Zhou Yongkang

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Dans ce nom chinois, le nom de famille, Zhou, précède le nom personnel.
Zhou Yongkang
周永康
Image illustrative de l'article Zhou Yongkang
Fonctions
Membre du Comité central du 17e Politburo du Parti communiste chinois
Président Hu Jintao
Premier ministre Wen Jiabao
Ministre de la Sécurité publique
Premier ministre Wen Jiabao
Prédécesseur Jia Chunwang
Successeur Meng Jianzhu
Ministre du Territoire et des Ressources naturelles
Premier ministre Zhu Rongji
Successeur Tian Fengshan
Biographie
Date de naissance (73 ans)
Lieu de naissance Wuxi, province du Jiangsu
Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Nationalité Chinois
Parti politique Parti communiste chinois (1964-2014)
Conjoint Jia Xiaoye (deuxième épouse)
Enfants Zhou Bin, Zhou Han
Diplômé de département d'exploration géophysique de l'Institut du pétrole de Beijing

Zhou Yongkang
Membre du Bureau politique du 17e Comité central du PCC

Zhou Yongkang (周永康) (Xu Yongyue), né le à Wuxi dans la province de Jiangsu est un homme politique chinois. Responsable de la sécurité, il est un ancien membre du Comité permanent du bureau politique du Parti communiste chinois. Il est ministre de la Sécurité publique de la République populaire. Il est membre du Conseil des affaires de l'État. Il était maire de la ville de Panjin, de 1983 à 1985.

Zhou Yongkang est arrété en 2014, puis condamné à la prison à vie lors d'un procés à huit clos.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance, études et carrière d'ingénieur[modifier | modifier le code]

Zhou Yongkang naît en 1942. D'abord prénommé « Yuangen », il est renommé « Zhou » par un instituteur pour éviter une confusion avec un élève homonyme. Issu d'une famille modeste (son père est pêcheur d'anguilles), il grandit loin des « princes rouges » qu'il va côtoyer durant sa carrière politique[1]. Il fait ses études au département d'exploration de l'Institut du pétrole de Beijing, spécialisé en exploration géophysique de 1961 à 1966. Il travaille comme ingénieur supérieur au rang équivalent à celui de professeur : comme technicien de l'équipe d'étude géologique de l'usine no 673 (de 1967 à 1970), comme technicien et secrétaire de la cellule du Parti et dirigeant de la brigade du bureau régional du commandement de la campagne d'exploration de pétrole de Liaohe (de 1970 à 1973).

Carrière ministérielle et politique[modifier | modifier le code]

Il adhère au PCC en novembre 1964[1]. De 1976 à 1979, il est directeur adjoint du Département politique du BEPL. De 1979 à 1983, il est directeur général adjoint du BEPL et également secrétaire du Parti du centre de forage du BEPL, secrétaire du Parti et également commandant du Centre d'exploration géophysique du BEPL. De 1983 à 1985, il devient directeur général et secrétaire adjoint du PCC du BEPL, et secrétaire adjoint du PCC et maire de Panjin, dans la province du Liaoning[2].

De 1985 à 1988, il est vice-ministre au ministère de l'Industrie pétrolière et membre de l'équipe dirigeante du PCC du ministère. De 1988 à 1996, il est directeur général adjoint et secrétaire adjoint de l'équipe dirigeante du PCC de China National Petroleum and Natural Gas Corporation. De 1996 à 1998, il est directeur général et secrétaire de groupe dirigeant du PCC de China National Petroleum and Natural Gas Corporation[3].

De 1998 à 1999, il est ministre et secrétaire du groupe dirigeant du PCC du Territoire et des Ressources naturelles. De 1999 à 2002, il est secrétaire du Comité du PCC pour la province du Sichuan. De 2002 à 2003, il est membre du bureau politique et membre du secrétariat du Comité central du PCC, secrétaire adjoint du Comité des Affaires politiques et législatives du Comité central du PCC, ministre de la Sécurité publique et secrétaire du groupe dirigeant du Parti du ministère.

À la fin des années 1990, il est mis en accusation pour une affaire de corruption par les députés de l'Assemblée nationale populaire et quelques temps démis de ses fonctions[1].

De 2003 à 2007, membre du Bureau politique et membre du secrétariat du Comité central du PCC, conseiller d'État et membre du groupe dirigeant du PCC du Conseil des Affaires d'État, secrétaire adjoint du Comité des Affaires politiques et législatives du Comité central du PCC, et ministre de la Sécurité publique (à partir de 2002) et secrétaire du groupe dirigeant du Parti du ministère.

À la tête du ministère de la Sécurité publique, il exerce une influence importante, l'amenant à être comparé à Kang Sheng, le chef des services secrets de Mao Zedong. Il est proche de la « bande de Shanghai », un cercle d'influence rassemblée autour de l'ancien président Jiang Zemin, dont il a épousé la nièce, une journaliste de télévision, en 2001. Il exerce également une diplomatie parallèle en multipliant les rencontres avec ses homologues ministériels des grandes puissances mondiales[1].

À partir d'octobre 2007, il est membre du Comité permanent du Bureau politique du Comité central du PCC, conseiller d'État et membre du groupe dirigeant du PCC du Conseil des Affaires d'État, et secrétaire adjoint du Comité des Affaires politiques et législatives du Comité central du PCC.

Il prépare l'organisation de la sécurité des Jeux olympiques d'été de 2008 qui se tiennent à Pékin, devant toutefois collaborer avec le Guoanbu dirigé par Geng Huichang[1].

En 2011, il obtient d'importants crédits pour financer les forces sécuritaires sous son autorité. Il agite alors la peur d'une contagion du Printemps arabe dans le pays pour arriver à ses fins. Une partie des fonds disparaît dans des circuits financiers dont il est le bénéficiaire. Après sa chute en 2013, 12 milliards d'euros seront retrouvés chez lui et ses alliés[1].

Il est membre du 16e Politburo et du 17e et n'est pas reconduit dans le suivant, en 2012[4].

Enquêtes pour corruption[modifier | modifier le code]

En août 2013, le gouvernement chinois ouvre une enquête pour corruption à l'encontre de Zhou Yongkang ; elle coïncide avec le procès mené contre Bo Xilai, l'un de ses proches. Elle entre dans le cadre de la campagne anti-corruption menée par le nouveau président Xi Jinping, qui avait déclaré lors de son arrivée qu'elle viserait « aussi bien les tigres que les mouches », à savoir des personnalités politiques importantes. Si la procédure se poursuit, il s'agirait de la première inculpation d'un membre du Politburo (la plus haute instance dirigeante du pays) depuis la Révolution culturelle[5].

Jiang Jiemin ou Li Dongsheng, des proches de Zhou, sont « placés sous enquête » dans des affaires de corruption[6]. De même, Li Chongxi, un autre de ses protégés, président du Comité de la conférence consultative politique du peuple chinois pour la province du Sichuan, est placé sous enquête en décembre 2013[7].

Cette lutte anti-corruption sert aussi des intérêts politiques. Jiang Jiemin comme la majorité des responsables incriminés sont des proches de Zhou ; lui-même étant considéré comme un proche de Bo Xilai[8]. Zhou Yongkang serait le seul dirigeant du Politburo à s'être opposé à la mise à l'écart de Bo Xilai[3]. Divers observateurs considèrent que la campagne anticorruption permet à Xi Jinping d'éliminer certains opposants politiques[9].

En décembre 2013, le New York Times annonce la mise en résidence surveillée de Zhou Yongkang et de sa femme[10].

Le dissident Qin Yongmin (en) se félicite de l'arrestation de Zhou Yongkang, qu'il considère comme le premier responsable de la répression contre les dissidents chinois[11].

Les autorités chinoises auraient saisi 90 milliards de yuans d'actifs[12] soit 10,5 milliards d'euros chez des proches de Zhou Yongkang, 300 d'entre eux auraient été arrêtés[13]. Ainsi, outre Jiang Jiemin ou Li Dongsheng, son propre frère Zhou Yuanqing et son épouse ont été arrêtés en décembre 2013[14].

Le 29 juillet 2014, une enquête a été ouverte sur Zhou Yongkang, il est accusé de « violations graves de la discipline », formule désignant habituellement des faits de corruption[15].

Le 5 décembre 2014, Zhou Yongkang a été arrêté et exclu du PCC. Il sera traduit en justice. Au préalable, selon la terminologie du Parti, Xi Jinping lui a « arraché les dents et les griffes » à savoir éradiquer ses soutiens en particulier dans l'appareil d'État[16]. En janvier 2015, Ma Jian, un de ses proches, est arrêté après des accusations de corruption[17].

Le 11 juin 2015, il est condamné à la prison à perpétuité pour « recel de corruption, abus de pouvoir, et révélation intentionnelle de secrets d’État » par un tribunal de Tianjin, à l'issue d'un procès s'étant déroulé à huis-clos[18].

Famille[modifier | modifier le code]

Article connexe : Princes rouges.

Zhou Yongkang est marié à Jia Xiaoye, sa cadette de 28 ans, une ancienne présentatrice de la CCTV[19]. Sa première femme est décédée, dans des circonstances suspectes, lors d'un accident de voiture[20].

Son fils, Zhou Bin, né en 1972, est chargé des affaires familiales[21]. Il est soupçonné de détournement de dizaines de millions d’euros. Il posséderait dix-huit propriétés à Pékin dont une estimée à vingt-cinq millions d’euros et de nombreux comptes bancaires à l’étranger[22].

À la suite de la condamnation de Zhou Yongkang, sa femme et son fils Zhou Bin sont condamnés à 9 et 18 ans de prison pour corruption. Son fils doit payer une amende de 47 millions d'euros et ses biens « illégalement acquis » lui sont retirés[23].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Roger Faligot, « Le complot des tigres », Vanity Fair n°22, avril 2015, pages 142-149 et 194-196.
  2. Repères. Chine. Corruption Libération, 2avril 2014
  3. a et b Régis Soubrouillard, Zhou Yongkang, le "Beria" chinois victime d'une purge Marianne, 17 décembre 2013
  4. Biographie sur China Vitae
  5. Patrick Saint-Paul, Chine : un autre "tigre" menacé par la campagne anti-corruption, in Le Figaro, samedi 31 août / dimanche 1er septembre 2013, page 7.
  6. Chine : Zhou Yongkang entraîné dans la chute du prince rouge Libération, 2 septembre 2013
  7. Chine: l'étau se resserre autour de l'ex-ministre de la Sécurité publique RFI, 30 décembre 2013
  8. Soupçons de corruption autour de l’ex-patron de la China National Petroleum RFI, septembre 2013
  9. « En Chine, le très puissant Zhou Yongkang tombe pour corruption », Le Monde, 24 juillet 2014 « En ordonnant une enquête à l'encontre de M. Zhou, le président chinois brise une règle tacite voulant que les membres du comité permanent du politburo ne soient pas inquiétés même après leur retraite, et étaye les soupçons de nombreux observateurs selon lesquels la campagne anticorruption qu'il a lancée lui sert aussi à éliminer ses adversaires politiques. »
  10. Jonathan Ansfield and Chris Buckley, China Focusing Graft Inquiry on Ex-Official New York Times, 15 décembre 2013.
  11. Lettre ouverte d'un dissident chinois pour « la protection des droits de l’homme » dans son pays Église d 'Asie, 11 mars 2014 « A ce titre, la Lettre se félicite de la sanction prise par le Parti à l’encontre du membre du Politburo et chef de la Sécurité publique, Zhou Yongkang, auquel Qin Yongmin (en) attribue la plus grande part des responsabilités dans le durcissement du régime et la répression de toute dissidence. »
  12. China seizes $US14.5bn assets linked to ex-spy chief Zhou Yongkang - report The Guardian, 30 mars 2014
  13. Pékin saisit €10,5 milliards d'actifs dans le dossier Zhou Capital.fr, mars 2014.
  14. « Chine : le frère de l'ex-chef des services de sécurité arrêté » Le Monde, 3 mars 2014.
  15. : « Chine: ouverture d’une enquête sur Zhou Yongkang, ex-patron de la sécurité », Libération, 29 juillet 2014.
  16. Chine : le président Xi obtient la tête de l'ancien tsar de la sécurité Le Figaro, 6 décembre 2014
  17. Le patron de l’espionnage chinois tombe pour corruption Le Monde, 14 janvier 2015
  18. « Zhou Yongkang, l’ex-tsar de la Sécurité chinoise, condamné en secret à la perpétuité » (consulté le 11 juin 2015)
  19. Le numéro trois de la police chinoise tombe pour corruption Le Monde, 21 décembre 2013
  20. François Danjou, Zhou Yongkang, la chute QuestionChine.net, 15 décembre 2013
  21. Xi Jinping s’apprête peut-être à harponner un tigre. L’ancien pape de la Sécurité intérieure semble vulnérable, EpochTimes.fr, 28 août 2013
  22. Repères. Chine. Corruption, Libération.fr, 2 septembre 2013
  23. Chine: le fils et la femme de Zhou Yongkang condamnés pour corruption RFI, 16 juin 2016 « En Chine, les procès pour corruption se suivent et se ressemblent : cette fois ce sont la femme et le fils de Zhou Yongkang, l’ancien et tout puissant chef de la sécurité intérieure chinoise, qui ont écopé respectivement de 9 et 18 ans de prison. Zhou Yongkang avait lui-même été condamné l’an dernier à la prison à vie, lors d’un procès tenu secret »

Liens externes[modifier | modifier le code]