Tiangong 1

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Tiangong 1
Station spatiale
Description de cette image, également commentée ci-après
Schéma de Tiangong 1
Données générales
Organisation Drapeau : République populaire de Chine CNSA
Programme Programme Shenzhou
Statut Hors service
Lancement
Lanceur Longue Marche 2F
Fin de mission
Désorbitage Premier semestre 2018
Caractéristiques techniques
Masse au lancement 8 500 kg

Tiangong 1 (chinois : 天宫一号 ; pinyin : Tiāngōng yīhào ; littéralement : « Palais Céleste 1 ») est le premier exemplaire d'une station spatiale développée par l'agence spatiale chinoise CNSA. Placée en orbite basse sans équipage le [1], elle est inactive depuis 2013[2]. Elle a reçu la visite de plusieurs vaisseaux de type Shenzhou au cours de son séjour dans l'espace, limité à deux ans.

En 2016, les liaisons avec la station sont interrompues et il se pourrait que la Chine ait perdu le contrôle de sa rentrée dans l’atmosphère. Sa désintégration finale devrait avoir lieu au début du second trimestre 2018 si elle n'est pas provoquée sur commande plus tôt.

Projet[modifier | modifier le code]

Tiangong 1 doit permettre de valider la technique du rendez-vous spatial automatique, mettre au point les composants d'une station spatiale et expérimenter le séjour d'un équipage. Tiangong 1 est une station de petite taille (8,5 tonnes), comparée à ses homologues russe Mir, américaine Skylab, et internationale ISS. Sa taille réduite ainsi que l'absence d'un deuxième système d'amarrage n'autorise que des missions habitées de courte durée. Trois missions Shenzhou doivent lui rendre visite sur la période 2011-2013, dont la première sans équipage s'est déroulée avec succès en novembre 2011 et la seconde, menée par trois taikonautes dont une femme, à bord de Shenzhou-9, utilisant un amarrage manuel[3], s'est également déroulée avec succès en juin 2012[4].

Caractéristiques techniques[modifier | modifier le code]

La station spatiale Tiangong 1 a la forme d'un cylindre d'une longueur de 10,4 mètres et d'un diamètre maximal de 2,8 mètres divisé en deux composants : le module de service de diamètre réduit est destiné à la production d'énergie et à la propulsion et le module orbital, pressurisé, est à la fois lieu de vie et de travail. Cette architecture s'inspire de celle de la première station spatiale russe Saliout mais à une échelle réduite car le lanceur chinois le plus puissant (Longue Marche 2F) ne permet de lancer que les 8,4 tonnes de la station soit la moitié de la première station soviétique Saliout (18,5 tonnes)[5].

Schéma de Shenzhou amarré à Tiangong 1.
Schéma de Tiangong 1 (à gauche dans le schéma) amarré au vaisseau Shenzhou.

Sur ces 8,4 tonnes, le module de service représente 3,5 tonnes. Ce dernier dérive du module de service du vaisseau Shenzhou. Il comprend les réservoirs de carburant, d'oxygène et d'eau qui permettent à un équipage de trois personnes de séjourner durant quinze jours. Ce module comprend également les quatre moteurs-fusées de 419 Newton de poussée qui permettent d'effectuer les corrections de trajectoire ainsi que 36 petits propulseurs utilisés pour le contrôle d'attitude. Deux panneaux solaires fixés sur le module de service fournissent l'énergie à la station ; l'envergure de la station passe à 17 mètres après le déploiement de ces panneaux[5].

Le module orbital est par contre un nouveau développement. Il est doté d'un unique port d'amarrage de type APAS inspiré du système russe et situé à son extrémité dans le prolongement de l'axe du cylindre. L'espace habitable est d'environ 15 m3. L'absence d'un deuxième système d'amarrage ne permet pas le ravitaillement par un vaisseau cargo ou le relais d'un équipage par un autre. La station dispose d'un système de support vie qui permet le séjour d'un équipage mais l'absence de système de recyclage de l'oxygène et de l'eau ainsi que l'impossibilité de faire accoster un vaisseau de ravitaillement limite la durée des séjours. La charge utile de la station comprend une caméra infrarouge de 600 mm de diamètre qui doit être utilisée pour l'observation de la Terre[5].

Développement[modifier | modifier le code]

Dès le début des années 1970, les autorités chinoises jettent les grandes lignes d'un programme spatial habité incluant le lancement d'une station spatiale. Mais ce n'est qu'en 1992, après la disparition des obstacles politiques et économiques que le programme spatial habité chinois, baptisé Projet 921, peut se concrétiser. La première phase du programme consiste à mettre au point les vols habités à bord du vaisseau spatial Shenzhou. Après une série de sept vols sans échec, la deuxième phase du programme consacrée au développement d'une station spatiale est lancée.

Le site officiel du bureau d'études chargé de la conception des vols habités donne en 2008 une très brève description[6] de Tiangong 1 ainsi que de Tiangong 2 et Tiangong 3, deux laboratoires spatiaux qui doivent succéder à Tiangong 1 avant 2015. Une maquette de la station spatiale est dévoilée au cours du programme de célébration du Nouvel An chinois, le 25 janvier 2009, sur la chaîne de télévision CCTV[7].

Déroulement de la mission[modifier | modifier le code]

Les trois membres de l'équipage de Shenzhou 9. Liu Yang, première femme astronaute chinoise se trouve à droite.
Article détaillé : Shenzhou 9.
Orbite de Tiandong-1 en juin 2013.

Tiangong 1 est lancée le , sans équipage à bord, par une fusée Longue Marche 2F depuis le Centre spatial de Jiuquan situé dans le désert de Gobi au nord-est de la Chine ; cette base est utilisée pour tous les vols du programme spatial habité chinois[1]. La station est placée par son lanceur sur une orbite basse de 335 × 353 km avec une inclinaison de 42,8°. Sa durée de vie opérationnelle est de deux ans.

Un premier test de rendez-vous spatial et d'amarrage a lieu le 2 novembre à 17h38 GMT avec le vaisseau Shenzhou 8 lancé sans équipage deux jours plus tôt ; l'amarrage est piloté depuis le sol. Une nouvelle mission Shenzhou 9 est lancée l e 16 juin 2012, cette fois ci avec un équipage composé de Jing Haipeng, Liu Wang et Liu Yang première femme astronaute chinoise. Après 2 jours de manœuvres orbitales, le vaisseau parvient à s'amarrer de manière complètement automatique en utilisant une combinaison d'équipements d'amarrage comprenant un radar, un télémètre laser et des capteurs optiques. Durant les 6 jours suivants, l'équipage réalise à bord de la station spatiale plusieurs expériences scientifiques ainsi que des expériences techniques visant à mettre au point une méthode d'assemblage de stations spatiale de grande taille. Le 24 juillet, l'équipage réintègre le vaisseau spatial Shenzhou 9 et s'éloigne de 400 mètres de la station spatiale avant d'entamer une manœuvre d'amarrage cette fois complètement manuelle qui se déroule de manière nominale. L'équipage réintègre alors la station spatiale et entame pour une durée de 6 jours une nouvelle série de tests à bord du laboratoire spatial. L'équipage revient sur Terre le 29 juin [8].

Le 4 février 2013, l'orbite de Tiangong 1 est remontée à 348 × 370 kilomètres afin d'annuler la dégradation de l'orbite due à la traînée atmosphérique. Le 11 juin alors que la station spatiale est retombée à une altitude de 314 kilomètres un deuxième équipage à bord de Shenzhou 10 s'amarre à la station spatiale. L'équipage est composé de Nie Haisheng de Zhang Xiaoguang et de Wang Yaping qui devient la seconde chinoise à voler dans l'espace. L'équipage revient sur Terre le 26 juin après avoir séjourné une dizaine de jours dans la station spatiale[9]. .

Rentrée atmosphérique[modifier | modifier le code]

Le 21 mars 2016, 1 630 jours après le lancement de Tiantgong 1, certains spécialistes et média occidentaux annoncent que le centre de contrôle chinois a perdu la liaison qui lui permettait de piloter la station spatiale et que celle-ci a cessé de fonctionner à la suite d'un défaillance du système de recharge des batteries. En septembre de la même année les responsables chinois indiquent que le vaisseau spatial retombera sur terre au cours de la seconde moitié de 2017[10]. La station semble devenue incontrôlable au moins depuis mai 2016[11]. En janvier 2018, l'ingénieur aérospatial chinois Zhu Congpeng conteste les analyses des experts occidentaux dans un article du journal officiel du ministère des sciences et technologies chinois Science and Technology Daily en affirmant que la station est toujours sous contrôle et que sa retombée sur Terre sera dirigée de manière à ne représenter aucun danger : les débris non détruits durant la rentrée atmosphérique devraient tomber dans l'océan[12]. La Chine a annoncé de manière officielle que la rentrée atmosphérique aurait lieu entre début février et fin mars[13].

Suite du programme Tiangong[modifier | modifier le code]

Diagramme hypothétique de la future station spatiale Tiangong 3.

Les responsables du programme spatial chinois ont programmé le lancement de deux autres stations spatiales similaires à Tiangong 1. Tiangong 2 et Tiangong 3 ont toutefois été modifiées pour permettre des séjours plus longs et pour pouvoir être ravitaillées par un cargo spatial. Tiangong 2 a été lancée le 15 septembre 2016 et été ravitaillées par le cargo spatial (Tiangong-1) d'une masse de 12 910 kg placé en orbite par le lanceur Longue Marche 7 tiré depuis la base de lancement de Wenchang[14]. La série Tiangong doit être suivie à l'horizon 2020 par une station spatiale de plus grande envergure, comprenant trois modules de plus de 20 tonnes dont le lancement est conditionné par la mise au point du nouveau lanceur lourd chinois Longue Marche 5[5],[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b La Chine lance avec succès son premier module orbital - Rémy Decourt, Futura-Sciences, 30 septembre 2011
  2. « Une vieille station spatiale chinoise va bientôt s’écraser sur Terre, mais où ? », Sud Ouest,‎ (lire en ligne)
  3. L'amarrage manuel entre Shenzhou-9 et Tiangong-1 - CCTV, 24 juin 2012
  4. Les trois astronautes chinois entrent dans le module laboratoire Tiangong-1 - French.peopledaily.com.cn
  5. a, b, c et d (de) Daniel Maurat & Günther Glatzel, « China startet erste eigene Raumstation », Raumfahrer.net,
  6. (en) « Future plan of space laboratory system »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) (consulté le 14 avril 2013) - China Manned Space Engineering, 28 août 2008
  7. (zh) 天宫一号"空间站已进入初样研制阶段(图) - CCTV.com, 25 janvier 2009
  8. (en) Patric Blau, « Shenzhou 9 returns to Earth after completing Milestone Mission », spaceflight101.net,
  9. (en) Patric Blau, « Shenzhou 10 returns to Earth after achieving China's next Milestone in Space », spaceflight101.net,
  10. La Chine ne maîtrise pas la chute de sa station spatiale - Adrien Denèle, Ciel & Espace, 22 septembre 2016
  11. « La dérive de Tiangong 1 se confirme », Air et Cosmos, no 2502,‎ , p. 3
  12. Jerome G., « Chute de Tiangong-1 : la station spatiale chinoise ne serait pas hors de contrôle », sur www.generation-nt.com, (consulté le 15 janvier 2018)
  13. (en) Tomasz Nowakowsk, « Chinese expert denies claims of Tiangong-1’s uncontrolled re-entry »,
  14. (en) Patrick Blau, « China’s ‘Heavenly Vessel’ Sails into Orbit atop Long March 7 Rocket on Space Logistics Demonstration », sur Spaceflight101.com,
  15. (en) Leonard David, « China Details Ambitious Space Station Goals », Space.com,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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