rappel (lire en ligne)
  33. Claude Frochaux, L'Homme seul, partie II, p. 185.
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  38. Max Bach, « La Réception des Misérables en 1862 », PMLA, vol. 77, no 5, décembre 1962.
  39. L. Gautier écrit dans Le Monde (Paris, 1860) du 17 août 1862 : « On ne peut lire sans un dégoût invincible, tous les détails que donne M. Hugo de cette savante préparation des émeutes » (voir groupugo.div.jussieu.fr )
  40. Charles-Augustin Sainte-Beuve, Mes poisons, Paris, José Corti, , 274 p. (ISBN 978-2-7143-0273-1), p. 61
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  58. Annette Rosa — Présentation des Misérables — Œuvres complètes/Victor Hugo. II
  59. « En 1815, M. Charles-François-Bienvenu Myriel était évêque de Digne. » – Les Misérables, tome I, livre 1, chap I
  60. « Il est probable en effet que l'évêque assistait à cette agonie. » – Les Misérables, tome V, livre 9, Chap. VI
  61. L'évêque en présence d'une lumière inconnue — Tome I — Livre 1 — Chap. 10
  62. « La justice donne raison à l'auteur d'une suite des Misérables », sur http://www.france24.com, (consulté le )
  63. On trouve pour la date de production de ce film plusieurs versions de 1911(Bibliolycée - Les Misérables, Victor Hugo de Charlotte Lerouge]) à 1913 (Écrits autobiographiques, par Charles Pathé), en passant par 1912 (Encyclopedia of Early Cinema de Richard Abel)
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  70. « Les Misérables », sur www.pitoeff.ch (consulté le )
  71. « Sauvez Cosette des griffes des Thenardier dans Les Misérables - Le destin de Cosette sur iPhone/iPad et Android »