Histoire de la république populaire de Chine

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La république populaire de Chine, communément appelée Chine, est un État d'Asie orientale. Proclamée en 1949, la république est dirigée depuis par le Parti communiste chinois (PCC). C'est un État autoritaire dont l'économie est partiellement libéralisée et qui n'est pas une dictature militaire (comme les anciennes dictatures d'Amérique du Sud) malgré le poids de l'armée, et ne pratique plus le culte du chef (comme ce fut le cas à l'époque de Mao Zedong). Depuis 1949, les dirigeants suprêmes de Chine sont: Mao Zedong (1949-1976), Deng Xiaoping (1978-1989), Jiang Zemin (1989-2002), Hu Jintao (2002-2012) et Xi Jinping (2012-); Hua Guofeng a brièvement agi à la tête du pays pendant une période de transition (1976-1978).

La Chine est héritière de plus de 4 000 ans d'Histoire. C'est le pays le plus peuplé du monde, avec environ 1 384 700 000 habitants[1]. Avec 9 596 960 km2, c'est également le plus grand pays d'Asie orientale et le 3e plus grand pays au monde, après la Russie et le Canada. En 2007, la Chine était la 3e puissance économique mondiale[2],[3] et en 2010 elle devient la 2e, dépassant le Japon. Officiellement pays communiste, la république populaire de Chine a adopté une « économie socialiste de marché » où libéralisme économique et contrôle politique se côtoient en une formule spécifique.

Avant la république populaire[modifier | modifier le code]

L'avènement de la république populaire de Chine suit une période chaotique d'une centaine d'années, marquée par la domination de la Chine par des puissances étrangères, puis par le chaos interne et la guerre civile. Les guerres de l'opium ont soumis la dynastie Qing à l'exploitation du pays par les Huit armées étrangères unies (八国联军), ayant à leur solde des seigneurs de la guerre. La chute de l'Empire voit l'avènement de la république de Chine, qui ne réussit pas à stabiliser le pays, déchiré par les conflits entre factions rivales. En 1927 éclate la guerre civile chinoise, opposant le Parti communiste chinois et le Kuomintang, parti nationaliste qui accède au pouvoir l'année suivante.

Le conflit déchire le pays jusqu'au déclenchement de la guerre contre le Japon, durant laquelle un accord est convenu entre le Parti communiste chinois et le Kuomintang pour combattre ensemble l'envahisseur étranger. Après la Seconde Guerre mondiale, lors de la reprise de la guerre civile, le PCC rallie les paysans à sa cause. L'historien Frank Dikötter indique que le blocus total de la ville de Changchun en Mandchourie par l'Armée populaire de libération[N 1] a provoqué la mort de 160 000 civils[4].

L'accession de Mao Zedong au pouvoir a souvent été comparée[Par qui ?] à un nouveau « mandat céleste », acquis après des années de guérilla et d'activisme politique auprès des masses paysannes ; l'État qu'il a contribué à instaurer est de même souvent perçu comme une dynastie impériale moderne[réf. nécessaire]. Après la proclamation de la République soviétique chinoise du Jiangxi en 1931, c'est au cours de la Longue Marche, entre et , que Mao a acquis le titre incontesté de chef du PCC, sans être à l'époque membre du Politburo. Certains observateurs[Qui ?] estiment que l'État instauré autour du Parti communiste chinois en 1949 s'est peu à peu figé sur le squelette de la guérilla paysanne, en contradiction avec la gestion d'un État moderne : la gestion chaotique du pays et la révolution culturelle seraient, de ce point de vue, des reliquats d'une structure du pouvoir dépassée, accaparée par Mao. Officiellement critiqué et dans une certaine mesure condamné par le PCC après sa mort, Mao garde toutefois le bénéfice de la libération du pays et de la fondation de la république populaire de Chine.

L'ère de Mao Zedong (1949-1976)[modifier | modifier le code]

Création de RPC[modifier | modifier le code]

Mao Zedong proclamant la fondation de la république populaire de Chine à Pékin, le .

Le , Mao Zedong proclame la fondation de la République populaire de Chine (RPC) sur la place Tian'anmen, à Pékin, en déclarant : Les Chinois se sont levés. Le parti nationaliste (Kuomintang) se réfugie quant à lui sur l'île de Taïwan, en y perpétuant la république de Chine.


Réformes sociales[modifier | modifier le code]

Parmi les réformes sociales majeures instituées par Mao, on peut notamment citer l'abolition de pratiques impériales que n'avaient pas abolies le Kuomintang, telles que le servage ou le Tongyangxi (童养媳), pratique consistant à acheter, dans une famille riche, une femme pour la marier avec un très jeune enfant, né avant un mariage, pratique tombée en désuétude à Taïwan dans les années 1970.

Les cours de dessin utilisant des modèles vivants nus avaient été introduits en Chine dans les années 1910 mais restaient confinés à des concessions étrangères ou risquaient de s'attirer la foudre des autorités locales[5]. En 1949, les modèles vivants nus sont autorisés dans les salles de cours de dessin, jusqu'à la révolution culturelle, où cette pratique est perçue comme vulgaire et interdite. Elle sera de nouveau autorisée à la fin de la révolution culturelle[6].


Les premières campagnes de terreur[modifier | modifier le code]

Trois campagnes sont lancées successivement et instaurent la terreur dans la population :

  1. la « campagne pour éliminer les contre-révolutionnaires », lancée en octobre 1950, et qui dure un an ;
  2. la campagne des trois antis, lancée fin 1951 ;
  3. la campagne des cinq antis, lancée en janvier 1952, menée parallèlement à la précédente.

La fondation d'un « État socialiste »[modifier | modifier le code]

En 1954 est mis en place le premier plan quinquennal. L'économie est basée sur l'industrie lourde sur le modèle de l'Union soviétique, qui fournit des capitaux. Durant cette période, 10 800 Soviétiques et 1 500 Européens de l’Est sont employés en Chine dans le cadre de projets liés aux transports, aux communications, à l’éducation ou à la santé. Dans le même temps, des milliers de scientifiques, ingénieurs et étudiants Chinois furent envoyés étudier en Union soviétique.

Campagne anti-droitiste[modifier | modifier le code]

La campagne des Cent Fleurs est l'histoire d'une comédie qui va se muer en tragédie (Jean-Luc Domenach, 1995). Mao appelle à une campagne de rectification, afin de rétablir son autorité affaiblie et d'améliorer les relations entre le Parti et la population. Le principe est d'autoriser la critique pour améliorer le Parti. Peu de temps après le lancement de la campagne en , la contestation explose. Le Parti réagit et exerce une répression féroce qui fait plusieurs centaines de milliers de victimes, emprisonnées, déportées et parfois exécutées.

Grand Bond en avant[modifier | modifier le code]

Production d'acier pendant le grand bond en avant.

Mao Zedong décide de mettre en œuvre un mouvement de réformes industrielles censées permettre de rattraper le niveau de production d'acier de l'Angleterre en seulement quinze ans. Des communes de production sont organisées au niveau local, et toute la population, et au premier chef le monde paysan, est sommée d'y apporter sa contribution. Les paysans sont surexploités, on leur demande de tout faire en même temps, des récoltes à la production sidérurgique. Le « Grand Bond en avant » se solde par un échec cuisant et une famine d'une ampleur désastreuse, très probablement la plus meurtrière de l'Histoire avec environ 35 millions de victimes.

Le Parti contre Mao[modifier | modifier le code]

À la suite des conséquences dramatiques de la politique économique de Mao durant les années 1960, ce dernier quitte son poste de président de la république populaire de Chine. Le Congrès national populaire élit alors Liu Shaoqi à sa succession. Restant aux rênes du PCC, Mao est peu à peu éloigné de la gestion des affaires économiques du pays, qui est confiée à une élite modérée, sous l'influence dominante de Liu.

En 1960, Liu Shaoqi décide d'adopter un programme plus modéré et réaliste dans le cadre duquel il conduit le redressement économique du pays avec Deng Xiaoping et d'autres. L'universitaire chinois Yang Jisheng précise que Liu Shaoqi, prenant conscience des conséquences de la Grande famine, dit à Mao : Avec autant de morts de faim, l'Histoire retiendra nos deux noms et le cannibalisme sera aussi dans les livres[7]. Liu Shaoqi et la majorité des cadres du Parti refusent de soutenir Mao Zedong dans sa tentative de relancer le processus révolutionnaire avec le Mouvement d'éducation socialiste entre 1962 et 1965. Ces oppositions au sein du Parti communiste décident Mao Zedong à déclencher la révolution culturelle[8].

La révolution culturelle[modifier | modifier le code]

Conflit entre Mao et Liu pendant la révolution culturelle.
Mao Zedong, Chairman of the Communist Party of China
Liu Shaoqi, President of the People's Republic of China
Le chef du Parti Mao Zedong (à gauche) et le président chinois Liu Shaoqi (à droite).

En 1966, Mao lance la révolution culturelle, qui lui permet de revenir au pouvoir en s'appuyant sur la jeunesse du pays et en attaquant les élites moyennes alors en poste. Les intellectuels et la hiérarchie du Parti sont harcelés par la jeunesse des villes que Mao a lancée contre eux (les gardes rouges). Liu Shaoqi est éliminé. Une période de chaos s'ensuit, avant que la situation soit peu à peu reprise en main par l'Armée Populaire de Libération, soutien de Mao.

Entre 1968 et 1980, près de 17 millions de « jeunes instruits » (les zhishi qingnian, abrégé en zhiqing) ont été déplacés par les dirigeants chinois à la campagne, en principe pour le reste de leurs vies, pour être rééduqué par des paysans[9].

Après la mort de Mao, Deng Xiaoping, considéré comme le chef de file des réformistes, parvint à se hisser au pouvoir. Il fait arrêter Jiang Qing, la veuve de Mao pour qu'elle soit jugée, avec ses partisans au sein du PCC (la bande des Quatre).

Mao Zedong meurt le . L'historiographie chinoise situe la fin de la révolution culturelle à ce moment-là (l'historiographie occidentale la considère achevée dès 1969). Une grande partie des victimes de la révolution culturelle est réhabilitée.

Relations étrangères[modifier | modifier le code]

Pat Nixon, épouse de Richard Nixon, regardant des pandas dans un zoo chinois (1972).

Controverses[modifier | modifier le code]

À l'époque de Mao, des dizaines de millions de personnes sont mortes dans divers mouvements politiques et dans la Grande famine en Chine, tandis que des dizaines de millions de personnes ont été persécutées et paralysées de façon permanente. La Chine est devenue un pays à parti unique après le "Campagne anti-droitiste" en 1957, dans lequel au moins 550 000 intellectuels et dissidents politiques ont été persécutés. De plus, la révolution culturelle a gravement endommagé « rule of law » ainsi que la culture traditionnelle chinoise et les valeurs morales; des massacres ont eu lieu à travers le pays tandis qu'un cannibalisme massif s'est également produit. L'enseignement supérieur a été interrompu pendant la révolution culturelle tandis que les recherches scientifiques ont été sérieusement affectées car de nombreux scientifiques ont été persécutés, tués ou ont commis des suicides. Mao et le Parti communiste chinois (PCC) ont également exporté l'idéologie du socialisme et de la révolution socialiste vers d'autres parties du monde, en particulier vers l'Asie du Sud-Est. Avec le soutien de Mao et du PCC, Pol Pot et les Khmers rouges ont mené le génocide cambodgien qui a tué 1,5 à 2 millions de personnes en seulement trois ans.[13]

D'un autre côté, les partisans de l'ère Mao affirment que sous Mao, l'unité et la souveraineté de la Chine étaient assurées pour la première fois depuis un siècle, et il y avait un développement des infrastructures, de l'industrie, des soins de santé, de l'éducation[14]. Par exemple, seulement 20% de la population savait lire en 1949, mais le pourcentage est passé à 65,5% trente ans plus tard[15]. Les partisans doutent souvent des statistiques fournies pour les décès ou autres dommages subis par les campagnes politiques de Mao, attribuant le nombre élevé de morts aux catastrophes naturelles, à la famine ou à d'autres conséquences du chaos politique sous le règne de Tchang Kaï-chek.

Catastrophes[modifier | modifier le code]

An Catastrophe Emplacement Nombre de morts Descriptions
1950 Séisme de 1950 en Assam et au Tibet Tibet 4 000 En outre, plus de 1 000 sont morts en Inde.
1959-1961 Grande famine en Chine National 15 à 45 millions Principalement causé par le grand bond en avant.
1966 Séisme de Xingtai (en) Hebei 8 064 6.8 Mw.
1970 Séisme de 1970 à Tonghai Yunnan Plus de 10 000 7.1 Mw[16].
1975 Séisme de Haicheng (en) Liaoning 1328 7.5 Ms
1975 Effondrement du barrage de Banqiao (en) Henan 85 600-240 000 62 barrages, dont le barrage de Banqiao, se sont effondrés à cause du typhon Nina de 1975 (selon le gouvernement chinois, le bilan est de 26 000 morts)[17],[18],[19],[20],[21]. Il a été classé n ° 1 dans le "Top 10 des catastrophes technologiques du monde" par Discovery Channel en mai 2005, battant la Catastrophe nucléaire de Tchernobyl[18],[20],[22],[23]. La plupart des barrages qui se sont effondrés lors de cette catastrophe ont été construits avec l'aide d'experts de l'Union soviétique ou pendant le grand bond en avant[20],[24],[25],[26].
1976 Séisme de 1976 à Tangshan Hebei 242 769 7.6 Mw[27],[28].

Période de transition (1976-1978)[modifier | modifier le code]

Hua Guofeng a brièvement agi en tant que leader du pays pendant la période de transition. Hua, avec Ye Jianying et Wang Dongxing, a arrêté le "Bande des Quatre" et a mis fin à la révolution culturelle en octobre 1976[29].

Cependant, Hua a largement poursuivi la politique maoïste.

L'ère de Deng Xiaoping (1978-1989)[modifier | modifier le code]

Invalider la révolution culturelle[modifier | modifier le code]

Du 18 au se tient la troisième Session plénière du XIe Comité central du Parti communiste chinois. Au cours de cette conférence, Deng Xiaoping est devenu le nouveau chef suprême de la Chine[30].

À la fin des années 1970, Deng Xiaoping a lancé le programme « Boluan Fanzheng » (en chinois: 拨乱反正) qui tentait de corriger les erreurs de la révolution culturelle[31]. En 1981, le Parti communiste chinois a déclaré que la révolution culturelle était responsable du revers le plus grave et des pertes les plus lourdes subies par le Parti, le pays et le peuple depuis la fondation de la République populaire de Chine[32].

Au début de 1979, Deng a commencé une guerre d'un mois avec le Vietnam.

Réforme et ouverture[modifier | modifier le code]

Le communiqué officiel annonce que la Chine veut encourager les coopérations économiques avec les autres pays et cherche à obtenir les technologies et équipements les plus avancés du monde. Ce revirement politique marque le début de la politique d'ouverture de la Chine. Les critiques adressées à ces réformes économiques, émanant généralement des paysans les plus pauvres et des observateurs étrangers, notent que ces réformes ont créé de grandes disparités au sein du pays, une importante pollution, une corruption rampante, un chômage croissant et une mauvaise gestion des entreprises d'État. Cette situation est menaçante pour la stabilité du régime. Certains acteurs de la vie politique chinoise, de journalistes et de magistrats critiquent également le manque de réformes politiques sur des questions cruciales, notamment eu égard à une participation du peuple dans les votes aux élections.

Shenzhen, l'une des premières zone économique spéciale en Chine, est souvent appelée «Silicon Valley of China»[33].

À partir de 1980, Deng Xiaoping engage la Chine sur des politiques de réformes économiques (« Quatre modernisations » : industrie et commerce, éducation, organisation militaire et agriculture) et d’ouverture qui commencent par une dé-collectivisation des terres, suivies par des réformes industrielles, avec pour but de décentraliser le contrôle du gouvernement dans le secteur industriel. Deng développe l’idée de Zones économiques spéciales, où l’investissement étranger peut se faire sans restriction du gouvernement, sur base capitalistique. Il considère l’industrie légère comme la base de développement de l’industrie lourde.

Dans les campagnes, le « système de responsabilité » amène les paysans à signer avec l'État des contrats qui leur assurent, pour plusieurs années, l'usufruit des terres collectives. Désormais, la notion de rentabilité l'emporte en ce qui concerne la production, les achats d'engrais et de matériel. En , les communes populaires disparaissent, de même que le monopole d'État sur les céréales. En même temps, la production augmente, régulièrement suivie par les revenus paysans : à l'efficacité du « système de responsabilité » viennent s'ajouter les effets de la « Révolution verte », qui repose sur l'usage accru des engrais, des pesticides et de la mécanisation : la récolte de 1984 dépasse 400 millions de tonnes. Mais la fin de la collectivisation comporte aussi des aspects négatifs : elle rend inutiles près de 200 millions de ruraux.

Le rapide développement des secteurs économiques de consommation et d’exportation, la création d’une classe moyenne urbaine regroupant 15 % de la population, un accroissement des niveaux de vie (perçu au travers d’une augmentation importante du revenu par habitant, de l’espérance de vie et du niveau d’éducation) et une plus large frange de droits et libertés pour le chinois moyen témoignent du succès des réformes.

Réformes politiques[modifier | modifier le code]

Zhao Ziyang, un réformiste de premier plan, a été nommé par Deng pour prendre en charge les réformes politiques depuis 1986. Cependant, il a été contraint de quitter son poste de secrétaire général du PCC après les manifestations de 1989 sur la place Tiananmen, alors que la majorité des réformes politiques prévues se sont terminées de manière drastique.

Le 18 août 1980, Deng Xiaoping a prononcé un discours intitulé « Sur la réforme du système de direction des partis et des États (党和国家领导制度改革) » lors d'une réunion élargie du Bureau politique du Comité central du PCC à Pékin, lançant le réformes politiques en Chine[34],[35],[36],[37]. Deng a appelé à la fin de la bureaucratie ainsi qu'à la centralisation du pouvoir; en même temps, il a proposé des limites de mandats aux postes de direction en Chine et a plaidé pour le "centralisme démocratique" ainsi que pour la "leadership collectif"[35],[36],[37]. En outre, Deng a proposé au Assemblée nationale populaire une révision systématique de la constitution chinoise (la Constitution de 1978), et a souligné que la Constitution doit pouvoir protéger les droits civiques des citoyens chinois et refléter le principe de la séparation des pouvoirs[34],[37],[38]. Il a également préconisé "un homme, une voix" parmi les dirigeants pour éviter la dictature du secrétaire général du PCC[34],[37],[38]. En décembre 1982, la cinquième Constitution de la Chine, connue sous le nom de "Constitution de 1982", a été adoptée par le 5e Assemblée nationale populaire, incarnant le constitutionnalisme à la chinoise, l'essentiel de son contenu étant toujours en vigueur à ce jour[39],[40].

Au premier semestre de 1986, Deng a appelé à plusieurs reprises à la relance des réformes politiques, car de nouvelles réformes économiques étaient entravées par le système politique d'origine, et le pays avait connu une tendance croissante à la corruption et aux inégalités économiques[41],[42]. Une unité de recherche de cinq hommes pour les réformes politiques de la Chine a été créée en septembre 1986 et comprenait Zhao Ziyang, Hu Qili, Tian Jiyun, Bo Yibo et Peng Chong[43],[44]. L'intention de Deng des réformes politiques était de stimuler l'efficacité administrative, de séparer davantage les responsabilités entre le Parti communiste et le gouvernement et d'éliminer la bureaucratie[45],[46]. Bien qu'il ait également mentionné « rule of law » et la démocratie, Deng a délimité les réformes au sein du système de parti unique et s'est opposé à la mise en œuvre du constitutionnalisme à l'occidentale[46],[47]. En octobre 1987, lors du 13e Congrès national du PCC présidé par Deng, Zhao Ziyang a présenté un rapport rédigé par Bao Tong sur les réformes politiques.[48],[49] Dans son discours intitulé "Avancer sur la voie du socialisme aux caractéristiques chinoises (沿着有中国特色的社会主义道路前进)", Zhao a soutenu que le socialisme en Chine était encore à son stade primaire. Prenant le discours de Deng en 1980 comme lignes directrices, il a décrit de nombreuses mesures détaillées à prendre pour les réformes politiques, notamment la promotion de l'État de droit et la séparation des pouvoirs, l'imposition de la décentralisation et l'amélioration du système électoral[45],[48],[49]. Lors de ce congrès, Zhao a été élu secrétaire général du PCC[50].

Cependant, après les manifestations de la place Tiananmen en 1989, de nombreux réformistes de premier plan, dont Zhao et Bao, ont été démis de leurs fonctions, et la majorité des réformes politiques prévues ont pris fin de manière drastique[47],[51],[52].

Agitation politique[modifier | modifier le code]

Bien que le niveau de vie se soit amélioré de façon significative, les réformes de Deng n'échappent pas aux critiques. Les conservateurs affirment que Deng a de nouveau exposé la Chine à divers maux sociaux et à un développement de la pensée matérialiste, alors que les libéraux attaquent Deng sur ses positions politiques inflexibles. Les forces libérales commencent à manifester de diverses manières et à réclamer la démocratie (« la cinquième modernisation »), ce qui conduit, en 1989, aux manifestations de la place Tian'anmen (épisode du « Printemps de Pékin »), et à leur répression le . La répression des mouvements étudiants entraîne une condamnation de la part de nombreux pays du monde et un embargo sur les ventes d'armes à la Chine.

Relations étrangères[modifier | modifier le code]

Deng Xiaoping et Jimmy Carter en 1979.

Le 1er janvier 1979, la République populaire de Chine a officiellement établi ses relations diplomatiques avec les États-Unis[53]. En janvier 1979, Deng Xiaoping a visité les États-Unis, et c'était la première visite officielle d'un chef suprême de la Chine aux États-Unis.[54] La même année, le Comité olympique chinois de la République populaire de Chine a été reconnu par le Comité international olympique.

Au début de 1979, la Chine a commencé une guerre d'un mois avec le Vietnam. D'autre part, sur les conseils de Lee Kuan Yew, Deng Xiaoping a accepté d'ouvrir davantage le pays et de cesser d'exporter les idéologies et révolutions communistes vers d'autres pays, ce qui a considérablement amélioré les relations entre la Chine et de nombreux pays, en particulier ceux du Asie du Sud-Est[55]. En 1984, la « Déclaration commune sino-britannique sur la question de Hong Kong », stipulant que la souveraineté de Hong Kong serait restituée à la Chine le 1er juillet 1997 ans le cadre d'un « Un pays, deux systèmes ». En 1987, la « Déclaration commune sino-portugaise sur la question de Macao » a été signée par la Chine et le Portugal, stipulant que la souveraineté de Macao serait restituée à la Chine le 20 décembre 1999 dans le cadre d'un « un pays, deux systèmes ».

En 1989, les relations entre la Chine et l'Union soviétique sont revenues à la normale pour la première fois depuis la « rupture sino-soviétique » des années 50. Mikhaïl Gorbatchev, alors secrétaire général du Parti communiste de l'Union soviétique, s'est rendu à Pékin et a rencontré Deng au milieu des manifestations sur la place Tiananmen[56].

Dans les années 80 et au début des années 90, la République populaire de Chine a continué à établir des relations diplomatiques officielles avec un certain nombre de pays tels que les Émirats arabes unis (1984), le Qatar (1988), Arabie Saoudite (1990), Singapour (1990), Israël (1992) et la Corée du Sud (1992).[10]

Controverses[modifier | modifier le code]

Après la révolution culturelle, Deng a lancé le programme Boluan Fanzheng pour corriger les erreurs maoïstes, mais certaines de ses politiques et opinions étaient controversées. Deng a insisté pour louer que Mao avait fait "7 bonnes et 3 mauvaises" pour le peuple chinois, tout en attribuant de nombreux désastres de la Révolution culturelle à Lin Biao et au Bande des Quatre[57],[58]. En outre, il a déclaré et imposé les "quatre principes fondamentaux" en tant que principes fondamentaux de la Constitution de la Chine (1982), afin de maintenir le "parti unique" en Chine pour le Parti communiste.

De plus, le rôle que Deng a joué dans la répression des Manifestations de la place Tian'anmen a été plutôt controversé[59],[60]. En fait, il a également réprimé le «Mur de la Démocratie» ainsi que le «Printemps de Pékin» au début des années 80[61].

Catastrophes[modifier | modifier le code]

An Catastrophe Emplacement Nombre de morts Descriptions
1987 Feu du dragon noir (en) Préfecture de Daxing'anling Plus de 200[62],[63] L'incendie s'est également propagé à l'Union soviétique.

Jiang Zemin et la troisième génération (1989-2002)[modifier | modifier le code]

Transition du pouvoir et "inspection du sud" de Deng[modifier | modifier le code]

En juin 1989, Jiang Zemin, avec le soutien de Deng Xiaoping, a remplacé Zhao Ziyang et est devenu secrétaire général du Parti communiste chinois[64].

Bourse de Shenzhen (depuis 1990)

Après les manifestations de Tiananmen en 1989, le programme de « Réforme et ouverture » de la Chine s'est arrêté. Cependant, Jiang Zemin n'a pas fait assez pour les réformes. En 1992, « tournée d'inspection de Deng Xiaoping dans le sud » a repris le programme réforme et ouverture[65],[66],[67]. La visite d'inspection de Deng est largement considérée comme un point critique de l'histoire moderne de la Chine, car elle a sauvé la réforme économique chinoise ainsi que le marché des capitaux (Shanghai Stock Exchange et Bourse de Shenzhen) et préservé la stabilité de la société[68],[69].

Le conservateur Li Peng était le premier ministre de la Chine jusqu'en 1998, lorsque le réformiste Zhu Rongji est devenu le premier ministre[70].

Affaires internes[modifier | modifier le code]

Depuis les années 1990 et 2000, les réformes se poursuivent et l'économie de la Chine connaît une croissance très rapide, supérieure à 8-9 % par an, en raison du bas coût de la main-d'œuvre et des possibilités d'échange offertes par les technologies.

De plus, le projet « Barrage des Trois Gorges » a démarré en 1994[71]. Dans les années 90, le « Programme 211 » et le « Programme 985 » ont été lancés pour l'enseignement supérieur en Chine[72].

Relations étrangères[modifier | modifier le code]

En 1995-1996, la troisième crise du détroit de Taïwan a éclaté.

Dans le même temps, la république populaire de Chine récupère la souveraineté sur Hong Kong (en 1997) et Macao (en 1999).

En novembre 1991, la Chine a rejoint la Coopération économique Asie-Pacifique[73]. En 2001, la Chine a rejoint l'Organisation mondiale du commerce (OMC)[74]. La même année, l'Organisation de coopération de Shanghai a été créée[75]. En 2001, "Incident de l'île d'Hainan" a eu lieu.

Controverses[modifier | modifier le code]

Jiang Zemin a été critiqué pour avoir persécuté le pratiquant de Falun Gong[76],[77]. Dans les années 1990, les autorités chinoises récupèrent les organes sur les prisonniers des Laogai afin de les transplanter sur des membres du Parti communiste chinois ou sur de riches étrangers[78],[79].

Après sa retraite en 2002, Jiang et sa faction ont continué à contrôler la politique en Chine depuis les coulisses.[80]

Catastrophes[modifier | modifier le code]

An Catastrophe Emplacement Nombre de morts Descriptions
1994 Typhon Fred (en) Zhejiang 1,426[81] Également connu sous le nom de Typhoon 9417 en Chine.
1997 Crise économique asiatique Asie
1998 Inondations du Yangzi Jiang Yangzi Jiang et autres fleuves 3,000-4,150[82],[83]

Hu Jintao et la quatrième génération (2002-2012)[modifier | modifier le code]

Transition du pouvoir[modifier | modifier le code]

Hu Jintao a succédé au poste de secrétaire général du Parti communiste chinois en novembre 2002. En mars 2003, Hu est devenu le 6e président de la République populaire de Chine, Wen Jiabao étant le premier ministre de la Chine.

Affaires internes[modifier | modifier le code]

La Chine est en 2008 la 3e puissance économique mondiale[84] derrière les États-Unis et le Japon avec un PIB de 4 420 milliards de $ US (World Bank, Total GDP 2008). De nombreuses délocalisations et installations d'entreprises étrangères en Chine valent à la république populaire de Chine le surnom d'usine du monde[85] En 2010, la Chine devient la deuxième puissance économique de la planète devant le Japon.

En 2003, la Chine a réussi à envoyer un astronaute, Yang Liwei, dans l'espace via Shenzhou 5, devenant ainsi le troisième pays au monde à le faire de manière indépendante après les États-Unis et l'Union soviétique[86],[87]. En 2011, Tiangong-1, le premier prototype de station spatiale de Chine, a été lancé avec succès dans l'espace[88]. En octobre 2012, Mo Yan est devenu le premier citoyen chinois (Chine continentale) à remporter le Prix Nobel de littérature[89].

Relations étrangères[modifier | modifier le code]

Avec les Jeux olympiques de Pékin en 2008, la Chine s'affiche comme un pays moderne et efficace, l'opération amenant davantage de retombées en termes d'image que de bénéfices économiques[90].

Avec l'Exposition universelle de 2010 qui se déroule à Shanghai, la Chine cherche à revendiquer l'importance de sa culture dans le monde. En 2010, les Jeux asiatiques ont eu lieu à Guangzhou. En 2011, l'Universiade d'été s'est tenue à Shenzhen.

Controverses[modifier | modifier le code]

Liu Xiaobo, lauréate du Prix Nobel de la paix et activiste des droits humains, a été arrêtée et condamnée à 11 ans de prison. Liu, avec d'autres, est l'auteur de la Charte 08 et a reçu le Prix Nobel de la paix en 2010[91].

À l'époque de Hu Jintao, le Parti communiste chinois et le gouvernement chinois ont créé le "Parti des 50 centimes", tentant de "guider" les opinions publiques en ligne en faveur du Parti communiste et du gouvernement chinois.[92]

Catastrophes[modifier | modifier le code]

An Catastrophe Emplacement Nombre de morts Descriptions
2003 Épidémie de SRAS National 349 (Chine continentale) Le SRAS a tué 774 personnes dans le monde, dont 349 en Chine continentale et 299 à Hong Kong[93],[94].
2007-2008 Crise financière mondiale Global
2008 Séisme de 2008 au Sichuan Sichuan 69 227[95] 8.0 Ms.

Xi Jinping et la cinquième génération (2012-)[modifier | modifier le code]

Transition du pouvoir[modifier | modifier le code]

Xi Jinping est devenu secrétaire général du Parti communiste chinois et "président de la Commission militaire centrale" le 15 novembre 2012. Et le 14 mars 2013, Xi est devenu le 7e président de la République populaire de Chine, Li Keqiang étant le premier ministre de la Chine.

Affaires internes[modifier | modifier le code]

Une vaste campagne de lutte contre la corruption à long terme a été menée sous Xi depuis 2012.

En 2013, le rover Yutu a été déployé avec succès sur la lune après que l'atterrisseur Chang'e 3 ait atterri sur la lune[96]. En 2015, Tu Youyou est devenu le premier citoyen chinois (Chine continentale) à remporter le Prix Nobel de physiologie ou médecine[97]. En 2016, le laboratoire spatial Tiangong-2 a été lancé avec succès dans l'espace.

En mars 2018, l'Assemblée nationale populaire contrôlé par le Parti communiste a adopté un ensemble d'amendements constitutionnels, notamment la suppression des limites de mandats du président et du vice-président[98].

Relations étrangères[modifier | modifier le code]

Xi a proposé la «Nouvelle route de la soie», qui a reçu une large attention du monde[99]. En 2016, le sommet du G20 s'est tenu à Hangzhou. En 2017, le sommet des BRICS s'est tenu à Xiamen[100].

En 2018, la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine a commencé.

Controverses[modifier | modifier le code]

Un système de surveillance massive et le «Système de crédit social» surveillent l'ensemble de la population en Chine continentale[101]. De plus, la «Nouvelle route de la soie», les «manifestations massives à Hong Kong», la «guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine», ainsi que les «camps de rééducation du Xinjiang» ont tous reçu une attention et une couverture médiatique étendues de partout dans le monde.

Depuis 2012, Xi a annulé plusieurs politiques depuis la période Boluan Fanzheng de Deng Xiaoping et a promu son culte de la personnalité comme l'a fait Mao Zedong, suscitant l'inquiétude d'une nouvelle révolution culturelle[102],[103].

Parallèlement à son entrée dans une économie de marché globalisée, le PCC conserve le contrôle du pays et maintient sa politique répressive vis-à-vis des groupes qu'il estime menaçants, comme le Falun Gong ou les mouvements séparatistes du Tibet, de manière générale contre tout groupe spirituel ou religieux « non autorisé » par le Parti. Les organismes de défense des droits de l'Homme signalent en effet des problèmes récurrents de liberté d'expression et de conscience, de nombreuses arrestations de journalistes et "cyber-dissidents" ainsi des cas de tortures perpétrés par la police.

La question des Droits de l'homme est souvent mise de côté par les démocraties occidentales face aux intérêts économiques, avec pour exemple Yahoo! et Google qui collaborent avec les autorités au sujet de l'emprisonnement de plusieurs « cyber-dissidents » ainsi que dans sa politique de censure et de surveillance du Web. Après l'arrivée au pouvoir de Xi, le Parti communiste et le gouvernement chinois ont bloqué l'accès des citoyens chinois à de nombreux sites Web et applications mobiles étrangers à l'aide du «Grand Firewall de Chine»[104],[105]. Parallèlement à cela, le blocus des ventes d'armes, en vigueur depuis le massacre de la place Tienanmen en 1989, est toujours maintenu.

Catastrophes[modifier | modifier le code]

An Catastrophe Emplacement Nombre de morts Descriptions
2013 Séisme de 2013 au Sichuan Sichuan > 200[106] 7.0 Ms.
2014 Séisme de 2014 au Yunnan Yunnan 617 6.5 ML.
2015 Chavirage de l'Étoile de l'Orient Hubei 442
2015 Explosions de Tianjin Tianjin 173
2015 Glissement de terrain à Shenzhen Guangdong 73
2016 Inondations en Chine (en) Yangzi Jiang et autres fleuves 449
2019-2020 Pandémie de Covid-19 Global En décembre 2019, un nouveau coronavirus a éclaté à Wuhan, Hubei[107],[108].

Le 11 mars 2020, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré le COVID-19 pandémie[109],[110].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Zhang Zhenglu, un ancien lieutenant-colonel de l'Armée populaire de libération, indiqua cette information dans le livre 雪白血红 ("neige blanche, sang rouge"), publié en 1989 par la maison d'édition de l'APL et retiré de la circulation au printemps 1990 après que le président Yang Shangkun ait déclaré qu'il insultait le Parti communiste.

Références[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]