Wu Zetian

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Dans ce nom chinois, le patronyme, Wu, précède le prénom.

Wu Zetian

Description de cette image, également commentée ci-après

Portait de Wu Zetian.

Naissance
Lizhou, Sichuan
Décès (à 81 ans)
Luoyang
Nationalité Chinoise
Profession Impératrice
Famille
Wu Shihuo (père)
Lady Yang (mère)

Wu Zetian (chinois simplifié : 武则天 ; chinois traditionnel : 武則天 ; pinyin : Wǔ Zétiān ; Wade : Wu³ Tse²-t'ien¹) fut la seule impératrice de toute l'histoire de Chine : le titre et la fonction d'empereur étaient exclusivement réservés, dans le système impérial, aux hommes, les femmes ne pouvant exercer provisoirement le pouvoir que dans le cadre d'une régence, d'un inter-règne, et assistées le plus souvent d'un conseil de régence, sans avoir le titre d'empereur. Seule, Wu Zetian fonda sa propre dynastie, la dynastie Zhou (), deuxième de ce nom, dont elle sera, sous le nom d' « empereur Shengshen » (聖神皇帝) de 690 à 705, la seule monarque.

Son ascension et son règne furent fortement critiqués par les historiens confucianistes, mais certains aspects en ont été réévalués en Chine (après l'accession au pouvoir du Parti communiste) à partir des années 1950.

(Dates indiquées selon le calendrier julien)

Les origines[modifier | modifier le code]

L’époque des Tang était une époque relativement libre pour les femmes de Chine. Parce que la culture et l’éducation se transmettaient alors plus généreusement aux filles, il ne fut pas rare de voir des femmes contribuer aux arts picturaux, poétiques ou littéraires voire à la politique. Il n’est donc pas étonnant que la belle Wu fût initiée aux œuvres classiques, à la peinture, la danse, la musique et à la poésie. La tradition la fait naître en 625 à Chang an, capitale de l’Empire mais les Annales indiquent que son père était magistrat dans le Sichuan lors de sa naissance. Son prénom n'est pas mentionné dans les annales officielles. Comme elle se donna plus tard le nom de Wu Zhao (武曌), pour lequel elle fit créer un caractère jusqu'alors inexistant, on a avancé l'hypothèse qu'elle avait été prénommée Zhao ().

Son père, Wu Shihuo (武士彠) (577-635), un maître d'œuvre, avait su se faire des relations dans l'exercice de son travail. Il avait ainsi accédé à un poste de sous-officier, puis s'était distingué lors de la campagne militaire de 617, obtenant finalement le titre enviable de duc de Taiyuan (Taiyuandu gong 太原郡公) (Shanxi), région d'origine de la famille Wu (Wenshui 文水, district de Bingzhou 并州). L'empereur Gaozu lui aurait fait épouser en secondes noces une femme approchant la quarantaine, fille d'un parent de la famille impériale Sui nommé Yangda (楊達). Elle donnera le jour à trois filles dont la future impératrice. Devenue veuve, il semble qu'elle n'ait guère reçu de soutien de la part de sa famille d'origine et encore moins des demi-frères de Wu Zetian.

Wu Zetian fut la seule impératrice régnante de Chine et elle fondera même sa propre dynastie, les Zhou (), et régna sous le nom d'« empereur Shengshen » (聖神皇帝) de 690 à 705. C’était une femme d’une beauté incroyable et au tempérament d’acier ; une anecdote bien connue raconte que l’empereur Taizong avait un cheval appelé « Lion » tant il était sauvage et que personne n’arrivait à le contrôler ; la belle Wu se proposa de dominer la bête si on lui donnait trois choses : un fouet de fer, un marteau de fer et une dague. D’abord, elle aurait fouetté le cheval, puis s’il refusait toujours d’obéir, elle se proposait de le frapper avec le marteau et s’il se montrait toujours rebelle de lui trancher la gorge. Voici comment son ennemi politique, le poète Lo-Ping Wang la décrit :

« Des sourcils arqués comme des antennes de papillon
Ne consentant pas à céder aux autres femmes.
Cachée derrière sa manche, elle s’applique à calomnier.
Son charme de renarde a le pouvoir particulier d’ensorceler le maître. »

Son ascension vers le trône sur un chemin d’intrigues constellé de sang, et son règne marqué par la terreur et de nombreux outrages à la tradition furent l’objet de critiques virulentes des historiens confucianistes, mais certains aspects en ont été réévalués à partir des années 1950, notamment par les historiens communistes.

De concubine à impératrice[modifier | modifier le code]

La famille Wu s'était élevée au-dessus de la condition ordinaire, mais l'ascension du père était trop récente pour en faire une authentique grande famille. C'est donc en concubine de modeste extraction aux yeux de la cour qu'entre 12 et 14 ans elle accède au gynécée de Taizong avec le grade de « talentueuse » (cairen 才人), l'un des plus bas. Selon la tradition, elle reçoit un nouveau prénom ; elle sera désormais Meiniang (媚娘). Il semble que, dès cette période, elle entretint une relation privilégiée avec le dauphin Li Zhi, futur empereur Gaozong. En 649, l’empereur décède des suites d’une longue maladie contractée en 645 et la belle Wu ainsi que toutes les « veuves » sans enfant sont envoyées dans un monastère. Elle restera au temple de Ganyesi (感業寺) jusqu’à ses 28 ans, c'est-à-dire pendant environ trois ans ; pour les sinologues Danielle Elisseeff et Barbara Benett Peterson, ce n’est qu’à l’occasion d’un pèlerinage dans ce temple que le jeune empereur Gaozong remarquera la belle Wu pour la première fois, déplorant que « la rigueur de la tradition gâche sans discernement les richesses de la nature », mais il est permis de douter d’une rencontre aussi romanesque qu’improbable, juste à la fin de la période de deuil. Quoi qu'il en soit, en tant qu’ancienne concubine de son propre père, il ne saurait en faire la sienne sans commettre d’inceste. Cependant, à cette époque, la cour des Tang subissait l’influence des coutumes « barbares » (le lévirat mongol) au point que le tabou d’un tel procédé était sinon effacé du moins bien diminué. « Chez les nomades, on n’écartait jamais les femmes ; le mâle survivant, frère ou fils, les prenait toutes en charge[1]). Par ailleurs la première épouse, issue de la famille Wang (Wanghuanghou 王皇后), encore stérile, en voulait « à la terre entière » et craignait que le jour où le Fils du Ciel désignerait son successeur ne marque la fin de son titre d'impératrice. Elle voit alors en Dame Wu, à la beauté proverbiale, un moyen de saper l’influence de Xiaoshufei (蕭淑妃) la seconde épouse auprès du Fils du Ciel ; elle fait donc sortir la belle, dont son mari lui aurait vanté les charmes inemployés, de sa retraite forcée.

Quand le jeune empereur Gaozong la revoit, il en devint fou au point d’oublier les épineuses questions de sa succession. Il chasse les conseillers, qui l’implorent de ne pas s'engager avec une telle femme, et l’accueille dans son gynécée à nouveau avec le rang de cairen. Dans un premier temps, tout marcha comme prévu et Xiaoshufei se désolait d’être tombée en disgrâce. Mais la première épouse sous-estimait l’ambition de la belle Wu. Depuis son retour au palais à 28 ans, elle manifeste une aptitude qu'on ne lui connaissait pas du temps de Taizong à se faire des alliances et nouer des intrigues ; ainsi qu'une ambition personnelle qui va s'avérer peu commune. Tandis que sa faveur auprès de Gaozong grandit, elle se tisse un réseau de fidèles et rallie les ennemis de l'impératrice. Toujours concubine, son grade s'est élevé considérablement. Accédant au rang de zhaoyi (昭儀), elle est désormais la cinquième dame du palais dans la hiérarchie du gynécée, et la première pour l'influence auprès de Gaozong.

Cependant, pour son malheur, son premier enfant est une fille ; ce qui ne peut lui valoir que les railleries de sa rivale. Wu Zetian aurait alors, d'après certains historiographes, étouffé elle-même son enfant, juste après la visite rituelle que la première épouse lui rendit après l'accouchement, sachant que l'empereur devait venir juste après. Ainsi, c'est l'empereur qui découvrit lui-même le bébé mort dans son berceau, dans la pièce voisine de la chambre. Wu Zetian tira profit de cette coïncidence pour laisser les soupçons se porter sur la première épouse. Devant le manque de preuves, l’empereur resta circonspect et suivit l’avis de ses conseillers, qui était de ne pas se mêler de ces histoires de femmes.

La belle Wu avait tout perdu et la première épouse gardait sa fonction officielle. Son ambition inassouvie, pleine de rancœur, n'ignorant pas que l’empereur finirait par se lasser d’elle car sa beauté ne durerait pas toujours, elle décida d’agir vite. Elle accuse la première et la seconde épouse de sorcellerie. Transi de frayeur superstitieuse, le Fils du Ciel n’écoute plus un mot de ses conseillers et tombe droit dans le piège. Il laisse carte blanche à l’ambitieuse Wu pour débrouiller ces affaires de magie noire : la sorcellerie est affaire de femme. Forte de ses appuis au Palais Impérial, elle fait arrêter les deux femmes et les soumet à l’horrible supplice que Dame Lü avait autrefois imaginé pour se venger de sa propre rivale : bras et jambes coupés, elle les fait jeter dans une cuve de vinaigre qui, en cautérisant partiellement les plaies, prévient ainsi une mort trop rapide et prolonge trois jours durant leur atroce agonie. Même les exécutants de la torture, pourtant endurcis, gardèrent, dit-on, un souvenir terrible de ces corps mutilés et des deux bouches ouvertes proférant des malédictions rendues plus effrayantes encore car la douleur les rendait incompréhensibles… Selon Grousset, c’est parce qu’elles auraient continué de voir l’empereur même une fois répudiées que la terrible Wu leur aurait fait subir un tel châtiment.

Dame Wu passa ses nuits à pratiquer des rituels magiques pour se débarrasser des deux fantômes dont elle se croyait hantée. Mais l’empereur était bien trop effrayé pour en juger clairement. Mieux encore, c’est éperdu de reconnaissance qu’il lui accorda la place tant convoitée de première épouse malgré les grincements de dents des conseillers du Dragon, qui lui donnèrent alors le titre de Zetian, littéralement : « selon la volonté du Ciel ». Elle est alors âgée de 32 ans. Depuis le retour du monastère, il ne lui aura fallu que quatre ans pour parvenir au plus haut degré de l’État accessible à une femme ; mais l’ambition de la belle Wu ne saurait s’arrêter à la limite que lui impose son sexe.

D'impératrice consort à impératrice régnante[modifier | modifier le code]

Par la suite, son ascendant sur l’empereur ne fera que s’accroître, à mesure que la santé fragile de l’empereur commence à se dégrader, cinq ans après que Wu Zetian aura commencé à siéger à ses côtés. Dissimulée derrière un voile de gaze ou de soie, conformément aux rites, elle dirige en secret les affaires de la cour. Elle brûlait d’une ambition démesurée, repoussant les traditions confucianistes qu'elle ressentait comme une insulte et une humiliation. Elle trouva dans le rituel de sacrifice fengshan de l’année 666 une occasion de le signifier à la cour. En effet, traditionnellement, l’empereur effectue chaque année un rituel sacrificiel au ciel et à la terre, destiné à attirer la bienveillance céleste sur les récoltes de l'empire. Mais Wu Zetian manifesta son étonnement : le ciel, yang, était associé au masculin, mais la terre, yin, était associée au féminin. Elle prétend donc que c'est à une femme de procéder au sacrifice à la terre. Les lettrés impériaux étaient aussi choqués qu’embarrassés : rien dans la tradition ne mentionnait la nécessité qu’un sexe ou l’autre procédât au rituel, qui était l'attribution exclusive de l'Empereur, seul lien entre le Ciel et la Terre. Finalement l’empereur se rangea aux arguments de la belle Wu, et les lettrés à court d’arguments ne purent que s’incliner. L'empereur abandonna le rituel de la terre, permettant ainsi chaque année à Wu Zetian de montrer son importance et sa nécessité au bon fonctionnement de l’Empire. Une autre de ses réclamations concerna le titre de l’impératrice ; arguant que l’Empereur était appelé Fils du Ciel (天子) son alter ego féminin devait être appelée logiquement Impératrice Céleste (TianHou). Encore une fois le Dragon n’eût rien à objecter.

Si l'on en croit un document résumant ses « douze propositions » (jianyanshiershi 建言十二事), elle fait preuve d'une certaine sagesse politique : elle préconise une baisse des impôts, des efforts en direction de l'agriculture, l'encouragement de l'expression des opinions de différentes sources. Elle a aussi beaucoup fait pour le statut des femmes.

Une impératrice féministe ?[modifier | modifier le code]

D’après Sherry J. Mou[2], si elle sut manifester rudesse et cruauté envers ses opposants, elle ne montra jamais de volonté « proto-féministe » à travers les réformes sociales que son gouvernement promulgua. Elle fit pourtant beaucoup pour les femmes, leur éducation, leur bien-être et leur accès aux examens et aux postes officiels[3]. Ses « douze décrets » ou « douze propositions » stipulent, dès 674, qu’il faut harmoniser les relations entre belles-sœurs, organiser des funérailles publiques pour les femmes sans-abri, prendre soin des veuves, organiser des centres de soins pour femmes, des hospices pour vieilles femmes, des maisons pour les jeunes filles et des temples pour les nonnes vouées à la chasteté. La proposition la plus significative, ou du moins celle qui provoqua le plus de remous à la cour fut l’augmentation à trois ans de la période de deuil pour rendre hommage à la mort de la mère, à l’égal de celle du père, que celui-ci fut vivant ou non. Dans l'esprit de l'époque, la chose est loin d’être anodine et ce n’est qu’à grand renfort de menaces et de pressions pécuniaires que l’Impératrice Céleste réussit à faire adopter son décret.

Mais malgré son esprit de brigue, son absence de moralité et ses pratiques de sorcellerie, la nouvelle impératrice était très férue de gestion politique et a même démontré une grande ouverture d’esprit, presque humanitaire. Elle préconisait une baisse des impôts pour encourager le travail agraire des hommes et la sériciculture des femmes, et s’opposait aux corvées qu’elle voulait proscrire. Elle voulait aussi diminuer l’importance de l’armée, qu’elle n’aimait pas, afin de la garder seulement comme un moyen d’« éducation morale » pour le peuple. Elle favorisa une plus libre expression des critiques dans le but de mieux repérer les contestataires pour les éliminer plus vite.

La montée en puissance[modifier | modifier le code]

Afin de parachever la promotion sociale de sa famille, elle fait inscrire le clan Wu parmi ceux de première importance dans les registres des « Grandes Familles » (xingshilu 姓氏錄) en changeant le « Livre des Clans » en « Livres des Noms » ; une autre entorse faite aux traditions impériales.

Selon Benett Peterson, dès 660, l’empereur qui voyait son pouvoir s'affaiblir aurait voulu, mais en vain, se débarrasser de son influente épouse. Il était même tellement impuissant qu’il dut au contraire abdiquer en faveur de son fils Li Hong. Selon d’autres sources, c’est d’abord l’empereur Gaozong lui-même qui, devant les étonnantes capacités de chef d’état de son épouse, veut lui laisser son trône ; mais les ministres n’auraient toléré une telle entorse à la tradition. Elle se débarrassera donc successivement des ministres et conseillers les plus hostiles.

Des quatre fils qu'elle a donnés à Gaozong, les deux premiers sont très appréciés de l'empereur et des ministres. Ils seront successivement désignés prince héritier, mais Wu Zetian les écartera du pouvoir. L'aîné, Li Hong (李弘), mourra empoisonné, le second, Li Xian (李賢), sera assassiné après avoir été dégradé et banni. C'est à sa digne fille que les historiens chinois attribuent ces morts. Le troisième fils, extrêmement docile, accède à son tour au rang de prince héritier. Il deviendra un temps empereur à la mort de son père en 683 sous le nom de Zhongzong (唐中宗), mais Wu Zetian reste chargée de la politique comme Gaozong l'avait stipulé dans ses dernières volontés. Peu après, Zhongzong, prenant trop de liberté au goût de sa mère, est démis par sa mère et remplacé par son jeune frère, Ruizong (唐睿宗).

Mort de l'Empereur Gaozong[modifier | modifier le code]

Les Annales de la Cour racontent comment l'épuisement chronique du jeune empereur évolua en une terrible maladie qui lui coûta la vie : « Sa tête enfla et il devint comme aveugle. Son médecin offrit de ponctionner les parties tuméfiées. Wu Zetian s’écria que porter la main sur la face de l’empereur était un crime de lèse-majesté passible de mort. Le médecin tint bon, pratiqua les ponctions et la vue de l’empereur se dégagea […]. Feignant alors d’être ravie, elle courut chercher cent pièces de soie qu’elle offrit elle-même par brassées au médecin. Mais un mois plus tard, on apprit que l’Empereur était retombé soudainement malade et qu’il venait de décéder sans témoin (27 décembre 683) ». Les historiens laissent clairement planer un soupçon sur la responsabilité de Wu Zetian dans la mort de l’empereur.

Un destin écrit d'avance[modifier | modifier le code]

Wu Zetian prépare d'ores et déjà son accession à la position d'empereur. Elle change le nom de Luoyang en Shendu (ville divine 神都), dévoilant ainsi son intention de déplacer la capitale de l'empire, et attribue de nouveaux titres aux fonctionnaires du palais. L'intention qui se cache derrière ces transformations n'échappe pas à un certain nombre d'opposants qui cherchent à y mettre fin. En 684, elle doit faire réprimer une révolte menée par Xujingye (徐敬業), un dignitaire banni.

Cherchant déjà une légitimation spirituelle, en avril 688 Wu Zetian commence sa propagande personnelle : elle demande à son neveu du clan Wu de faire graver une stèle de huit caractères (聖母臨人,永昌帝業) où on peut lire : « La sage mère est descendue sur la terre » également traduit : « avènement d'une sainte mère qui reprendra avec éclat la fonction impériale ». Puis elle fait en sorte que la stèle soit trouvée dans la rivière Luo, dont serait jadis « sortis » dit-on les symboles du Yi Jing. Les partisans de la belle Wu veulent accréditer l'idée que Wu Zetian est investie du Mandat Céleste. Elle change alors le nom de l'ère en Yongchang (永昌) : éternité et prospérité ; il y aura ainsi dix-huit changements d'ère durant son règne. Elle se fait attribuer par Ruizong et les ministres l'appellation révérencielle de « Sainte mère et empereur divin » (Shengmu Shenhuang 聖母神皇). Pour mieux imprimer sa marque, elle fait également créer par le lettré Zong Qinke une dizaine de nouveaux caractères qui devront remplacer les sinogrammes d'origine.

Enfin en 690, le jour de la fête du double neuf, elle dégrade Ruizong au rang de simple prince héritier et s’auto-proclame « empereur de la dynastie Zhou » (), prétendant descendre de l'antique dynastie Zhou, dont elle fait le premier roi, Wenwang, le fondateur de sa propre dynastie sous le nom d'empereur Shizuwen (Shizuwen Huanggdi 始祖文皇帝). Quant à son propre père, elle le fait nommer empereur Xiaoming (Xiaoming Gaodi 孝明高皇) à titre posthume et prend elle-même le nom de règne d’empereur Shengshen (Shengshen Huangdi 聖神皇帝). Son neveu préféré, Wu Chengsi (武承嗣), reçoit également un titre.

Wu Zetian et le bouddhisme[modifier | modifier le code]

Après avoir été nommée impératrice en 690, elle se fait décerner titre de « Roue d’Or, Divine Impératrice de Sagesse ». Ses titres varièrent au cours des années : La Roue D’or Eternelle, La Divine Roue d’Or Douée, et même Maitreya, c'est-à-dire le Bouddha-à-venir, sorte de Messie Bouddhique. La nouvelle fut colportée par l’entremise des moines qui, la même année, écrivent un commentaire du Sutra du Nuage Supérieur dans lequel ils présentent l’impératrice comme l’incarnation terrestre de Maitreya. Wu Zetian fait alors construire le Monastère du Nuage Supérieur où Maitreya allait être l’icône la plus représentée. Le Bouddha géant de Dunhuang, site appelé aussi grottes de Mogao ou grottes des 1000 Bouddhas (patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1987) dans la grotte no 96 est dit-on représenté avec les traits de l’impératrice et le bouddha Vairocana de la grotte de Fengxian à Longmen sont autant de reliefs du règne très marqué par le bouddhisme de Wu Zetian.

En cela, on peut affirmer que le bouddhisme trouva son plus puissant promoteur en l’Impératrice Wu Zetian. En cooptant le Bouddhisme, Wu contrebalançait le Taoïsme qu’embrassait totalement le clan royal d’alors, une manière pour elle de s’affranchir encore de la légitimité de la famille royale Li/ Tang en allant chercher dans sa propre famille les fondations de son Empire. Victime des moyens par lesquels elle s'était hissée au sommet de l’empire et visiblement superstitieuse, elle craignait toujours les présages et les augures autant que les traîtrises et les coups d’état. De 401 à 690, le ShaZhou Tujing (Géographie du district de Sha) enregistre 30 présages de bon augure dont dix sous le règne de Wu Zetian : une forte concentration quand son règne effectif n’a pas duré trente ans. Au moment de sa prise de règne par exemple, de nombreuses provinces signalèrent que des poules s’étaient changées en coqs, comme pour marquer l’accord du ciel à son coup d’état.

L’intérêt de Wu pour le bouddhisme était peut-être sincère et pas uniquement politique : Wu Zetian fit faire plusieurs milliers de copies du Sutra du Lotus à la mort de sa mère afin que les moines de tous les temples de l’Empire se recueillent dans un deuil Bouddhique[4]. En 657, la cour impériale publia un décret qui dispensait les moines de rendre hommage à leurs parents ; la chose est d’importance dans un pays aussi marqué par le confucianisme mais le Bouddhisme, en imposant aux moines de quitter leur propre famille et de pratiquer l’abstinence sexuelle, entamait déjà le cadre de la famille confucéenne. Puis, cinq ans plus tard, elle change de politique : la cour décrète à nouveau que les moines doivent rendre les hommages coutumiers à leur parents : Wu Zetian doit-elle céder aux pressions des conservateurs ou songe-t-elle à elle-même, alors que son fils entre dans sa dixième année, alors que sous son règne, la piété filiale s'est tournée vers la mère. En 684 la cour décide que la mère de Laozi serait vénérée comme l’Impératrice Choisie des Anciens Temps (Xiantian Taihou). Fait plus marquant : elle accorde son soutien au pèlerin Yin Ling qui ramène des textes sanscrits après une pérégrination de 24 années et qui consacra le reste de sa vie à traduire les textes qu’il avait ramené.

Cependant 695 marque un tournant dans l’attitude de Wu Zetian vis-à-vis du Bouddhisme ; elle abandonne cette année le titre de Maitreya qu’elle ne portait alors que depuis sept mois, quittant le côté spectaculaire et fastueux du Bouddhisme, elle se concentre davantage sur l’aspect méditatif et scolastique, sous la tutelle de Fa Xiang (643-712) et Shen Xiu (600-706) respectivement des courants Huayan et Chan. Mais, comme les fidèles de Confucius, les Bouddhistes lui refusent une totale égalité sexuelle. En effet, selon le Sutra du lotus Chapitre 11 : « Apparition d'un temple »  : « [...] C'est qu'une femme ne peut obtenir, même aujourd'hui, les cinq places. Et quelles sont ces cinq places ? La première est celle de Brahmâ ; la seconde, celle de Çakra ; la troisième, celle de grand roi ; la quatrième, celle de monarque universel ; la cinquième, celle d'un être d'Éveil incapable de retourner en arrière. »

Wu Zetian et le taoïsme[modifier | modifier le code]

Jusqu’en 687, elle fait la part royale au Taoïsme dont les conceptions sur les pratiques sexuelles justifient, pour la préservation de sa santé, qu’elle ne se contentât pas de l’empereur et se constitue, à l'instar des empereurs hommes, un harem à sa convenance pour tâcher d’épuiser son insatiable ardeur. C’est sûrement la levée de boucliers générale en 686 contre le matriarcat qui commence à lui faire douter de l’efficacité de ses conseillers taoïstes. Certaines mauvaises langues (les rédacteurs de l’Histoire des Tangs) prétendent que les autorités bouddhistes l’auraient en quelque sorte « gagnée » à leur cause en lui envoyant un beau et vigoureux moine qui sut lui parler en privé de la métempsycose et des Trois illusions de sorte que l'impératrice se pensa immédiatement être la réincarnation d’un bodhissattva. Aimée et sûre de renaître un jour dans le Paradis de l’Ouest, elle ne craint plus personne, pas même la famille royale qu’elle tente d’exterminer en 688 : profitant de la rébellion des princes de sang, instiguée par Lo-Ping Wang, elle fait mettre à mort du même coup, selon les Annales, plus de 3000 personnes.

Mais voyant sa santé décroître, elle retourne sans hésitation quelque dix ans plus tard vers les moyens de préservation de la vie professés par le Taoïsme et fait même rénover le temple de l’immortel taoïste Wang Zijing. Peut-être faut-il voir dans cette décision la croyance en un lien avec ce prince, portant le nom de sa dynastie (Zhou) avant d’être immortalisé, et qui, grâce à sa flûte pouvait appeler un phœnix (animal féminin/yin). C’est pourquoi Wu Zetian aimait à se comparer au phœnix et se sentait des liens avec la créature : le Fils du Ciel était, lui, aussi appelé le Dragon.

Sa politique intérieure et extérieure[modifier | modifier le code]

Elle continue de mettre en place sa politique autocratique, faite de cruel despotisme, quelquefois éclairés.

Elle fait revenir le recrutement des fonctionnaires à son idéal d'origine - la sélection des meilleurs - en achevant l'instauration ébauchée sous les Sui d'un système impartial d'examens dans lequel l'origine familiale du candidat n'est plus un critère. De manière générale, elle recrute et promeut ses conseillers et ministres sans considération sur appartenance clanique. Cette attitude lui aura probablement conservé des partisans. Sur l'avis d'un conseiller, elle met en place un système (tonggui 銅匭) de délation, sous la forme de quatre urnes placées au palais où l'on peut venir déposer des messages avertissant de situations mettant le régime en danger. Un document précise que ces informateurs (dénonciateurs) doivent être traités avec égard lors de leur voyage vers et depuis la capitale.

Parallèlement, elle emploie des « inquisiteurs » (kuli 酷吏) chargés de soutirer par la torture des informations à ses ennemis, et de les exécuter, particulièrement les membres et partisans du clan Li, fondateur des Tang. Ce régime subsistera une dizaine d'années, à l'issue desquelles, à peu près débarrassée des opposants issus des grandes familles, Wu Zetian fera exécuter les inquisiteurs eux-mêmes pour se laver aux yeux de l'opinion de sa part de responsabilité dans cette institution fort critiquée.

Femme d’autorité et femme d’action, c’est sous son règne que la Chine recouvre en 692 les quatre garnisons du Tarim : Kartcha, Karachahr, Kachgar et Khotan ; en réponse, les Turcs attaquent sans relâche les provinces du Shanxi, du Shaanxi, du Gansu et du Hebei. C’est presque chaque année que les kouchans font des razzia sur la Chine de l’ouest. « En ce temps là, chez nous, les esclaves étaient eux-mêmes propriétaires d’esclaves tant nous avions fait d’expéditions victorieuses » proclame l’inscription Turque de Kocho-Tsaïdam. L'impératrice-empereur Wu comprenait la nécessité de se concilier les Turcs de Mongolie pour faire cesser les razzias et gagner un appui contre les ennemis de l’ouest. Mais le souverain turc Bèktchor renvoie l’ambassade proposant d'unir sa fille au neveu de Wu Zetian. Il dit réserver sa fille à l’empereur légitime et exige que ce dernier soit restauré, menaçant de venir lui-même le remettre sur le trône ! L’impératrice doit alors feindre de reconnaître les droits de son fils Zhonggong, mais continue en fait de régner en autocrate.

L'impossible indépendance[modifier | modifier le code]

Néanmoins, son ascension vers l'imperium total se heurte à un obstacle inhérent aux conceptions sociales et familiales : si une femme peut de son vivant se débarrasser de la famille de son mari et diriger seule un pays, une fois morte, elle se range immanquablement parmi les ancêtres du clan marital et non de son clan de naissance. Or, Wu Zetian ne vise pas seulement le pouvoir de fait, mais la reconnaissance intégrale de sa position suprême, y compris après sa mort. Depuis son accession au trône, elle œuvre à l'effacement de la famille Li. Cette logique conduit au népotisme : elle promeut les hommes de son clan d'origine, Wu, à des postes de plus en plus importants, et elle est un moment tentée de désigner un de ses neveux comme héritier à la place d'un de ses fils. Elle sait néanmoins qu'en tant qu'ancêtre du clan Li, elle n'aura jamais sa place dans la lignée des empereurs fondateurs d'une dynastie appartenant aux Wu. Elle choisit finalement de laisser son nouvel empire Zhou à ses fils, héritiers des Tang. Âgée de 74 ans, elle rassemble ses enfants survivants et leur fait part solennellement de sa décision de nommer prince héritier l'aîné des deux fils survivants, qui fut brièvement l'empereur Zhongzong ; la tradition dit que le neveu évincé, Wu Chengsi (武承嗣), en mourut de dépit.

La fin[modifier | modifier le code]

En 704, elle tombe malade et ne peut plus rencontrer les ministres. Une nouvelle rébellion a lieu en 705, menée par le premier ministre Zhang Jian (張柬) qui l'oblige à abdiquer en faveur de l'héritier, lequel restaure la dynastie Tang. Un important objectif de ce coup d'État était de mettre fin aux agissements de deux favoris, les frères Zhang Yizhi (張易之) et Zhang Changzong (張昌宗), accusés d'être ses amants. Seule, encerclée par les conjurés, l’indomptable Wu continua jusqu'à l'ultime seconde à leur tenir tête, tentant d’intimider son fils, jusqu'à ce qu'elle soit contrainte, le couteau sous la gorge, d’abdiquer. Wu Zetian se retire au palais de Shangyang (上陽宮) au sud-ouest de Luoyang. Son fils lui décerne à titre de consolation le titre de « Grand et saint empereur Zetian » (Zetian Dasheng Huangdi 則天大聖皇帝).

Elle meurt peu après. Dans le document qui relate ses dernières volontés, dont on ignore d'ailleurs si elles furent réellement siennes, elle demande que le titre d'empereur décerné par Zhongzong soit transformé en « impératrice » et qu'on l'enterre en tant que telle auprès de Gaozong. Elle rend leur position aux familles de l'impératrice Wang et de Xiaoshufei, ainsi qu'aux fonctionnaires et ministres démis pendant le régime des inquisiteurs. Son nom posthume changera plusieurs fois pour se fixer en 749 : « Impératrice Zetian Shunsheng » (Zetian Shunsheng Huanghou 則天順聖皇后).

Influences et anecdotes[modifier | modifier le code]

Les historiens Edwin O. Reischauer et John F. Fairbank écrivent à son sujet : « en tant qu’usurpatrice et en tant que femme, elle fut sévèrement condamnée par les historiens chinois, mais fut en fait un dirigeant fort et capable».

  • Les quelques lignes que lui accorde l’Encyclopediae universalis de 1968 ne sont guère flatteuses pour l’ancienne favorite : « [Le pouvoir Impérial] commence à être menacé à la suite de l’usurpation de l’impératrice Wu Zetian qui […] fonde la nouvelle dynastie des Zhou (690-704) ; cette période se trouve englobée dans celle des Tang par l’histoire traditionnelle. Après avoir éliminé la famille régnante (sic !) et transféré sa capitale à Luoyang, Wu Zetian cherche à s’appuyer sur une nouvelle classe d’administrateurs. […] Sous son règne, les concours de recrutement commencent à assurer une fonction importante dans les systèmes politiques chinois alors que depuis les Han les examens n’avaient joué qu’un rôle secondaire dans le recrutement et la promotion des fonctionnaires. » Peu étonnant d’ailleurs que cela soit sous le règne d’une femme de condition tout aussi modeste que l’était le fondateur des Han : les examens sont le meilleur ascenseur social et le prince qui n’est pas issu de l’aristocratie à intérêt à s’entourer d’une nouvelle élite et voudra donner à ses pairs la chance que lui-même a pu saisir.
  • Dans son Livre Chine, Charis Chan lui réserve un traitement encore plus froid : « Après la mort de Taizong, la cour fut dominée par une femme au caractère impitoyable qui à force d’intrigues sut s’élever du rang de concubine à celui d'impératrice. Pendant quelques années, elle se contenta de régner en coulisse, manipulant à son gré l’empereur, avant de devenir impératrice elle-même sous le nom de Wu Zetian. » Puis, il enfonce le clou : « Après la mort de Wu Zetian et la restauration de la dynastie des Tang, la Chine connut une longue période de prospérité et de stabilité. »

De la même manière, on constate que la plupart des ouvrages historiques généraux lui réservent une place parmi les « visages blancs » de l'Opéra traditionnel : aux côtés de Cao Cao et de Wang Mang « l'usurpateur », elle vient grossir les rangs des traîtres et des monarques impitoyables.

Comme elle fit couler beaucoup de sang, elle fit aussi couler beaucoup d’encre et pas seulement celle des historiographes conservateurs.

  • Citons notamment Le Seigneur de la satisfaction parfaite, (titre original : Ruyijun zhuan) [5], une nouvelle sulfureuse traduite en anglais par Charles R. Stone en 2003, qui présente l’impératrice dans tout ses excès et plus particulièrement en matière de sexualité : le livre décrit avec une grande précision les accouplements frénétiques de l’insatiable impératrice sans autre pudeur que l’usage de quelques euphémismes pour désigner les organes sexuels mâles et femelles.

L’auteur anonyme du Ruyijun zhuan impute même aux excès de chair auxquels la terrible Wu soumit son impérial mari, la dégénérescence énergétique qui lui coûta la vie. Cela dit les relations sexuelles du couple impérial ne sont jamais décrites ; mais quand l’auteur écrit un poème à propos de l’élévation de Wu cairen au statut d'impératrice, loin d'évoquer le désir incontrôlable qui pousse le jeune Gaozong à accueillir dans son lit une ancienne concubine de son père, il ne fait référence qu’au devoir du conseiller qui se doit de diriger le souverain vers la juste voie dut-il en perdre la vie. En effet, le livre trace le long de ces orgies à l’orientale un portrait détaillé et complexe de la belle Wu, et les passages les plus crus ne vont pas sans un enseignement moral en filigrane. Ainsi que le dit Charles R. Stone que nous traduisons directement : « Peut-être que l’Histoire n’est pas un prétexte à raconter une histoire scabreuse, peut-être que l’histoire scabreuse est l’occasion de narrer un conte inattendu sur l’Histoire et la morale. »

  • Mao Zedong lui-même, qui comme on le sait était très féru d'histoire, considérait Wu Zetian comme une gouvernante éclairée quant à la manière de gérer ses ministres et sur sa compréhension de la nature même de l’autorité politique.
  • Il faut bien sûr noter le livre Impératrice de Shan Sa, écrit en français en 2005 et décoré du prix des Lecteurs du Livre de Poche en 2005, ainsi que The destiny of next life de Chen Dunacheng.
  • Selon la légende, l'impérieuse impératrice ordonna à cent fleurs de s'épanouir par une nuit d'hiver vers l'an 700. Seules les pivoines restèrent sourdes à son appel, ce qui leur valut d'être bannies de Chang'an pour Luoyang, la capitale secondaire, dont elles sont devenues l'emblème. (Une variation du roman Les Fleurs dans un miroir)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Shan Sa, Impératrice, Albin Michel,‎ 2003 (ISBN 978-2226141835) — Prix des Lecteurs du Livre de poche en 2005
  • Danielle Elisseeff, Les femmes au temps des empereurs de Chine, Le Livre de Poche,‎ 1988
  • Lin Yutang (trad. Christine Barbier-Kontler), L'impératrice de Chine, Éditions Philippe Picquier,‎ 1990 (ISBN 2-87730-189-3)
  • José Frèches, L'Impératrice de la Soie : Le Toit du Monde, t. 1, XO éditions,‎ 2003
  • José Frèches, L'Impératrice de la Soie : Les yeux de Bouddha, t. 2, XO éditions,‎ 2003
  • José Frèches, L'Impératrice de la Soie : L'usurpatrice, t. 3, XO éditions,‎ 2003
  • René Grousset, Histoire de la Chine, Fayard,‎ 1942
  • Encyclopædia Universalis - 1968
  • (en) Charles R. Stone, The fountainhead of chinese : Lord of Perfect Satisfaction [« Ruyijun zhuan »], University of Hawaï press,‎ 2003
  • Anonyme (trad. Eugène Burnouf), Sutra du lotus, Paris,‎ 1852
  • (en) Eugene Yuejin, Shaping the Lotus Sutra : Buddhist visual culture in medieval China, University of Washington Press,‎ 2005
  • (en) Sherry J. Mou, Presence and presentation : women in the Chinese literati tradition, New York, St Martin Press,‎ 1999
  • (en) Quigyun Wu, Female rule in Chinese and English literary utopias, Syracuse (New York), Syracuse University Press,‎ 1995
  • (en) Barbara Benett Peterson, Notable women of China : Shang dynasty to the early twentieth century, Armonk & London, M.E. Sharpe,‎ 1999
  • (en) Xuezhi Guo, The ideal Chinese political leader : a historical and cultural perspective,‎ 2002

Filmographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Danielle Elisseeff, Les femmes au temps des empereurs de Chine, Le Livre de Poche,‎ 1988
  2. (en) Sherry J. Mou, Presence and presentation : women in the Chinese literati tradition, New York, St Martin Press,‎ 1999
  3. Elle fut aussi une figure inspiratrice du féminisme chinois durant son histoire : Hou Zhi par exemple avec son livre La Re-création du ciel qui fait appel à l’esprit de Wu Zetian et surtout Li Ruzhen avec Fleurs dans un miroir qui transforme le règne de Wu Zetian en une véritable utopie féministe où hommes et femmes inversent leur rôles dans la société.
  4. (en) Eugene Yuejin Wang, Shaping the Lotus Sutra : Buddhist visual culture in medieval China, p. 123 et sq.
  5. (en) Charles R. Stone, The fountainhead of chinese erotica (lire en ligne)
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